III. — Anesthésie par le chlorure d'éthyle
Le cliloi uiu! (rt-UiNlo, cliloi élli) le ou kélène est un li(|ui(l(' incolore, limpide, mobile, d'odeur élliérée. Il bout à 120". Son poids est (le 0,021. Si on l'ail ])asscr sa vapeur dans l'eau, cette vapeur ne rougit pas le papier de tournesol; après avoir été acidulée par
l'acide azotique, elle doit troubler immédiatement par le nitrate d'argent.
Le kélène se conserve, comme le chloroforme, à l'abri de l'air, de la lumière et dans un endroit frais. 11 doit être conlenu dans des ampoules de verre brun de 1, 2 ou 3 centimèti-es cubes, ou dans des tubes de verre gradués avec fermeture à vis.
Projn'iétés physiologiques.
— 11 procure un sommeil rapide et fugitif. Il ne produit aucune toux, ni dyspnée, ni salivation, ni larmoiement. Son défaut est d'être cher, volatil et de s'obtenir difficilement pur.
La respiration et le pouls rcsient sensibles et réguliers. L'aspect du patient est calme. Il faut une minute pour obtenir l'anesthésie. La narcose dure trois à quatre minutes. Il n'y a pas de période d'excitation, ou elle est très légère et courle. Les réflexes de la cornée et de la pupille sont conservés. La résolution nuisculaire est complète. Le jtouls et la respiration sont calmes, faibles. Les vapeurs n'irritent pas les bronches. Le patient se r-éveille immédiatement sans vomissement et peut manger le jour de l'intervention.
Le chloréthyle est moins dangereux que le ciiloroformc pour le cœur et la respiration. Il agit plus rapidement que l'éther et le chloroforme. Les alcooli([ues subissent très difticilemenl son action. L'odeur du chloréthyle est plus agréable que celle de l'éther, 11 n'est guère plus dangereux.
Applications chirurgicales. — Ne pas l'employer pour les narcoses de longue durée. Son emploi est tr ès fréquemment indifjué avant l'anesthésie au chloroforme et àl éthei-. Il raccourcit la durée de l'une et évite les effets désagréables de l'autre. A|>pai>çils - Comme appareil, je conseille au chirurgien comme
Fig. 4"). — Masque il kélèni' de Roheil et (iari'iiTc.
Cli.iqiu,' ampoule (A) est enfoncée dans le tiil)e de caonlidioiu: dis|)osé au-dessus du masque. Elle se brise contre une aigjiille el le conlenu se répand sur une compresse de gaze que le lecteur voit grâce il l'échanmire pratiquée dans le caoutcliouc.
ANESTHÉSIE. — ANESTHÉSIE l'AR LE CHLORURE D'ÉTHYLE. 97
au s|)('cialisle ([ui oiU une maison de sanLé de Caire usaj^e de l'appareil de Camus. Je conseille au chirurgien-praticien, soit l'appareil Decolland qui oflVe l'avantage de pouvoir être également employé
Fig. 46. — Anesthésie au cours de Tablalion d'un adénome du sein.
Anosthésie au kélène (masque de Robert et Carrière). La malade est savonnée à l aide d'un gant de toilette. Il est préférable de pratii|uer ce savonnage la veille do l'opération, puis d'appliquer un pansement sec. Il suffit de badigeonner à l'iode le champ opératoire immédiatement avant d'opérer, sans lavage préalable.
pour le chloroforme, soit simplement le petit masque de Robert et Carrière, lequel se met dans la poche et ne tient pas de place. Technique chhurgicale. ~
Cl- (leniici- appareil csl Irî'S pratique, peu coûteux, mais, tout naturellcmcnl, moins pai-fait que les deux autres.
Masque de Camus. — L'appareil le i>lus parfait est le masque de Camus. 11 se compose de ti'ois parties :
1 Un masque de caoutchouc avec hourielet pneumati<iue ; 2o une vessie ; 3» une chambre d'évaporation mélaHique, spliériquc, interposée entre les deux pièces précédentes et communiquant avec chacune d'elles. Une ampoule de i ou 2 centimètres cubes de kélène est introduite dans la chambi-e d'évaporalion et est brisée dès que le masque est appliqué sur la fipure. Au bout d'une demiminute on obtient l'aneslliésie générale qui dure deux minutes et est suivie d'un réveil rapide. Ne pas oublier d'apprendre au patient à bien respirer lorsque le masque est appliqué sur sa (igure.
Quand on donne b; kélène à la compresse, il y a dans ce mode d'administration une trop grande quantité d'air avec déperdition de gaz dans rabsori)lion. La narcose doit s'accom|)lir sans brus(]uerie ])our que l'imprégnation anesthésique se fasse progressivement. Il ne faut pas sidérer le malade en l'étoulTant trop rapidemenl. U faut également faire attention de ne pas briser l'ampoule au moment où on vient d'appli([uer le masque sur la figure du patient. L'usage de ra|)pareil DecoUaud fait disparaître ces inconvénients. L'anesthésie s'obtient avec moins d'excitation, sans défense; le retour à l'état de réveil est plus rapide.
Appareil Decolland. — Lorsqu'on brise une ampoule sur une sim|)lei)la(|ue de verre, le kélène reste sous la forme liquide. 1.,'évaporation ilu li(|uide se fait ensuite progressivement et lentement. Dans cet appareil, le kélène, projeté au fond du vase, n'est absorbé que peu à peu. Le passage de l'air d'expiration se rendant dans la vessie produit une élévation de température et amène l'évaporation progressive du liquide dontles vapinn s sontabsorbées sans brusquerie. L'appareil se compose de deux parties: le récipient et le masque reliés ])arun tube de caoutchouc, gros comme l'index, et long de 130 centimètres. Le récipient lappelle la forme de celui de Ricard; il porte deux tubulures, une pour le tube et l'autre pour la vessie, destinées à jouei-le rôle de réservoir extensible olfcrtau déplacementdel'airpen- (lunllarespiration.Lecouvercle présente plusieurs cylindres destinés à recevoir les ampouleset munis d'un butoir pour les briser. Le masque est en métal et possède une soupape d'expiration et une prise d'air. L'opérateur l'ayant en main, entre le pouce et l'index, peut, à son gré, avec ce dei nicr doigt, jtaralyser la soupape et la prise d'air voisine.
Pour les narcoses combinées au kélène, chloroforme et éther, il faut verser dans le récipient quelques grammes de chloroforme ou
d'éllier et biisor une ampoule de kélène. L'ancslhésie déhule par l'action du kélèiie et se continue par le chlorolorme ou réliier. Le sommeil est obtenu avec 2 ou 3 centimètres cubes de kélène, mais il est assez long à obtenir, puisque la narcose se fait progressivement. Ce pi-océdé un peu long est [)lus bénin que les autres.
Pour UKSUMER mon avis sur la valeur des appai'cilsà narcose, }ii conseille au chirurgien de profession l'appareil d'Ombredanne (étlier), celui de Ricard (chloroforme) et celui de Camus (kélène). Au piaticien, je conseille la compresse pour le chloroforme, le .lunker pour l'éther, et le petit masque de Uobert et Carrière pour le kélène.