‹ Techniques chirurgicales Suites opératoires et résultats de la trépanation décompressive dans le syndrome d'hypertension intra-crânienneChapitre 20 sur 33 · VAS · texte numérisé non relu

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pose avec une certaine force sur le crâne, l'embrayage a lieu et l'instrument perforateur tourne ; mais, au moment où la perforation se produit, il est clair que la tige de commande n'étant plus soutenue (puisque, par définition, elle repose au centre de la perforation), le débrayage se produit, et l'instrument cesse de tourner. (Voir fig. 6, 7, 8.)

Ce principe est applicable à tous les instruments perforateurs quels qu'ils soient: couronne de trépan, fraise annulaire ou fraise femelle, fraise pleine oufraise mâle, FOTEL ESS

Dans l'appareil muni d'une couronne de trépan ou d'une fraise annulaire, la tige d'embrayage repose au centre de la future perforation osseuse et dès que la rondelle osseuse sera détachée, la tige d'embrayage n'étant plus soutenue, le débrayage se produira et l'instrument cessera de tourner.

Dans l'appareil muni d’une fraise pleine, il est clair que la tige d'embrayage se confond avec l’axe de la fraise et que c’est l’abaissement de la fraise qui produira le débrayage.

Il en est de même pour l'appareil muni d’un foret.

Maintenant à quel modèle corvient-il des’arrêter?

1° La couronne de trépan a de gros avantages : elle coupe très bien et exige l'emploi de très peu de force pour agir efficacement.

Mais elle a d'énormes inconvénients : d’abord elle

taille un orifice cylindrique comme elle et à travers lequel elle peut passer tout entière au moment de la perforation.

En second lieu, si elle agit sur un os d’inégale épaisseur, elle peut très bien travailler dans l’os d’un côté, alors que de l’autre elle est déjà dans le cerveau. Enfin, au début, elle ne peut attaquer l'os que si elle tourne autour d’un axe central ou que si elle est encadrée et fixée sur le crâne, au centre d’un véritable chassis.

Pour toutes ces raisons, de Martel a rejeté la couronne de trépan, au moins pour son instrumentation mécanique, car il l’a utilisée tout dernièrement pour sa nouvelle instrumentation à main.

20 La fraise couronne, ou fraise annulaire ou fraise femelle a tous les inconvénients de la couronne et tous ceux de la fraise et aucun de leurs avantages; mais comme elle est taillée en coin elle ne peut faire d’échappée dans le crâne. ;

Elle est aussi dangereuse que la couronne; elle exige autant de travail que la fraise, car elle coupe sur toute la hauteur de ses parties latérales.

C’est pourtant avec elle que Martel monta son premier appareil à débrayage automatique, car c’est là de beaucoup le modèle le plus facile à établir. (C’est la reproduction de ce appareil que M. Delbet a reproduit 3 mois après que M. de Martel eût publié le sien).

3° La fraise pleine dérive de la fraise de Doyen. De Martel s’est servi tout d’abord de cette fraise de Doyen,

qui du reste est un très bon instrument, mais exige

cependant une certaine habileté et dont l'emploi exige de grandes précautions. Il faut prendre garde au début au dérapage de la fraise qui a tendance à courir à Ja surface de l’os avant d'avoir mordu ; aussi est-il peutêtre préférable d’amorcer la perforation avec un instrument pointu. La fraise ayant mordu, il faut alors à chaque instant s'assurer quelle épaisseur d'os a été perforée, si on n'est pas arrivé sur la dure-mère et si cette dernière n’est pas atteinte. Si l'os saigne, cette vérification est souvent ennuyeuse et cause un gros retard.

De plus, quand l'épaisseur de l'os dépasse le rayon de la fraise, il faut la redresser verticalement et une échappée est alors possible dans la profondeur.

Cette fraise, modifiée par Alexandre, mord bien sans courir, mais donne de trop grandes vibrations et conserve ses autres inconvénients.

Enfin, cette fraise ne saurait convenir à un appareil à débrayage automatique; il faut en effet pour le débrayage se produise, que la fraise soit cylindrique, et qu’elle puisse descendre légèrement à travers le trou qu’elle a percé, mais il faut aussi qu’elle ne puisse faire d'échappée dans la profondeur.

Si on arrive à remplir ces conditions, elle devient l'instrument perforateur idéal, essentiellement inoffensif et qui peut tourner longtemps au contact de la dure-mère sans même l’entamer.

C’est en se basant sur toutes ces données que de Martel a imaginé son appareil qui résoud la question très sim-

plement.

Appareil à débrayage automatique de Martel

La fraise de de Martel a été exécutée sur ses données précises par Alexandre. Elle est cylindrique, profondément cannelée sur ses parties latérales, presque plate par sa face inférieure qui présente une petite saillie mousse qui, en s'appuyant sur l'os, joue, au début, le rôle de pivot central et s'oppose à tout dérapage (voir fig. 9, schéma). Cette fraise mord admira-

blement l’os et s'enfonce très vite, 2

Fig. 6. — La fraise B touche à peine le crâne et les pièces dentelées À et H sont maintenues écartées l’une de l’autre par le ressort, car la butée est entièrement sortie, aussi A et B restent-ils immobiles malgré la rotation de H,

Fonctionnement de la fraise (fig. 6, 7, 8). — A l'extré-

mité de l'axe de la fraise se trouve une pièce dentelée qui pourrait s’engrener exactement avec une pièce dentelée identique placée sur l'arbre du porte-outil, mais qui en est maintenue écartée par un ressort (visible sur la figure entre les pièces À et H). Tant que la fraise n’appuie sur rien, le moteur étant mis en marche la pièce dentelée H tourne sans entraîner la pièce À

et la fraise B qui sont solidaires (fig. 6).

