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ARTICLE III

TÉLÉGRAPHES ÉCRIVANTS.

Les appareils télégraphiques écrivants ont, sur tous les autres, Timmense avantage d'imprimer la dépêche expédiée sur des bandes de papier découpées exprès, soit en caractères conventionnels, soit en caractères ordinaires. De cette manière on se met à l'abri de beaucoup d'erreurs, et la dépêche peut toujours être contrôlée.

Appareil Morse.

Inventé en Amérique, l'appareil télégraphique de M. Morse s'est rapidement répandu en Europe. Après avoir reçu plusieurs perfectionnements importants, il est aujourd'hui presque exclusivement employé sur les

Fig. 58.

grandes lignes. ~ Le manipulateur est un simple interrupteur au moyen duquel l'employé du poste de départ laisse passer sur la ligne une série de courants disconli-

APPABKIL MORSE. 177

nus d'inégale durée, dont le nombre et Tordre de succession varient avec la lettre de l'alphabet ou le chiffre qu'il veut transmettre. — Le récepteur, mis en action par ces courants au poste d'arrivée, a une marche concordante avec celle du manipulateur du poste de départ, et imprime sur une bande de papier mobile des traces de longueur variable qui reproduisent exactement les signaux expédiés. — Dans ce système, la correspondance exige l'emploi de deux piles : la première fournit le courant que le manipulateur envoie d'une poste à l'autre, et prend le nom de pile de ligne; la seconde, ou pile locale , ne fournît rien à la ligne, et sert uniquement à faire marcher l'appareil à signaux du récepteur.

Manipoiatenr. — Le manipulateur (fig. 5H) est très simple. Sur un socle de bois épais et solide est fixée une pièce de cuivre S en forme de fourchette, qui sert de support à un levier métallique K mobile autour d'un axe horizontal. Une des extrémités du levier est munie d'une poignée de bois P, l'autre est traversée par une vis V. Sur le socle de bois et au-dessous du levier sont fixés un petit ressort r, et deux contacts métalliques a, b qui sont alternativement en communication avec le levier K. — A l'état de repos, le ressort r soulève le levier, l'éloigné du contact b, et maintient l'extrémité de la vis V appuyée sur le contact a, — Quand on presse sur la poignée P, la vis V quitte le contact a, et le levier vient butter, par la pointe métallique t, contre le contact 6. — Le ressort r ramène le levier à la position de repos, quand la pression cesse.

Le socle de bois porte en outre trois bornes métalliques. — ^ B communique avec le contact 6, et donne attache à

178 appàrbils télégraphiques.

un fil métallique qui aboutit au pôle positif de la pile de ligne. — C communique avec le support de cuivre S, et, par son intermédiaire, avec le levier K ; cette borne donne attache au fil de ligne. — A communique avec le contact a, et donne attache à un fil métallique qui se rend au récepteur. — Le levier K est ainsi en communication permanente avec le fil de la ligne par son support métallique S et la borne C. Par Tintermédiaire de ce levier, on peut à volonté faire communiquer le fil de la ligqe avec le récepteur ou avec le pôle positif de la pile de ligne, suivant qu'on laisse la vis V reposer sur le contact a, ou qu'on maintient la pointe t appuyée sur le contact à.

Quand le levier K est abandonné à lui-même, le ressort r pousse la pointe de la vis V contre le contact a; le manipulateur est dans la position de réception. En effet, la communication du levier K et de la pile de ligne est interrompue en t ; mais le courant envoyé sur la ligne par le poste correspondant arrive à la borne C, gagne le levier K par le support S, traverse la vis V, le contact «, se rend à la borne A, et de là au récepteur du poste qu'il met en mouvement.

Quand le levier est abaissé par la pression excercée sur la poignée P, la pointe t touche le contact 6, et le manipulateur est dans la position d'émission. En effet, la communication de la ligne avec le récepteur de poste est interrompue avec a ; mais le fil de la ligne fixé à la borne C communique avec le pôle positif de la pile de ligne par le support métallique S, le levier K, le contact b et la borne B. Le courant de la pile passe dans le fil de la ligne, et dure aussi longtemps que le contact de la pièce b avec la

pointe t du levier K. L'employé du poste peut ainsi envoyer sur la ligne une série de courants discontinus dont il règle à volonté le rhythme et la durée.

