QUELQUES CAS TRAITÉS PAR LES RAYONS X
par Wicciam James Morron. M. D. — New-York.
(Medical Record, page 121).
Jo Cas. — Carcinome inopérable de l'orbite gauche.
George Van. A..., âgé de 63 ans.
Jamesburg. New-York, 24 juin 1902. La maladie avait débuté environ 15 ans auparavant par une petite verrue sur
la joue au-dessous de l’œil gauche.
Pendant dix ans cette tumeur semblable à une verrue resta
stationnaire, puis elle fit place à un ulcère avec formation d’escharres.
L’ulcère s’étendit de telle sorte que deux ans après il avait à peu près un demi-pouce de diamètre et était devenu très profond.
Il fut alors traité par une pommade et sembla guéri environ un mois après.
Mais bientôt des nodules volumineux se formèrent sur les bords et donnèrent lieu rapidement à une excavation plus large que la précédente et qui fournit beaucoup de pus.
L'os de l’orbite fut envahi.
En novembre 1902, on appliqua de nouveau la pommade, mais le mal s’étendit davantage encore dans toutes les directions.
Il prit alors « the Alexander treatment » de 37 injections environ, mais sans aucun profit ; au contraire le mal gagna rapidement : les paupières supérieure et inférieure sont l’une et l’autre plus qu’à moitié détruites, et présentent à l'union du tissu malade avec le tissu sain un rebord saillant et induré. L’orbite présente une profonde excavation ; les bords saillants et indurés de l’ulcère s’étendent de sorte que cet ulcère offre un diamètre d’à peu près 1 pouce 1/2. Au delà de l’ulcère, se prolongeant extérieurement vers la tempe est une masse de tissu à nodules indurés de 2 pouces de surface et donnant la sensation de los.
L’ulcère a mauvais aspect et fournit beaucoup de pus.
Depuis, le patient ayant perdu l'usage de l’œil droit à la
suite d’un accident, il craignait extrêmement la perte de l'œil sain,
Son anxiété céda à un usage modéré des rayons X,
On commença les séances le 4 juin, et on les continua trois fois par semaine jusqu’au 22 août, la durée de l’exposition était de 15 minutes, à une distance de 9 pouces.
Au bout de vingt jours, les nodules avaient notablement diminué de grosseur et l’ulcère paraissait presque guéri et l'on aurait pu arrêter le traitement à ce moment, sans l’anxiété du patent qui voulait assurer sa guérison.
Il y eut en tout trente-deux séances, en l’espace de quatre-vingts jours,
Il est intéressant de noter que cette ulcération ne paraît pas s’être guérie par le processus habituel de cicatrisation, car il n’y a pas la plus petite trace de rétraction.
La paupière supérieure a maintenant l'aspect normal, et l'inférieure est revêtue de peau nouvelle, mais sans {issu cicatriciel.
Le 31 janvier. — Le patient revint se faire traiter par précaution, pour un petit point de la grosseur d’une tête d’épingle.
2e Cas. — 2 juillet 1902. — Wm.….. L..., âgé de 52 ans. Carcinome cutané des deux joues.
Malade adressé par le D' Walter-Eyre Lambert. La maladie commença il y a un an et demi, par un petit bouton sur la joue droite, juste au-dessous de l'œil.
Des croûtes se formaient fréquemment et tombaïent
ensuite. L’ulcère eut bientôt un pouce de diamètre.
Le traitement commencé le 2 juillet fut continué trois fois par semaine, jusqu’à concurrence de treize séances. Vers la huitième séance, l’ulcère se montra en voie de guérison; il devint de plus en plus petit et cessa de former des escharres. Il fut parfaitement guéri en cinq semaines.
Il y a environ un an, une semblable tumeur apparut sur la joue gauche, à un demi-pouce au-dessous de l’œil gauche. La tumeur était une masse arrondie et dure, de la grosseur d'un pois. Six séances amenèrent la guérison complète.
Le malade fut examiné le 17 octobre : la peau paraissait saine, sans tissu cicatriciel ni escharre et l’examen direct ne permettait pas de retrouver le siège de l’ulcère.
14° Cas. — Mme J... B.…., âgée de 40 ans. Tumeur fibreuse de l’utérus.
Æ août 1902, — Tumeur ayant débuté il y a environ cinq ans, par une « grosseur », constatée dans la région ilaque.
