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CONDITIONS MATÉRIELLES ET MORALES

loppé. En un mot, il doit opérer avec méthode, après avoir prévu et préparé à Tavance les nioin<lres détails.

Le diagnostic doit être établi d'avance avec précision. Un malade bien examiné se trouve dans d'excellentes conditions pour être bien opéré.

L'opérateur ne doit pas être seul doué de (jualités chirurgicales : habileté manuelle, pi'ésence d'esprit, résistance nerveuse ; son aide doit ne pas en être dépourvu. Cet assistant n'a pas besoin d'être médecin, pourvu qu'il soit dévoué et soumis au chirurgien.

Le chirurgien-praticien devra veiller lui-même à l'installation de sa salle d'opérations : tables destinées à porter les accessoires, table d'opération, instruments, lits, compresses, drains, tout doit être disposé méthodiquement avant toute intervention, de façon à éviter toute incoordination de l'opérateur et de l'aide, à simplifier, à faciliter la technique et à réaliser le travail nécessaire avec le minimum de mouvements, le minimum de dépense nerveuse, en un temps aussi court que possible.

Le local doit être bien éclairé; la lumière doit tomber directement sur le champ opératoire sans fatiguer les yeux du chirurgien.

Le lit (F opération doit être à une hauteur déterminée, de façon à ne pas fatiguer l'opérateur. Il est indispensable d'opérer sur une table à renversement, qui peut, en quelques minutes, incliner le patient à 45» sur l'horizontale.

Les deux tables destinées à porter les lils, les instruments, les compresses, les cuvettes pour le lavage des mains, doivent être d'une hauteur moyenne qui permet au chirurgien et à l'aide de les aborder sans se baisser ni se déplacer. Elles doivent être néanmoins assez éloignées du lit d'opération pour ne pas gêner l'évolution de l'opérateur.

Le matériel opératoire doit être disposé méthodiquement quelques minutes avant l'intervention. L'opérateur doit faire celte préparation lui-même, afin de trouver au cours de chaque intervention les instruments dont il a besoin. Les accessoires sont vérifiés avec un soin minutieux et placés par l'opérateur à portée de sa main et dans l'ordre où ils doivent être employés. Il évite ainsi les faux mouve^ ments, les pertes de temps qu'occasionne la recherche des objets. La solidité des fils doit être contrôlée avant l'opération. Ceux-ci seront coupés à l'avance à la longueur voulue, et placés dans un plateau spécial, en prenant soin qu'ils ne puissent s'emmêler. Les instruments sont vérifiés avant la stérilisation.

Au moment de l'opération, le chirurgien doit les placer lui-même sur une serviette stérilisée, d'après un ordre connu, toujours le même pour chaque opération, et les véiifier une dernière fois.

y. PAUCHET. — TECHNIQUE OPÉRATOIKE.

Supposez une cure radicale de hernie. l'iacez sui' la table à votre droite, en allant successivement vers la gauche: un bistouri, une paire de ciseaux, une pince à griffes, six pinces hémostatiques, deux écarteurs Farabeuf, une aiguille. Tous ces instruments sont vérifiés et rangés méthodiquement dans Tordre oîi ils vous serviiont. Cet ordre sera toujours le même, puisque votre technique doit être uniforme pour chaque sorte d'opération. S'il arrive un accident à l'un de ces instruments ou s'il survient un incident opéi-aloire nécessitant un supplément de matériel, que faire ? J'ai déjà dit que vous deviez opérer, même chirurgien de campagne, toujours dans un même centre et dans un milieu chirurgical que vous vous serez créé ; c'est dire que vous aurez à quelques mètres de vous une vitrine à instruments où vous trouverez l'objet désiré. Celui-ci sera flambé ou bouilli dans une solution de borate de soude pendant quelques minutes.

Le chirurgien qui n'a point réfléchi à la technique qu'il doit suivre, qui n'a point examiné son malade avec soin, qui n'a point mentalement établi tous ses repères analomiques et ne s'est pas ci'éé un plan de conduite avant chaque opération ; l'opérateur qui n'a point lui-même disposé tout le matériel avant d'opérer, s'expose à des tâtonnements, à une perte de temps préjudiciable à son éducation chirurgicale et au succès opératoire.

Ceux qui ont vu opérer Doyen au cinématographe se rendent compte de la précision à laquelle arrive un opérateur qui a cherché à économiser, dans un but de rapidité, toute fausse manœuvre, toute incoordination dans les mouvements.

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