Béceptenr . — Daus le Système Morse, le courant transmis par la ligne n'a pas, en général, assez de force pour faire marcher convenablement Y appareil à signaux. — Le récepteur contient un appareil spécial appelé relais, qui reçoit le courant de la ligne, et, sous son influence, ferme le circuit d'une pile locale dont l'action est tout entière employée à mettre l'appareil à signaux en mouvement. — Dans le modèle représenté (fig. .59), Y appareil à signaux est constitué par les pièces groupées autour de l'électroaimant E ; le système de l'électro-aimant E' représente le relais. Un même socle de bois sert à fixer le relais, l'appareil à signaux, les bornes et toutes les pièces de communication.

Le relais se compose d*un électro-aimant vertical en fer à cheval E', et d'un levier métallique oscillant D', porté sur la colonne métallique H. — Les extrémités du fil des bobines de rélectro-aimant E' viennent se fixer aux bornes ^, d' ; la borne e' est en communication avec la borne extérieure L, qui elle-même est reliée par un fil métallique à la borne A du manipulateur (fig. 58); la borne d' communique avec la borne extérieure T, à laquelle vint s'attacher le fil de terre. -^ L'extrémité droite du levier D' porte un cylindre creiix horizontal de fer doux A^ qui sert d'armature, et se trouve placé au-dessus des surfaces polaires de l'électro-aimant E'. L'autre extrémité du levier D' est comprise entre deux vis métalliques /*', cf. La vis g' passe dans une pièce de cuivre fixée à une co-^

APPÂRKIL MORSE. 181

lonne métallique creuse G'; la vis f passe dans une pièce de cuivre fixée à rexfrémité delà colonne métallique F' logée dans la colonne G', et isolée de cette dernière par une rondelle d'ivoire. Ces deux vis f\ g\ électriquement isolées Tune de l'autre, servent à limiter l'amplitude des oscillations du levier D'. D'ailleurs, la vis f est réglée de manière que l'armature Â' puisse s'approcher très près des surfaces polaires de l 'électro-aimant E', san» jamais les toucher. — A l'état de repos , un ressort à boudin r' maintient l'extrémité du levier IV appuyée contre la vis inférieure g\ et l'armature A' à une certaine distance des surfaces polaires de l'électro-aimant E'.

Les deux bornes G, Z, donnent attache à deux fils métalliques dont le premier se rend au pôle cuivre ou positif, et le second au pôle zinc ou négatif de la pile locale. En outre, la borne Z communique avec la colonne métallique H, et par son intermédiaire, avec le levier D' du relais. De son côté, la borne G communique avec la borne rf qui donne attache à l'une des extrémités du fil des bobines de l'électro-aimant E de l'appareil à signaux. Enfin, la borne e, qui donne attache à l'autre extrémité du fil des bobines de l'électro-aimant E, communique avec la colonne F' du relais (voy. la figure 73, qui représente deuï appareils Morse en plan), et par son intermédiaire, avec la vis f, — Le circuit de la/>î7ô locale est donc ouvert toutes les fois que rextrémité du levier D' appuie sur la vis ^. 11 est fermé quand l'extrémité de ce levier touche la vis f.

Cela posé, la fonction du relais est facile à compren-^

di

dre. — Lorsque le courant de la ligne arrive par la borne L, Télectricité traverse les bobines de Télectroaimant E', et se perd dans le sol par la borne T. L'électro-aimant E' entre en action, Tarmature A' est attirée, l'autre extrémité du levier D' se relève, butte coritre la vis supérieure /', et ferme le circuit de la pile locale dont le courant traverse le fil des bobines de Télectro-aimant E de Tappareil à signaux. — Lorsque le courant de la ligne est interrompu, l'armature A' est relevée par le ressort antagoniste r' ; l'autre extrémité du levier D' s'abaisse, butte contre la vis inférieure g\ et rompt le circuit de la pile locale; l'élcctro-aimant E de l'appareil à signaux perd son magnétisme. — Bien que cet électro-aimant E de l'appareil à signaux soit exclusivement soumis à l'action du courant de Isipile locale, il est facile de voir qu'il subit des alternatives d'aimantation et de désaimantation qui concordent exactement avec le passage et l'interruption du courant de la ligne.

