‹ Techniques chirurgicales Suites opératoires et résultats de la trépanation décompressive dans le syndrome d'hypertension intra-crânienneChapitre 18 sur 33 · ROGERS · texte numérisé non relu

ROGERS

J’ai vu de Martel se servir constamment de son ins-

trument et le passer toujours avec une ra pidité extrême

sans que jamais convexité de la voûte osseuse, crêtes saillantes ou distance d’un orifice à l’autre, n'aient créé la moindre difficulté. C’est pourquoi j'ai voulu décrire un peu longuement ce petit instrument qui est véritablement très pratique. Son passage, d’un orifice à l’autre, se fait si rapidement que généralement même avec son instrumentation actuelle, de Martel le passe avant de scier l'os pour s'assurer s’il ne rencontra pas de trop grandes adhérences de la dure-mère et en ce cas les détruire.

Dans une discussion récente de la Société de Chirurgie, M. le Professeur Delbet a prétendu que l'instrument de Martel était une reproduction de l’appareil de Braatz. 11 me semble pourtant qu’il n’a rien de semblable : l’instrument de Braatz rappelle un peu le conducteur de Marion mais il est absolument rigide et indéformable, si bien qu’il est encore bien plus difficile à passer d’un trou de trépan à l’autre. En plus, au lieu de pousser la scie de Gigli dans la gouttière creusée sur la face supérieure de l'instrument, on commence par y pousser une baleine analogue à une baleine de corset. A l'extrémité de cette baleine on attache la scie à laquelle on fait prendre la place de la baleine en retirant cette dernière. C’est en somme un instrument assez incommode.

C’est cette dernière technique qui me semble la plus sûre et la plus simple ; elle est rapide d’abord et permet descier facilement, et sans trop d'efforts, les ponts osseux sans craindre de léser la dure-mère. Je dois dire, cependant, qu'entre des mains exercées, la technique de

EAMÉS

Horsley est certainement plus rapide sans être beaucoup plus dangereuse. De Martel a employé, dans ces derniers temps, la technique de Horsley en utilisant pour cela une instrumentation nouvelle, instrumentation à main qui donne des résultats excellents.

5) Technique de Doyen.— Cette technique est inspirée de celle de Horsley; mais tandis que Horsley sectionne le crâne avec une grande scie, Doyen use d’une courte scie à curseur dont on a pu voir la figure dans tous les traités de techniques chirurgicales. A l'aide d'un petit instrument spécial, après son premier trou de trépan pratiqué, il prend à peu près l'épaisseur de l'os et adapte son curseur de façon à ne scier qu'à cette profondeur. Malheureusement, le maniement de cette scie est assez malcommode. Pour faire éclater ensuite l'os le long des lignes de section tracées par la scie, il se sert du .ciseau. et du maillet alors que Horsley se sert de sa grande cisaille. A part ces deux petits points, le principe de la méthode reste exactement le même.

En résumé, de toutes ces techiques, la plus pratique semble bien celle de Marion et de Martel et l'instrumentation mécanique, après avoir tenté des chirurgiens comme Horsley et Krause, a été abandonnée parce qu’elle était trop brutale et à ce titre trop dangereuse.

Ces temps derniers cependant, de Martel a imaginé une instrumentation qu'ila fait construire par Alexandre et qui me paraît bien réaliser un gros progrès car elle permet une rapidité extrême avec le minimum de dan-

gers à courir.

Je veux donc ici décrire en détail sa technique actuelle car elle réalise, il me semble bien, ce que j'ai vu de plus pratique, de moins dangereux et de beaucoup ce qu'il y a de plus rapide. |

6) Technique de T. de Martel. — Ce qu'il y a de nouveau dans cette technique, c’est une instrumentation très différente des autres.On retrouvera, par contre, dans la manière d'opérer de Martel nombre de petits détails opératoires qu’il empreinte aux chirurgiens précédents et je montrerai comment y sont appliquées les règles générales qu'il faut suivre et auxquelles déjà j'ai fait allusion.

a) Soins preopératoires. — Je reviens ici sur un sujet déjà traité dans ces grandes lignes, mais c’est à dessein car on ne saurait trop insister sur ce point.

Ces soins préopératoires ont trait : au malade, au chirurgien et au champ opératoire.

Le malade doit être soigneusement préparé :

Quelques heures avant l'opération, la tête doit être bien et entièrement rasée puis savonnée et passée à l'alcool. Après quoi elle est recouverte d’un pansement aseptique qui ne sera enlevé que sur la table d'opération. |

Au moment d'opérer seulement, le pansement est enlevé et on fait un large badigeonnage à la teinture d’iode sur la zone choisie pour l'intervention. Puis on nettoie à l’alcool, procédé qui a pour avantage d'enlever l'excès de teinture d’iode et par conséquent permet de

ne pas trop tacher les champs opératoires et supprime

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