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C'est alors que de Martel a fait construire par Alexandre une fraise hélicoïdale (fig. 11), qui rejette la sciure de l'os au furet à mesure de sa production. Après avoir essayé de fraises hélicoïdales à trois dents, de Martel s’est arrêté à la fraise à deux dents qui coupe mieux et donne moins de trépidations. Elle permet, en outre, de tracer une section de n'importe quelle forme, et de retoucher aisément une brèche qui ne donne pas exactement le jour souhaité.
Mais, pour que son usage soit sans danger, il ne faut pas que, par son extrémité, elle puisse perforer et arracher la dure-mère. Aussi, est-elle munie d’un protecteur. Les premiers protecteurs employés par de Martel étaient minces et insuffisants, car il fallait les faire pénétrer par l'orifice conique qu'avait creusé une fraise ronde ; avec ces protecteurs minces, il pouvait arriver de blesser une dure-mère fragile ou qui présentait quelque orifice préformé dans lequel s'engageait le bec pointu de l'instrument.
Les trous cylindriques, larges de 14 à 16 centimètres, percés à l’aide de la nouvelle fraise, permirent à de Martel de munir sa fraise verticale d’un protecteur rond, assez épais aux bords mousses (fig. 11), qui est absolument inoffensif.
La fraise verticale peut, du reste, prendre telle direction que veut l'opérateur, et faire des lignes de sections présentant tous les contours nécessaires, tracer par conséquent exactement la brèche que l’on désire.
Si, du reste, la calotte osseuse enlevée, on veut modi-
fier la forme de la brèche, rien n’est plus simple que de reprendre la section et de la modifier. Cette possibilité est due à la disposition du manche porte-outil dont j'ai reproduit le dessin (fig. 10): à la fraise perforante est en eftet substituée la scie hélicoïdale et la partie verticale du manche pouvant tourner autour de son axe vertical, on conçoit que l’on puisse guider la scie où bon vous semble.
Avec cet appareil, on peut tailler d’une seule traite un large volet osseux. Il suffit, alors, de percer un seul orifice par lequel on introduit la fraise verticale munie de son protecteur. Cependant, de Martel croit plus prudent de percer systématiquement plusieurs trous et de vérifier à l’aide du décolle dure-mère le degré d’adhérence de cette membrane à l'os Même en agissant ainsi, je l’ai vu très souvent faire avec son nouvel appareil des craniectories en moins de 10 minutes.
La scie de Gigli, que j'ai notée parmi les instruments nécessaires, est donc, avec cet appareil, un peu réduite au rôle d’instrument de secours.
Elle sera cependant indispensable si l’on veut faire la taille d’un volet ostéo-cutané. Après avoir agi en effet tout comme précédemment, la scie de Gigli intervient pour pratiquer la section de la base du lambeau. La scie passée à l’aide du décolle dure-mère de de Martel que l’on laisse en place pour protéger la dure-mère, on scie lé pédicule du volet incomplètement, et on le rompt ensuite à la main. De cette façon, dit de Martel, bien que.
le volet soït plus petit que la brèche qu’il faut combler,
il reste maintenu dans une position normale par rapport à la boite crânienne, grâce à son adhérence au niveau de la ligne de rupture.
Quant aux cisailles de Horsley, elles restent un instrument de secours que l'opérateur sera heureux d’avoir sous la main le cas échéant.
Force motrice. — L'appareil producteur de la force motrice importe peu, pourvu qu'il donne une force régulière. De nombreux appareils sont connus.
Je dois cependant signaler encore ici l'appareil dont se sert de Martel, qui n'est autre que l'appareil de Bercnt, modifié par Alexandre. Le principe de cet appareil est le suivant: le travail irrégulièrement fourni par un homme qui tourne une manivelle est emmagasiné dans un énorme ressort qui le restitue de façon continue et régulière ; la force motrice est transmise par un câble jusqu'à la pièce porte-outil, L'appareil est très simple, très robuste, et de Martel n’a pas eu que je sache à s'en plaindre une seule fois. Enfin, il me semble qu'au point de vue pratique, il présente des avantages inappréciables. D'abord, il représente un très petit volume et est par conséquent très facilement transportable. Il n'exige aucune installation spéciale et peut être prêt à fonctionner à l'endroit et à la minute que l’on désire. Et, enfin, c'est un appareil peu coûteux par rapport à la plupart des autres, et qui n’exige aucun entretien particulier non plus qu’une petite éducation pour le faire fonctionner. Je crois que ce sont là des
avantages indiscutables ; qu’au point de vue de la sim-