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LES AUTOPLASTIES ET LES GREFFES, LA PROTHÈSE

AUTOPLASTIES.

lin lambeau de peau a été supprimé par un accident ou une opération. 11 s'ajiil de combler l'espace vicie et d'emprunter à une région quelconque du corps une surface cutanée nécessaire à couvrir la portion cruentée. On aura recoui's à Vautoplastie.

Uuand l'opérateur prélève un fragment cutané tout à fait libéré du reste du corps, cela constitue une greffe. Quand le fragment cutané resle en contact avec son point d'origine, c'est Vautoplaslie.

L'autoplastie se réalise suivant trois méthodes: i° autoplastie par glissement (méthode fi'ançaise) ; 2° autoplastic au moyen de lambeaux pris dans le voisinage de la perte de substance (méthode indienne) ; .3° autoplastie au moyen de lambeaux pris à distance de la plaie sur une portion du corps (méthode italienne).

Préparation. — L'opérateur doit se remémorer les principes suivants : la peau à utiliser sera saine, bien nourrie, facile à mobiliser et pourvue de son tissu cellulaire sous-cutané. Le pédicule, pour assurer la nutrition du lambeau, doit être large et assez long pour ne subir aucun tiraillement et ne pas couder les artères qui le nourrissent.

Le lambeau devia être un tiers plus grand que la surface à recouvrir à cause de la rétraction. Si l'opérateur est peu entraîné à cette méthode, il fera bien de tailler un patron la veille de l'opéi'ation sur un morceau de toile ou de papier, calcpiésur le modèle vivant.

1" Autoplastie par glissement (méthode française). — C'est la méthode la plus employée. C'est à elle que nous avons recours habituellement quand nous rapprochons les lèvres de la plaie après l'amputation du sein. Au moment de l'incision du sein, il faut avoir soin, en prévision du rapprochement des lambeaux, de décoller à 4 ou 5 centimètres au moins les lèvres de la plaie. Celles-ci sont ainsi bien mobilisées et se rapprochent aisément.

254 V. PAUCHET. — TECHNIQUE OPÉRATOIRE.

Ce décollement a i»our résultat de provoquer un suintement sanguin abondant; aussi est-il bon, dans les cas semblables, d'ouvrir un petit orilice sur les limites du décollement et d'introduire un

b'ig. 203. — Autoplastie par la méthode Fig. iO't. — Suture terminée après ruiiiputafrançaise. lion du sein.

Les deux bords de la peau sout décollés et rapprochés.

drain au niveau de chaque cul-de-sac. Line bonne compression ouatée sera nécessaire.

2° Autoplastie par la inélliode indienne. — Le lambeau sera pris dans le voisinage de la ])laie à combler et amené par torsion à ce niveau. L'exemple le plus courant est celui de la rlnnoplat^lie, dans laquelle la peau du front est utilisée pour refaire un nez. Plus fréquemment, nous avons recours à la méthode indienne après l'amputation large du sein, en taillant un lambeau sur la paroi thoracique ou la paroi abdominale. Les cicatrices de brûlures du creu.x de l'aisselle se réparent à l'aide d un lambeau taillé sur la face dorsale.

3° Autoplastie par la méthode italienne. — Quand, au voisinage de la plaie, les téguments ne sont point assez mobiles pour donner un lambeau, il faut l'emprunter à une région éloignée. Par exemple, à lasuile de cicatiices de la fa^e palmaire de la main (suites de brûlures), le chirurgien taille un lambeau sur la paroi abdominale.

Type d'autoplaslic par la nicthode indienne.

Fig. 206. —

Dans ce cas de rhlnoplastie, le lambeau a été pris sur le fronl. Le pédicule correspond à la commissure interne de l'œil gauche. La plaie du front va être couverte de gretres de Thiersch.

Une cicatrice étendue de la (ace au voisinage des paupières nécessite la ])iise d'un lambeau sur le bras ou l'avant-bras.

La position incommode (\ue Ton devra donner au sujet après l'opération doit être calculée avant l'intervenlion. Le malade doit s y

l'"ig. 20". — Aiiloplaslie par la méthode indienne. La narine est refaite à Taide d'un lambeau pris sur la joue.

entraîner pendant quelques jours, pour qu'elle lui paiaisse moins pénible.

