‹ Technique et résultats thérapeutiques de l'arthrotomie dans l'arthrite suppurée du genou en chirurgie de guerreChapitre 8 sur 45 · VII. — Etat de fatigue des blessés · texte numérisé non relu

VII. — Etat de fatigue des blessés

Il est aisé à comprendre. Certains blessés même se traînent durant: plusieurs kilomètres pour gagner un poste de secours, Ils sont donc sans défense devant l'infection. e

PATHOGENIE

M. Policard, professeur’ agrégé à la Faculté de Evon, el M. le médecin-major Phélip, ont étudié dans un ser-

vice de l'avant, la bactériologie et la physiologie patho-

logique des plaies de guerre. Nous allons donner le résul-

lat de leurs analyses :

C'est sous le coagulum sanguin qui engaîne les corps étrangers et particulièrement les fibres vestimentaires entraînées par le projectile que vont pousser les germes.

Jusqu'à la cinquième ou sixième heure après le trau- .matisme, aucune modification ne peut être décelée au niveau de la plaie. Des blessures après une demi-heure, une, deux, trois ou quatre heures, ont absolument le mème aspect. Sur les préparations, aucun signe de réac- Uon cellulaire du côté des tissus sains. Il Y a là une phase de sidération très longue et d’une extrême netteté. De même, après leur lardive apparition, lés phénomènes réac-

tionnels seront toujours très peu intenses.

LR Ve

: Les premiers signes d'une réaction organique de défense consistent dans l'apparition des leucocytes. Ils interviennent nettement aux environs de la ciquième heure.

Les premières manifestations d'une pullulation micromicrobienne se montrent entre la neuvième et la douzième heure. Les microbes poussent dans les coagula qui englobent les fibres vestimentaires.

À partir de la douzième heure environ, trois phénomènes dépendant les uns des autres vont marcher simultanément :

a) Les microbes se multiplient ;

b) Il y a afflux de leucocytes ; à

€) N'y a altération des leucocytes qui se transforment en globules de pus.

La virulence de Ia flore polymicrobienne qui se développe alors, dépend (tous les vêtements de soldats étant uniformément infectés) des conditions plus ou moins favorables que vont rencontrer les germes nocifs : pouvoir microbicide du sang et surtout oxygénation de la plaie. Si la plaie est fermée, anfractueuse, à l'abri de l'air, ce seront les rédoutables anaérobies qui se multiplieront. La quantité de tissus nécrosés, élément capital, favorisera la pullulation. Ce sont ceux qui constituent les matériaux, les matières premières des toxines microbiennes.

Ajoutez à cela la notion (Sacquépée) que les gangrènes graves ont un début généralement musculaire périvasculaire, et vous aurez l'explication de ce qui se passe dans les plaies articulaires du genou : évolution sournoise de l'arthrite, décollements, fusées purulentes dans les muscles de la cuisse et de la jambe, généralisation rapide,

septicopyohémie, toxhémie.

DAORE D ME

Vous vous expliquerez aussi les succès des interventions précoces, les insuccès des expectatives imprudentes pour être trop timorées, la nécessité de faire au plus vite tout ce qui est nécessaire. L =

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