Dans l'appareil à signaux, la boite B contient un mouvement d'horlogerie compris entre deux larges plaques métalliques, verticales et parallèles ; la plaque métallique antérieure X sert à fixer plusieurs pièces métalliques de l'appareil. K est un levier qui, suivant qu'il est poussé à droite ou à gauche, arrête ou laisse marcher le mouvement d'horlogerie.— Une large bande de papier YY, enroulée sur une roue R très mobile et très légère, est engagée dans une fourchette métallique et guidée par un galet c ; cette bande de papier passe à frottement entre deux cylindres horizontaux 6, a, mobiles autour de leurs axes. Le cyUndre inférieur a tourne sous l'influence du

âppàrbil morse. 183

mouvement d'horlogerie, et entraîne le papier avec une vitesse uniforme. Sur le cylindre supérieur b est tracée une rainure circulaire qui correspond au milieu de la bande de papier YY et à la pointe de la vis V implantée obliquement dans l'extrémité du levier métallique D.

Nous avons déjà dit que les extrémités du fil des bobines de rélectro-aimant E de l'appareil à signaux sont fixées aux bornes d eXe\ ce fil communique, d'une part avec la colonne F' et la vis f du relais, d'autre part avec la borne C et le pôle positif de la pile locale, — Le levier métallique D de l'appareil à signaux est mobile autour d'un axe horizontal passant par les extrémités d'un système de deux vis engagées dans une pièce métallique à fourchette fixée à la plaque métallique X de la boite B. Une des extrémités de ce levier porte la vis métallique Y, dont la pointe correspond à la rainure circulaire du cylindre b\ l'autre extrémité est munie d'un cylindre creux de fer doux A, faisant fonction d'armature, et placé au-dessus des surfaces polaires de l'électro-aimant vertical E. Cette dernière extrémité, par un prolongement métallique, s'engage entre les pointes des deux vis g^ f, La vis inférieure g est engagée dans une pièce de cuivre fixée à la colonne métallique creuse G ; la vis supérieure f passe dans une pièce de cuivre fixée à l'extrémité de la colonne métallique F logée dans la colonne G, et isolée de cette dernière par une plaque d'ivoire. Les deux vis /*,flr, électriquement isolées l'une de l'autre, servent à Umiter l'amplitude des oscillations du levier D ; d'ailleurs, la vis g est réglée de manière que l'armature A puisse s'appro**

18b AP^ARBILS TÀLÉGnAPBlQUBS.

cher très près des surfaces polaires de rélectro-aîmant E, sans jamais les toucher.

A rétat de repos, un ressort à boudin r maintient l'extrémité du levier D appliquée contre la vis supérieure f, et Tarmature à une certaine distance des surfaces polaires de Télectro-aimantE; la pointe de la vis Y est éloignée du cylindre &, et la bande de papier YY passe librement entre ce cylindre et cette pointe. Mais, quand le courant de la ligne traverse le relais et ferme le circuit de Isipile /ocafe, l'armature A est attirée et le levier butte contre la vis inférieure g* La pointe de la vis Y s'engage alors dans la rainure circulaire du cylindre 6, refoulant devant elle la bande de papier sur laquelle elle imprime, par gaufrage, une trace visible dont la longueur dépend du temps pendant lequel l'armature A du levier D est attirée, ou de la durée du courant lancé sur la ligne.— Quand ce courant est instantané, le ressort antagoniste r ramène très vite le levier D à sa position de repos, TosciUation complète de ce levier D est très rapide, et là pointe de la vis Y ne trace qu'un point sur la bande de papier ; mais si le courant dure un certain temps, la pointe de la vis Y imprime un trait, — L'espace, qui sépare deux signaux consécutifs dépend de la durée de l'interruption du courant de la ligne.

Le socle de bois de l'appareil porte, en outre, trois grosses bornes P, I, M, placées derrière la boîte B, auxquelles aboutissent les fils P, I, M ; la position de ces trois bornes est indiquée dans la figure 73. La borne M com^ munique^avec la inasse métallique du ressort d'horlogerie B^ et par son intermédiaire^ avec le levier D de

l'appareil à signaux. La borne I communique avec la colonne intérieure F et avec la vis supérieure/; la borne P avec la colonne extérieure G et aveéla *vis' inférieure g. Ce dernier système de coramunicàtiohs,' qui «st bien visible dans la figure 73, ne sert pas dans la correspondance habituelle ; il est exclusivement âestiné à la transmission des dépêches en translation.