L'examen actuel décèle une tumeur volumineuse, dure, arrondie, occupant tout l’abdomen jusqu’à lépigastre et ressemblant à une grossesse avancée. La malade est nerveuse, accuse des phénomènes de compression et est sujette à des hémorrhagies graves. Fréquemment, il y a un écoulement sanguin intermenstruel, et la malade perd souvent presque sans s’en apercevoir,
Les médecins appelés essayèrent en vain d'arrêter les hémorrhagies par l'ergot et les autres moyens habituels, Les douleurs accompagnant les hémorrhagies étaient excessivement pénibles. La malade était restée enfermée chez elle
près de quatre ans. Je conseillai l'ablation de la tumeur, la
= 129 — malade n’en voulut pas entendre parler et demanda d’essayer les rayons X. J’y consentis.
Traitement. — Trois séances par semaine, pendant vingt à trente minutes.
25 août. — La patiente soumise neuf fois aux rayons X dit que ses règles sont venues presque sans douleur avec écoulement modéré; c’est la première fois depuis plusieurs années qu’elle n’a pas été obligée de s’aliter et de prendre une forte dose d’ergot et d’appeler un médecin.
Le 30 novembre, — Après trois mois et trente-neuf séances, la tumeur elle-même s’est réduite d’au moins un tiers de son volume et la guérison symptomatique est obtenue. Les règles sont régulières, naturelles, indolores, sans qu’il soit survenu d’hémorrhagie depuis le commencement du traitement.
Les rayons X dans ce cas ont rétabli l'état normal de la menstruation, arrêté des hémorrhagies pénibles et graves, et produit une cure symptomatique avec une réduction considérable du volume de la tumeur.
La patiente peut maintenant aller et venir à son aise, mais désire reprendre bientôt son traitement pour voir ce qu’on
pourra obtenir de plus.
Vaudet
LyYMPHOSARCOME EN CUIRASSE DE LA POITRINE ET DU CO.
Traitement par les rayons X : Guérison.
(Observation lue le 2 novembre 1906 à la Société de Dermatologie par MM. Bizarp et Gasrox).
M. D.., âgé de 56 ans, peintre sur porcelaine.
Antécédents héréditaires. — Père mort à 47 ans, d’affeclion intestinale. Mère morte à 77 ans, d’albuminurie ; deux sœurs mortes : une de diabète, l’autre accidentellement.
Antécédents personnels. — Fièvre continue sans gravité; vers l’âge de 10 à 15 ans, bronchite; de 40 à 45 ans, vertiges assez fréquents attribués à un travail excessif.
M. D... s’est marié en 1871, il est père de trois filles bien portantes. Notre malade a les apparences extérieures d’un bon état de santé; il ne se plaint que d’une toux légère mais persistante et d’un peu d’oppression; il mange bien, dort bien et aurait tendance à engraisser; tous les organes sont sains et fonctionnent normalement : l'analyse des urines ne nous à rien montré d’anormal. Pas d’éthylisme ni de syphilis du côté de la peau, le malade aurait eu un peu d’eczéma séborrhéique sternal flanellaire ; il se plaint en outre assez fréquemment de prurit sur les membres inférieurs.
C’est à l’âge de 51 ans (il y a donc environ 5 (ans) que se sont manifestés les premiers symptômes de l'affection
actuelle. ”
A ce moment, le malade à remarqué une certaine gêne dans les mouvements de rotation de la tête de gauche à droite; en en cherchant la cause, il a trouvé qu’il s’était produit, à son dire, un épaississement du nerf du cou à gauche; il s'agissait là certainement d’un épaississement de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané, faisant corps avec le muscle; la peau avait du reste gardé à ce niveau sa couleur normale, et comme le malade ne souffrait nullement, il ne fit pas grand cas de ce qu’il venait d’observer.
Pourtant, près d’un an après, il remarqua une nouvelle grosseur sur l'épaule gauche, puis peu à peu, jusqu’à aujourd'hui, l’affection prit une extension de plus en plus envahissante qui le poussa dernièrement à venir consulter l’un de nous, Nous remarquâmes alors à l'examen, dans toute la partie supérieure gauche du thorax, une tuméfaction de la peau semblable à une sorte d'œdème dur qui résiste au doigt, et qui paraît, en certains points du moins, s'étendre profondément, formant des noyaux résistants, jusqu’au tissu cellulaire sous-cutané.
