APPAREIL A SIGNAUX DB M. BRÈGUBT
Nous avons vu que, dans les circonstances ordinaires, l'appareil à signaux, comme d'ailleurs le télégraphe anglais à deux aiguilles, emploie deux fils pour la transmission des dépêches. Il ne faudrait pas croire cependant que, pour le télégraphe français, l'existence de deux fils ' sur la ligne fût une condition de nécessité absolue. On peut très bien entretenir la correspondance avec un seul manipulateur et un seul fil de ligne. Dans ce cas, les signaux sont reproduits par une seule aiguille du récepteur et la transmission est forcément ralentie ; mais elle est cependant encore très rapide et peut facilement fournir jusqu'à quatre-vingt-dix lettres par minute.
L'appareil à signaux est abandonné aujourd'hui ; il n'y a donc pas utilité à reproduire ici son alphabet spécial. A mesure que la télégraphie électrique a pris plus d'extension et d'importance, on a senti qu'il y avait nécessité à soumettre la correspondance à un contrôle efficace : telle est la véritable raison pour laquelle on a renoncé, sur les grandes lignes, à l'emploi de l'appareil à signaux et à tous les appareils qui ne conservent aucune trace des dépêches, pour leur substituer le télégraphe Morse.
Il est maintenant facile de comprendre combien sont injustes et peu fondées les nombreuses attaques auxquelles le télégraphe français à signaux a été en butte. En raison du petit nombre d'émissions de courant nécessaires pour passer d'un signal à l'autre, cet appareil est évidemment supérieur à tous les télégraphes à cadran ; sous le rapport de la rapidité de la correspondance, l'appareil anglais à aiguilles peut seul lui être comparé.