L'o|)ération comprend les temps suivants :

t" Avivement. — Avivement de la zone sur laquelle sera appliqué le lambeau. 11 faut enlever toute la partie scléreuse, malade, se ménager des bords bien libérés, bien saignants et bien nourris. Respecter les vaisseaux, les nerfs, les synoviales et bien faire l'iiéinoslase.

2° Taille du lambeau. — Le lambeau aura été choisi et dessiné en un point où il sera commode à prélever, et là où la restauration immédiate sera facile.

3" Fixation du lambeau. — Le lambeau sera fixé au moyen de

AUTOPLASTIES.

oi'ins de Florence. On procédera par points séparés, en petit nombre.

4» Pansement. — Le pansement est très important. Il doit ètie li.xe, compressif et absorbant. Tous les plis cutanés seront poudrés et ouatés pour éviter la macération de l'épiderme et l inlection. Le

Kig. 20S. — Aiit<>)>lastk' parla méthode ilalii'iiiir.

(,L- uei est i-emplaci- pai- un lambeau pris sur la face antérieure du bras.

pédicule ne sera point comprimé de façon à ne pas S|)liacéler le lambeau. Par-dessus le pansement et les bandes de gaze, on assurera l'immobilité par des bandes plâtrées.

l\° Soins post-opératoires. — Le pansement sera changé vers le dixième joui'. Kadigeonnagi; iodé de la ligne de suture; on renouvellera la ouate, la gaze et I on coupera les crins. Deuxième pansement le quinzièmejour. Le pédicule sera coupé et les derniers crins seront enlevés. Pour la section du pédicule, on fera l'anesthésie locale à la slovaïne. Les plaies qui resteront seront soumises à la réunion secondaire.

TecliniquR cliirurgicali'

GREFFES DE THIERSCH.

Les grefles Tliiersch ou dermo-t'pidormiques liouveiiL une indication IVéquenle dans la pcalique de la petite chirurgie. S'agitil, à la suite de l'ablalion d'un épithéliuma cutand, de restaurer une j)aupière. une lèvre, le front, les joues? s'agit-il de combler la surface cruentée laissée par l'ablation d'un n.nevus, lupus, cicatrice d'une Itrùlure ? s'agit-il de combler un vide laissé par une amputation trop laige du sein ? les grelfes sont tout indiquées.

Les cas les plus fréquents où leur emploi est nécessaire sont les ulcères et les brûlures.

L'ulcère vari(iueux, énoi-me, faisant tout le tour d'un membre, ne saurait être couvert par une greffe de Thierscii. Il faut, dans ce cas, l'amputation ou tout au moins une greffe italienne; et encore celleci n'aura-t-elle que d'être partielle. La greffe de Thiersch comblera l'espace cruenté non couvert par le lambeau pédiculé.

Qu'il s'agisse d'un ulcère variqueux ou d'une brûlure, le traitement est le même. Voici comment on l'applique.

Tecliuique. — L'ulcération est bien désinfectée par l'eau chaude, pas de savonnage prolongé de la ])eau, ni des frictions à l'alcool sur une grande étendue, mais simple badigeonnage iodé de la peau.

L'opération comprend les temps suivants :

1" Curdttage de la plaie. — A l'aide d'une curette, gratter tous les bourgeons charnus jusqu'à la couche résistante de l'aponévrose. Les bords aussi bien que le fond de la perte de substance sont mis à vif pour recevoir le lambeau cutané. Dès que le grattage est terminé, tamponner avec des compresses trempées dans l'eau très chaude; attendre (pielques minutes pour que la |)laie cesse de saigner.

i" Taille du lambeau dermo-épidermique . — La face antérieure de la cuisse sera rasée, savonnée, désinfeclée; un aide saisit, à deux mains, au niveau de la racine du membre, la demi-circonférence postérieure de cette cuisse pour tendre la face antérieure ; le chirurgien immol)ilisera la peau en bas à l'aide de la main gauche, de façon à rendre les téguments résistants et immobiles; prendre un rasoir, ra|)puyer sur la peau qu'il atta(|ue, d'une force toujours égale, d'un mouv(ïment de va-et-vient uniforme. La lame s'avance |)our détaclier un mince copeau qu'elle ai réte au bout de 7 à 8 centimètres par un relèvement brusque du tranchant.

Calculer la longueur du copeau de façon qu'il soit un i)eu plus long que la longueur de la perte de substance à couvrir.

Application des rubans dermo-épidermiques. — L'opé-

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