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TÉLÉGRAPHE A CADRAN DB M. FROMENT

bouton P reçoit le fil du pôle positif de la pile du poste et communique, parla colonnette ^ avec la vis v, La vis v', par la colonnette f, communique avec le bouton R, et, par son intermédiaire, avec le récepteur à cadran du poste. Quand la dent d de la roue d*échappement est en prise,

Pig. 4Ô.

l'extrémité libre du levier B appuie sur la vis v\ et le circuit de la pile du poste est interrompu ; mais le récepteur peut recevoir le courant lancé sur la ligne par le poste correspondant: c'est la position de réception, h* s,i\\e\xYs la gorge de la roue A est disposée comme dans le récepteur (fig. 34, page 116); pour un tour entier de la roue A, l'extrémité libre du levier B appuie treize fois contre v et treize fois contre v'.

l/»8 APPAREILS TÉLÉGRAPHIQUES.

A l'état de repos, le ressort a du bouton L est en communication avec la petite colonne s et la sonnerie. J/em« ployé du poste qui veut envoyer pousse le ressort a sur le bouton de la colonne /, puis presse la touche de la croix. La roue d'échappement A est dégagée et exécute un tour entier. Pendant ce temps, le levier B oscille entre les vis v et v' ; le courant est treize fois envoyé, treize fois interrompu sur la ligne, arrive au poste correspondant et met la sonnerie en jeu. Le correspondant averti pousse le ressort a de son appareil sur le bouton de la colonne /, et presse la touche de la croix. Le courant éprouve treize alternatives d'émission et d'interruption, traverse le récepteur à cadran du poste qui a attaqué, fait décrire à l'aiguille un tour entier. L'employé est ainsi prévenu que l'autre poste est prêt à recevoir.

Cela fait, l'employé du poste qui envoie appuie successivement le doigt sur les touches correspondantes aux lettres qu'il veut expédier. Chaque fois qu'une touche est abaissée, la roue d'échappement est dégagée, l'arbre XX' tourne, le levier B oscille, et la ligne reçoit une série de courants discontinus qui dure jusqu'à ce que la cheville correspondante à cette touche vienne heurter contre sa dent. Ces courants discontinus, dont le nombre dépend de la touche abaissée, traversent le récepteur du poste correspondant et amènent son aiguille sur la même lettre que celle de la touche abaissée. Quand le doigt passe d'une première touche à une seconde fouche quelconque, l'arbre XX' et la roue à gorge A tournent ensemble d'un angle égal à celui des deux chevilles correspondantes aux touches successivement attaquées, par conséquent le

TéLÉGRAPHB DE M. SIBMENS. i^9

nombre des oscillations du levier B, ou le nombre des alternatives du courant envoyé sur la ligne, est égal au nombre des touches ou des lettres comprises entre les positions successives du doigt sur le clavier. C'est la condition nécessaire et suffisante pour que Taiguille du récepteur du poste correspondant marche d'accord avec le doigt de l'expéditeur sur le clavier du manipulateur du poste qui envoie.

Dans la figure d'ensemble (fig. /i8), on voit en C un cadran dont l'aiguille marche sous l'influence du mouvement d'horlogerie du manipulateur. Cette aiguille est constamment d'accord avec le doigt de l'expéditeur et avec l'aiguille du récepteur du poste correspondant; elle est utile à l'employé pour suivre des yeux l'expédition de la dépêche et contrôler l'opération qu'il exécute.

Avec cet appareil télégraphique, la rapidité de la correspondance dépend évidemment de la vitesse de rotation de l'axe XX' armé de chevilles métalliques (fîg. ûô). Le mode d'interruption adopté parM.Bréguet a l'inconvénient de charger cet axe XX' d'une roue à gorge A dont le poids ralentit le mouvement de rotation du système. M. Froment emploie un interrupteur qui donne moins de masse à l'axe XX', et permet une correspondance plus rapide.

Télégraphe de IK. Siemenf .

Le tél^raphe à cadran de M. Siemens est remarquable en ce que, sans le secours d'aucun mouvement d'horlogerie, un même appareil sert de récepteur et de manipulateur. La figure 49 représente la* disposition des pièces

150 APPARBILS TÉLÉGRAPHIQUES.

qui livrent passage au courant ; les figures 50 et 52 reproduisent Tappareil dans son ensemble : la première est consacrée au transmetteur du courant et à ses communications avec la pile, la sonnerie, la terre et la ligne; la seconde est une reproduction du cadran avec son aiguille indicatrice.

