Liquide d'Erlicii
Il est avantageux en ce sens que les préparations y durcissent en huit à dix jours, et en quatre à cinq jours à l'étuve à A0°. Mais il est inférieur au li(fuide de Millier par ce fait qu'il détermine un ratatinement plus considérable des tissus, et souvent la formation de précipités dans les préparations. On renouvelle le liquide tous les deux jours. Pour éliminer les précipités, on emploie, avant de faire usage de l'alcool et après lavage à l'eau courante, pendant un jour environ, l'eau chaude ou l'eau légèrement acidulée par l'acide chlorhydrique, ou bien encore une solution d'acide chromique à 1/2 % ; l'alcool à 70° pendant un jour, puis l'alcool à 96*'.
4. Sublimé. — C'est un moyen excellent de durcissement pour quelques cas; nous y reviendrons. Il détermine en outre la fixation des figures karyokinéti([ues. On emploie une solution saturée à chaud (7,5 % de sul)limé dans une solution de sel marin à 0,5 % ). Les pièces ne doivent pas être trop épaisses; on les y fait séjourner une, deux, et plus rarement six lieures. Puis on lave avec soin, à l'eau, pendant vingt-quatre heures s'il le faut, et l'on durcit cluKiue fois pendant un jour dans l'alcool à 30°, puis :i 10\ puis à 90"\
Il est important de faire un lavage soigné, à cause des [)récipités mercuriels qui s'y forment facilement et qui pourraient être confondus avec du [)igment. Mais l'addition de quelques gouttes d'une solution d'iode permet de savoir site li([uide de lavage renferme encore du sublimé; dans l'afiirmative, il se produit une coloration rouge jaunâtre d'iodure de mercure. On a aussi recommandé d'ajouter à l'alcool de durcissement à 70° une (luantité de teinture d'iode suffisante pour lui donner une coloration rouge-vin. En formant de l'iodure de mercure, l'iode enlève l'excès de sublimé et l'alcool se décolore. On peut ajouter la teinture d'iode, i %, lorsqu'on est arrivé à l'alcool absolu. Lorsqu'on veut colorer, par le procédé de Weigert ou de Pal, des pièces du système nerveux durcies par le sublimé, on les fait passer au préalable pendant dix à quinze minutes dans une solution d'acide cliromiciue à 1 % .
Le durcissement dans le sublimé est, en général, plus recommandable pour les objets ([ui proviennent du cadavre que [xnir les autres.
5. Acide picrique. — On l'emploie en solution aqueuse saturée. Les fragments, dont les dimensions ne dépassent pas un centimètre , y
(vhromate double de potasse
Sulfate de cuivre
Eau
cent, cubes.
séjournent jusqu'à vingt-quatre heures et sont ensuite portés dans l'alcool à 70° ou 80". Il faut se rappeler, lorsque l'on fait usage de ce produit comme agent durcissant, qu'il dissout la chaux du tissu osseux et les concrétions calcaires. On lave avec le plus grand soin les préparations ainsi durcies ; sinon elles conserveraient une coloration jaune.
6. Acide osmique, — On l'emploie pour durcir en solution aqueuse à 1 % . Comme il pénètre très difficilement dans les tissus, on réduit les fragments à 5 millimètres au plus. On les fait séjourner dans la solution pendant vingt-quatre heures, puis on les porte dans l'alcool à 80°. L'acide osmique colore les granulations graisseuses en noir, aussi est-il employé pour les reconnaître. Nous en parlerons à propos des dégénérescences. Les noyaux deviennent jaune sale et les fibres élastiques brun grisâtre.
Les coupes traitées par l'acide osmique seront incluses de préférence dans l'acétate de potasse, la glycérine se brunissant peu à peu. Mais on peut empêcher ce phénomène en laissant les coupes, pendant quelques jours, avant leur inclusion définitive, dans l'eau ou dans la glycérine diluée.
7. Liqueur de Flemming. — Elle est applicable dans beaucoup de cas. Nous parlerons de son emploi aux chapitres VIII et IX.
8. Glycérine gommeuse. — Son emploi est surtout indiqué dans les travaux de fine histologie, car elle durcit très rapidement et comi^lètement.
Préparation : on ajoute lentement à la glycérine bouillante, en agitant d'une façon continue, autant de gomme arabique pulvérisée qu'elle en peut dissoudre.
Les pièces qui sont prélevées à l'état frais sur le cadavre sont débarrassées du sang à l'eau courante; pour celles qui ont déjà séjourné dans l'alcool, on enlèvera celui-ci au moyen de l'eau. Puis on les portera pendant vingt-quatre heures dans une solution sirupeuse de gomme glycérinée, à l'intérieur de laquelle on les maintiendra à l'aide d'une tige de verre; au bout de vingt-quatre heures, on les met dans l'alcool de 80° à 90", on agite fortement le flacon à différentes reprises. En peu de temps, elles deviennent dures et capables d'être coupées.
On lave les coupes, avant de les colorer, dans une grande quantité d'eau qu'on renouvelle au besoin : le précipité de gomme, provoqué par l'alcool, s'y redissout.
9. Méthode de l'ébullition. — On la recommande surtout pour fixer par coagulation les liquides albumineux qui existent dans les tissus ; ainsi, elle peut être indispensable pour l'œdème pulmonaire, la néphrite et le contenu des kystes. On en porte dans l'eau bouillante, pendant une, deux ou
deux minutes et demie, de petits morceaux ayant 1,5 cent, d'épaisseur; on durcit dans l'alcool à 96°.
Le durcissement dans Talcool absolu permet aussi d'obtenir, à un degré suffisant, la coagulation et la fixation des liquides albumineux.