ANESTHÉSIE. — ANESTHÉSIE MÉDULLAIRE
Le verre gradué à 30 centimètres cubes sert à mesurer la quantité de liquide rachidien évacuée. Employer la solution stérilisée de stovaïne à 4 j). 100 dans du sérum, en ampoules scellées. Ne jamais ajouter à la solution de ocaïne (l), d'alcool, ni d'adiénalire. La ca éine est destinée à l'emonter le pouls s'il en est besoin.
Fig. 57. — Instrumentation pour la racliianesthésic.
■J éprouvettes f^raduées pour recueillir le liquide céphalo-rachidien ; 2 ampoules de stovaine ou iiovbcaïne ; 1 seringue de Luer avec 3 aiguilles de platine : 1 pour enfant, 1 pour femme et 1 pour adulte musclé. Klacon de collodion.
Les malades peuvent boire une tasse de lail on de bouillon deu.x heures avant l'opération.
Ne jamais faire précéder l'injection racbidiennc d'une injection dv scopolamine qui prédispose à la syncope, (liiez les sujets peu résistants, il faut au contraire inject(;r, avant l'opération, IjQO grammes de sérum sous la peau et une ampoule de caféine.
(I) La cocaïne peut étie i-eniplacée pai' la slovaïne ou la novocnïne.
120 V. PAUCHET. — TECHNIQUE OPÉRATOIRE.
Teelinique. — L'opérateur, aux mains stéiilcs, charge la seringue. 11 doit vùrilier le titre de la solution, la contenance et la graduation de la seringue et calculer la(iuantité de stovaïne qu'il doit injecter.
Fig. 08. — Conimcnt 011 |)ralif|iie une ponction lombaire.
La main ^niuche repère- les apophyses épineuses. Le pointillé horizontal passe par les crèles iliaques et l'intervalle de la C|ualriènie et de la cinquième lomhaire. La main droite introduit l'aiguille à 1 centimètre en dehors de la ligne médiane, cl la dirige vers l'axe du rachis.
U faut 3 centigrammes pour les opérations du périnée et de l'anus; 4 centigrammes pour le membre inférieur; 5 centigrammes pour les hernies. Le malade s'assied sur la table d'opération, les jambes pendantes et faisant le gros dos.
Nettoyer la peau par une friction à l iode.
ANESTHÉSIE. — ANESTHÊSIE MÉDULLAIRE. 121
Le chirurgien palpe la région lombaire et choisit le troisième espace. Si les apophyses épineuses sont saillantes, la ponction se fera latéralement; si elles sont en retrait, il faut piquer sur la ligne médiane.
L'aiguille munie de son mandrin (enfoncé en partie seulement) est poussée vers le canal rachidien ; à un moment donné, elle traverse une peau de tambour formée parles ligaments jaunes. On l'enfonce encore de quelques millimètres eton pousse le mandrin à fond.
On le retire alors et le liquide s'écoule ; on recueille ce liquide dans un verre gradué et on en extrait de 10 à 13 centimètres cubes. L'injection est faite lentement. Si, après la traversée des ligaments jaunes,
Fig. 59. — Autre i)Osition du malade pour la ponclion lombaire.
le liquide ne s'écoule pas, c'est que l'aiguille est bouchée par un caillot ou de la graisse. 11 faut réintroduire le mandrin pour la déboucher. Dès que l'injection est faite, on retire l'aiguille; on laisse le malade une ou deux minutes assis, puis on le couche.
L'opéré ressent des fourmillements dans les jambes; l'anesthésie est obtenue au bout de cinq minutes ; les muscles sont paralysés; les fractures et les luxations se trouvent ainsi réductibles; l'anus devient incontinent. Chez les sujets nerveux, le pouls devient petit et tombe à 43 ; la face pâlit ; c'est le moment de la syncope. Il est bon alors d'injecter 1 centimètre cube de caféine et 500 grammes de sérum. Cette injection de sérum se fera dans les veines, associée à un demimilligramme d'adrénaline, si la syncope est grave.
Comme le sujet a les yeux bandés et les oreilles bouchées, il ne faut pas l'interroger pour vérifier l'anesthésie du champ opératoire.
Il est préférable de le pincer avec une pince à griffes et de surveiller la contraction de la face. L'anesthésie opératoire dure une petite heure. La sensibilité revient ensuite de haut en bas, ainsi que la motilité.
Les opérés peuvent boire aussitôt après l'opération, et s'alimenter le jour même.
Ne pas laisser lever le malade après l'opération, sinon on l'expose à la syncope, à la céplialée et à la rétention d urine. 11 est indispensable de laisser l'opéré quatre ou cinq jours au lit.
En cas de céphalée, coucher le sujet horizontalement et faire une ponction lombaire de 20 centimètres cubes.
Avaiila«:es. — L'anesthésie lombaire présente sur la narcose les avanlayes suivants : elle procure une anesthésie plus pi-ofonde sur les voies urinaires. Par exemple, pour les opérations sui' la vessie, l'opérateur n'est point gêné par des phénomènes de défense, comme cela se produit, même avec la chloroformisation poussée très loin. L'opérateur peut intervenir sans aide. En cas d'occlusion intestinale et de hernie étranglée, les vomissements fécaloïdes dans la trachée ne sont point à craindre, (l'est un procédé excellent pour la chirurgie l'urale, pour la chirurgie urinaire et ])our certaines interventions où l'anesthésie générale est contre-indiquée : emphysémateux, bronchitiques, etc.
Accidents. — Les accidenta sont assez fréquents ; les uns sont légers : céphalée, vomissements; les autres sont graves : paralysie, méningite, syncope mortelle. Çes derniers constituent le gros danger de la rachistovaïne. Les morts sont plus fréquentes qu'avec aucun procédé de narcose. Elles tiennent, il est vrai, à un défaut de technique, mais nous devons dire que, si la rachianesthésie est une méthode excellente, elle s'applique surtout aux cas où la narcose e«5l contre-indiquée.
Ne jamais faire de rachistovaïne pour les opérations sus-ombilicales. S'en dispenser également chez les sujets en étal d'infections aiguës, les cachectiques, les tarés, les cardiaques ou hépatiques, les malades très anémiés.
Ne jamais dépasseï' la dose de 5 centigrammes.
La méthode échoue chez un ou deux malades sur dix. Cet échec est dû soit à l'appréhension du patient, soit à l'application d'une mauvaise technique.