Transmetteer de coorant. — Les pièces du transmetteur (fig. /i9) sont fixées sur une plaque métallique

Fig. 49.

circulaire MM, enchâssée elle-même dans un cadre de bois. Un électro-aimant vertical, en fer à cheval, est placé au-dessous de la plaque métallique MM; ses deux surfaces polaires E,E', passent à travers des ouvertures pratiquées dans la plaque et font saillie au-dessus de sa face

TÉLÉGRAPBB DB M. SIEMENS. 151

supérieure. ÂÂ est une armature de fer doux mobile au* tour d'un axe vertical passant par son centre de figure, Quand le courant traverse les bobines de Télectro-aimant, l'armature AA exécute, autour de son centre, un mouvement de rotation qui rapproche ses extrémités des surfaces polaires E,E'. Quand le courant est interrompu, l'armature est ramenée à sa position d'équilibre par le ressort antagoniste R fixé à la tige t. Un mécanisme facile à comprendre permet de régler la tension du ressort R.

A l'armature A A est fixé un levier NN' qui participe à tousses mouvements. L'extrémité libre N' du levier porte une tige métallique horizontale c munie d'un crochet qui s'engage entre les dents d'une roue à rochet 0. Quand l'armature A A est attirée, l'extrémité libre N' du levier est entraînée vers la roue 0, et le crochet de la tige c passe d'une dent à la dent suivante de la roue. Quand l'armature est ramenée par le ressort antagoniste R, l'extrémité N' du levier s'éloigne de la roue ; le crochet de la tige c entraîne la roue et lui fait décrire un mouvement angulaire dont l'étendue est égale à l'épaisseur d'une dent. Cette rouer entraîne dans son mouvement un axe vertical i qui passe par son centre et auquel sont fixées deux aiguilles : l'aiguille inférieure D qui sert à arrêter à volonté le mouvement de la roue par un mécanisme que nous indiquerons plus tard, et l'aiguille indicatrice (fig. 52) qui se meut sur un cadran garni de touches sur lesquelles sont gravées les lettres de l'alphabet. Le nombre des touches du cadran est égal à celui des dents de la roue à rochet 0. Par ce moyen, toutes les fois que la roue tourne d'une dent, l'aiguille passe d'un signe au signe

suivant du cadran, et un tour entier décrit par la roue correspond à un tour entier deTaiguiUe indicatrice.

Si les bobines de l'électro-aimant EE' sont traversées par une série de courants interrompus, le levier NN' exécute une série d'oscillations correspondantes aux phases du mouveraent de va-et-vient de Farmature AA. Chaque fois que Farmature est attirée, le crochet de la tige e passe d'une dent à la dent suivante de la roue immobile pendant ce mouvement ; chaque fois, au contraire, que Farmature A A est entraînée par le ressort antagoniste R, la roue est entraînée par le crochet de la tige c et se déplace (Je toute l'épaisseur d'une dent. 11 en résulte que, pour chaque oscillation complète du levier NN', la roue se déplace d'une dent, et FaiguiUe indicatrice (flg. 52) passe du centre d'une division au centre de la division suivante du cadran.

Deux tiges métalliques s, s\ sont destinées à assurer la régularité des mouvements de la roue 0. La tige s est armée d'un crochet qui s'engage latéralement entre les dents de la roue ; il est facile de voir que le crochet de cette tige s ne permet pas à la roue d« se déplacer quand, par suite du mouvement du levier NN', le crochet de la tige c passe d'une dent à la dent suivante, et que cette tige s laisse la roue libre d'obéir à la traction du crochet de c quand NN' est ramené par- le ressort antagoniste. — La tige s', fixée au levier NN', passe pardessus la roue ; elle est armée à son extrémité libre d'un crochet vertical qui se place entre deux dents consécutives quand le levier est ramené par le ressort R, et au contraire se dégage de ces dents quand le levier est

