‹ Technique opératoireChapitre 92 sur 145 · SUTURES EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

SUTURES EN GÉNÉRAL

La suture doit être tentée à la suite de toutes les plaies chirurgicales. Elle est à proscrire, en principe, à la suite des plaies accidentelles. « Ne suturez jamais une plaie que vous n'avez pas faite vous-même. » (Routier.)

Dans certains cas exceptionnels, il faut suturer une plaie accidentelle, après désinfection et drainage. Dans un cas de scalp, par exemple, aloi-s que la moitié du cuir chevelu tombe sur Foreille du blessé, on peut, après rasage complet des cheveux, badigeonnage iodé et drainage, mettre un point de suture h la partie moyenne de la plaie. La réunion secondaire réparera la lésion presque aussi vite qu'une suture complète. A la face, dans le voisinage des paupières, on peut également faire la suture immédiate, même pour les plaies accidentelles; lavascularisation extrêmedelaface lai-end moins susceptible vis-à-vis de l'infection, et d'autre part les déformations dues à la réunion spontanée laissent des cicatrices vicieuses et visibles qui ne compensent pas les avantages de l'asepsie.

Pour qu'une suture réussisse, il faut : 1" une surface de section nette, que les bords cutanés, les pelotons graisseux en excès, les caillots soient enlevés, et la plaie bien exsangue; 2° qu'il ne persiste après l'affrontement aucun clapier ni espace mort; 3" que les lèvres de la plaie ne supportent ni traction ni pression exagérée.

On appelle suture de soutien celle qui est appliquée loin des bords de la plaie, de façon à soulager la réunion des bords de la plaie.

La suture est dite en masse quand elle prend tous les tissus à la fois. S'il s'agit d'une suture abdominale, par exemple, l'aiguille embroche la peau, les muscles et le péritoine.

Les fds sont dits perdus quand ils ne peuvent être enlevés ; ils réunissent des plans profonds. Ces fils perdus se font au catgut, qui se résorbe en huit ou quinze jours. Cette résorption se fait parfois très vite au niveau du péritoine. Les fils de lin et la soie s'enkystent.

Personnellement, nous employons le ciin pour la peau; le fil de lin pour les vaisseaux, les sutures péritonéales, l'intestin ; le catgut pour les cas d'asepsie douteuse et pour la paroi abdominale (hernie).

Fils. — Fil métallique. — Le fil métallique (bronze) est facile à stériliser, imperméable et ne s alière pas au sein des tissus. Il s'applique surtout aux os. Le point s'arrête par torsion des chefs, répétée deux ou trois fois à l'aide des doigts ou d'une pince hémostatique. Son défaut est d'être cassant et moins facile à manier que le fil souple.

Crin de Florence. — Produit des glandes sétigères du ver à soie, il se stérilise par l'ébullilion ou l'autoclave. Nous l'employons parfois pour les plans profonds (hernie). C'est le til de choix pour réunii' la peau.

Soie et fil de lin. — Nous n'employons pas la soie, mais le fil de lin du commerce. Ce fil ne peut s'employer dans le voisinage d'une suppuration, car il s'infecte facilement. Nous ne faisons jamais de surjet au fil, sauf sur l'intestin ou la peau. Nous ne faisons pas davantage, avec le fil, des points profonds en U ou en X, afin de laisser le moins de longueur possible à ces corps étrangers. Pour la même raison, nous faisons une anse petite et nous coupons les chefs liés au ras du nœud.

Le lit se stérilise par l ébullition ou l'autoclave. Il ne subit qu'une seule stérilisation. Comme il est sans valeur, il peut, sans inconvénient, être jeté.

Catgut. — C'est un fil assez souple, résorbable en huit ou quinze jours. U se stérilise par la chaleur dans l'alcool, à l'autoclave à 125°. Cette préparation est assez difficile. C'est elle qui est utilisée parles fabricants de produits aseptiques. Nous employons la méthode chimique, c'est-à-dire l'immersion successive dans la térébenthine, l'éther, puis l'alcool.

