LA DEMEURE IO
O Demeure,
La chimère accroupie à ton foyer désert,
Parmi les cendres et parmi les fleurs de fer,
Est morte et nulle flamme à présent ne la tord
D'un vivace sursaut en ses écailles d'or
Et ses ailes d'airain ne battent plus dans l'ombre 1
O Demeure,
L'Horloge de cuivre, d'ébène et de cristal
Lourde aux cariatides du piédestal
Ne marque plus le Temps d'hier ou d'aujourd'hui
De ses poids où montait le Jour après la Nuit
Selon que la lumière avait Tâge de l'ombre !
O Demeure,
Tout est mort et toi même autour de mon Destin
Qui veille pour jamais d'accord à l'âtre éteint
Où le bois confronta ses cendres à mon songe Et mon loisir stérile, encore, se prolonge Pierre à pierre d'ouïr le bruit de ton décombre Qiii choit du mur inerte et du plafond lassé Et dont un autre écho croule dans mon passé!
O Demeure,
Ma Tristesse sanglote aux marches de ton seuil,
Mon Orgueil
Taciturne s'accoude auprès de ton foyer;
Le visage de ma colère s'est ployé
Et cache en son manteau sa honte qu'elle pleure,
Et mon Ame, ce soir, est seule en la Demeure!
Que l'antique maison soit douce au dévoyé
Pour qui les vieux chemins n'ont plus de but vers l'ombre.
Que d'aubes ont blanchi tes fenêtres !
Les crépuscules gris comme tes vieilles pierres Ont bercé le sommeil de tes ans solitaires. Que soit bonne ta paix à l'âge de ton Maître!
Les soleils de l'Été t'ont rongée et l'effort Du large vent d'automne en peine vers le Nord