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III. — TRAITEMENT D'UN ABCÈS CHAUD

Tout abcès cliaud doit être incisé dès que le pus est formé. Souvent, l'incision doit précéder la collection du pus. C'est le cas dans les phlegmons qui ont tendance à diffuser.

Si l'abcès est profond, il faut avoir recours à l'anesthésie générale; le chlorélhyle est généralement suffisant.

Si l'abcès est su|)erliciel, on auia recours à l'anesthésie locale. Cette anesthésie locale s'obtiendra à l'aide de cocaïne-adrénaline. L'adrénaline est utile pour produire la vaso-constriction et assui'er l'action de la cocaïne sur les tissus enflammés.

Comme exemples d'incisions d'abcès chauds, nous donnerons

Fig. 76. — Comment on incise un ubcès rétro-pharyngien.

L'index gauche conducteur est introduit dans la bouche jusqu'à l'isthme du gosier; la main droite pousse la pointe du bistoui-i vers la collection. La lame est garnie par quelques tours de gaze.

l'ouverture d'un abcès rétro-pliaryngien (fig. 7G), l'ouverture des abcès chauds d'origine appendiculaire [abcès abdomino-pelvien (fig. 79) ; abcès appendiculaire antérieur (fig. 80, 81, 82) ; abcès rétrocœeal (fig. 83) ; abcès pelvien (fig. 84 et 85)].

1° Ouverture au bistouri. — L'opéi-ateur sectionne successivement de la superficie vers la profondeui' toutes les couches du tissu. S'il s'agit d'un abcès profond ou d'une région dangereuse, il faut procéder couche par couche ; si, au contraire, il s'agit d'un abcès superficiel, il faut faire pénétrer d'emblée la pointe dans l'abcès et inciser la paroi du foyer en un temps. 11 faudra éviter de perforer de part en part la collection pour ouvrir sa paroi profonde, afin

Technique chirurgicale. 10

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d'empêcher l'inoculation des tissus sains. Pour la même raison, i faudi'a se garder de presser l'abcès avec les doigis pour faire soi lir 1(

V\x. 'i' ■ — Section <U' la praii par li"Ln>lixion.

Le tranchant du l.islouri est en haut. L'instrument a )ion. lionné le pli cutané. Le dos dd la lame est tourné vers les téguments. Celte incision est peu douloureuse et rapide.

pus. Cette man(fiuvre douloureuse et brutale s'accompagne parfois d'une diffusion de l'infection et d'une élévation de température. Si

Fig. 78. — Siège des abcès d'origine appendiculaire.

Voir, de gauche à droite : abcès rétro-cœcal ; iliaque antérieur ; pelvien ; méso-cœliaque.

le pus ne sort pas suffisamment, appliquer au-dessus de la plaie une ventouse de Bier. Dans tous les cas, d'ailleurs, où l'abcès n'est pas

franchement collecté, l'application d'une bande de Bierest indiquée. Elle restera en place vingt à vingt-deux heures par jour.

Fig 79. Vaslc abcès abdomino-pelvien d origine appendiculaire.

Quelques chirurgiens ouvrentles abcès par transfixion (fig. 77). ?

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ne voyons aucun avantage à celle méthode. L'ouverture sera très large, de l'açon à assurer l'évacuation complète du pus. La cavité de l'abcès sera lavée à l'eau oxygénée, soit à l'aide d'un bock, soit à l'aide d'un tampon monté. L'opération terminée, les lèvres de la plaie seront maintenues béantes à l'aide de gaze imbibée d'eau oxygénée. Le drainage durera en moyenne huit à dix jours, jusqu'à ce que

Fig. 80. — Abcès appendiculaire antérieur.

Tracé de l'incision.

la réparation ait commencé à se faire de la profondeur vers l'extérieur. On cessera le drainage dès que la suppuration et tout signe d'i nllammalion auront disparu.

Quand il s'agit d'abcès profonds (cou, aisselle, aine), situés dans des régions dangereuses où il y a quelques risques de blesser des vaisseaux et des nerfs, il faut, après la section des téguments, prendre la sonde cannelée et débrider les tissus placés au-devant de la collection, au moyen du bec de cette sonde. Il n'y a ainsi aucun danger de blesser un organe important.

