‹ Technique microscopique appliquâee áa l'anatomie pathologique et áa la bactâeriologie. Manuel pratiqueChapitre 18 sur 96 · GD · texte numérisé non relu

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saturés d'alun.

Mode lïeminloi :

1° Coloration pendant 3 à o minutes;

2° Lavage dans l'eau :

3° Alcool. Huile. Baume de Canada.

Cette solution sera exposée à la lumière pendant deux à trois semaines, puis filtrée. Elle ne surcolore pas facilement et elle est très stable; ce sont les seuls avantages qu'elle possède sur l'hématoxyline alunée qui, par contre, met mieux en évidence les contours du noyau.

Hématoxvline d'Heideniiain.

1° Coloration pendant 24 à 48 heures dans une solution aqueuse à 0.5 0/0 d'hématoxyline préparée à chaud ;

2" Séjour pendant 24 à 48 heures dans la solution aqueuse à 1 /3 0/0 de chromate de potasse, qu'on renouvelle plusieurs fois, de façon qu'il n'y ait plus de nuages colorés ;

3*^ Lavage très soigné dans l'eau, etc.

Cette méthode donne des figures très nettes et convient surtout pour la coloration en masse de fragments qui seront, après avoir été lavés dans l'eau, durcis dans l'alcool à concentration croissante, et ensuite inclus. Les coupes deviennent noires; elles ne doivent pas être trop épaisses.

ApATiiY a imaginé une modification de la méthode de Heidenhain qui raccourcit le séjour dans la solution aqueuse. Il emploie une solution alcoolique à 0.5 0/0 d'hématoxyline, puis une solution alcoolique de chromate double de potasse préparée en ajoutant aune solution aqueuse à o 0/0 de chromate double de potasse deux volumes d'alcool absolu. Les autres détails d'application sont identiques à ceux de la méthode primitive.

Carmin aluné.

Les carmins aluné et boracique de Grenacher et le picro-carmin de Ranvier sont employés fréquemment.

Préparation. — 2 à 5 grammes de carmin seront chauffés pendant une demie à une heure dans 100 grammes de solution alunée à 5 0/0. On filtre après refroidissement.

Mode d'emploi :

1° Colorer pendant 10 minutes à 2 heures;

2° Laver dans Teau;

3° Alcool. Huile. Baume de Canada.

Les noyaux seront rouge violet. Cette solutionne détermine pas d'excès de coloration, comme l'hématoxyline, même après plusieurs heures de séjour dans le bain; en outre, le lavage est plus rapide et la couleur n'est pas aussi sensible aux acides. D'un autre coté, cette méthode ne convient pas pour les tissus difficilement colorables. Mais elle sert très bien pour la coloration en masse. Comme les moisissures s'y développent facilement, on y ajoute un peu d'acide phénique.

Carmin litiiiné.

Préparation :

Carmin 2 gr, 5 à 5 gr.

Solution aqueuse saturée de carbonate de litliine. 100 cent. c.

3îode (T emploi :

1° Coloration pendants à 3 minutes;

2° Lavage pendant une demie à une minute dans Valcool chlorfiijdrique : acide chlorhydrique concentré 1,0 -\- 100 d'alcool à 70°; 3° Lavage dans une grande quantité d'eau distillée ; 4° Alcool. Huile. Baume de Canada.

Cette coloration se fixe sur les noyaux en rouge intense, et même, pour les objets peu sensibles aux colorants, d'une façon plus sûre et plus rapide que toute autre. Dans ce dernier cas, on peut aller jusqu'à 5 0/0 de carmin. Elle présente aussi comme avantage d'être d'une préparation simple, de ne pas donner d'excès de coloration, le lavage dans l'alcool chlorhydrique donnant le degré voulu; enfin, la méthode est applicable aussi aux préparations qui sont injectées de bleu.

La couleur se concentre ainsi sur le noyau.

Carmin boracique (de Grenacher).

Préparation :

Carmin 0 gr. 5.

Borax 2 grammes.

Eau distillée 100 —

Mélanger et chauffer jusqu'à ébuUition. Puis ajouter, en agitant d'une façon continue :

Acide acétique dilué (de la pharmacopée allemande) 4,5 gr.