Chaque poste intermédiaire de la ligne doit avoir deux appareils complets , l'un qui communique avec le fil de ligne qui vient de gauche, et Tautre avec le fil de ligue qui vient de droite. Les postes extrêmes n'ont naturellement qu'un appareil, qui sert à recevoir et à transmettre les dépêches.

Alphabet. — L'employé du poste qui expédie peut faire varier à volonté la durée du courant émis sur la ligne, et, par suite, régler la durée du contact de la pointe de la vis V de l'appareil à signaux avec la bande de papier YY; il reste donc toujours maître de la longueur des traces imprimées sur cette bande de papier au poste qui reçoit. On est convenu de n'employer que deux espèces de traces : le point (-), qui correspond à un courant instantané, le trait ( — ), qui a toujours la même longueur et qui correspond à un courant de durée déterminée. La combinaison de ces deux signaux suffit pour faire un alphabet complet.

Les tableaux suivants donnent le système de signaux proposé par l'association télégraphique austroallemande, et adopté depuis par toutes Jes administrations ;

APPAREILS méOBAFHlQUE, Tableau des lettres.

Les lettres sont séparées par un intervalle blanc plus grand que celui qui existe entre les divers signaux cor-

Tableau des chiffres.

respondants à une même lettre; l'espacement des mots doit être plus grand que celui des lettres. Ces précau-^ fions, quand elle? sont bien régulièrement observées, facb litent beaucoup la lecture de la dépêche.

Tableau des signes de ponctuation.

Point

Point et virgule ;

Virgule ,

Deux-points t

Point dMnterrogation... ?

Point-alinét»

Point d'exclaoïalion ... !

Trait d*union -

Apostrophe »

fiar re de di vision °/o

Tableau des signaux réglementaires.

Indicatif de la dépêche.

Réception ou Compris.

(?) ou Répétez

Correction ou Pas compris .

Final

Attente

Télégraphe

Bésiase de TapparelL — Le relais se règle sur rintensité du courant de la ligne. Pendant que le correspondant envoie une série de courants discontinus, on détermine la position des vis f, g\ et la tension du ressort antagoniste r', de manière que les oscillations du levier D' s'accomplissent facilement et régulièrement.

L'appareil à signaux se règle sans l'intervention du courant de la ligne. A cet effet, on ouvre et ferme alternativement le circuit de la pile locale en manœuvrant à la main le levier D' du relais. La position de la vis g et la longueur delà pointe libre de la vis V doivent être telles que l'armature A ne s'applique jamais sur les surfaces polaires de l'électro-aimant E, et que cependant la pointe de la vis V pénètre suffisamment dans la rainure circulaire du cylindre b pour faire une bonne empreinte sur la bande de papier YY, sans la déchirer. La vis /doit laisser assez de jeu au levier D pour que la pointe de la vis V se sépare complètement de la bande de papier quand l'armature A est relevée. La tension du ressort antagoniste r doit être réglée de manière à relever rapidement l'armature A quand le courant est interrompu, et à permettre à cette armature d'obéir facilement à l'attraction de l'électro-aimant E quand le circuit de la pile locale est fermé. Il faut enfin, au moyen du système des deux vis qui pincent le levier D et déterminent son axe d'oscillation, donner à ce levier une position telle, que la pointe libre de la vis V soit bien exactement en face de la rainure circulaire du cylindre 6. Cette dernière partie du réglage est toujours une opération délicate.

APPiRRIL DI6NRT.

Appareil l>igney.

MM. Digney frères ont fait subir au télégraphe Morse des modifications qui facilitent beaucoup la lecture des dépêches, et simplifient considérablement le mécanisme deTappareil.

La figure 60 représente l'appareil à signaux adopté par MM. Digney. Au fond, la disposition des pièces est la

même que dans le télégraphe Morse déjà décrit; seulement, au lieu d*opérer un simple gaufrage du papier toujours difficile à lire, Textréraité p du levier mobile L imprime sur la bande de papier mobile des traits à l'encre très nets et très visibles.