Nous n'employons jamais le tendon de renne, ni le tendon de kanguroo,

Ai$j^uilles. — Nous employons les aiguilles droites du commerce : aiguilles de couturière, rondes, de longueur moyenne; aiguilles de modiste, plus longues que les précédentes, plus minces, indiquées pour les sutures intestinales; VaUjuille des stoppeurs (Kirby-Beard, n" 16) poui' les sutures artérielles et les sutures d'uretère. Ces dernières doivent être montées avec de la soie floche 1 1 /2 ou du fil de lin n° 700. Enfin, nous employons les petites aiguilles intestinales courbes. Nous utilisons celles-ci plus rarement. L'aiguille droite convient à un très grand nombre de cas. La plupai t des aiguilles sont maniées à la main. Quand l'aire opératoire est trop courte, nous les tenons à l aide d'une pince hémostatique ou analomique.

Indépendammentde ces aiguilles, nous n'utilisons qu'un seul modèle d'aiguille à manche : celle de Doyen, à cause de son extrême simplicité et de sa force.

Modes de !!»uiure. — Nous utilisons les sutures suivantes : 1» Points séparés cutanés : le nœud est serré au niveau de l'un des orifices d'entrée ou de sortie;

2° Points séparés cutanés et profonds : Commencer par les points profonds qui prennent en masse plusieurs plans à la fois. Dans l'intervalle, placer des points séparés cutanés pour réaliser l'affrontement ;

3° Surjets cutanés : le premier point est arrêté par un nœud ou par un grain de plomb ; — le dernier point est arrêté, soit à l'aide d'un feston, soit en nouant le bout du chef libre avec la dernière anse suffisamment attirée ;

4" Points enX : utilisés parfois sur les muscles et les aponévroses;

5° Sutures en U : souvent employées pour les hernies ;

6° Point en capiton : destiné à rapprocher les plans profonds ;

7° Suture en masse : elle est à points séparés et prend tous les plans à la fois ;

8° Suture intradermique : destinée à rendre la suture invisible. L'extrémité du fil est fixée par un grain de plomb. Le reste de la suture est mené à l'aide d'un fil de lin et d une aiguille courbe ou droite dans le derme. L'autre extrémité est lixée également par un grain de plomb fendu ;

9° Suture-pansement : elle consiste à nouer un bourdonnet de gaze ou une compresse, soit sous des fils profonds, non encore fermés, soit avec les deux chefs d'un fil cutané dont le nœud est terminé.

Striction et arrêt des Ois. — Le nœud du chirurgien est celui dont l'un des chefs est enroulé deux fois. U est complété par un nœud droit dans lequel chaque chef se trouve du même côté que l'anse correspondante du premier nœud. Les chefs ont environ 20 centimètres de longueur (fig. 153 à iiJ7^

Suture continue ou en surjet. — Ce procédé est expédilif . Le fil forme une série de spires, dont la partie enfouie est transversale et dont l'autre se dispose en lignes obliques et parallèles sur les lèvres de la plaie.

Le surjet à points passés consiste à repasser l'aiguille enfilée tous les trois ou quatre points dans l'anse précédente. On l'utilise pour les sutures intestinales.

Le surjet rétrograde consiste à enfouir le premier surjet sous un second, en sens inverse, ramené au point de départ oi^i il est noué avec le début du fil.

La suture en bourse est un faufilé continu sur une lèvre d'abord, puis sur l'autre ensuite, de façon que les deux chefs soient noués au point de départ.

Réuuiou par agrafes de Michel. — Les agrafes de Michel sont de petites lames de nickel dont les extrémités enroulées en boucle portent un petit picot. Les lèvres cutanées étant affrontées à l'aide d'une pince anatomique, on met l'agrafe à cheval à l'aide

Fig. lo5. — Nœud du chirurgien. Fig. loG. — Mauvais nœud. Fig. 157. — Nœud droit.

Le premier nœud a été fait au L'opérateur a passé le fd Le premier nœud a été moyen de deux tours. Ce nœud deu.\ fois dans le même sens. fait dans un sens et le seglisse moins que le précédent, mais cond dans l'autre sens,

il est trop volumineu.x. Nous ne l'employons jamais.

d'une pince spéciale et on serre modérément. L'agrafe se plie au milieu et maintient les lèvres par les picots. Les agrafes sont placées à 1 centimètre de distance l'une de l'autre. Pour les enlever, on introduit de petits crochets dans les boucles de l'agrafe et on dégage successivement les picots par un mouvement de bascule. Elles sont ensuite redressées à chaud et servent plusieurs fois.

Page 1