Laisser reposer pendant 24 heures et filtrer, Jlode d'emploi :

1° Colorer pendant 5 à 15 minutes;

2° Laver pendant une demie à une minute, jusqu'à disparition des nuages

colorés que présente la coupe, dans Tacide chlorhydrique (HCl 1, alcool à 70° 100) ;

3'' Lavage (de l'acide) dans Feau ;

4° Alcool. Xylol. Baume de Canada.

La coloration est identique à celle du carmin litliiné, mais n'est pas aussi intense.

Pour la coloration eu masse^ on emploiera avec avantage la solution aqueuse ou mieux la solution alcoolique de carmin loraté. La chromatine nucléaire est imprégnée d'une façon aussi nette qu'avec la safranine; de plus, on peut faire la double coloration.

1° Solution aqueuse :

Broyer :

Borax 8 grammes.

Carmin 2 —

Ajouter :

Eau distillée 130 grammes.

Décanter après 21 heures et tiltrer. Les pièces d'un demi à un centimètre, notamment celles qui ont été fixées au sublimé, y sont portées pour 24 heures, puis pour un temps égal dans l'alcool chlorhydrique (une demie à une partie d'acide pour 100 d'alcool à 70 0/0), et pour un jour encore dans l'alcool à 70 0/0, puis dans l'alcool à 90°. Inclusion.

2° Solution alcoolique :

Carmin 2 grammes.

Borax 4 —

l'^au 03 cent. c.

Alcool à 'ifl'' 100 grammes.

Ajouter, filtrer. Même traitement (ju'avec la solution aqueuse. Carmin picriqué.

Préparation :

Carmin 1 gramme.

Liq. ammon. caustique 5 grammes

Eau distillée 50 —

Après dissolution, ajouter :

Solution aqueuse saturée d'acide ])icrique 50 grammes.

Laisser la solution à l'air libre dans un large récipient, jusqu'à évaporation de l'ammoniaque, puis filtrer.

Mode d'emploi :

i° Colorer pendant une heure ;

2° Lavage pendant une demi-heure dans la glycérine acidifiée à 1 0/0, qui devient légèrement jaune au contact de l'acide picrique ;

3° Lavage pendant cinq minutes dans l'eau colorée en jaune pâle par l'acide picrique ;

4" Déshydrater dans l'alcool qui a été coloré également en jaune par le même acide; 5° Huile. Baume de Canada.

En procédant de cette façon et en ajoutant à la glycérine, à l'eau et à l'alcool une petite quantité d'acide picrique, on obtient une double coloration stable : les noyaux sont rouge brun et le protoplasma jaune. Autre avantage : les tissus en dégénérescence hyaline et colloïde prennent un ton jaune intense, et le protoplasma des muscles striés et de la substance cornée ressort par la même coloration.

Je ferai remarquer que le picro-carmin de Weigert, préparé par Griibler, de Leipzig, mérite toute confiance.

Carmin picro-litiiiné.

Préparation : .

On ajoute à la solution carmino-lithinée ordinaire deux parties de solution saturée aqueuse d'acide picrique.

Mode cT emploi :

Il est identique à celui du carmin picrique. La coloration est aussi analogue.

Carmin de Beale. Préparation :

Carmin 0,6 gr.

Liq. ammon. caustique 3 gi\ 75.

Faire bouillir pendant quelques minutes, puis ajouter :

Glycérine 60 grammes.

Eau distillée 60 —

Alcool , 15 —

Mode d'emploi :

Cette méthode mérite la préférence pour la coloration de fragments entiers; ceux-ci y séjournent de 2 à 8 jours d'après l'épaisseur, puis sont lavés dans l'eau, durcis dans l'alcool et inclus.

Paracarmin de Paul Mayer.

Acide carminique 1 gramme.

Chlorhydrate d'aluminium 1/2 —

Chlorhydrate de chaux 4 —

Alcool à 70» 100 cent. c.

3Iode d'emploi :

1° Coloration rapide.

2° Lavage dans Talcool à 70o.

3° Traitement ultérieur ordinaire.