190 APPAREILS TÉLiGRAPfilQOES.

En t est un gros tampon cylindrique de feutre ou de drap, imbibé d'encre oléique; ce tampon, très mobile autour d'une tige horizontale 5, peut, sous Tinfluenoe du moindre frottement, tourner autour de son axe propre. La petite molette métallique n tourne autour de son'centre à mesure que la bande de papier Y Y se déroule, frotte contre le tampon /, et se charge d encre. La bande de papier YY glisse au-dessous de cette molette n sans la toucher, et appuie sur la tranche d'un petit marteau p qui termine le levier L de l'appareil à signaux.

Au moment où le courant passe, l'armature du levier L est attirée, le petit marteau p se relève, soulève la bande de papier contre la molette n qui imprime une trace très nette dont la longueur dépend, comme dans le télégraphe Morse ordinaire, de la durée du courant. — La vis o per* met de régler très facilement et très rapidement la position du marteau /?, de manière à obtenir une bonne impression des signaux télégraphiques.

Lorsque le tampon t est une fois bien imbibé d'encre, on le maintient facilement en bon état; avec un appareil constamment occupé, il suffit de déposer toutes les vingtquatre heures quelques gouttes d'encre sur le tampon avec un pinceau.

L'appareil de MM. Digney a été soumis par radmmistration française à un très long examen et à des épreuves très multipliées. L'expérience a démontré qu'il peut remplacer avec avantage le télégraphe à pointe sèche.

En raison de la force nécessaire pour produire le gaufrage de la bande de papier, l'appareil à pointe sèche ne ^ut marcher régulièrement que sous l'influence d'un

TÉLÉGRAPHE ÉLECTRO-CHIMIQDE. 191

courant de très grande intensité ; cette circonstance fait qu'à côté de Tappareil à signaux, on est obligé déplacer un organe spécial, le relais, uniquement destiné à mettre le levier en mouvement au moyen du courant d'une pile locale. Il n'en est pas de même dans le système de HH. Digney. Pour que la molette n imprime un trait, il n'est pas nécessaire que le marteau p presse sur elle, il suffit que la bande de papier atteigne la couche d'encre; le levier L, n'ayant pas d'effort mécanique à exercer, peut être allégé sans inconvénient. Il en résulte que ce nouveau système d'impression tél^raphique permet de supprimer le relais et la pile locale, et de faire marcher directement l'appareil à signaux avec le courant de la ligne.

En résumé, avec le système de MM. Digney, la lecture de la dépêche est plus facile, le réglage de l'appareil à signaux plus simple, et les chances de dérangements sont diminuées par le fait de la suppression du relais. Ajoutons, enfin, que la pile locale étant supprimée, la dépense est moindre. Ces avantages , démontrés par une expérience de plus de deux années, ont décidé l'administration 2^ remplacer partout les télégraphes Morse à pointe sèche par les appareils de MM. Digney.

Télégraphe électro-ohimiqae.

Après avoir trempé une bande de papier dans une dissolution aqueuse de cyanure jaune de potassium et de fer, mettons-la en communication avec le pôle négatif d'une pUe, et touchons la face opposée avec un stylet de fer qui

192 appàkbils télégraphiques.

communique lui-même avec le pôle positif de la pile. Au moment où le courant passe, le sel est décomposé, le fer le substitue au potassium, il se forme un précipité de bleu de Prutse^ une tache d'un beau bleu foncé apparaît sur la partie du papier touchée par la pointe du stylet de fer. H. Bain a fondé sur oette réaction un moyen de reproduire les dépêches télégraphiques.

Pour que le papier imbibé de cyanure jaune de potassium et de fer soit assez bon conducteur, la dissolution doit être un peu acide. Nous donnons ici la préparation employée par H. Bain. --Dans une dissolution de cyanure jaune de potassium et de fer, on verse de l'acide azotique jusqu'à ce que la couleur du liquide devienne vert foncé, puis on ajoute de l'acide chlôrhydrique qui fait passer la dissolution au blana C'est dans ce liquide qu'on plonge le papier.

Ce papier doit être employé à l'état humide et très peu de temps après sa préparation. Il en résulte qu'il manque de résistance, et qu'il est impossible de le faire glisser entre deux cylindres sous forme de bande.

