‹ Technique du traitement des tumeurs blanchesChapitre 48 sur 76 · B. ARTICULATION M EDIO- TA RSI EN N E ET PETITES ARTICULATIONS DU PIED · texte numérisé non relu

B. ARTICULATION M EDIO- TA RSI EN N E ET PETITES ARTICULATIONS DU PIED

Sommaire. — Même traitement que pour le cou-de-pied. — Ditiiculté défaire pénétrer les injections. — Menaces pour l'intégrité de la peau. — Précautions à prendre.

Ici encore vous ne prendrez pas une arthrite pour une tarsalgie ou inversement. Nous venons de dire comment se fait ce diagnostic.

Pour le traitement de la tumeur blanche médio-tarsienne, on se conduira comme nous venons de l'indiquer pour l'arthrite tuberculeuse ti bio-tarsienne.

Lorsqu'il s'agit des tumeurs blanches des petites articulations du pied, etc., il ne faut pas perdre de vue la difficulté qu'il y a à faire pénétrer le liquide dans des jointures aussi serrées.

En outre et en raison de la situation très superficielle, presque sous-cutanée, de ces articulations, si on les attaque par la face dorsale du pied, la peau est constamment menacée, soit de dehors en dedans, par les piqûres de l'aiguille, soit de dedans en dehors par les fongosités venues de la jointure et les épanchements que la fonte de celles-ci peut amener.

TUMEURS ULANCHES DU COU-DIO-l'IUI) KT DU I>II':D 233

Il faut donc redoubler de [trécautions et de vii^ilauce, pour éviter l'ouverture spontanée ou artificielle des tumeurs blanches de ces petites articulations.

S'il y a une amorce, par exem[)le une saillie fongueuse, du côté de la plante du pied, vous permettant d'attaquer par là les articulations malades, profitez-en; l'épanchement que vous allez provoquer trouvera facilement à se développer entre les os et les masses charnues de la plante du pied, et la peau se sauvera facilement.

Fig. 170. — Articulation médio-tarsienne, vue par sa face externe : point d'élection à 25 millimètres en avant de la malléole externe (adultes).

Si c'est au contraire vers la face dorsale du pied que pointent les fongosités, surtout si elles ont commencé déjà à ronger la face profonde des téguments, force vous est bien de les attaquer par là. — Alors, servez-vous pour vos injections d'une fine aiguille de Pravaz, en piquant en dehors des points de la peau déjà envahis, et injectez un liquide très actif sous un petit volume, pour ne pas produire de tension préjudiciable à la bonne nutrition de la peau, — soit, par exemple : quelques gouttes, 2, 3, 4, de naphtol camphré pur.

S'il s'est produit, dès le lendemain, un épanchement liquide avec légère tension, hâtez-vous de l'évacuer ou par une légère pression faite à travers la peau après avoir piqué avec la même petite aiguille de Pravaz, ou par aspiration de la manière ordinaire, avec notre petit aspirateur, mais en ayant soin de piquer avec une aig'uille n° 3 de Collin plutôt qu'avec le n° 4 qui serait lui-même dang-ereux pour l'intég'rité de la peau, dans ce cas particulier.

Puis refaites une injection de quelques gouttes de naphtol camphré, et conduisez attentivement le traitement jusqu'au bout, avec

LES TUMEURS BLANCHES EN PARTICULIER

cette double préoccupation d'arriver au ramollissement des fongosités et de ne pas compromettre l'intégrité de la peau.

Les uns réussissent et les autres échouent. C'est une affaire d'attention, et un peu aussi d'habitude, pour ne pas dire d'habileté \

Il est, en tout cas, de la plus grande importance de ne pas laisser la peau s'ulcérer.

Si cette ouverture ne se produit pas au début, si déjà l'on a pu faire agir quelques injections de liquide modificateur et assainir

Fig. 171. — La même vue par sa face interne : point d'élection à 15 millimètres en arrière du tubercule du scaphoïde ; à 22 millimètres, en avant de la pointe de la malléole interne.

partiellement les tissus, la bataille est en partie gagnée; la cicatrisation pourra se faire régulièrement dans les jours qui suivent l'éclatement de la peau.

Si la peau a éclaté en un point, l'on prendra pour obtenir sa réparation les précautions indiquées page 60.

1. Obs. 49. Ghislaine B..., six ans, envoyée par mon cher maître Marfan à l'inslitut orthopédique de Berck. Tumeur blanche de la médio-tarsienne consécutive à une ostéite du scaphoïde. Arrivée à Berck en mars 1903.

On lui fait 12 injections de naphtol. Une injection supplémentaire d'élher iodoformé ayant pénétré dans une artériole du 2" orteil a causé une eschare et quelques troubles trophiques qui ont duré deux mois. Elle repart guérie en octobre 1903 et les mouvements sont bien conservés. La guérison est restée parfaite depuis deux ans.

Obs. 50. H. de B..., douze ans. Tumeur blanche de l'art, médio-tarsiennne gauche. à la suite d'une contusion violente à ce que prétendent les parents. L'enfant a reçu un coup de crosse de fusil tombant d'un râtelier d'armes.

Arrivée à Berck à la maison Notre-Dame, en juillet 1900, avec une fistule : on fait 12 injections.

Elle repart guérie, avec des mouvements, en mars 1902. Durée du traitement, un an.

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