D'après Boehm et Oppel, les avantages du paracarmin sont les suivants : la préparation en est très facile; il se dissout dans l'alcool à 70"; ainsi, les coupes

OU les objets colorés ne doivent pas passer dansTeau. Il colore très rapidement et ne détermine pas d'excès de coloration. Dans ce cas, il suffirait du reste de laver dans l'alcool à 70* contenant 2,5 0/0 d'acide acétique.

Couleurs d'aniline.

A part le brun de Bismark, il y a très peu de couleurs d'aniline qui soient utilisées pour la coloration des noyaux; elles opèrent, par ellesmêmes, d'une manière diffuse, et la différenciation du noyau ne se montre qu'après un lavage dans l'alcool. Mais la coloration n'est pas aussi stable que celle de l'hématoxyline et des solutions carminées. Parmi les colorants nucléaires de la classe de l'aniline, nous avons aussi, comme étant très recommandables, la safranine, le A-iolet de gentiane, les solutions de Heidenhain-Biondi et celle (mais elle n'est pas stable) qu'Ehrlich emploie pour le sang.

Il est presque impossible de fixer de règle pour l'emploi des couleurs d'aniline : beaucoup d'auteurs préfèrent en général user de patience et faire usage des solutions faibles. Pour la conservation des liqueurs, on fera bien d'ajouter un quart ou une demi-partie d'alcool.

Brun de Bismarck, vésuvine.

Préparation :

a. On prépare par ébullition une solution aqueuse saturée (elle est de 3à40/0) et on filtre;

h. Ou bien une solution alcoolique concentrée dans 40 0/0 d'alcool : elle est de 2 à 2 1/2 0/0.

Mode cVemjiloi :

1** Colorer pendant 5 minutes [même pendant plusieurs beures];

2" Laver dans l'alcool fort ;

3'' Alcool. Xylol. Baume de Canada.

Le brun de Bismarck donne aux noyaux une belle coloration brune ; si la coupe renferme des bactéries, celles-ci prennent une teinte brun clair plus intense encore. Le protoplasma devient brun clair. Les solutions aqueuses et alcooliques agissent d'une façon identique ; elles ne déterminent pas d'excès de coloration. On peut laver aussi bien dans l'alcool chlorbydrique àl 0/0 que dans l'alcool fort. Enfin, les préparations colorées par le brun de Bismarck se prêtent surtout à la reproduction photographique.

On se trouve très bien de l'emploi successif du picro-carmin et de la vésuvine glycérinée.

Violet de gentiane.

Préparation :

Solution aqueuse à 1 0/0 ou alcoolique de 1 à 2 0/0.

Mode cC emploi :

1° Colorer pendant 3 à 5 minutes;

2° Laver dans l'alcool jusqu'à ce que la coloration devienne bleu clair; 3'' Alcool absolu, xylol, baume du Canada.

On obtient une coloration plus nette encore du noyau en faisant passer la coupe du bain, pendant une demi-minute au plus, dans une solution aqueuse d'acide acétique à 1/2 0/0, puis en la lavant dans l'alcool.

Liquide de Biondi-Heidenuain.

Préparation :

Solution aqueuse saturée d'orantia filtrée 100 cent. c.

Solution saturée acide de fuchsine 20 —

Vert de méthyle (l) 30 —

En ce qui concerne la solution saturée, on la laisse pendant quelques jours avec un excès de colorant, on la dilue au lOO'^ ; elle prend une coloration rouge intense par l'acide acétique. Elle fait sur le papier à filtrer une tache bleu vert au milieu et orange au bord. Si la zone orange est entourée d'un bord rouge plus large, c'est qu'il y a trop de fuchsine dans la solution. Les solutions anciennes perdent de leur pouvoir colorant, mais il suffît d'y ajouter une quantité minime d'acide acétique à l'aide d'une tige de verre plongée dans l'acide et balancée quelque peu à l'air.

On fera bien de se procurer la solution de Heidenhain chez M. Grubler, de Leipzig.

Mode (V emploi :

1° Durcissement dans le sublimé;

2° Coloration pendant G à 24 heures dans la solution diluée ; 3° Lavage rapide dans l'alcool à 90°; 4" Déshydratation dans l'alcool absolu ; 5° Xylol, baume du Canada.

