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II. — Correction avec l'aide du chloroforme

Un appareil tous les huit jours, de la manière que nous venons de dire, c'est encore trop dans certaines circonstances : à l'hôpital, par exemple, pour un médecin très occupé. Il est plus simple, pour peu qu'on soit familier avec l'anesthésie, de donner quelques gouttes de chloroforme et d'en finir en une séance, ou deux tout au plus.

En efîet, à l'aide du chloroforme, on arrive presque instantanément, sans danger, sans violence, à la correction voulue, qu'on fixe aussitôt en appliquant un appareil plâtré. Le tout a duré de 5 à 10 minutes, et en voilà pour trois mois, de repos et de bien-être parfait pour le malade.

■1. Je renvoie, pour les détails de la technique de la chloroformisation, au chapitre vr, p. oi, de mon livre sur la coxalgie. Je me borne à rappeler ici que le critérium absolu, le seul, pour savoir si le sujet, enfant ou adulte, dort assez profondément, mais pas trop, est fourni par le réflexe cornéen (c'est-à-dire la contracture active des paupières dès qu'avec la pulpe de l'index vous touchez la cornée).

Il faut que ce réflexe soit conservé tandis que la sensibilité générale et la résistance des muscles sont abolies.

Lorsque le sujet est insensible et inerte, mais qu'il conserve en même temps le réflexe cornéen, il dort assez et pas trop. — On tâchera de l'entretenir à ce degré pendant la durée de l'intervention. C'est la narcose suffisante puisque la sensibilité est complètement abolie et c'est aussi la sécurité complète. Au contraire, lorsque le sujet a perdu le réflexe cornéen, on ne sait plus où l'on en est et il se peut qu'on soit trop loin... En dehors du réflexe cornéen, aucun des signes donnés n'a une valeur constante et certaine.

Il suffît d'une séance pour les attitudes vicieuses récentes.

Les très vieilles déviations en demandent généralement deux, presque jamais trois.

Une règle invariable, et qu'il importe de ne pas oublier, c'est d'éviter toute manœuvre inutile ou violente.

Au membre supérieur la chose est facile, elle l'est moins au membre inférieur.

Pour le genou, par exemple, ayez bien soin de faire surtout une

Fig. 113. — Tumeur blanche avec épanchement. — Genou très volumineux; pas de reliefs osseux apparents : fluctuation très accusée dans toutes les parties de la synoviale.

traction énergique sur le pied plutôt qu'une pression directe sur le genou, — laquelle amènerait l'écrasement des extrémités les unes sur les autres.

La traction doit être ici pour plus des trois quarts dans la correction des attitudes vicieuses, et la pression pour moins d'un quart.

Il va de soi que cette correction ne peut être maintenue intégralement que par un appareil plâtré bien fait qui prendra les deux articulations adjacentes (voir chapitre ix).

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Correction des ankyloses. — Ce (jue je viens de dire s"a[)j)li(jue à

Fig. 114. — Tumeur blanche du genou droit avec déviation marquée.

Fig. 115. — Autre type de tumeur blanche. Fig. IIG. — Tumeur blanche du genou gauche

avec genu valgum.

la correction des ankyloses en attitude vicieuse, même soi-disant complètes.

Il est tout à fait exceptionnel, en effet, qu'on ne puisse pas arriver ainsi, avec l'aide du chloroforme, mais sans opération sanglante, à corriger les déviations les plus vieilles.

Je ne parlerai donc ni de ténotomie, ni d'ostéotomie, ni d'arthroclasie ^

Je n'en fais à peu près plus jamais, peut-être pas une fois par an, dans le traitement des tumeurs blanches, même pour la correction de ces vieilles déviations étiquetées Ankyloses du genou.

Fig. 117. — Redressement d'une attitude vicieuse. Un aide tire fortement dans la direction de la déviation ; le chirurgien appuie modérément sur le fémur et repousse en avant l'extrémité supérieure du tibia. L'enfant est solidement retenu sous les aisselles.

Lorsque ces malades sont endormis, si on cherche bien, on trouve encore quelques mouvements obscurs de la jointure; or cette très petite mobilité suffit pour qu'on puisse promettre de redresser ce genou par de simples manœuvres non sanglantes, ce qui simplifie singulièrement les choses.

Ces manœuvres, vous les connaissez déjà (fig.ll7).Vous ferez tirer très fort sur le pied et la jambe par un ou deux aides pour effacer légèrement l'angle de la déviation, tandis que l'une de vos mains pèsera sur le genou, l'autre soulevant de bas en haut le plateau tibial. Vous verrez se produire ainsi un certain degré de correction.

Après une attente de quelques minutes pendant lesquelles sont continuées doucement la traction et la pression, vous fixerez cette

1. Vous trouverez cette technique de la ténotomie, de l'ostéotomie et de l'ostéoclasie dans mon livre sur la coxalgie, p. 97.

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correction j)artielle, à peine appréciable quelquefois, avec un l)on appareil plâtré. Vous reprenez la traction et la pression pendant que le plâtre sèche pour chercher à gagner encore quelques degrés — et en voilà pour 15 jours ou 3 semaines; après quoi vous ferez une deuxième séance. Le mouvement étant déjà amorcé, cette deuxième séance vous donne une correction beaucoup plus appréciable. Vous en faites une troisième si c'est nécessaire, et lînalement vous avez corrigé sans une goutte de sang des déviations pour lesquelles d'autres médecins consultés avaient déclaré indispensable une opération sanglante — résection ou tout au moins ostéotomie.

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