CAVITÉS OSSEUSES
siun (l'une (lia|)hyse lihialo nécrosée. Le tibia étant su|»pi'imé dans sa partie moyenne, le cliirurgien pratique une cstéotomie de l'extrémité supérieure du |)éroné. Le fragment inféi'ieur est alors poussé en dedans jus(]u'au contact de l épiphyse tibiale supérieure. La continuité du péroné est respectée dans sa partie inférieure. Quelques mois plus tard, le i)éroné a remplacé la diaphyse libiale.
C.urtillet emploie un autre procédé de transplantation. 11 sectionne le péroné à ses deux extrémités et amène à la i)lace de la diaphyse tibiale la diaphyse péronière ([ui continue à être nouri'ie par les |)arties molles dont elle n'a pas été séparée.
2° Procédés de subsiitiiMoii. — (les procédés consistent à remplacer l'os absent |iar un corjjs étranger, lefiuel peut être vivant (gielTe osseuse) ou mort os décalcilié, plombage).
a. Greffe osseuse. — La greil'e osseuse est dite autoplasiique (luaiidon prélève un fragment d'os sur l'opéré lui-môme. Elle est dite homoplastique (juand on prélève un fragment osseux chez un autre opéié, chez lequel on doit sacrilier une partie du squelette, par exemple chez un amputé ou chez un nouveau-né mort asphyxié. Elle est dite /té/erop/asf<7z<6' quand elle consiste à prendre un fragment osseux chez un animal.
(les diiïérentes grelles donnent souvent de bons résultats, mais il faut savoir que les fragments appliqués se résorbent toujours ; en somme, ce n'est qu'un procédé de suhstitution et les substances inertes agissent de la même façon.
6. Emploi d'os décalcifié. — On prend la diaphyse libiale ou fémorale d'un bu-uf. On la nettoie et on la plonge dans une solution d'acide chlorhydriciue au dixième. La solution est changée tous les jours. Cette immersion dans l'acide doit être de dix à trente jours, suivant la rapidité de la résorption qu'on désire obtenir. L'os ainsi décalcifié devient mou ; on le lave àgi andeeau et on le conserve dans l'éther iodoformé au dixième. Avant de l'utiliser, on le plonge dans l'alcool, puis dans l'eau. L'os évidé doit être admii'ablemenl curette, nettoyé, désinfecté. Ij' meilleur évidement se fait avec la fraise mue par un moteur électrique. Pour désinfecter le foyer, on verse de l'huile dans lariuelle on plonge la lame d'un thermocautère chauffée au rouge. Pour combler le vide, on peut bourrer avec des petits fragments d'os ou bien employer un long fragment. Le i)ansement doit être renouvelé au bout de huit jours. Au bout de trois semaines, la guérison existe. Cet os décalcifié ne s'enkyste jamais; c'est un soutien provisoii-e voué à la résorption. 11 est détiuitpar les ostéoclastes et l'os nouveau est produit par les ostéoblasies, avec ou sans formation de tissu embryonnaire.
c. Procédés de plombage. — Au lieu d os décalcilié, on peut f inployei- di's subsLanccs coulées ou mastiquées, soil le mastic iodolormé do .Moselig Mooi liof, dont voici la formule :
iodoforme puh ci-isr fiO j^raiiiiiics .
Huile (lo sésaiiii' —
Blanc de baleine 40 —
soiL la |)àle de .loùon (de Nantes). Cette paie est formée d'eugénol, substance huileuse très antiseptique, (]ui, mélangée h l'o.xyde de zinc, fait une pàtL' (pii se Iransl'orme en un ciment très dur. Ces sidislances ne valent ni mieux ni moins (|ue l os décalcilié.
En i-ésumé, tout réussit comme procédé d'obturation pour les petites cavités, grosses comme une noisette ou une noix ; dans ce cas, la réunion se ferait aussi bien sans corps étrangei- et sans drain, quand elles sont bien désinfeclées. Quanl aux grandes cavités, la réapplicalion de lambeaux cutanéo-périostés est, en somme, un procédé simple, facile et qui donne de> résultats suflisamment bons.