Les noyaux en caryokinèse et les noyaux fragmentés des leucocytes prennent une teinte d'un violet vert intense, les noyaux au repos sont bleus et les globules rouges.

Cette méthode convient surtout pour les préparations qui renferment beaucoup de leucocytes. Au début, on ne s'en servait que pour les coupes à la paraffine et pour les colorations sur porte-objet. Mais on arrive aussi à y colorer les coupes en celloïdine, sans les fixer sur le porte-objet. Pour les coupes minces, on n'a pas besoin d'enlever la celloïdine, mais on le fera pour celles qui sont épaisses et qui ne se décoloreraient qu'en partie.

Nous avons eu l'occasion d'employer la méthode de Biondi-Heidenhain, en procédant comme suit.

(1) Certains auteurs préfèrent, dans beaucoup de cas, le vert de méthyle à la safranine, dont l'emploi est plus difficile.

On mélange un excès de poudre de sublimé à une solution de chlorure de sodium à 1/2 0/0, on agite plusieurs fois et l'on obtient, au bout de quelque temps, une solution complètement saturée. La pièce doit séjourner dans le liquide pendant 24 heures, puis on enlève le sublimé par un lavage soigné à l'eau courante. On porte alors la pièce dans des alcools de plus en plus concentrés (de 60° à 100") (Nikiforoff).

Elle doit être débarrassée des dernières traces de sublimé ; celui-ci, sans cela, se précipiterait en cristaux. Les éléments ainsi fixés se coloreront d'une façon intense par la liqueur de Biondi, et cela d'autant mieux qu'on les enrobera dans la paraffine, — la celloïdine se colorant assez vivement et nécessitant une décoloration relativement énergique. Les coupes sont fixées sur la lame de verre, portées dans l'alcool dilué et à l'étuve à 38°, ce qui dissout la paraffine.

Elles sont alors soumises à l'action du liquide de Biondi dilué dans l'eau à 1/60 et légèrement acidulé. L'addition d'une faible quantité d'acide acétique permet d'éviter la coloration uniformément verte des noyaux et celle d'un rose sale du protoplasma (MkiforofF).

Au contraire, le liquide acide colore en rose rouge plus ou moins intense les globules rouges, le protoplasma cellulaire, les faisceaux de tissu conjonctif, la fibrine et les granulations de certaines cellules. Si l'acidité' est forte, les noyaux sont colorés en violet plus ou moins intense; si elle a le degré désiré, certains noyaux deviennent violets, d'autres verls.

Les préparations séjournent pendant 24 heures dans la solution, puis sont déshydratées, portées dans le xylol et incluses dans le baume.

m. Coloration diffuse et double coloration.

Les agents qui colorent la substance fondamentale des tissus sont, avant tout, le carmin neutre (solution neutre ammoniacale d'acide carminique) et l'éosine. Celle-ci s'emploie tout autant en solution aqueuse qu'en solution alcoolique. Cependant, il est rare qu'on colore les tissus d'une façon diffuse : on combine de préférence, sous forme de double coloration, cette méthode avec l'emploi des colorants nucléaires, et principalement de l'hématoxyline.

On recourt à la double coloration, non pas seulement pour colorer d'une façon différente le protoplasma du noyau, mais encore pour obtenir une différenciation de noyaux différents; dans ce but on combine, par exemple, le vert de méthyle et la safranine.

On distingue aussi les colorations combinées, dans lesquelles agissent plusieurs colorants : on peut encore différencier, non seulement les cellules différentes, mais des noyaux différents, et même des parties différentes des noyaux.

Carmin neutre.

Préparation :

On mélange 5 grammes de poudre de carmin à une petite quantité

d'ammoniaque, et Ton fait ainsi une bouillie rouge ; puis on chauffe dans une capsule ouverte, renfermant 200 grammes d'eau, jusqu'à évaporation de l'ammoniaque; la capsule reste ouverte pendant quelques semaines, et on voit se former un précipité rouge ; on liltre. Le pouvoir colorant de la solution augmente avec l'âge. On la filtrera encore à plusieurs reprises, dans la suite.

