‹ Techniques chirurgicales Suites opératoires et résultats de la trépanation décompressive dans le syndrome d'hypertension intra-crânienneChapitre 27 sur 33 · HR LE · texte numérisé non relu

HR LE

Observation ÎI (Résumée)

(Due à l’obligeance de M. VINCENT)

Néoplasme intracränien. — Céphalée. — Vomissements. — Vertiges. — Coma. — Trépanation décompressive. — Amé-

lioration considérable.

Mme P...,33 ans, est envoyée à M. de Martel, du service de M. Widal, avec l’observation suivante que nous retraçons dans ses grandes lignes:

A. P. Coxalgie il y a 2 ans. — Extension continue pendant 6 mois. - Plus de traces actuelles.

Histoire de la maladie. — (Observation prise le 1er mars 1910.) — Le début de la maladie remonte à 3 semaines. Les troubles ont commencé par une céphalée continue qui devint rapidement extrêmement intense, et s’accompagna de vomisments.

Examen. — La malade est couchée en chien de fusil sur le côté droit mais sans raideur ; elle garde une immobilité absolue et se plaint de maux de tête atroces qui ne la quittent ni jour ni nuit. Elle dit ne pouvoir se coucher sur le côté gauche, parce qu’elle éprouve alors de violents vertiges.

Debout, elle est en proie à un vertige continuel et éprouve la sensation de tourner à droite. En plus de cette latéropulsion droite, on observe de la titubation, elle n’incline jamais à gauche mais toujours à droite, quel que soit le pôle.

Pas de troubles pyramidaux, ni reflexe tendineux, ni cutanés (pas de Babinski).

Pas de parole saccadée, pas de nystagmus.

di TOR

Pas de troubles subjectifs ou objectifs en dehors de la céphalée.

Exophtalmie. — Mydriase gauche, pas de nystagmus.

Rétrécissement du champ visuel de l’œil gauche. À 1 mètre, incapacité de distinguer des lettres hautes de 5 centimètres et épaisses de 1 centimètre; (la malade voyait autrefois aussi bien de l’œil gauche que du droit).

La papille gauche est rouge et congestionnée par rapport à la droite ; on ne constate pourtant ni œdème ni dilatation veineuse. $

Diminution de la sensibilité olfactive à gauche.

Pas de troubles de l’ouïe, ni du goût.

Pas de paralysie des nerfs crâniens. Pas de signe de Kœrnig, mais un peu de raideur de la nuque.

Ponction lombaira — Lymphocytose = 0.

Cependant, on signale des froubles du caractère, passagers, mais violents ; là malade a envie de frapper ses parents, elle leur adresse les pires injures et toutes sortes de malédictions.

Bientôt, du reste, elle s’affaisse graduellement et devient inconsciente. Elle entre .semi-comateuse dans le service de M. le professeur Segond, le 28 février 1910.

Opération le }# mars par MM. de Martel et Louis Bazy ; taillé d’un large volet définitif dans la région frontale gauche. La dure-mère, très tendue, n’est pas incisée. Suture des téguments en surjet à points rapprochés et serrés ; (durant l’opération, ouverture du sinus frontal.) L'opération à duré 9 minutes, et j’ai cessé le chloroforme selon le conseil de M. de Martel dès que le lambeau cutané fut taillé.

Les jours suivants, les suites opératoires furent absolument normales, même on ne constata pas l'élévation de

température que l’on observe souvent; elle ne dépassa

jamais 3805; et 10 jours après, jai été tout surpris de trouver un matin la malade se promenant seule dans les jardins de l’hôpital. L'état général s’améliora du reste de jour en jouret M. de Martel, devant ce résultat, ajourna le second temps de l'opération au moment où des symptômes à nouveau inquiétants l’exigeraient.

Le 18 mars, la malade sort de l’hôpital pour retourner chez elle, où bientôt elle peut se livrer à quelques petites occupations et revient tous les 2 jours au pansement.

Le 23 avril cependant elle se plaint de douleurs au niveau de sa cicatrice et fait de la fièvre; elle entre alors pour la seconde fois dans le service le 26 avril. La température monte à 3909; on trouve un petit point fluctuant à la partie antérieure de la cicatrice, on débride un peu et dès le lendemain, la température retombe presque à la normale qu’elle atteint au bout de 3 jours. Cependant, la malade se plaint toujours d’un point douloureux qui semble siéger en avant, au niveau de la crête de section osseuse et la partie;de la duremère qui y confine.

Le # mai, on administre alors un peu de chloroforme, on débride un peu plus largement, on fait sauter un petit point du rebord osseux et on laisse une petite mèche de gaz iodoformée.

