LA GREFFE STABILISE-T-ELLE LA SCOLIOSE D
Le premier de nos cas remontant à 8 ans, il est possible actuellement de répondre à cette question capitale.
La courbure en contrejort de laquelle la greffe est placée, est fixée d’une façon absolue. Dans aucun cas la clinique ni la radiographie n’y ont montré la moindre modification.
Il était facile d’ailleurs de le prévoir. ;
Mais que devient la portion sus-Jacente de la colonne vertébrale ?
L’arthrodèse sullit-elle à la maintenir équilibrée ?
La scoliose ne continue-t-elle pas à évoluer sur les vertèbres restées libres ?
IL était légitime de craindre que lapparition ou l’accentuation d’une courbure ou d’une gibbosité ne soit en quelque sorte la rançon de la mobilité compensatrice qui apparaît au-dessus de la région greffée et dont nous avons constaté les avantages au point de vue fonctionnel.
Les déformations et leurs modifications ont été Jugées et évaluées par :
— des mensurations,
— des radiographies,
Dre
— et par les constatations des malades ou de leurs parents.
Dans 25 cas sur 30 la déformation sus-jacente à la greffe ne s’est pas ageravée bien que les malades ne portent plus de corset et que la plupart d’entre eux mènent une vie active.
Dans ces cas Le rachis a donc été stabilisé tant au niveau de la région greffée que des vertèbres restées libres.
Dans 4 cas seulement la déformation s’est accentuée.
9 fois d’une façon peu importante et sans qu’à ce léger affaissement correspondent des troubles subjectifs telles que douleurs ou fatigue.
Dans le dernier cas la déformation secondaire a été plus marquée et surtout s’est accompagnée de phénomènes douloureux (Obs. VIT).
Un greffon fut alors placé au-dessus du précédent il y a 2 ans. Depuis tous les symptômes ont disparu (fig. 10-11-12). $
La possibilité d’une aggravation post-opératoire de la scoliose est donc rare, mais la recherche de ses causes est particuhèrement instructive. Elle nous a paru dépendre avant tout de trois facteurs
19 L’impossibilité dans bien des cas de faire une greffe suflisamment étendue. Théoriquement, le greffon doit partir des 2 vertèbres saines sous-jacentes à la courbure inférieure. En haut, il doit atteindre le sommet de la courbure supérieure.
Souvent en pratique l’état général du malade s’op-
pose à ce que l’on crée une plaie opératoire aussi vaste.
Fig. 10. — (Obs. VII) Scoliose grave de l’adolescence.
Fig. 11. — (Obs. VIT) une arthrodèse a été pratiquée de Di à S:(1930). Radio graphie (en 1933) montrant un affaissement dans Ja partie du rachis sus-Jacente
à la greffe. 2
Fig. 12. (Cliché ci-contre). — (Obs. VII) Une nouvelle greffe a été pratiquée en 1933de D19 à D® la radiographie {datant de 1935) montre : 19 Que le nouveau greffon a fixé la courbure dorsale ;
20 Qu'il est bien soudé au greffon inférieur.
Nora. — L'ensemble des trois radios fig. 10, 11, 12 met
en évidence l’augmentation de volume et l’opacité croissante du greffon de 1930 à 1935.
Ou bien, et cela surtout chez l’enfant, le matériel de oreffe est insuflisamment long, insuflisamment volumineux.
20 Quelquejois eh cas de scoliose basse, intéressant L£ 15, on a cru pouvoir respecter l'articulation L° S*. Autour de cette charnière le rachis greffé bascule en bloe sur le bassin. La gibbosité s’accentue au-dessus de lui.
Dans un cas semblable Fèvre fut amené à fixer le greffon au sacrum par une nouvelle intervention.
30 Enfin la nature même de la scoliose, sa cause, l’état des muscles et des ligaments jouent un rôle important dans la stabilité du rachis sus-jacent à la greffe. |
Il est à noter que c’est pour une scohose grave de l’adolescence qu'il fallut réimtervenir (Obs. VIT).
Ainsi les évolutions secondaires de la scolhiose sont rares après arthrodèse rachidienne. Leur traitement consiste à ankvyloser à son tour la courbure qui s’aggrave.
Il est à cette réintervention une seconde indication : l’apparition de douleurs au niveau des vertèbres libres, sans qu’elles se déforment cependant.
Un seul cas semblable a été noté par nous : une nouvelle greffe a immobilisé la région douloureuse. Le résultat a été excellent.
Pratiquement, on peut donc dire que la greffe stabilise la scoliose et fixe la colonne vertébrale.
Certains malades présentant encore un rachis presque droit et rectiligne au moment de la greffe !
auront donc un résultat esthétique remarquable et rien dans leur attitude et leurs mouvements ne les distinguent d’un sujet normal. Nous reviendrons sur l'intérêt que ce fait présente. D’autres très déformés au moment de l’intervention, garderont leurs gibbosités, mais elles n’évolueront plus.