: A la région cervicale la peau forme une gaine épaisse à la partie inférieure du tendon du muscle sterno-cléïdo-mastoidien; au niveau du sternum, dans son tiers supérieur se remarque un épaississement considérable formant tumeur de la peau et du tissu cellulaire; on ne peut saisir la peau entre les doigts et il est assez difficile de la mobiliser sur les parties profondes. L’épaississement de la peau existe à gauche dans toute la région supérieure du thorax pour s'arrêter en
arrière sur l'épaule, remontant sur ia partie latérale du cou
jusqu’à l'angle sous-maxillaire, où nous constatons un gros noyau induré semblable à un ganglion engainé dans le derme s’étalant légèrement sur la face en avant de l’oreille, A la partie inférieure, la tuméfaction n’a pas de limites précises et semble se terminer insensiblement un peu au-dessus de la région mammaire.
La peau,au niveau de la région où elle est le plus épaissie, n’a pas gardé sa teinte normale: elle y est légèrement violacée, de couleur asphyxique; cette teinte est due à un fin réseau qui la sillonne.
A la partie supérieure droite du thorax, les lésions semblent moins avancées, la peau n'y a cependant pas gardé sa souplesse et nous remarquons en outre, coiffant l’épaule droite, une large plaque de la grandeur de la paume de la main, assez régulièrement ovalaire et à limites moins précises, plaque de consistance lardacée, facilement mobile sur les tissus sous-jacents, plaque ayant une couleur d’un rouge assez vif, couleur due à des télangiectasies qui la constellent d’arborisations et la font ressembler à un nœvus vasculaire. Nous trouvons du reste sur la jambe gauche une plaque ardoisée apparue il y a deux ans et en imposant pour un nœvus.
Au niveau de toute cette région la sensibilité est conservée et le malade n’éprouve aucune sensation particulière ou douloureuse.
Ajoutons que la maladie qui semblait dès le début avoir une marche d’une extrème lenteur, parait aujourd’hui se
développer avec une rapidité plus considérable.
Devant l'aspect éruptif de l’évolution de l'affection, nous avons pensé qu'il pouvait s'agir d’une néoplasie maligne, Pour déterminer l'existence nette et la nature de cette néoplasie une liopsie fut faite sur l'épaule.
Examen histologique. — A un faible grossissement, l’examen des coupes montre qu’il s’agit d’un tissu formé de bandes conjonetives et élastiques épaisses contenant, disséminées dans leurs interstices, des masses cellulaires dont le siège est surtout dans la profondeur et au voisinage des glandes sudoripares.
L'épiderme est aminci, les digitations épidermiques ont en partie disparu, mais il n’y a pas d’altérations spéciales à ce niveau. Les vaisseaux sont peu dilatés,
À un grossissement fort on voit sous l’épiderme un tissu réticulé contenant :
1° De grosses cellules du type plasmatique, c’est-à-dire à gros noyaux et protoplasma abondant ;
22 De nombreuses mastzellen, qui forment des trainées parallèles à l’épiderme.
Les cellules plasmatiques sont surtout périvasculaires mais on ne peut dire qu’il existe là une véritable infiltration.
Tout autre est l'aspect en certains points des amas formés par des cellules d'un genre spécial. En effet, autour de gros vaisseaux dont on ne voit pas les parois, autour des glandes, sont groupées des cellules, encadrées par une bordure conjonctive et rassemblées en nodules très nets, très limités,
émettant des prolongements. Ces cellules sont très volumi-
neuses;
Leur noyau est fortement coloré par les couleurs basiques, leur protoplasma clair et abondant.
Pressées les unes contre les autres, toutes égales, ces cellules sont polygonales ou irrégulièrement arrondies.
On y décèle à l'aide des différentes colorations (hématoxyline-éosine, picro-carmin, van Gieson) un réticulum très fin,
Il n'y a pas d’autres altérations appréciables.
A quel groupe peut-on rattacher ces amas cellulaires ?
Les cellules ont de l’analogie avec les plasmazellens ; mais elles en diffèrent par leur conformité, la présence d’un noyau toujours central, la réaction peu intense et différente aux colorations de leur protoplasma.
Le groupement de ces cellules n’est du reste pas celui de la syphilis.
Ïl ne peut s'agir non plus, ni de la tuberculose, ni d’infections,
La netteté des groupements vasculaires et périglandulaires, l'isolement des amas, l’absence des cellules, d’infiltrations de genres différents sont contraires, malgré la présence du réticulum, à l'existence du mycosis, que fait rejeter également labsence des lésions épidermiques d'infiltration papillaire.