entraîné vers la roue. La fonction de cette tige s' est de limiter à retendue de Tépaisseur d*une dent le mouvement d'entraînement que la tige c imprime à la roue 0. M. Siemens a confié au levier NN' la fonction d'interrompre le courant qui traverse les bobines de Télectroaimant EE'. nn' est une pièce entièrement métallique, rectangulaire, connue sous le nom de navette, et qui joue un rôle fort important. Son extrémité n est traversée par un axe vertical autour duquel la pièce peut tourner; son extrémité libre n' appuie sur une agate isolante, et frotte sur elle quand la navette est en mouvement. Vers son milieu, la navette porte deux prolongements latéraux, terminés par des rebords verticaux x, x'. Au niveau des prolongements latéraux de la navette, le levier NN' porte une pièce métallique rf, dont les extrémités sont garnies de deux bouts isolants d'ivoire ou d'agate, et dont la longueur est un peu moindre que l'intervalle des deux rebords métalliques x, x'. — Quand l'armature A A et le levier NN' sont ramenés par le ressort antagoniste R, l'extrémité de la pièce d butte contre le rebord x de la navette et le maintient appliqué contre la pointe métallique de la vis V ; un petit ressort placé entre le rebord x et la pointe de la vis V sert à assurer la communication de la navette et de la pièce métallique P qui porte la vis V. Quand, au contraire, l'armature A A est attirée par les surfaces polaires E, E', la pièce d quitte le rebord x de la navette, rencontre bientôt le rebord opposé x\ sépare la navette de la vis V et la fait butter contre la vis V ; cette dernière vis est garnie d'un bout isolant d'ivoire ou d'agate. Les vis V, V, qui limitent les excursions du le-

iSb APPAREILS TÉLÉGRAPHIQUES.

vier NN' et de la navette nn\ doivent être réglées de manière que le crochet de la tige c puisse se déplacer de toute l'épaisseur d'une dent de la roue 0. La navette wn' ellemême joue le rôle d'interrupteur.

Fig. 50.

Avant d'exposer la marche de l'appareil sous l'influence du courant, nous devons faire observer que les pièces métalliques P, P', F, p, sont fixées sur des supports d'ivoire qui les isolent de la plaque métallique MM et du reste de l'appareil. Les autres pièces de l'appareil sont directement fixées à la plaque métallique M M, et communiquent par son intermédiaire avec la terre, au moyen d'un fil

métallique qui réunit le pied de ta colonne I (tig. 50) au bouton T. Il en résulte que le levier NN' communique constamment avec le sol, et que la navette nn* en est toujours isolée.

L'ensemble des communications est représenté par les figures 50 et 51. Le bouton C communique avec le pôle positif de la pile, avec la bobine £' de Félectro-aimaut par le fil /*', et par le fil h avec un ressort métallique ^ placé sous le cadre de bois (fig. 51). Le bouton Z communique avec le pôle négatif de la pile, et par le bouton T, avec la terre. Le bouton L qui reçoit le fil de la ligne communique avec le ressort g placé sous le cadre de bois {fig. 51); ce ressort g appuie contre la tige métallique G, maintenue elle-même en communication permanente avec le commutateur U. Le ressort Y communique avec le bouton S, et par son intermédiaire avec la sonnerie du poste. Le fil de la bobine E deTélectro-aimant passe sous la plaque MM, traverse le trou Q garni d'un anneau isolant, et vient, par son prolongement/*, se fixer à la pièce F et établir la communication du bouton C avec la navette nn' par rintermédiaire des bobines de lelectro-aimant. Enfin, de la pièce p part un fil / qui se bifurque : une branche va se fixer à la pièce P ; l'autre passe par le trou Q, chemine sous la plaque MM, et par le fil /' va se fixer au ressort X.

A Tétat de repos, le commutateur U appuie contre le ressort Y, et met la ligne L en communication avec la sonnerie par le bouton S.

Dans deux postes correspondants, les communications étant réglées comme nous venons de l'indiquer, les deux piles doivent être disposées en tension Tune par rapport

à Tâutre. A cet eflet, dans Tun des postes, C communique avec le pôle positif, Z avec le pôle négatif; dans Tautre poste, C communique avec le pôle négatif, et Z avec le pôle positif de la pile.