Le drainage de l'abcès doit être ti-ès bien fait. Quand il est large-

ment ouvert, rien n'est plus facile que d'assurer l'évacuation du pus, mais, si la collection présente des diverticules ou si sa cavité est

La paroi abdominale est incisée au bistouri. La sonde cannelée va crever la séi'cuse épaissie.

étendue, il faut faire des contre-ouvertures au niveau des coins et des recoins. Par e.xemple, s'il s'agit d'une grosse. collection appendiculaire ayant contact avec tout le flanc droit, il faut inciser la

Fig. 82. — Coninienl un draine un foyer appendictilairo .

Un gros drain est placé dans la cavité de l'abcès. De chatiue coté les mèches calent le tube et empêchent la sortie de l'intestin.

paroi abdominale antérieure et la paroi abdominale de la région lombaire (fig. 80 et 84). S'il s'agit d'un phlegmon de l'aisselle, il faut

Fig. 83. — Incision d iin iilici's rétro-ca'cal.

L incision antérieure A rencontre le péritoine lilire avec le cœciim. I. incision rétro-postérieure 15 rencontre le rein. La lionne incision C ouvi'e directenienl l'abcès.

Fig. 84. — Incision d'un abcès pelvien d'origine appcndiculaire.

L'anus est dilaté, le rectum lavé. Une valve abaisse la moitié inférieure de la circonférence aliale. Un coup de ciseau crève la poche.

laii-e deu.x incisions, Tune cori-ospondant à la lio:a(ure de l artère axillaire dans l'aisselle, laulro correspondant à la découverte de la même artère au-dessous de la clavicule. Les deux ouvertures doivent communiquer ensemble à l'aide d'un drain.

Il est très facile d'e.xécuter ces conlre-oiiccrtnres{rv^. 83). Comme ins-

Fig. 83. — Conlre-ouvi'i'tiiro ri'cliik' d iui uIk-ùs polvicii.

Le clan iiilroduit par riiicisioii iliaque crève le rectum sur la |ii)iiite de l'iiiilex.

truments, il suffit d'un bislouri et d'un clan courbe. Prenons nos deux exemples de la gi'osse collection appendiculairo et celui d'un abcès de l'aisselle. L'incision iliaque est l'ail»; ; un clan est introduit par la plaie antérieure. Ceclan, par sadirection, indi(iu(!si la collection i^agne la paroi postérieure du corps. Immédiatement, nous faisons à la peau une petite boutonnière de 2 ou 3 centimèti'es dans la région lombaire, puis le clan est poussé à travers les muscles dont il force la résistance jusqu'à travers la boutonnière cutanée par laquelle il ramène un drain d'arrière en avant. Pour l'aisselle, l'incision a.xil-

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laire esl l'aile ; une petite boutonnière cutanée est menée sous la clavicule ; un clan est introduit par l'aisselle, crève les tissus sousclaviculaii-es et ressort par l'orifice cutané. Un drain esl fixé aux

Fig. 86. — Drainage d'un abcès pelvien d'origine appendiculairc.

Le tiilie pénètre par la fusse iliariue droite, sort [Kir l aniis. Une nièehe introduite dans le rectum ]ierniet aux gaz de s'éeliapiH'r.

deux mors de la pince el est ramené de haut en bas vers laissellc. La guérison est rapide.

2" Ouverture au thermocautère. — Le lliermocautère est indiqué : lo quand le chirurgien veut produire des petites ouvertuirs dans la région où les cicatrices sont à craindre, au cas d'abcès à parois minces, petites ouverlures dont le drainage sei-a assuré, car les bords de l'orifice brûlés n'auront aucune tendance à la réunion immédiate; 2" pour ouvrir les foyers infectieux sur lesquels la chaleur agitcomme antiseptique.

Pour exécuter cette ouverture, on pourra employer l'aneslhésie générale ou l'anesthésie locale, suivant rimpoitance delà lésion. - Le thermocautère est particulièrement indiqué pour l ouverlure

INCISIONS. — Hémorroïdes.

des phlegmons diffus, des anthrax, des furoncles de la face et des angines de Ludwig.

L'anthrax sera incisé en croix et cerné de pointes de feu profondes. Dans ces cas, il faut larder de bi ûlures profondes comme s'il s'agissait de l'œdème malin ou de la pustule maligne. L'anesthésie générale est indispensable ; le chlorure d'éthyle est suffisant.

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