‹ Technique et Indications de l'évidement sous-maxillaireChapitre 61 sur 73 · RE · texte numérisé non relu

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50 % au moins des tumeurs mixtes énucléées récidivent. Leroux (R.) et Leroux-Robert ont revu les observations et les coupes des diverses tumeurs mixtes des glandes salivaires opérées par Lecène. Six sur onze ont récidivé après énucléation.

Pour la glande sous-maxillaire, la question est simple, jamaïs d’énucléation. Toujours enlever la glande en totalité.

Opération faite à l’anesthésie locale, exécution facile, les clivages sont aisés. L'intervention ne présente en général aucune difficulté réelle. On ne se contentera pas de couper après ligature le prolongement antérieur de la glande au ras du bord postérieur du mylo-hyoïdien comme dans un évidement ; au contraire, un écarteur récline le bord postérieur du muscle et permet de suivre le prolongement glandulaire pour couper entre deux ligatures le canal excréteur bien isolé.

Le traitement des tumeurs mixtes est purement chirurgical. Nous relevons dans le travail de Gosset- Bertrand et Funck-Brentano la citation suivante tirée de l’édition de 1819 des Prix de l’Académie royale de chirurgie : « La glande sous-maxillaire endurcie « doit être entièrement extirpée. La situation com- « mode, la grosseur médiocre, l’éloignement des « gros vaisseaux et nerfs, le bon caractère et l’indo- « lence de ces tumeurs le permettent aussi bien que « la bonne qualité des humeurs, la force et la jeu- « nesse du malade. Avec ces conditions, l’instrument « tranchant réussit très bien pour détruire tout d’un

« coup et sans grande douleur les glandes endurcies là où le feu, les caustiques et la simple ouverture

ne feraient qu’entamer des corps qu’il faut empor-

ter tout entier, »

Les tumeurs mixtes de la glande sous-maxillaire seront donc traitées par ablation de toute la glande.

Ceci est vrai également pour la parotide où l’intervention est difficile, à cause de la situation anatomique de la lésion que l’on aborde par une voie étroite, d’où la faveur dont a pu jouir l’énucléation.

En dehors de ce fait précis (la fréquence des récidives après énucléation) et de conséquences thérapeutiques qui en découlent, il existe toute une série d’études histologiques qui cherchent à expliquer la récidive alors qu’il y a une capsule d’enveloppe.

Pour certains : de petits éléments microscopiques histologiquement semblables à la tumeur principale existent dans le reste de la glande.

D’autres introduisent une notion différente; la capsule est infiltrée en un point. La tumeur reste bénigne. Le doigt qui suit le plan de clivage ne trouve aucune résistance réelle à cet endroit où la capsule est infiltrée. L’énucléation laisse donc des fragments tumoraux microscopiques.

P. Masson, enfin (P. Masson, Diagnostic de laboratoire), précise un point particulier.

La tumeur mixte devient souvent une tumeur ma-

ligne. Non pas au sens clinique du terme. Rarement

ne.

LMODEE

(1/10 des cas, Kutner) et très tardivement, au bout de longues années, on voit apparaître des signes cliniques de malignité — augmentation de volume, fixation, apparition de signes fonctionnels, circonstances qui, le plus souvent, amènent à voir des malades inopérables.

Fréquemment et précocement (P. Masson) apparaitraient aes signes histologiques de malignité dont le caractère le plus important est la disparition de la capsule et son envahissement en un point. La tumeur mixte bénigne est alors devenue une tumeur mixte maligne.

« Les contours sont moins nets, la capsule moins « précise, elles adhèrent aux tissus voisins. Des « lobules néoplasiques, très saillants, imparfaitement « reliés à la masse principale de la tumeur, s’en dé- « tachent, restent dans la plaie opératoire, alors que «< le chirurgien pense avoir tout enlevé et sont le « point de départ d’une récidive locale. » (P. Masson.)

Cette transformation n'offre aucune manifestation clinique. La tumeur reste mobile, indolore, sans adénopathie. L’énucléation sera suivie de récidive parce que la tumeur n’a pas été enlevée dans sa totalité.

Seules les «tumeurs mixtes bénignes », sans aucune malignité histologique, guériraient définitivement après énucléation.

Les «tumeurs mixtes malignes » récidiveraient localement, maïs rien ne permet de faire cette distinction avant d'opérer. Cette transformation maligne microscopique serait fréquente et précoce ; le seul signe clinique de malignité serait, pendant de longues années, la récidive locale.

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