L'existence du réticulum semble être en rapport avec une altération lymphatique ; la localisation péri-valvulaire et périglandulaire des amas semble également correspondre à l’existence de la cure lymphatique et péri-glandulaires; de ce fait
naît l’idée d’une néoplasie lymphatique, et si on tient compte
de la forme et du groupement des cellules d’aspect sarcomateux on en conclut à l’existence d’un lympho-sarcome.
Dans la discussion qui suivit cette communication, M. le D: Darier, après avoir examiné les coupes, déclara que le diagnostic de lympho-sarcome était certain et qu'il s’accordait bien avec l’évolution clinique, marche lente des tumeurs, présence de masses ganglionnaires,
Dans le laps de temps qui s'écoule entre le 10 novembre 1902 et le mois de mars 1904, les lésions ne firent qu’augmenter et l’état du malade ne cessa de s'aggraver, malgré des traitements variés, iodure, arsenic, cacodylate, quinine, etc.
Le 12 mars 1904, l’on peut signaler les symptômes suivants :
Des phénomènes de compression se sont manifestés: le
malade est oppressé au moindre effort, tousse plus fréquemment, et est très fatigué. De plus, les tumeurs qui étaient à peu près isolées se sont fusionnées et forment au-devant de la poitrine une véritable gangle épaisse qui entrave la rotation de la tête, les mouvements d’élévation des bras. La gaine épaisse signalée à la partie gauche du cou, au niveau du sterno-cléïdo-mastoïdien a grossi, si bien qu'au niveau de l’angle de la mâchoire le malade présente une grosse tumeur en relief, Le cou au milieu de cette tumeur mesure près de 48 centimètres, à la base; au-dessus des clavicules, 46.
Au niveau du sternum et au-devant des premières côtes, la peau est très pigmentée, presque noire. Les seins sont très
hyperthrophiés, très durs el ont presque un aspect féminin,
car on peut les soulever au-dessus des grands pectoraux ; indépendamment d’une infiltration généralisée, on sent sur leurs côtés des paquets semblables à des ganglions échelonnés.
Sous le mamelon gauche particulièrement on voit desilots de petites veines variqueuses.
A l'épaule, au niveau de la cicatrice laissée par la biopsie faite par le D' Gaston, subsiste un fin réseau capillaire qui donne à la peau un aspect télangiectasique. Il est alors décidé, comme manifestement les lésions semblent prendre une marche plus rapide (de janvier à mars l’accroissement a été particulièrement notable) de recourir à la radiothérapie.
La première séance a lieu le 12 mars. Le malade couché est protégé par deux lames de plomb, l’une recouvrant le thorax, l’autre la face; seule la partie présternale et préclaviculaire et la partie gauche du cou ne sont pas protégées par l’écran et sont soumise aux rayons. L’ampoule a son anticathode à 15 centimètres du point le plus rapproché de la peau. La source électrique est un transformateur Rochefort de 50 centimètres d’étincelle : l’ampérage maximum est de 4 ampères. L’ampoule qui est une ampoule à vide, réglable de Driessler, est réglée de façon à donner des rayons qui marquent 5 au radiochromomètre de Benoist Une pastille de Holzknecht qui doit mesurer la quantité des rayons absorbés est placée sur la peau au point le plus rapproché de l’ampoule. Cette première séance dure dix minutes: la pastille vire de la coloration 1, à la coloration 3 de
l'échelle du chromoradiomètre de Holzknecht.
Le 14, le 15, le 16, le 17, le 19, l'application radiothérapique est répétée suivant la même technique et avec une durée de sept minutes chaque fois; à partir du 19, les séances ont lieu régulièrement trois fois par semaine. L'ampoule est toujours uneampoule à vide réglable, tantôt une ampoule de Driessler, tantôt une ampoule de Müller; les rayons ulilisés marquent tantôt 5, tantôt 6 au radiochromomètre de Benoist.
Du 12 mars au 12 avril inclus, le malade a subi en tout seize applications ; à ce moment ila absorbé une quanüté de rayon X correspondante à 24 unités Holzknecht, c'està-dire que la pastille qui par ses changements de coloration indique la quantité de rayons absorbés a viré du jaune imitial au vert franc, qui correspond au dernier degré de l'échelle de teintes étalonnées.