Tout se passe alors au mieux, la douleur disparaît, la température se maintient à la normale et le 4 juin, la malade sort définitivement sur sa demande. Elle revient tous les 2 jours se faire panser (toujours à pied), et ne présente plus qu’un tout petit défaut de réunion de sa cicatrice aujourd'hui du reste réparé. (Cette suppuration a été vraisemblablement due à l'infection de la plaie par le sinus frontal ou-

vert largement.)

ASE 2

Obvervation II (Résumée) (Due à l’obligeance de M. VINCENT)

Néoplasme intracränien. — Trépanation décompressive. —

Amélioration très grande persistant depuis 32 mois.

(Observation prise en octobre 1908). R... François présente depuis 2 ans de la céphalée qui augmente progressivement d'intensité. Elle est localisée dans la région occipitale et est si violente parfois qu’elle affecte le type de névralgie. A cette céphalée s'ajoutent bientôt des vomissements qui surviennent sans cause apparente et sont souvent pénibles. Bientôt se montrent et croissent sans cesse des troubles de la vue. Tout cela évolue lentement mais progressivement, et la cécité devenue à peu près complète est la seule raison qui décide le malade à venir consulter.

Le 7 octobre 1908. - Homme de 32 ans. Son amaurose lui donne l'air hébété mais il est pourtant intelligent et répond clairement aux questions. Il accuse une céphalée très vive et des vomissements fréquents, mais se plaint surtout de sa cécité.

La vue est complètement abolie à gauche. A droite, l’accuité visuelle est de 1/10.

On constate une papille atrophiée et floue sur les bords des deux côtés mais avec prédominance à gauche.

Les papilles sont dilatées : la droite réagit à la lumière, la gauche est indifférente, Inversement, le réflexe consensuel existe à gauche et très faiblement seulement à droite.

A ces signes se joignent quelques signes de localisation :

OP

paralysie de la VI paire gauche complète: l'œil ne dépasse pas l’axe médian de l'orbite. Paralysie moins complète de la VI paire droite.

Paralysie faciale droite périphérique; occlusion de la paupière incomplète, diminution de l’excitabilité faradique et augmentation de l’excitabilité galvanique légère mais certaine.

Abolition complète de l’ouiïe à gauche.

Grande résistance au vertige voltaïque.

Réflexes tendineux du membre inférieur plus forts à gauche.

Pas de modifications des réflexes cutanés.

Légers phénomènes cérébelleux, troubles dans la diadococinésie.

Légère asynergie.

Pas de troubles sensitifs à aucun mode.

Bon état général.

En présence de la cécité surtout, presque complète maintenant, mais aussi de la céphalée toujours violente et des vomissements (le malade a encore vomi au matin de son opération), on décide d'intervenir.

Opération le 7 octobre 1908 par M. de Martel; large volet occipital empiétant surtout à droite en descendant jusqu'au trou occipital, découvrant largement le cervelet, le sinus latéral et le pressoir.

Dans les jours qui ont suivi l'opération, la céphalée et les vomissements ont disparu, et le 31 octobre le malade quitte l'hôpital.

Actuellement (juillet 1910) le malade revient de temps à autre, dans le service du professeur Segond, rendre compte

de son état. Il n’a plus de céphalée ni de vomissements. Mais

Eu. Ve

la cécité est restée stationnaire. C'est du reste le résultat logique auquel on pouvait s'attendre, car l'intervention pratiquée alors que la cécité en est à ce point n’y remédie pas en général, et c’est là une preuve de ce que j'ai dit de la nécessité d'intervenir précocement quand l’acuité visuelle n’est pas encore trop diminuée.

L'opération avait duré 45 minutes, car elle fut pratiquée suivant la technique ancienne et si on peut enregistrer ici un beau résultat, cette observation montre la différence de durée de l'opération faite avec les instrumentations anciennes et l’instrumentation moderne, et on conçoit les bénéfices que

peut tirer un malade d’une telle différence de temps.

Observation III (Résumée\ Due à l’obligeance de M. JUMENTIÉ

Néoplasme cérébral. — Céphalée. - Convulsions. — Trépa-

nation décompressive. — Guérison depuis 2? ans.

Un jeune russe de 26 ans, B...., vient consulter pour une céphalée violente et continuelle et des crises convulsives.

Son père serait mort paralytique général et il aurait eu un frère et une sœur morts tous deux tuberculeux.

Il invoque comme câuse des accidents qui l’amènent consulter un coup de sabre qu’il reçut en décembre 1905, dans la région occipitale: il y eut large plaie du cuir chevelu, mais il ne perdit pas connaissance.

Le 8 juin 1908, première crise épileptique, mouvement sur-

tout dans la main droiteetle bras droit. Perte de connaissance.