Les commutateurs U des deux postes correspondants étant dans la position de repos, c'est-à-dire en communication avec les sonneries par les ressorts Y, remployé du poste de départ de la dépêche presse le bouton W. Le ressort g (fig. 51) est éloigné de la tige G et repoussé contre le ressort g' placé au-dessous. Dès lors le pôle C de la pile de ce poste communique avec la ligne par le fil A, les ressorts ^, g', et le bouton L. Le courant traverse le fil de la ligne, arrive au bouton L du poste correspondant, se rend à son commutateur U à travers le ressort g et la tige G, au ressort Y, et met enjeu la sonnerie. Alors Temployédu poste averti répond, par un mouvement semblable, qu'il a reçu le signal et qu'il est prêt à recevoir. Les deux employés poussent, chacun de leur côté, le commutateur U du ressort Y sur le ressort X; d'ailleurs le ressort g estrdevé par son élasticité et appuie contre la tigeG. Dès lors le circuit des deux piles est fermé, le courant part de C par le fil /"', traverse les bobines de l'électroairaant, arrive par le fil /"à la pièce F et à la navette, passe par la vis V et la pièce P, gagne, par le fil //', le ressort X, le commutateur U, la tige G, le ressort ^, le bouton L, parcourt la ligne, se rend au poste correspondant, traverse les diverses pièces de son transmetteur, sa pile, et se perd dans la terre. Il est évident que les pièces des transmetteurs des deux postes correspondants sont traversées en sens inverses par le courant fourni par les

deux piles disposées en tension, et dont le circuit commun est fermé par les deux commutateurs appuyés Tun et Tautre contre le ressort X.

Mais, du moment que le courant passe dans chaque poste, Tarmature AA est attirée par les surfaces polaires E, E', et le levier NN' suit son mouvement ; la pièce d heurte contre le rebord j?', détache la navette de la vis V, et l'applique contre Textrémité isolante de la vis V ; le circuit est interrompu. Dès lors Tarmature A A cède à la traction du ressort R, et entraîne le le- Fig. si.

vierNN' ; la pièce rf pousse

de nouveau le rebord x^ et ramène la navette contre la pointe de la vis V ; le circuit est de nouveau fermé et le courant rétabli. La navette joue donc le rôle d'un véritable interrupteur. — Du moment que le circuit commun des deux piles est fermé, la ligne est donc traversée paf une série de courants interrompus ; et comme les appareils des deux postes sont soumis aux mômes influences, dans chacun d'eux le levier NN' exécute des oscillations parfaitement concordantes, tant que les commutateurs U res tent appuyés contre les ressorts X. Mais puisque, dans les deux postes, le levier NN' exécute des oscillations, nous savons que, dans chacun des appareils en communication, la roue 0, Taiguille inférieure D et l'aiguille indicatrice du cadran tournent d'une manière continue autour de leur axe commun. Tous ces mouvements sont solidaires, et si

les appareils sont bien régies, les aiguilles indicatrices des deux postes passent en même temps sur les mêmes signes des deux cadrans.

Cadran indicateur. — Cette rotation des aiguilles indicatrices continue indéfiniment ; pour qu'il y ait correspondance, il s'agit d'arrêter à la fois les deux aiguilles sur la lettre ou le signe que Ton veut expédier d'un poste à l'autre ; cette fonction est confiée aux touches du cadran indicateur (fig. 52). Ce cadran est placé au-dessus de l'appareil transmetteur et maintenu par les colonnes mé-

Fig. 58.

talliques I, I, I (fig. 50). L'axe i de l'aiguille indicatrice est le même que celui de l'aiguille inférieure D et de la roue 0, Sur les touches elles-mêmes disposées circulairement sont gravés les lettres et les signes. Chaque touche