Honegger mélange de l'ammoniaque à de la poudre de carmin, pour en faire une bouillie épaisse, qu'il applique sur la face interne du mortier pour la faire sécher. Après l'avoir fait séjourner à l'air pendant 24 heures et dissoute dans l'eau froide, on peut l'employer immédiatement.

Mode (Vem])loi :

On verse ce liquide par gouttes dans l'eau, jusqu'à coloration rouge clair; les préparations séjourneront dans le mélange ainsi obtenu jusqu'à ce qu'elles soient nettement rouges. Les meilleurs résultats sont obtenus par un séjour de 12 heures dans la solution très diluée. Si l'on est pressé, on recourt à une solution plus concentrée qui donne une nuance suffisante au bout de 20 à 30 minutes.

On lave à l'eau avec soin.

PiCROGARMiNATE DE Ranvier [picrocarminate d'ammoniaque (1)].

« On verse dans ime solution saturée d'acide picrique du carmin dissous dans l'ammoniaque, jusqu'à saturation. On laisse évaporer lentement à l'air libre dans de grands cristallisoirs. Il ne faut pas craindre la putréfaction, elle semble favoriser la réaction. Celle-ci exige du temps, des semaines et même des mois. Il se se'pare peu à peu des cristaux de picrate d'ammoniaque et du carmin amorphe que l'on recueille pour une opération ultérieure. On décante, on filtre, on évapore à siccité au bain-marie. On reprend par l'eau distillée, on filtre et on évapore de nouveau. On obtient ainsi une poudre brune qui doit se dissoudre complètement dans l'eau distillée; une solution au centième est la plus convenable.

(( Il y a deux manières de faire agir le picrocarminate. La pre r.ière consiste à en mettre quelques gouttes dans un verre de montre et à y placer la coupe pendant un temps variable ; cela dépend de la méthode qui a été suivie pour durcir les tissus. La seconde consiste à mettre du picrocarminate sur la lame de verre avec l'objet à colorer, à couvrir d'une lamelle et à fermer la préparation pour éviter l'évaporation. On peut aussi, au lieu de fermer, mettre la préparation dans une chambre humide (2).

« En faisant usage du picrocarminate, on peut avoir la coloration simple du

(1) L. Ranvier, Traife technique dVits^o/o^ie, 2® édition. Paris, 1889, p. 87.

(2) Lorsque la coupe a été colorée dans une goutte sur porte-objet, on enlève la goutte avec du papier-filtre, on recouvre la préparation d'une lamelle de verre, puis on fait couler dessus de l'eau glycérinée, additionnée d'acide formique, qu'au bout de deux à sept jours on remplace par la glycérine pure. II faut remarquer que les coupes collées à l'albumine se détachent dans le picrocarminate.

TRAITEMEiNT DES PRÉPARATIONS MICROSCOPIQUES

carmin ou la double coloration du carmin et de l'acide picrique. La coloration au carmin seul s'obtient en passant la coupe colorée dans l'eau distille'e, qui dissout l'acide picrique. Si, au contraire, on laisse le picrocarminate tel quel sur la préparation, on a la double coloration. Le picrocarminate employé pour colorer les coupes de tissus desséchés, congelés, durcis par l'alcool, l'acide picrique, ou l'acide osmique, donne des préparations remarquables par l'élection de la matière colorante bur les éléments bien déterminés. Les noyaux deviennent rouges, les fibres élastiques jaunes, le tissu conjonctif rose, le tissu musculaire jaune brunâtre, certaines substances cornées jaunes. »

Ce liquide répond à la presque totalité des indications. Cependant, les coupes provenant de pièces durcies au Muller demandent souvent un séjour de 24 heures dans le bain. Mais il présente un grand défaut : il est difficile d'en réussir la préparation.

Double coloration à VJièmatoxyline et au carmin.

On coiiiiiience par l'hématoxyline ; on fait séjourner les coupes dans l'eau pendant (> heures au moins et 12 au plus ; on les soumet alors à l'action du carmin et on les lave soigneusement.

