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III. — Drainage

Toute plaie infectée ou infeclable donne lieu pendant plusieurs jours à un écoulement séro-sanguinolent. Le pansement devra être changé chaque fois qu'il est imbibé par- le suintement de la plaie, sinon les microbes venus de l'extérieur cultivent vers l'intérieur et contaminent les drains et le champ opératoire. Il faut, Irèssouvent, combinei- l'usage des drains et du tamponnement elles remplacer tous les jours.

Le drainage tubulaire à l'aide d un drain de caoutchouc ou di; verre n'assure l'évacuation des liquides accumulés dans une cavité, comme l'abdomen, que s'il occupe le point déclive, par exemple le vagin dans le di-ainage abdomino-vaginal. Si, au contraire, l'orilice

\'. PAUCHET. — TECHNIQUE OPÉRATOIRE.

(récuiilemeiil esl situé plus liaul (|ue !e fond, le drain nelonclionno plus ([ue comme le lr()|»-|)lein d'un rései voir. Le liquide s'évacue dans le pansement au niveau de la plaie sus-pubienne, par regorgement; le li(|uide déborde sans que la cavité se vide.

Pour assurer 1 évacuation réelle du li(piide, il faul avoir recours soit à VaspinUion faile à laide d'une seringue et dune sonde Nélaton, soit au siphonnage, soit au drainage capillaire.

Siphoiiiia^c. — Le siplionnage consiste à faire l'aspiration permanente des sécrétions d'une plaie, par l'intermédiaire de la pression atmosphérique. Prenons quehjues exemples :

10 Taille hypogastrique. — A la suite d une cystostomie, b; cbii-urgien intioduil à frottement un tube de caoutcbouc demiligide, gros comme l'inde.x. Une extrémité du tube plonge dans la vessie et l'autre extrémité au ras du sol dans un bocal plein d'eau. Pas une goutte d'urine ne souille la plaie ; l'urine est directement sii)bonnée, aspirée par le liquide contenu dans le bocal.

2° Prostatectomie sus-pubienne. — A la suite d'une prostatectomie sus-pubienne, l'opérateur introduit un tube de Mariou dans la vessie, (^e tube reçoit d'un côté le courant d'eau d'un bock placé au-dessus du lit, et de l'autre émet un tube tombant hoi's du lit, dans un seau. Pas une goutte d'eau ne souille le patient; le liquide passe directement du bock dans le seau, en aspii-ant dans la vessie les quelques gouttes d'urine qui pourraient s'y trouver accumulées.

Pleurotomie précoce. — Le chirurgien-praticien a exéculé une pleurotomie précoce (je dis précoce, car c'est le vrai moyen de sauver le malade ou d'éviter une tistule"». La plèvre est ouverte après résection d'une côte. Le tube est introduit à frottement. La peau est suturée et collodionnée ; le tube plonge directement dans un bocal plein d'eau au ras du sol; chaque fois que le sujet tousse, l'eau monte dans le tube de caoutchouc et la colonne d'eau de 10 à 15 centimètres suflil à maintenir dans la cavité pleurale une pression négative suflisante pour attirer l(> poumon au contact des côtes. Le malade guérira rapidement et sans listule.

4» Laparotomie. — Une femme a subi une laparotomie ]>our un kyste végétant de l'ovaire. L'opération a été suivie d un pansement collodionné; un tube plonge dans le Douglas, sort du ventre et tombe dans un bocal plein d'eau au ras du sol. Toutes les sécrétions péritonéales vont être aspirées par la pression négative réalisée par la colonne de liquide montant dans le tube. Au bout de (|uatre ou cinq jours le siplionnage pourra être supprimé.

Draiiia$;o capillaire. — Ce drainage utilise les propiiélés absorbantes des substances hydrophiles qui drainent par capillarité. Ce principe a déjà été appliqué par Mickulicz par sa tente-drain.

Cette tente-drain est constituée par un carré de gaze stérilisée qu'on

Fig. — Drain (le Goldmann, ronipli ilc mèches de colon [tour assurer l'aspiration par

ca|)illarilé.

dispose en bourse au fond de laquelle est nouée une forte soie destinée à faciliter son extraction ultérieure. Introduite au point voulu, la bourse est étalée et remplie de lanières de gaze absorbante. Ce drainage de Mickulicz présente les inconvénients suivants : la bourse de gaze adhère au péritoine et à l'intestin ; elle cesse donc de drainer au delà d'un certain territoire. Elle forme tampon au bout de vingt-quatre lieures et fait obstacle à l'écoulement. En outre, son

|,'j„ Drains demi-rigides de Ricard, caoutchouc et métal, armés de quatre (ils métal-

liques pour assurer la fi.vité du drain.

Quatre coups de ciseau.x permettent de faire bâiller l'orifice supérieur et de le maintenir fixe.

e.xlraction est douloureuse, favorise le suintement sanguin, ([uelquefois même risque de déchirer l intestin et de provoquer des fistules stercorales.

11 faut donc employer le Mickulicz seulement pour arrêter par Technique chirurgicale. IS

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compression un suintemonl sanguin en nappe. Il doit agir comme lanipon et non comme drain.

Dans tous les autres cas où on veut drainer en évitant les inconvénients du Mickulicz et en cherchant à agir par capillarité, il faut recourir au drain de Goldmann. Ce drain se compose d'un luhe de caoutchouc demi-rigide, perforé de petits orifices et rempli d'un faisceau de mèches de coton. Dès que l'écoulement ne se produit plus, il suflit de retire* quelques mèches pour rétablir le courant d'aspilation capillaire. Ce drainage n'adhère pas aux'lissus environnants, puisque le coton est séparé delà plaie par le caoutchouc. Pourtant, pour les i-égions où les adhérences aux tissus voisins ne sont pas à redouter, on peut utiliser un autre drain, mais qui, au lieu d'être rempli de mèches de coton, est au contraire enveloppé d'une mèche à lampe en coton tissé. Le suintement est absorbé ])ar la mèche |)éi iphérique et le liquide tombe dans la cavité du drain.

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