A ce moment l’aspect du malade est déjà très satisfaisant, puisque le cou qui mesurait 48 centimètres vers le milieu du sterno-cléido-mastoïdien ne mesure plus que 40 centimètres et que le malade peut mettre des cols de chemisier n° 42, ce qu'il n’avait pu faire depuis devx ans. La peau de la poitrine est moins épaisse: on peut la saisir entre les doigts; les masses d'apparence ganglionnaire sont en voie de disparition et la grosseur de la partie latérale du cou a presque disparu : au-devant de la poitrine les tissus se sont pigmentés et toute la portion présternale, surtout du côté gauche, est noï-
râtre.
Durant ce mois de traitement, l'amélioration a été gra-
duelle ; dès le 19 mars, l'oppression a diminué; le 29 mars, le
tour du cou avait déjà diminué de 3 centimètres. Les seuls incidents ont été le 31 mars, un très léger érythème sur le devant de la poitrine, ce qui a motivé une modification de la position du malade, pendant les trois séances suivantes : la seule région soumise aux rayons a été alors la région latérale du cou à gauche.
Le 9 avril, — Un érythème fort peu coloré a réapparu sur la poitrine, après une nouvelle séance dans la position imiliale, mais cet érythème a à peine duré une demi-journée.
Il faut particulièrement noter que, depuis le 5 avril, M. D... s'est dit assez fatigué, que son teint a légèrement päli, qu’il a quelquefois de légers étourdissements et qu’enfin, le 9 avril, il a eu un frisson. Pendant toute cette période, les urines ont été très abondantes sans trace d'albumine.
Du 14 avril au 10 mai, le malade a subi dix séances de radiothérapie. Les quatre dernières ont été faites exclusivement sur la tache télangiectasique de l’épaule droite; l’'ampérage n’a Jamais dépassé quatre ampères et les séances n’ont été que de trois minutes : la quantité de rayons observés correspond pour ce deuxième mois à vingt unités Holzknecht.
La durée des temps d'application a été réduite d’abord, parce que les lésions avaient considérablement régressé, et aussi parce que l’état général du 14 au 28 avril a été assez peu satisfaisant : le malade était devenu très jaune et avait des étourdissements assez fréquents et de légers frissons; de plus, il accusait une douleur persistante au niveau de l'hy-
pocondre gauche et la rate était augmentée de volume.
Mais tous ces phénomènes de toxémie ont totalement cessé depuis le 28 avril; et actuellement, la mine est devenue bonne, le teint est rose: les douleurs, les frissons, le gonflement de la rate ont totalement disparu et M. D... se sent tout à fait vaillant.
La pigmentation présternale a disparu après une desquamation furfuracée dans un bain d’amidon:; la peau entièrement indemne, malgré nos séances radiothérapeutiques répétées, est normale et a repris presque partout sa souplesse : seules persistent quelques télangiectasies. Nous considérons le malade comme guéri, bien que, pour empêcher toute poussée nouvelle, nous ayons l'intention de le soumettre encore de huit en huit jours, pendant quelque temps, à quel-
ques applications de rayons X.
Ce cas si intéressant appelle quelques réflexions :
1° Il y a lieu d’abord de remarquer la rapidité de la guérison.
En Amérique, Pusey, en Autriche, tout récemment, Kienbock et Grosman ont déjà signalé cette action presque spéeifique des rayons X sur les sarcomes; mais nous ne croyons pas pourtant qu’il existe jusqu’à ce Jour d’autres cas aussi typiques que le nôtre.
2 Notre malade, pendant le traitement, a présenté des phénomènes légers, mais indubitables de toxémie.
Ce fait a été signalé par les auteurs américains,
Notre observation est une preuve nouvelle et des plus net-
tes que la libération trop brusque des produits cancéreux
cantonnés en un organe ou en une région, pourrait produire de graves désordres.
3° Nous avons employé des séances courtes et répétées.
Chez notre malade, il semble bien probable que si nous avions usé des séances longues, il y aurait eu une libération massive de produits toxiques, qui auraient pu vaincre la résistance du sujet.
Par notre procédé de radiothérapie, l'effort éliminatoire demandé au patient a été continu et modéré; c’est ce qui a fait sa complète efficacité, tant au point de vue général qu'au
point de vue local.
GUÉRISON PAR LA RADIOTHÉRAPIE D'UN SARCOME DU MAXILLAIRE SUPÉRIEUR RÉCIDIVÉ APRÈS DEUX INTERVENTIONS CHIRURGI-