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les vapeurs d'iode qui sont souvent pénibles pour l'opérateur.
Cette manière d'agir offre une sécurité inconstestable que les évènements ont amplement prouvée ; elle offre cet autre avantage encore qu'elle limite bien la zone préparée et que les contours de la tache montrent si on ne dépasse pas la zone aseptisée.
Il est bon, en outre, d’administrer, deux heures avant l'intervention, 200 grammes de sérum gélatiné à 2 pour 100. Je ne peux pas dire si cette mesure est très efficace, mais puisque les propriétés du sérum gélatiné sont aujourd'hui reconnues et que la mesure n'expose à aucun danger, je crois que c'est une bonne précaution.
Enfin, au moment de l'intervention, on peut faire enrouler autour du crâne, comme je l'ai déjà signalé, une bande de Bier pour assurer l'hémostase du cuir chevelu. La bande refoule fortement en bas les globes oculaires qui font une forte saillie, mais il n'y a pas lieu de s’en préoccuper. L'hémostase ainsi obtenue est parfaite, Cependant, de Martel ces temps derniers, a souvent supprimé la bande, parce que dit-il, il faut qu’elle soit très bien placée et qu'il est très facile de s'en passer en la remplaçant par une couronne de pinces en T, placée autour de la section du lambeau cutané et en opérant à la façon de Horsley, sous un courant continu de sérum à 40°.
L'opérateur, ses aides, le champ opératoire. — Avoir un minimum d'aides est une précaution élémentaire
au point de vue de l’aseptie. Dans le cas présent, l’exi-
au)
guité du champ opératoire et la présence du chloroformisateur tout près de soi, sont deux motifs de plus à les supprimer autant que faire se peut. Dans toutes les trépanations que je lui ai vu faire, de Martel n’a jamais employé qu’un seul aide.
Quoiqu'ilen soit, je répète qu'il faut s’armer ici contre l'infection avec le soin le plus méticuleux.
Je n’insiste pas sur le lavage des mains. De Martel opère presque toujours à bout d'instruments et sans gants, mais il en fait mettre à son aide, qui passera plusieurs fois le fil du surjet dans sa main.
Bavettes, masques, calottes, ne sont encore ici pas de trop et je crois qu’on ne saurait trop le dire.
Horsley tient essentiellement à l'emploi de la bavette couvrant le nez et la bouche, et cela non seulement pour lui et ses aides, mais encore pour tous les assistants.
J'ai dit plus haut combien facile et dangereuse est l'infection des méninges et tous ces soins tendront à l’éviter.
Quant au champ opératoire, il est bien évident qu'il sera limité strictement à la région qui doit être intéressée. De grandes compresses stérilisées le garniront très loin et on se protégera soigneusement des mains du chloroformisateur qui ne sont pas loin.
b) Anesthésie. — Après avoir essayé de tous les modes d’anesthésie, la presque totalité des chirurgiens s’accorde à employer aujourd'hui le chloroforme. Tous les appareils qui fournissent un mélange de vapeurs de chloro-
forme et d'oxygène peuvent êtreemployés.J’ai, moi-même,
donné plus de vingt chloroformes à des malades trépanés par de Martel et je me suis servi toujours soit de l’appareil de Ricard, soit de la simple compresse. Du reste la chloroformisation est singulièrement facilitée par ce fait qu'on peut cesser absolument de donner du chloroforme à peine les téguments incisés. J’ai toujours agi ainsi et je n’ai jamais eu le moindre ennui et jamais le malade n’a fait un mouvement pendant le reste de l’in- tervention. Doit-on cette possibilité à la brièveté de l'opération ? Je serai tenté de croire à des causes plus complexes car plusieurs fois l’opération s’est prolongée plus que de coutume sans que j'aie été davantage inquiété. Je ne veux pas discuter la chose, mais je la pose nettement en principe, car la petite quantité de chloroforme absorbé doit singulièrement atténuer le choc opératoire.
c) Instrumentation. — L'instrumentation consiste en un certains nombre d'instruments usuels auxquels il faut joindre quelques autres spéciaux.
Les instruments usuels utiles sont, dit de Martel : Un bistouri;
Une pince à disséquer ; Une paire de ciseaux ;
Six pinces de Kocher ;
Une grosse curette ;
Deux scies de Gigli (scies de secours ou qui serviront dans les cas que je dirai); |
Une aiguille de Reverdin courbe.
Les autres instruments spéciaux imaginés par de Martel
RTE ou
ont été construits, les uns par M. Collin, les autres par M. Alexandre, ce sont :
Six pinces en T, dites pinces de Navaro, présentant sur la face interne d’un de leurs mors, 3 petites griffes, s’'emboîtant quand la pince est fermée dans 3 cavités opposées creusées dans la face interne de l’autre mors ; cette petite modification de la pince en T ordinaire, permet à la pince de tenir solidement, tout près du rebord du lambeau cutané, sans qu'on ait de crainte de la voir échapper, De Martel a même fait construire des pinces en T analogues, dont les 2 branches formant ressort, se croisent en X, et terminées par un seul anneau où il peut fixer un petit contrepoids qui sert à abaïsser le lambeau cutané et supprime un aide.
Ces pinces, en outre, assurent l’hémostase du cuir chevelu. :
Un décolle dure-mère souple et un conducteur de scie de Gigli que j'ai décrits par ailleurs ;
Une cisaille de Horsley.
Et enfin un appareil spécial que je vais décrire. J'en profiterai pour faire un peu la critique générale des autres appareils mécaniques dont je n'ai pas encore parlé et dont celui de de Martel me semble bien le plus pratique.
Le principe de l'appareil de Martel est le suivant :
L'iunstrument perforateur, quel qu'il soit, est uni à l'arbre du moteur par un système d'embrayage commandé par une tige rigide qui s'appuie sur le crâne au
centre de la future perforation osseuse. Dès que la tige