porte à sa face inférieure une cheville métallique ; les points d'attache de ces chevilles dessinent une circonférence concentrique au cadran et sont indiqués en lignes ponctuées en y, y^ y. A Tétat de repos, les touches sont relevées par un ressort, et les chevilles laissent Taiguille inférieure D libre de tourner avec la roue 0. Mais, quand le doigt abaisse une touche, la cheville correspondante suit le mouvement, fait saillie au-dessous du cadran, et constitue un obstacle contre lequel vient butter Taiguille inférieure D. La position de cette aiguille est d'ailleurs calculée de manière qu'elle vient heurter une cheville abaissée un peu avant le moment où la navette, ramenée par la pièce d du levier NN', touche la pointe delà vis V, et, par suite, quand le circuit des piles est encore ouvert. 11 en résulte nécessairement que, quand l'aiguille inférieure D heurte la cheville abaissée, la roue s'arrête dans les deu3^ appareils, et les aiguilles indicatrices des deux cadrans restent fixes Ga face de la lettre correspondante à la touche abaissée. Quand la pression cesse, la touche se relève d'ellemême, l'aiguille inférieure D est dégagée, le mouvement oscillatoire du levier NN' recommence dans les deux appareils, et les aiguilles indicatrices des cadrans continuent à tourner jusqu'à ce qu'on les arrête de nouveau sur une lettre déterminée, en abaissant la touche correspondante. Quand la transmission de la dépêche est achevée, l'employé du poste qui expédie ramène les aiguilles indicatrices sur la croix en abaissant la touche correspondante; puis le commutateur U est remis, de part et d'autre, en communication avec le ressort Y. Le circuit des piles est ainsi rompu dans les deux postes, et quand la touche de

la croix abandonnée à elle-même se relève, tout reste à rétat de repos, et les aiguilles indicatrices conservent leur position en face de la croix.

Ressort de sûreté, — Pour que cet appareil marche régulièrement, il faut qu'à chaque demi-oscillation du levier NN' le crochet de la tige c (fig. Zi9) aille se mettre en prise avec une nouvelle dent de la roue 0. Le frottement exercé par le crochet contre la tranche de la roue produit une résistance qui -s'opposerait au mouvement du levier NN', si Faction attractive des surfaces polaires E, E' sur Tarmature AA n'était pas renforcée. A cet effet, l'extrémité N du levier NN' porte un petit ressort r qui appuie contre une goupille implantée sur la face supérieure du levier. Quand l'armature est attirée, avant que la pièce d vienne heurter le rebord x' et entraîner la navette, le ressort r touche la pointe de la vis v. Mais cette vis V communique elle-même avec la pièce P et la vis V par la branche supérieure du fil /, et le ressort r luimême communique avec la terre par la plaque MM. Il en résulte qu'au moment où, dans chacun des appareils, le ressort r touche la vis r, chacune des deux piles a son circuit fermé dans son propre poste. En raison de la résistance négligeable de chacun de ces nouveaux circuits, le courant cesse de traverser la ligne, et chacune des piles fournit exclusivement aux bobines de son électro -aimant. L'attraction des surfaces polaires est augmentée, le mouvement du levier NN' est assuré malgré le frottement de la tige c contre la tranche de la roue 0, et la marche de l'appareil est régularisée. Du reste, au moment où la pièce d du levier sépare la navette de la vis V,

TÉLÉGRAPËE DE M. WHEATSTONB. 161

le nouveau circuit des piles est rompu, Tarmature AA est ramenée par le ressort antagoniste R, et les oscillations du levier NN' s'exécutent comme nous l'avons indiqué.

Le bouton H placé sur le côté du transmetteur (fig. ^9) permet de manœuvrer à la main Tarmature AA et le levier NN'; on peut donc, sans recourir au courant électrique, r^ler la position des vis V, V, de manière que le jeu de la tige à crochet c par rapport à la roue soit parfaitement régulier.

Le télégraphe de H. Siemens a, sur tous les autres appareils à cadran, l'avantage de fonctionner sans le secours d'aucun mouvement d'horlogerie. Mais, pour que la correspondance soit possible, les aiguilles indicatrices des cadrans des deux postes correspondants doivent passer en même temps sur une même lettre; ce synchronisme est très difficile à maintenir, et surtout à retrouver quand il a été perdu.

Télégraphe magnéto-électriqae de M. ^heatttone.

Établi par M. Wheatstone à Saint-Germain, pour entretenir la correspondance avec Paris, c-e télégraphe a longtemps suffi à tous les besoins du service sur cette ligne de peu d'étendue. La description de cet appareil nous fournira l'occasion de montrer comment les courants d'induction peuvent être utilisés dans la télégraphie électrique.