PlCRO-CAHMlN LITULNÉ DE OrTII.

Il permet la coloration instantanée des tissus :

Solution iujueuse saturée à froid de carbonate de lithinc. Q. S. Carmin pulvérisé 2 gr. oO.

La technique la plus facile est la suivante (Letulle) : 1° Passage au carmin de Orth, Q. S.

2° Lavage à Veau picriqucc :

Alcool à 70o 70 parties.

Eau satiu-ée d'acide picrique ." 30 —

Acide chlorliydrique 5 —

3° Lavage à l'alcool fort.

4° Alcool absolu.

5*^ Montage au baume ou dans la glycérine.

ÉosiNE, solution aqueuse.

Préparation :

On verse dans un récipient renfermant de l'eau une quantité suffisante de la solution concentrée d'éosine, aqueuse ou alcoolique, jusqu'à coloration rouge clair; l'éosine s'y trouve dans la proportion de 1 à 1.000 ou 1.500.

Mode cCen^iloi :

1" Colorer pendant quelques minutes jusqu'au rouge; 2° Laver dans l'eau ;

3'' Déshydrater assez rapidement dans l'alcool, qui dissout peu à peu l'éosine.

11 faut éviter l'huile de bergamote. Baume de Canada. ÉOSINE, solution alcoolique.

PrèiMration :

Verser une quantité suffisante de la solution alcoolique concentrée dans l'alcool absolu, jusqu'à coloration rouge rose. Mode cT emploi :

1° Porter les coupes dans l'alcool à 96", puis, pendant quelques minutes ou quelques heures, dans le bain colorant;

2° Laver dans l'alcool à 96", jusqu'à production de la nuance désirée ; 3° Alcool, huile, baume de Canada.

Le temps nécessaire à la coloration est très variable ; on ne peut fixer de règles déterminées à ce sujet : il y a souvent avantage à prolonger l'opération 24 heures.

La solution alcoolique d'éosine colore d'une façon plus régulière que l'autre. Sous l'influence de cet agent, les globules rouges prennent une teinte allant du rouge rose au rouge de cuivre, surtout dans les préparations durcies au sublimé ; aussi le contenu des vaisseaux ressort-il nettement. En outre, les tissus sont colorés d'une façon diffuse en rouge. C'est pourquoi l'éosine est rarement employée seule.

HÉMATOXYLINE-ÉOSINE.

En général, on se sert de l'éosine pour les doubles colorations^ de préférence en combinaison avec Xlièmatoxylme ou le carmin (duné. On combine aussi avec avantage son action avec celle du violet de gentiane. On pratique la double coloration en mettant d'abord en action l'agent colorant du noyau, puis la solution d'éosine. Les préparations à l'hématoxyline, au carmin aluné, etc., sontdéshydratées dans l'alcool absolu, auquel on ajoute ensuite une quantité suffisante de la solution alcoolique d'éosine ; puis on lave une dernière fois dans l'alcool pur. Il en est qui se contentent d'ajouter quelques traces d'éosine à l'huile éclaircissante, essence de genévrier ou d'origan. L'essence de genévrier, qui a servi à éclaircir beaucoup de préparations à l'éosine, communique parfois, et d'une façon inespérée, aux autres préparations une fort belle teinte.

On peut aussi ajouter l'éosine à la solution d'hématoxyline, pour obtenir en une fois la double coloration. Ainsi, on mélange à Vhématoxyline d'Ehrlich 0,50 d'éosine. Mais ce procédé ne présente pas d'avantages sur le premier.

Lorsque la coupe est bien colorée à l'hématoxyline, on la lave à l'eau, puis on la porte dans la solution d'éosine ; on lave de nouveau dans l'eau jusqu'à disparition de la teinte rouge — on laisse parfois les coupes dans l'eau pendant plusieurs heures; — alcool à 96°, quelques minutes; alcool absolu, une minute; xylol, baume. S'il y a excès de coloration, on lave dans l'alcool fort.

Renaut donne la préférence à la méthode suivante.

HÉMATOXVLINE ÉOSIQUE DE RÉNAUT.

