‹ Tel qu'en songeChapitre 10 sur 15 · LA DEMEURE IO · texte numérisé non relu

LA DEMEURE IO

O Demeure,

La chimère accroupie à ton foyer désert,

Parmi les cendres et parmi les fleurs de fer,

Est morte et nulle flamme à présent ne la tord

D'un vivace sursaut en ses écailles d'or

Et ses ailes d'airain ne battent plus dans l'ombre 1

O Demeure,

L'Horloge de cuivre, d'ébène et de cristal

Lourde aux cariatides du piédestal

Ne marque plus le Temps d'hier ou d'aujourd'hui

De ses poids où montait le Jour après la Nuit

Selon que la lumière avait Tâge de l'ombre !

O Demeure,

Tout est mort et toi même autour de mon Destin

Qui veille pour jamais d'accord à l'âtre éteint

Où le bois confronta ses cendres à mon songe Et mon loisir stérile, encore, se prolonge Pierre à pierre d'ouïr le bruit de ton décombre Qiii choit du mur inerte et du plafond lassé Et dont un autre écho croule dans mon passé!

O Demeure,

Ma Tristesse sanglote aux marches de ton seuil,

Mon Orgueil

Taciturne s'accoude auprès de ton foyer;

Le visage de ma colère s'est ployé

Et cache en son manteau sa honte qu'elle pleure,

Et mon Ame, ce soir, est seule en la Demeure!

Que l'antique maison soit douce au dévoyé

Pour qui les vieux chemins n'ont plus de but vers l'ombre.

Que d'aubes ont blanchi tes fenêtres !

Les crépuscules gris comme tes vieilles pierres Ont bercé le sommeil de tes ans solitaires. Que soit bonne ta paix à l'âge de ton Maître!

Les soleils de l'Été t'ont rongée et l'effort Du large vent d'automne en peine vers le Nord

Page 1