Le manipulateur (fig. 53) est, à proprement parler, un appareil de Clarck. — A est un fort aimant en fer à cheval, fixé horizontalement sur un socle de bois. E, E', sont deux bobines enroulées autour de deux forts barreaux

de fer doux dont les extrémités supérieures sont réunies par une pièce épaisse de fer doux. L'ensemble desl)obines et des deux barreaux peut tourner autour d'un axe vertical en face des pôles de Taimant A. Pendant cette rotation, les barreaux de fer doux éprouvent des variations

Fig. K5.

et des alternatives d'aimantation qui, par induction, développent des courants dans le iil des bobines. Nous avons expliqué ailleurs (1) les lois de ces courants d'induction. En partant de la position représentée dans la figure 53 et en faisant tourner les bobines, on sait que, pendant la durée de chaque révolution complète, le courant induit change de sens au moment du passage d'une demi-révolution à l'autre, et conservé le même sens pendant chacune des

(i) Traité d'électricité, I. H, p. 282.

TÉLÉGRAPHE DE H. WHEaTSTONE. 165

demi-révolutions. Il suffit donc de recueillir ces courants d'induction pour pouvoir envoyer sur la ligne télégraphique une série de courants de sens alternativement contraires.

L'axe de rotation des bobines porte un pignon P qui est engrené par une roue dentée horizontale R mobile autour d'un axe vertical. A Textrémité supérieure de Taxe est fixée une seconde roue horizontale V divisée en vingt* sis. secteurs égaux, sur lesquels sont gravées les vingt-cinq lettres de l'alphabet dans leur ordre naturel, et la croix ou signe conventionnel. En face de chaque lettre, la roue est armée sur sa tranche d'une manette qui sert à mettre l'appareil en mouvement. Une pointe métallique I sert de repère^ et indique la position à laquelle une lettre quelconque doit être ramenée quand on veut la transmettre sur la ligne.^ — A l'état de repos, la croix du cadran de la roue supérieure V est en fac^ de la pointe I, et les bobines sont directement au-dessus des pôles de l'aimant A, comme l'indique la figure 53. Les dents de la roue R et du pignon P sont dans un rapport tel que les bobines exécutent treize révolutions complètes, ou vingt-six demirévolutions, pendant que la roue V exécute une révolution. Il en résulte que, pendant le passage d'une lettre à la lettre suivante, les bobines exécutent une demi-révolution, et que, par conséquent, à deux signaux successifs passant devant la pointe I, correspondent deux courants induits de sens inverses développés dans le fil des bobirtes.

La figure 5U représente l'appareil des bobines vu par sa face inférieure. En E, E', sont les deux bobines ; F, F'

16^ APPAHEILS TÉLÉGRAPHIQUES.

sont les deux noyaux de fer doux. A est la coupe de Taxe de rotation. Dans sa partie inférieure comprise entre les brandies de Taimant fixe, cet axe est entouré d'une forte virole d'ébène H qui fait office de commutateur et sert à recueillir les courants. — Sur la face inférieure de cette virole H sont incrustés quatre arcs métalliques représentant chacun un quart de circonférence. Les arcs extérieurs 0, 0, sont en communication avec les extrémités du fil des bobines et isolés Tun de l'autre; les arcs intérieurs c,c, sont

isolés du reste de l'appareil et communiquent entre eux.

— Deux ressorts métalliques bifurques r, r', fixés sur le socle de bois, appuient par

Fig. 54.

leurs extrémités libres contre le commutateur H. Les branches externes des ressorts r,r'^ correspondent aux arcs extérieurs o, o, les branches internes aux arcs intérieurs c, c II est facile de voir que, pendant la rotation des bobines, les ressorts r, r', appuient alternativement sur le système des arcs extérieurs et sur le système des arcs intérieurs, mais jamais sur les deux systèmes d'arcs à la fois.

Le ressort r (fig. 53) communique avec le bouton B qui donne attache au fil de la ligne ; le ressort r' communique avec le bouton B' qui donne attache au fil de terre. — Chaque poste est muni d'un commutateur placé sur le fil de ligne. Au moyen de ce commutateur, le fil de ligne

TÉLÉGRAPHE D£ M. WH£ATSTOMS. 465

communique avec la sonnerie dans la position d'attente, avec le récepteur dans la position de réception, avec le bouton B du manipulateur dans la position d'émission.