Solution concentrée d'éosine à la potasse dans l'eau.... 30 cent. c. Solution concentrée d'hématoxyline dans Talcool (doit

avoir été gardée pendant quelque temps et avoir déposé). 40 — Solution saturée d'alun de potasse dans la glycérine

(densité de la glycérine i.2\3 130 —

Après coloration, les coupes sont traitées à l'eau contenant de Téosine, car, en raison de la grande solubilité de celle-ci, on n'obtiendrait pas de double coloration (1).

Acide picrique.

En solution aqueuse, il colore les tissus d'une façon diffuse. On en fait usage dans le picro-carmin ou le picro-carmin lithiné. 11 convient moins de faire passer au préalable les coupes dans la solution carminée colorante des noyaux et de les baigner ensuite dans une solution aqueuse de 1 à 5 0/0 d'acide picrique.

Cependant, on obtient souvent une bonne coloration double par l'emploi du carmin aluné et de l'acide picrique, ou de l'hématoxyline. ou delà safranine. On emploie une solution de 1 p. 3 d'eau; on lave à l'eau, on retire la coupe alors qu'elle présente encore une teinte jaune, l'eau courante surtout enlevant rapidement l'acide. Il se prête fort bien aux colorations en masse des pièces qui ont été traitées par le carmin boraté, d'où on les porte directement sans les faire passer par l'alcool acidulé : l'excès de carmin disparaît sous l'influence de l'acide Bœhm et Oppeb.

Métuode de von Gi»-:soN.

1° Durcir dans le liquide de Muller ou dans l'alcool : 2" Colorer à l'hématoxyline, 3 à 5 minutes ; 3° Laver à l'eau ;

4° Colorer, 3 à 5 minutes, dans la solution aqueuse saturée d'acide picrique, additionnée de fuchsine acide en solution aqueuse saturée jusqu'à coloration rouge foncé du mélange ;

5° Laver à l'eau, l/:2 à 1 minute;

6" Alcool, alcool absolu, huile d'origan, baume de Canada.

Cette méthode est très pratique et donne une belle coloration double. Les noyaux sont rouge brun, la substance interstitielle est rouge brillante. Les substances lardacée, colloïne, hyaline et muqueuse sont facilement colorées. On s'adresse à l'hématoxyline alunée. Les pièces doivent être surcolorées, car elles passent par l'acide picrique.

IV. Coloration en masse. — On peut colorer en totalité des morceaux entiers que l'on désire examiner. Pour cela, on donne la préférence aux liquides colorants auxquels on ajoute de l'alcool, par exemple à la solu-

(1) Lee et IIen.neglv, 1. c. p. 156.

tion carminée de Beale. L'hématoxyline de Heidenliain et le brun de Bismarck sont également utiles pour colorer des fragments entiers (de même le paracarmia et riiémalun).

Voici quelle est la façon de procéder.

1° On emploie des fragments, durcis ou. fixés, qui ne sont pas trop volumineux, afin de faciliter la pénétration du liquide;

2° Le séjour dans le liquide sera de un, deux, quatre ou huit jours;

3° On fera un lavage soigné dans l'eau, jusqu'à ce que celle-ci ne se îrouble plus;

4*^ On durcira ensuite dans l'alcool à 96", puis dans l'alcool absolu.

L'avantage du procédé est d'être plus simple et plus rapide; les coupes, étant soumises à des manipulations moins nombreuses, ont aussi moins à souffrir.

Néanmoins, si cette méthode est d'usage fréquent 'en histologie normale, il n'en est plus de même enanatomie pathologique, où elle est rarement indiquée.

11 arrive d'ailleurs fréquemment, en anatomie pathologique, qu'on ne s'en tienne pas à une seule méthode. C'est ainsi qu'on peut avoir à faire, outre l'examen du tissu, celui des microbes; de la coloration des noyaux, on pourra passer à celle de la dégénérescence graisseuse ou amyloïde. Même dans les examens histologiques simples, sans complications, on ne peut toujours déterminer à l'avance la meilleure méthode. Remarquons enfin que les perfectionnements de l'inclusion à la celloïdine ont diminué la valeur de cette méthode, qui avait surtout pour but d'éviter les manipulations destructives des coupes.

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