Pour les cavités tuberculeuses, la désinfection et le curetlage doivent être exécutés scrupuleusement ; dans ces cas, il est vraisemblable ([ue le plombage iodoformé avec la pâte de Mosetig Moorhof constitue un pansement favorable par son aciion antiseptique.
["n elfort considérable a été actompli depuis quelques années pour le Iraitement des cavités osseuses. Les chirurgiens pratiquent des évidements plus complets, une désinfection ])lus efticace, ce qui améliore les conditions de la réparation osseuse. Pour activer cette réparation, aucun procédé ne vaut les méthodes osléoplastiques. mais les méthodes de bouri'age et de greffe donnent de temps en temps des résultats si appréciables qu"(dles joueront probablemeni un rôle important dans Tavenir de la chirurgie osseuse.
Traitement d'une ostéomyélite des adolescents
L'ensemble de la moelle osseuse constitue un organe lymphoïdi^ comme la rate et les amygdales. Comme ces derniers oiganes, la moelle est souventle siège d'infections diverses : tuberculose, sy])hilis. actinomycose, staphylococcie. L'inflammation due aux microbes de la suppuration aiguë constitue l'ostéomyélite. La porte d'entrée se fait le plus souvent par la i)eau, par la voie digestive ou par le j)harynx (végétations adénoïdes). De même qu'au sein des autres organes lymphoïdes (rate, amygdales), l'infection médullaire se stéi'ilise mal et récidive fréquemment. L'ostéomyélite est donc une maladie
Fiu. 211. — TiTp.iiialioil ilii liliia |K)iir uslrdiliyrlili' \.n rui'oltc évifU' le soj<nifiil o>scii\ ni.ilnilc.
à rechutes. Le siège du tissu lymphoïde infecté donne à cette maladie une gravité spéciale. Logée au sein des os, elle évolue dilTicilenient, se draine mal, donne des récidives multiples. A proximité de veines nombreuses, elle essaime aisément vers le rein, le foie et les autres zones de Tappai-eil circulatoire. Circonscrite par le tissu squelettique, elle nécessite des opéi-ations mutilantes, provoque des plaies à réparation lente. En rapportavecle cartilage épiphysaire et le périoste, l infection excite ses foyers d'accroissement squeletli([ue ou au contraire les détruit. Il en résulte des déformations osseuses, des allongements, des raccourcissements et des atrophies. Cette esquisse anatomo-pathologique montre la gravité de Tostéomyélite, maladie grave pai' l'intoxication et l'infection générale qu'elle ])rovoque souvent, grave par les troubles locaux et les déformations des membres qu'elle détermine, grave par les mutilations chirurgicales qu'elle nécessite, grave par ses continuelles récidives qui enlèvent le sujet à son milieu social pendant de longs mois, grave enfin par les décharges microbiennes qu'elle verse dans le sang et dont elle impose l'élimination au foie et aux reins.
Quelle est la conduite à tenir devant cette maladie ? — La chirui'gie a-t-elle une action réellement efficace sui' cette atTection si grave ? Les opérations conservatrices sont-elles utiles au sujet au point de vue général ot local ?
Le médecin se trouve en ])résence de l'ostéomyélite dans deux conditions. L'atTection est aigui' ou chronique.
Pendant la période aiguë, le sujet se présente au début comme atteint de fièvre typhoïde : température élevée, pouls rapide, oligurie, diarrhée, dépression extrême, etc. Pendant cette période, les |)hénomènes locaux sont à peine sensibles. Pendant la deuxième semaine (|ui suit le début de l'infection, lessiynes objectifs apparaissent, le segment du membre augmenté de volume s'empâte ; la pression y localise une doutmr vive. Bientôt la circulation veineuse sous-cutanée devient de plus en plus visible. (Vest le moment d'opérer. Que faut-il faire?
Ce ([u\ semblerait le mieux serait d inciser largement la peau, les muscles, le périoste et d évider le segment osseux malade, pour donner une large issue au pus. Le but théorique devrait être d'exciser dès la première heure la totalité des tissus malades. En pratique, il ne faut pas agir ainsi : les incisions larges ouvrent des veines qui vont résorber les toxines. Les trépanations larges nécessitent des décollements étendus du périoste, membiane qu'il laut soigneusement ménager.
L'évidement précoce de la diapho-éi)iphyse supprime le tissu osseux