M. Bain étend le papier préparé sur un disque de cuivre horizontal en communication avec la terre. Une pointe de fer, engagée dans un porte-stylet métallique en com« munication avec la ligne, appuie sur le papier ; un mou* vement d'horlogerie fait tourner le disque autour d'un axe vertical passant par son centre, en môme temps la pointe de fer se déplace, d'un mouvement uniforme, du centre du disque à sa circonférence. Par ce moyen, la pointe de fer ne reste pas sur un même cercle, mais décrit une spirale à la surface du papier, pendant que le

TÉLÉGBAPBE ÉLECTRO-CHIMIQUE. 193

disque tourne. Quand le courant passe, la pointe de fer imprime sur le papier une trace bleue dont la longueur dépend de la durée du courant. L'alphabet de H. Bain est le même que celui du télégraphe Morse.

Quand on opère sur de petites distances, on peut em« ployer directement le cpurant de la ligne : la transmission se &it avec une grande rapidité et beaucoup de netteté. -^ Mais la décomposition du cyanure jaune de potassium et de fer exige un courant d'une assez grande intensité. Sur les longues lignes, il y a donc nécessité de recourir à une pile locale mise en activité par un relais semblable à celui du télégraphe Morse, et la rapidité delà transmission est diminuée. Cependant, comme il n'y a pas de levier à mettre en jeu, le télégraphe électro-chimique permet toujours de transmettre plus rapidement que l'appareil Morse. Dans le cas d'une transmission trop rapide, les traits se confondent, les séparations n'existent plus, et la dépèche devient confuse.

L'obligation où l'on se trouve de se semr du papier humide peu de temps après sa préparation est un obstacle sérieux à l'emploi du télégraphe de M. Bain. M. Pouget-Maisonneuve a proposé un mode de préparation du papier sensible qui pare, du moins en partie, à cet inconvénient. Le papier, découpé en bandes, est immergé dans la solution suivante :

Eau 100 parties.

Azotate d*ammoDiaque cristallisé 1 50 —

Cyanure jaune de potassium ei de fer. . • 5 —

Le papier ainsi préparé est suffisamment acide pour

i9ti APPAREILS TÉLÉGRAPHIQUES.

conduire le courant. — Les traces imprimées par le stylet de fer sont nettes, fortement colorées en bleu et indélébiles. — Le papier, quoique humide, est assez résistant pour se dérouler entre deux cylindres sans se rompre. — Enfin, grâce à la présence de l'azotate d'ammoniaque, le papier retient assez fortement rtiumidité pour qu'on puisse l'employer plusieurs mois après sa préparation, même en été, quand il a été conservé à l'abri du contact de Tair dans des terrines de grès.

Le télégraphe de M. Pouget n'est qu'une modification de l'appareil Morse. Le manipulateur est le ménie, le courant de la ligne agit sur uù relais qui ferme le circuit d'une pile locale dont le courant sert à l'impression de la dépêche.

La figure 61 représente les organes essentiels du récepteur. — Une tige de fer S, fixée dans un porte-stylet

Fig. 61.

métallique DE, communique, par son intermédiaire, avec le pôle positif de la pile locale du relais. Le cylindre métal-

TÉLiGBAPHJI DE M. nOMINT. 195

lique C communique avec le pôle négatif de la même pile. La bande de papier P, constamment et légèrement pressée par la tige de fer S, est entraînée par un mouvement d*horlogerie et glisse sur le cylindre G. Quand le courant passe sur la ligne, le relais ferme le circuit de la pile locale, et la tige de fer S imprime sur la bande une trace Meue dont la longueur dépend de la durée du courant.

La tige de fer S s*use assez vite, la vis V permet de la pousser et de la maintenir en contact permanent avec le papier.

La résistance du papier au passage du. courant varie avec son degré d'humidité, mais reste toujours considérable. Pour que l'appareil marche bien et que l'impression soit nette, la pile locale doit se composer d'environ 15 couples disposés en tension.

Cet appareil n'a été que très peu employé; les grandes lignes télégraphiques ne l'ont jatiais adopté.

Vélégraphe de II. IfrooMnl,

Bien qu'il n'ait pas été adopté par les grandes administrations télégraphiques, le télégraphe écrivant de H. Froment repose sur des combinaisons trop ingénieuses et trop simples pour que nous n'en donnions pas ici une description complète.

