Ponction de la vessie
En cas d'obstacle nrélral infi'anchissal)U', l'index de la main gauche fixe la iienu à 3 centimètres au-dessus de la sym|ihyse j)uliienne. La main droite enfonce le trocarl d'un coup brusque.
sondes de Nélaton, sondes béquilles). Mais si ce cathétérisme s'accompagne d'une fausse route, ou si la bougie ne peut passer, que faire? Une ponction? La ponction n'est pas aussi innocente qu'on l'a cru ; après la simple piqûre vésicale, l'urine peut s'infiltrer dans la loge péi'ivésicale ou dans le péritoine. D'ailleurs, cette ponction est formellement interdite chez les sujets dont les urines sont troubles et l'on ne peut la renouveler indéfiniment.
OPÉRATIONS D'URGENCE. — CYSTOSTOMIE.
Uiumd le cathétérisme bien l'ail échoue, la taille hypogastriquc est indiquée.
2° Infection urinaire. — Un malade présente soit des accidents généraux septiques, soit des urines troul)les; s'agit-il d'un rétrécissement, la dilatation ou Turétrotomie feront disparaître l'infeclion, dès que le canal sera perméable. Mais s'il s'agit d'un prostatique, la désinfection est délicate. Évidemment, le cathétérisme bien fait et bien surveillé combat avec succès les cas infectés; mais combien d'échecs! et combien de diflicultés! Il est bien plus facile de faire une taille (|ui assure un bon drainage des voies urinaires, décongestionne le bassin, permet à l'état général de se relever, et rend la prostatectomie, secondaire et éloignée, une opération bénigne. Cette taille, poui- les infectés, pei-met d'enlever en môme temps des calculs i)hosphatiques.
3" Hémorragies vésicales. — Au cours de la calculose ou des néoplasmes vésicaux, et surtout au cours du prostatisme, il peut survenir des hémorragies vésicales. Ces hématuries peuvent être graves; le malade se plaint de besoins Iréquents et impérieux d'urinei', la vessie est globuleuse, la sonde ne ramène qu'un peu de sang. Sans doute, il serait possible, avec l'aspirateur de Guyon, d'extr'aire ces caillots par les voies naturelles (j'ai déjà dit que la techniqueren était un peu trop spéciale), mais la cystostomie donnera un résultat plus immédiat, au prix d'une technique plus facile : les caillots seront extraits, les douleurs calmées, l'hémorragie arrêtée .
Tecliiiique. — Instruments. — Comme instruments : un bistouri, une pince anatomique, une paire de ciseaux; deux écaiteurs de Farabeuf, deux pinces de Kocher, une aiguille de Doyen.
Premier temps : Incision de la peau. — Section de 6 à 8 centimèti'es, commençant au bord supérieur du pubis et s'arrêtant à égale distance de l'ombilic et du pubis.
Incision de la ligne blanche entre les deux muscles droits et pyramidaux : la graisse prévésicale apparaît.
Deuxième temps : Découverte de la vessie. — Pour découvi-ir la vessie, on écarte légèi ement les deux muscles droits, on refoule vers le haut et le bas de l'incision la graisse pi évésicale et on prend soin de ne pas décoller la vessie en haut, sur les côtés et surtout derrière le pubis. La vessie distendue se reconnaît au doigt, et l'œil, sur sa face antérieure, voit saillir deux grosses veines verticales. La vessie ne sera dénudée que dans la courte et mince étendue de l'incision intermusculaire abdominale.
Troisième temps : Ouverture de la vessie. — -luste au milieu Technique chirurgicale. 21
322 V. PAUCHET. — TECHNIQUE OPÉRATOIRE.
(le la plaie opératoire, on ponctionne au bistouri. La vessie ne doit être visible que sur une liauteur de 1 à 2 centimètres. La plaie doit présenter la forme d'un entonnoir, dont la base se trouve à la peau et le fond à la vessie. Avec deux pinces de Kocher, on saisit les bords de la vessie ouverte; celle-ci est lavée largement à leau bouillie, tandis (|ue l'index explore sa cavité.
Quatrième temps : Fixation de la vessie. — 11 ne .suffit pas que l'opérateur ait pris soin de ne pas décoller la vessie; il doit égalemeni empêcher l'infiltration de l'urine dans la loge y)érivésicale, par la fixation des parois. Cette fixation se lait avec quati-e crins : l un inférieur au pubis, l'autre supérieur au péritoine et deux latéraux.
Le point supérieur (péritonéali et le point inférieur (pubien prendront en masse la peau, les muscles grands droits el les parois vésicales.
Les points latéraux prendront les bords de la jdaie vésicalc et la peau seulement. De celte façon, la plaie vésicale débouche au dehors, et les points de suture seri-és créent avec les parois une cloison é tanche.
Drainage . — On place dans la vessie, soit le tube de Kreyer, soit un lube-siphon de Guyon fixé par un crin et enfoncé seulement de 2 centimètres dans la vessie. Ou plus simplement, un long tube à bock dont l'autre extrémité plonge dans une bouteille oo dans un urinai. L'essentiel est que le tube ne prenne pas contact avec le basfond vésical (ténesme'l ; il ne doit descendre qu'à 2 centimètres de profondeur.
Pansement. — On panse à l'aide de compresses bouillies fréquemment renouvelées dont on entoure la plaie.
Lavages. — Infectée ou non, la vessie doit être largement lavée pour diluer l'urine et empêcher son contact avec les bords de la plaie. Suivant que l'infection existera ou non, il faudra laver la cavité vésicale toutes les heures ou seulement trois fois par jour.
Suites opératoires. — On doit retirer le tube et les crins au bout de huit jours; le tube pourra être replacé dans la vessie et changé tous les jours.
Si une opération secondaire est à faire (proslateclomie, urétrectomie, suture urétrale, etc.), elle sera exécutée trois semaines après la taille.