Dans les positions d'attente et de réception, les bobines sont placées, ainsi que l'indique la figure 53, directement au-dessus des pôles de Taimant A. — I-es ressorts r, r' ne touchent pas les arcs extérieurs Oy o (fig. 56), et appuient par leurs branches internes sur les arcs intérieurs e, c; par conséquent, le bouton B communique avec le bouton B' par l'intermédiaire des deux ressorts /', r' et des deux arcs intérieurs e, c. Le courant transmis sur la ligne par le correspondant n'arrive pas au manipulateur; il est dirigé, par le commutateur du poste d'arrivée, soit vers la sonnerie, soit vers le récepteur, et se perd dans le sol.

Pour expédier une dépêche, on commence par faire communiquer le bouton B avec le iil de ligne à l'aide du commutateur. 11 suffit alors de mettre le système des Iwbines en mouvement au moyen de la roue V, en ayant soin d'arrêter en face de la pointe repère I chacune des lettres qu'on veut transmettre. En effet, la croix étant en face de la pointe I (fig. 53) et les ressorts r, r* appuyant sur lesarcs intérieurs c, eifig. 54), amenons la lettre Aen face de la pointe I. Nous savons que les bobines décrivent une demi-révolution, et que, pendant cette demi-révolution, le courant développé par induction dans le fil des bobines conserve le mémo sens. Mais, au moment où la rotation commence, les ressorts r, r' quittent les arcs intérieurs c, c pour passer sur les arcs extérieurs o, o, qui eux- mêmes communiquent avec les extrémités du fil des bobines. Par

166 APPAHEILS TÉLÉGRAPHIQUES.

conséquent Télectromoteur représenté par les bobines communique avec la ligne par le bouton B, et avec la terre par le bouton B'; un courantest donc émis sur la ligne. Mais les ressorts r, r' ne conservent leur contact avec les arcs extérieurs©, o que ^nàdiïiWQ premier quart de révolution ; pendant le second quai t, ils appuient sur les arcs intérieurs Cy c, qui n'ont aucune communication avec le fil des bobines. Ainsi, pendant la demi-révolution des bobines qu'exige le remplacement de la croix par la lettre A en face de la pointe I, il y a une émission et une interruption de courant sur la ligne. ^-Amenons maintenant la lettre B devant la pointe I ; les bobines exécutent une nouvelle demi-révolution. Pendant le premier quart de révolution, les ressorts r, r' appuient sur les arcs extérieurs 0, o', et, pendant le second quarts sur les arcs intérieurs Cy c. Ainsi, pendant la demi-révolution des bobines qu'exige le remplacement de la lettre A par la lettre B eîi face de la pointe I, il y a aussi une émission et une interruption de courant sur la ligne ; mais le sens du courant émis pendant le passage de la lettre A à la lettre B est inverse de celui du courant émis pendant le passage de la croix à la lettre A.

En résumé, pendant que la roue Vet les bobines exécutant leur mouvement de rotation, les divers signes gravés sur la roue V passent en face de la pointe repère I ; à chaque signe nouveau amené en face de I correspondent une émission et une interruption de courant sur la ligne ; enfin les courants correspondants à deux signes successifs quelconques sont de sens inverses. Tout se passe donc avec ce manipulateur magnéto-électrique commeavecrappareil

[télégraphb db m. whbatstonb. 167

à renversement des courants, que nous avons précédemment décrit page 135.

Le récepteur de ce télégraphe est un appareil à cadran avec mouvement d'horlogerie, dans lequel la marche de l'échappement est réglée par le jeu de la palette d'un électro aimant. Mais nous avons vu que l'indication de chaque signe sur le manipulateur est accompagnée d'une émission et d'une interruption de courant sur la ligna Nous avons vu, en outre, que les courants successivement émis sur la ligne sont alternativement de sens contraires. 11 en résulte que, pour que l'aiguille du cadran du récepteur marche d'accord avec le manipulateur et reproduise exactement les signes qu'on veut transmettre, il faut que la palette de Télectro-aimant du récepteur reste insensible aux interruptions du courant et n'obéisse qu'aux changements de sens du courant émis sur la ligne. Le récepteur de l'appareil à renversement (fig* 62, page 139) satisfait complètement à ces conditions, et marcherait très régulièrement sous l'influence du manipulateur magnéto-électrique de M. Wheatstone.

