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VII. — TRAITEMENT D'UNE PUSTULE MALIGNE

Rôle antiseptique de la cautérisation ignée et des injections

interstitielles.

L'infection charbonneuse généralisée est au-dessus des ressources thérapeutiques.

La pustule maligne peut être guérie si elle est traitée dès le début. Pour obtenir cette guérison, il faut que l'intervention soit rapide et énergique.

Un malade, tanneur ou mégissier, qui manipule des produits provenant des moutons ou des bœufs, consulte le médecin pour un bouton non douloureux. Ce bouton, légèrement prurigineux, se transforme vite en une saillie dure à surface noire, entourée d'une aréole rouge, sur laquelle naissent des vésicules remplies d'un liquide citrin. Ce boulon, avec son escarre centrale et sa collerette de vésir cules, constitue la pustule maligne. Au-dessous de l'escarre, le palper révèle une induration qui atteint bientôt 3 centimètres d'épaisseur sur 4 de largeur, puis au delà un œdème blanc, mou, gélatineux, sillonné de traînées lymphangi tiques. Ces lésions sont indolores et en cela diffèrent du furoncle et de l'anthrax.

Examiner l'état général du sujet : sa température est-elle élevée? le pouls est-il rapide ou irrégulier ? éprouve-t-il une sensation de faiblesse ? y a-t-il de l'embarras gastrique et de la diminution des urines? En cas d'affirmative, le pronostic est grave. Néanmoins, que les phénomènes généraux existent ou n'existent pas encore, il faut s'empresser d'agir localement.

Le traitement comprend : 1" les cautérisations ; 2° les injections locales antiseptiques; 3° la ba7ide ou la ventouse de Bier.

1« Cautérisation. — Le sujet est endormi à l'aide du kélène. L'opérateur chauffe le couteau du thermocautère, puis il enfonce la lame, portée à blanc, perpendiculairement à la peau, pour pénétrer à une profondeur de 1 centimètre et laisser une ouverture de 5 à 10 miUimètres de largeur. Les cautérisations sont disposées tout

INCISIONS. — TRÉPANATION

autour (le l'aréole rouge inflammatoire, à 1 centimètre Tune de l'autre. Si la lésion existe depuis plus de quarante-huit heures, si la réaction locale est intense, il est hon d'entourer la première collerette de pointes de l'eu d'une deuxième collerette où les plaies sont séparées l'une de l'autre par une lar-geurde 2 centimètres. L'opérateui- peut, au besoin, placer plus en dehors une troisième collerette de pointes de feu. Cette cautérisation ignée laisse une cicatrice faible sans difformité.

2"^ Injections antiseptiques. — Prendre une solution d'iode, une solution aqueuse à 1 p. 100 dans l'iodure de potassium, puis, à l'aide d'une seringue de Lûer de 2 centimètres cubes et d'une aiguille de 5 ou 6 centimètres, injecter sous la peau, à quelques millimètres de profondeur, 1 ou 2 centimètres cubes de la solution. Recommencer deux fois par jour ; couvrir le tout d'un pansement humide.

3" Méthode de Bîer. — Concurremment aux cautérisations ignées et aux injections antiseptiques, employer la bande de Bier pour les membres, et la ventouse pour la face. Les applications seront faites comme s'il s'agissait d'un anthrax ou d'un furoncle.

4° Traitement général. — Le chirurgien est sans action sur l'infection générale. Le sérum anticharbonneux efficace n'existe pas; peut-être fera-t-il bien de faire boiie à son malade dix gouttes de teinture d'iode par jour, de lui recommander des libations chaudes abondantes pour favoriser l'élimination rénale, mais cette action est bien faible.

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