Hanifoiaiewr. — Les figures 62 et 63 représentent ce manipulateur. La première fait connaître les détails de sa face supérieure, et la seconde ceux de sa face inférieure. — Un socle de bois carré (fig. 62) supporte un disque circulaire de bois D, mobile autour de son centre de figure. La

circonférence de ce disque est armée de dix colonnettes de bois alternativement blanches et noires^ et également espacées; en face et en dedans de chaque colonnette, le disque est percé d'un trou circulaire auquel correspond un chiffre gravé sur le socle de bois; une colonnette blanche A, fixée sur le socle, correspond au zéro qui représente le nombre dix, et sert de repère à rappareil. En avant, le socle porte deux bornes métalliques P, L, dont la première communique avec le pôle positif de la pile de ligne, et la seconde donne attache au fil de ligne.

Fig. 63^.

Fig. 05.

A la face inférieure du disque de bois D est fixée une roue métallique R (fig. 63), mobile avec ce disque, dont la circonférence présente cinq cammes de même étendue et séparées par des intervalles égaux. La borne L communique d'une manière permanente avec le centre de la roue R ; la borne P communique avec un ressort horizon talrqui frotte contre les cammes pendant le mouvement de rotation de la roue, et reste isolé de cette roue quand

TBLEGUAPHB DE M. FROHBNT. 197

son extrémité correspond à Tintervalle de séparation de deux cammes. Un ressort r', fixé à la face inférieure du socle de bois, permet au disque D et à la roue R de se mouvoir dans le sens des flèches, et s'oppose à une rotation de sens contraire.

Les cinq colonnettes blanches de la face supérieure du disque D correspondent exactement au milieu des cinq cammes de la roue R; les cinq colonnettes noires correspondent au milieu des intervalles des cammes. Il est facile de voir que, quand une des cinq colonnettes blanches du disque D se trouve en face de la colonnette blanche de repère A, comme dans la figure 62, le ressort r ne touche pas la roue R ; par conséquent la borne P ne communique pas avec la borne L, le pôle positif de la pile est isolé de la ligne et le courant est interrompu. Toutes les fois, au contraire, qu'une des cinq colonnettes noires passe devant la colonnette blanche de repère A, le ressort r appuie sur une camme de la roue R, le pôle positif de la pile commu' nique avec la ligne et le circuit télégraphique est fermé. — Quand le disque D exécute une rotation entière, le courant de la ligne éprouve dix alternatives : le circuit est cinq fois fermé et cinq fois rompu. En général, quand une colonnette quelconque est ramenée par la rotation du disque D en face du repère A, le courant de la ligne éprouve autant d'alternatives qu'il y a d'unités dans le chiffre auquel cette colonnette correspondait. — Dans la position de repos, c'est nécessairement une colonnette blanche du disque, qui est en face de la colonnette blanche de repère A.

H^ceptenr. — Les figures 64 et 65 représentent )e ré-

oepteur. La figure 65 montre le récepteur en projection horizontale, et permet de suivre les communications de ses diverses pièces (1).

Ce récepteur (fig. 64 et 65) marche sous Tinfluence d'une pile locale et d'un relais K. E' est l'électro-aimant du relais; sa palette est horizontale, terminée à gauche par une lame élastique pincée par la vis d; l'extrémité libre de cette palette peut osciller entre les pointes des deux vis Vy v\ et appuie à l'état de repos contre la vis v' qui communique avec la masse métallique du relais. Quand la palette est attirée par l'électro-aimant E', son extrémité libre heurte la vis v qui est isolée de la masse du relais par une plaque d'ivoire, et qui communique, par la tige métallique /, avec le bouton e, — Les extrémités du fil de l'électro-aimant E' se fixent, l'une au bouton s' qui communique avec la borne L à laquelle aboutit le fil de ligne, et l'autre au bouton s qui communique avec la borne T à laquelle est fixé le fil de terre.

L'appareil écrivant est fixé sur le socle métallique Q. L'électro-aimant E est iMMrizontal; ses extrémités polaires passent k travers deux ouvertures circulaires pratiquées dans une jHèce de cuivre dont on règle la position au moyen de la vis H appuyée par sa pointe sur une console de cuivre X. Le fil des bobines de l'électro-aimant E se fixe par un de ses bouts au bouton f et par l'autre bout au bouton f. — L'armature de fer doux oo de Télectro-

(I) Pour biea compreadre le mécanUme de cet appareil, il est nécessaire d'ea suivre la descriptioa à la fois sur la figure 64 et sar la figure 65, daus lesquelles les mêmes organes sont indiqués par les mêmes lettres.