Avec cet appareil, pour que la correspondance soit bien assurée, le passage d'une lettre à l'autre doit être effectué par un mouvement brusque et très rapide. Sans cela, l'action inductrice exercée sur les bobines E, E' serait trop faible, et le courant développé n'aurait pas l'intensité suffisante pour surmonter la résistance de la ligne et faire marcher l'aiguille du cadran du récepteur.

APPAREILS TELEGMAPUIQUES.

Appareil à signaux de M. Brégaet.-

Quand elle se décida à employer Télectricité comme moyen de transmission des dépêches à grande distance, l'administration française voulut que les signaux de la télégraphie électrique fussent conformes à ceux de la télégraphie aérienne, ou du moins s'en rapprochassent

Fig. Îi5.

autant que possible. M. Bréguet fournit une solution complète et très élégante de ce difficile problème. Bien qu'il soit aujourd'hui tout à fait abandonné, et qu'on l'ait remplacé partout par le télégraphe Morse, l'appareil à signaux, qui a rendu de si grands services à l'administration, est d'une construction trop simple et trop ingé-

APPAREIL A SItNAUX DE M. BRÉGUET. 169

nieuse pour que nous ne consacrions pas quelques pages à sa description.

iHaiiipniateiir. — La figure 55 réprésente le noanipulateur de l'appareil à signaux. La colonne métallique C est portée sur un socle métallique quadrangulaire. A la partie supérieure de la colonne se trouve un disque fixe ou diviseur A, dont le pourtour est creusé de huit crans également espacés; deux de ces crans sont aux extrémités du diamètre horizontal et deux aux extrémités du dia* mètre vertical, les quatre autres sont aux extrémités des deux diamètres inchnés à 65 degrés sur Thorizon. Le centre de ce disque livre passage à Taxe de la roue B creusée elle-même, sur sa face antérieure, d'une gorge quadrangulaire à angles arrondis. — La manivelle M qui sert à mettre la roue B en mouvement est munie, à sa face postérieure, d'une dent qui peut entrer dans les crans du diviseur; elle peut se mouvoir d'un petit mouvement autour de l'extrémité de l'axe, de manière à permettre de faire sortir la dent du cran dans lequel elle est engagée ; un ressort la pousse continuellement du côté du diviseur, afin qu'elle ne puisse changer de position qu'à la volonté de l'employé. La manivelle peut donc occuper successivement huit positions difierentes séparées par un angle de k^ degrés.

Au-dessous du diviseur A, la colonne C est traversée par un cylindre horizontal servant d'axe de mouvement à deux leviers E,D. — Le levier postérieur E porte à son extrémité supérieure un galet qui entre dans la gorge de la roue B. — Le levier antérieur D porte à son extrémité inférieure une lame métallique élastique qui oscille entre

170 âppâheils télégraphiques.

les extrémités des petites vis v, «' implantées dans les pièces métalliques P, R.

Le socle métallique de la colonne porte latéralement une vis de pression L qui sert à fixer le fil de la ligne, et en avant deux- pièces métalliques P, R, isolées du socle par deux plaques divoire. — La pile communique avec la terre par son pôle négatif; son pôle positif est en communication avec la pièce P, et par conséquent avec la vis v; le récepteur est en communication avec la pièce R, et par conséquent avec la vis v',

La figure 55 représente le manipulateur dans la position de réception. Le courant transmis sur la ligne arrive en L, passe dans la colonne C, dans le levier D, dans lavis w', dans la pièce R, et de là se rend au récepteur du poste.

Pour expédier, il suffit de faire tourner la manivelle ; le mouvement commence toujours par la demi-circonférence inférieure. La roue B, entraînée, communique au levier E des oscillations qui sont transmises au levier an* teneur D dont Textrémité inférieure butte alternativement contre la vis v et contre la vis v\ 11 est facile de voir que, quand la manivelle est en face de Fun quelconque des quatre crans placés aux extrémités des diamètres inclinés à 45 degrés sur Thorizon, le levier D appuie contre la vis V ; alors le courant de la pile passe, par la pièce P et la vis v, dans le levier D, dans la colonne C, gagne la vis de pression L, et s'élance sur le fil de la ligne. Au contraire, quand la manivelle correspond à Tun quelconque des quatre crans placés aux extrémités du diamètre vertical ou du diamètre horizontal, le levier D appuie contre la vis t/, et la pile du poste n'est plus en communication

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