Fig. 7.— On a exercé sur l'instrument une pression, la butée est rentrée en partie, la fraise appuie sur le crâne, la résistance du ressort a été vaincue. Les pièces À et H s’engrennent et H entraîne, dans sa-rotation, la pièce H et par conséquent la fraise B qui pénètre dans l'os.

Mais que la fraise appuie sur le crâne, la résistance du ressort est vaincue, les pièces A et H s’engrennent,

il y a embrayage, la pièce H entraîne avec elle la pièce

LC Es

A et la fraise B qui se mettent à tourner et le forage du

crâne commence (fig. 7).

Fig. 8 — Il y a un instant, la fraise B tournait encore, mais elle n’était plus séparée de la dure-mère que par une très mince lamelle osseuse. Sous la pression du ressort, la lamelle a cédé et la pièce A et la fraise B, qui sont solidaires. se sont séparées de la pièce H et ont cessé de tourner. Le trou est percé.

A mesure que l'orifice se creuse, la fraise se rapproche de la dure-mère et à un moment donné elle n’en est plus séparée que par une lamelle osseuse si mince qu’elle cède sous la pression du ressort, qui tend alors à écarter les deux pièces dentelées A et H; il y a débrayage, la fraise cesse de tourner (fig. 8), un trou cylindrique est percé dont le fond est formé par la dure-mère recouverte, dit de Martel : &« d’un confetti

osseux détaché comme à l’emporte-pièce. »

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Mais ce n’est pas tout, il fallait obvier à toute échappée possible dans la profondeur, aussi de Martel a-t-il annexé à sa fraise un second dispositif destiné à parer à cette éventualité.

La Butée de de Martel est placée sur la partie latérale de l'instrument. Sa pointe vient à un demi-centimètre environ du bord de la fraise. Cette butée destinée à limiter la pénétration, s'appuie sur le crâne en même temps que la fraise et doit remonter à mesure que la fraise s'enfonce. |

Au début, de Martel remontait lentement cette butée à la main, tandis que la fraise pénétrait plus avant dans l'os. Mais depuis, il a imaginé une butée automatique d'un mécanisme fort simple. Elle remonte au fur et à mesure que la fraisé descend et sans que l'opérateur ait à s’en occuper.

Voici d'une façon schématique comment elle fonc-

tionne :

Fig. 9 (schéma)

en. de

La fraise D appuie sur le crâne. Aussitôt B et A s’engrennent et D se met à tourner.

C, roue dentée, entraîne la tige cannelée E (dont les cannelures s’engrennent dans ses dents), qui est maintenue à distance de F par un petit ressort à boudin.

La fraise D pénètre dans le crâne. E, par sa pointe, appuie sur l'os et bientôt la résistance du ressort qui maintient les pièces E et F séparées étant vaincue, elles entrent en contact et s’engrennent.

E, qui tourne tant que la fraise tourne, entraîne alors la pièce F, et comme la tige G, qui est solidaire deF, est munie d’un pas de vis qui passe à travers H, écrou fixe, l’ensemble de la butée s'élève.

Mais dès que E s'éloigne du crâne, E et F se désengrennent. F cesse de tourner et la butée s'arrête dans son ascension et ainsi de suite jusqu’à ce que, le trou étant foré, le débrayage de la fraise se produise et la totalité du système s’arrête.

De Martel a imaginé deux systèmes de butée automatique basés du reste sur le même principe fondamental, mais, dans l’un, l’'écrou tourne et la butée monte sans présenter de mouvement de rotation autour de son axe : c'est le modèle adopté dans la pratique. Dans l’autre, l'écrou est fixe et la butée ‘est animée de deux mouvements simultanés, mouvements de rotation et mouvements d’ascension ; c’est ce modèle que j'ai décrit, parce qu'il est plus aisé à schématiser, mais dans la pratique, il semble préférable d’user d’un écrou mobile.

Avec cet appareil, il est impossible, dit de Martel,

MA : ee

« quoi qu'il arrive et avec quelque violence que l'on procède, de faire une échappée dans la profondeur. L'instrument s'enfonce très vite et sans qu'il soit nécessaire de le déplacer pour vérifier à quelle distance il se trouve de la dure-mère, car, au moment où il atteint cette membrane délicate, il s'arrête de lui-même. Enfin, il creuse un orifice parfaitement cylindrique tout à fait semblable à celui que fait une couronne de trépan. »

Et de fait, j'ai pu voir nombre de mains inexpérimentées l'essayer sur le cadavre sans que jamais le moindre incident se soit produit.

Pièce porte-outil. — L'ensemble du système précédent est monté sur un manche porte-outil dont la figure donne une idée exacte (fig. 10), et jusqu’auquel la force

motrice est transmise par un câble métallique.

ÉeTIQUE

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