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V. PAUCHET

sang. Chez un tuberculeux, l'intervention amène parfois une amélioration ou produit l'efTet d'un coup de fouet sur l'infection. Les bacilloses péritonéales guérissent par une simple incision. L'opération agit par processus scléro-cicalriciel, comme agit la méthode de Bier dans les inflammations, comme agit la fulguration dans le cancer ou la tuberculose.

Syphilis. — La syphilis ne constitue pas une contre-indication aux opérations; sauf urgence, pourtant, il est préférable d'opéreien dehors des périodes d'accidents. Des injections mercurielles intramusculaires ou intraveineuses permettront d'intervenir quinze jours ou trois semaines plus tard.

Diabète. — Le diabète ne constitue pas une contre-indication. Si le sujet est gras, on le soumettra à la cure d'amaigrissement (cure de diète). Cette cure de légumes verts et de fruits, cette diète sévère et alcaline, placera le diabétique dans d'excellentes conditions opératoires. 11 faut, chez un diabétique, redoubler les précautions d'asepsie et employer une bonne technique pour éviter les manipulations qui contusionnent les tissus. Dans la gangrène diabétique (névrite ou artérile), il faut amputer très haut pour ne pas craindre la récidive. Dans quelques années, les anastomoses vasculaires permettront d'éviter au malade ces opérations mutilantes. A tous nos diabétiques, nous conseillons le régime végétarien et fi uitai'ien absolu. Quand nous ne pouvons le faire accepler dans son intégrité, nous associons à la demi-diète et au régime mixte l'absorption des alcalins : bicarbonate de soude, 8 gr. ; sulfate de soude, 4 gr. ; phosphate de soude, 2 gr. ; pour un litre d'eau, à boire dans les vingt-quatre heures.

Cœur et vaisseaux. — Les lésions valvulaires bien compensées ne constituent pas une contre-indicalion opératoire. Les lésions du myocarde, le cœur graisseux obligent à plus de réserve. Chez ces sujets, il faut craindre le choc, la syncope, l'infection, la phlébite, l'asystolie, l'œdème pulmonaire, l anuric. La dilatation aiguë du cœur est fréquente à la suite des opérations sur le plan incliné. L'athéromo cérébral chez les vieux ])rovoque souvent de la démence sénile post-opéi'aloire.

Avant d'opérer, examinez toujours les pieds et les jambes du patient; recherchez la moindre trace d'œdème et réservez le pronostic si vous la trouvez à un degré même léger. Ne croyez pas aux œdèmes par compression : 09 fois sur 100, l'cedème bilatéral indique une altération du myocarde ou des reins. L'fodème unilatéral signale la phlébite (infection) ou l'envahissement d'une veine par un processus néoplasique.

UTILITÉ DE L'EXAMEN MÉDICAL

Bronches. — [^es bronchites chi-oiiiques i-eiideiil l o|)(''i'iiti()n (lillicile par la tou.\ (|u"elles provoquent et l insuttisance de l'oxydation au cours de l'opération. Choisir le chloroforme comme agent anesthésique. Si on fait usage de l'éther, il est indispensable de faire une heure auparavant une injection de morphine-scopolamine <\ui prévient la toux et arrête les sécrétions salivaires et hronchi(iues. Les lésions des bronches sont souvent pénibles pour les opérations de hernies ombilicales et les laparotomies chez les obèses.

Insuflisance nasale. — 11 existe un grand nombre de malades (|ui respirent par la bouche, soit parce qu'ils ont ou ont eu des adénoïdes, soit parce que, atteints de coryzas à répétition, ils ont perdu l'habitude de respirer par le nez. Si l'intervention n'est pas urgente, il est bon de surseoir à trois mois et de pratiquer chez eu.x l'éducation respiratoire. Si l'intervention est urgente, il faut anesthésier le patient à l'aide d'un tube inhalateur descendant dans l'arrière-gorge ou maintenir la bouche ouverte à l'aide d'un ouvrebouche pendant toute la durée de l anesthésie.

Tube digestif. — La langue sale indique souvent la constipation chronique, l'insuffisance hépatique et nécessite des lavages d'intestin ou des laxatifs répétés. L'estomac doit être lavé à plusieurs reprises avant les opérations gastriques. Le malade doit être soumis au repas d'épreuve, à l'insufflation et à la radioscopie. Chez certains sujets, l'évacuation d'intestin s'impose plus que chez d'autres : fibrome utérin, proslatite, hernie, tumeur intestinale. Ne pas opérer les <iiarrhéi(|ues. Attendre que les selles soient régularisées. Ne jamais faire d éthérisation rectale chez les sujets atteints d'entéro-colite.

Foie, — La dégénérescence graisseuse par suppuration est très grave. Les ictériques supportent très mal le chloroforme et l'hémoi'ragie. Les sujets atteints de cirrhose ou de cancer du foie sujjporlenl mal l'intervention.

Iteins. — Chez tous les opérés, les urines doivent être complètement examinées. 11 faut doser l'urée, les clilorures, faii-e l'examen cryoscopique. Les calculs rénaux et urcléraux sont reconnus par la radiographie.

Néoplasmes. — Les sarcomes chez les enfants déterminent souvent la mort post-opératoire ou la récidive rapide. Les ostéosarcomes pourtant comportent un pronostic moins grave. Certains cancers guérissent complètement par l'opération ou donnent des sui'vies prolongées : cancer du sein, rectum, utérus. Les cancers superficiels sont améliorés depuis que la fulguration associe ses elTets à ceux du bistouri.

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