Loti

Jusqu'en avril les crises se répètent environ tous les quinze

jours. En outre, convulsions fréquentes de la face. Puis les crises se rapprochent (4 crises du 27 avril au 6 mai).

La céphalée est très intense, presque hémicrânienne gauche. La douleur est réveillée par la percussion au niveau d’une ligne joignant les deux mastoïdes, à deux doigts à

gauche de la ligne médiane.

Des vomissements apparaissent bilieux et avec efforts. Puis à nouveau les crises s’espacent (tous les 10 à 12 jours).

La vue cependant baisse considérablement depuis le mois

d'avril. Le malade ne peut plus lire. Exophtalmie acquise. Le 4 août 1909, opération par M. de Martel.

Ouverture de la dure-mère. Pas de battements bien marqués. Plaque de méningite dans la région frontale ascen-

dante. Dilatation vasculaire. Œdème cérébral.

Les jours suivants, monoplégie brachiale droite complète. Au bout de trois jours les mouvements reviennent progres-. sivement. Au membre inférieur, exagération de reflexe patel-

laire, mais pas de Babinski.

La céphalée a disparu. L’exophtalmie a diminué.

Le 25 août. Examen de l'œil: la stase papillaire a consi- dérablement diminué, mais l’atrophie optique apparait; le malade ne peut pas compter ses doigts à cinquante centimètres, (0OG-OD.)

Le malade sort de l'hôpital, mais revient le 13 octobre 1909, pour crises épileptiformes dans la main droite, puis le pras et enfin la moitié droite de la face; il en résulte une

parésie de la langue. La cécité augmente,

Observation IV (Résumée)

Due à l’obligeance de M. JUMENTIÉ

Néoplasme intracrânien. — Crises épileptiques: — Trépanation décompressive. -— Ablation d’une tumeur dans un second temps. — Guérison.

Sch..., 39 ans, commis des Postes.

À passé 15 ans aux colonies et eut successivement : hépatite aigue, dysenterie et fièvres. Il nie toute syphilis, dont on ne trouve du reste aucun stigmate.

Marié à 33 ans ; 4 enfants ; le second serait mort de méningite cérébro-spinale ?

Le 28 août 1909, après son dîner, il sent « des mouvements dans la main droite », et tombe sans connaissance. La crise dure un quart d'heure, mais peu après il est repris d’une crise semblable qui débute par des mouvements cloniques dans le petit doigt de la main droite, puis la face, puis le pied gauche. Il a 9 crises semblables dans la même nuit.

Il reste alors jusqu’au 10 octobre sans en avoir, et reprend son service.

Le 10 octobre, nouvelle crise avec aura, abdominale ou épigastrique, une dizaine de secondes avant.

A partir de ce moment, il a des crises tous les deux ou trois jours, auxquelles il assiste sans perte de connaissance.

Le 15 janvier il est mis au traitement mercuriel (11 piqûres de biodure, cessées pour gingivite), les crises augmentent. Parésie après la crise.

Le 20 février 1910 il vint consulter à la Salpêtrière.

en

Examen: Face: à l'ouverture de la bouche, l'angle droit est un peu plus aigu. Rien du côté des paupières.

Membre supérieur: La flexion et l'extension de l'avantbras sur le bras, très atteintes à droite, ainsi que l'extension et la flexion de la main sur le poignet du même côté.

Membre inférieur: Réflexes rotuliens et achilléens droits et gauches normaux et égaux des deux côtés.

Réflexe cutané plantaire en flexion des deux côtés.

Réflexes crémastériens et abdominaux normaux.

La démarche n’a rien d’anormal si ce n’est que le bras droit ne suit pas les oscillations du corps. Très légère ataxie?

Diadococinésie atteinte à droite.

Sensibilité normale.

Œil: Réflexes papillaires normaux, pas de paralysie, pas de nystagmus, pas de troubles de la vue.

Oreille normale.

Ni céphalée, ni vomissements, ni torpeur entre les crises.

Opération le 24 février 1910. — M. de Martel fait une simple décompression, sans ouverture de la dure-mère.

Suites operätoires. — La température monte à 39,3, le soir de l'opération; le pouls est à 130, mais, comme c’est la règle, la température retombe vers la normale au bout de quelques jours, le pouls reste aux environs de 100.

Deux crises épileptiformes le soir de l'opération et la nuit qui suit.

Deux jours après l'opération, on ôête le pansement compressif, on retire une compresse laissée sous le lambeau cutané pour arrêter une hémorragie en nappeet on serre les fils. On applique de nouveau un pansement compressif.

Les suites opératoires sont normales et, 10 jours après, on tente le:

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