200 AFPARBILS TÉLÉGRAPHIQUES.

aimant est verticale et fixée à un levier de cuivre horizontal A. Ce levier est creux et très léger ; son extrémité droite est fixée à une pièce de cuivre bb mobile autour d'un axe vertical passant par les pointes de deux vis qui la maintiennent en place. Cette pièce bb est munie à droite d'une lame élastique pincée par la vis V. — A l'état de repos, l'extrémité libre du levier A, engagée dans une coulisse de cuivre, appuie contre la pointe de lavis V; quand lëlectro-aimant E attire Tarmatqre oo, le levier A se rapproche avec elle, tourne autour de Taxe bb, et vient s'ap-: pliquer dans toute sa longueur contre une règle de Lois fixée à la pièce de cuivre à travers laquelle font saillie les extrémités de l'électro-aimant. La vis V sert donc à limiter l'amplitude des oscillations que peut exécuter le levier A sous l'influence des actions alternantes de l'électro-aimant et de la lame élastique pincée par la vis V.

A l'extrémité libre du levier A est fixé au porte-crayon c, légèrement incliné de haut en bas et d'avant en arrière, fileté dans toute sa longueur, et muni à sa partie supérieure d'une roue métallique r dont la tranche est découpée en dents très fines. Un crayon ordinaire de mine de plomb, engagé dans l'extrémité inférieure du portecrayon e, appuie obliquement sur une bande de papier déposée à la surface du tambour P. A chaque mouvement de va-et-vient du levier A, le crayon trace sur le papier une ligné droite dont la longueur est réglée par l'amplitude des oscillations du levier. Pour remédier à l'usure du crayon de mine de plomb, on a fixé à la coulisse, au-dessous de la visrV, une petite lame élastique contre laquelle l^ roue r vieijt heurter toutes les fois <]|ue

TfiLÉGRAPHl DB M. FROMBirT. 201

le levier A est ramené à sa position d'équilibre. De cette manière, à chaque double oscillation du levier Â, le crayon tourne, se taille et avance vers le papier.

La boite B contient un mouvement d'horlogerie compris entre deux larges plaques métalliques verticales et parallèles; un levier coudé, placé à la partie supérieure de la boîte, agit sur le volant , et permet d'arrêter ou de laisser marcher à volonté le mouvement d'horlogerie. — Une longue bande de papier YY est enroulée sur une roueR très mobile et très légère ; guidée par le galet />, elle passe à frottement entre le galet h et le tambour P mobiles autour de leurs axes, s'applique contre la partie supérieure du tambour P, et passe à frottement entre le tambour P et le galet g, — Ce dernier galet g tourne sous l'influence du mouvement d'horlogerie B par l'intermédiaire de l'axe horizontal g' (fig. 65), et entraine la bande de papier avec une vitesse uniforma — Quand le levier A est au repos, le crayon imprime sur la bande de papier en mouvement une ligne droite parallèle au levier lui-même; lorsqu'au contraire le levier A oscille, le crayon imprime sur la bande de papier une succession de lignes droites obliques dirigées d'avant en arrière.

Les boutons/, /*', qui reçoivent les extrémités du fil de la bobine de l'électro-aimant E, communiquent, le premier avec la borne C, le second avec le contact métallique m. La manivelle métallique H communique elle-même avec la masse métallique du relais K et avec sa palette. La borne C communique avec le pôle positif, et la borne Z avec le pôle négatif de la pile locale destinée à faire marcher l'appareil écrivant. La borne Z est, en outre, reliée

202 APPAREILS TÉliGRAPHIQUKS.

métalliquement au bouton «, qui, par rintermédiaire de la tige métallique t, communique avec la vis isolée v du relais K.

Quand la manivelle H est poussée sur le contact m, Tappareil est en position de réception ; mais le circuit de la pile locale est rompu en t;, puisque la palette du relais appuie contre la vis supérieure v'. Dans ce cas, Félectroaimant E est à Tétat neutre, le levier A reste au repos, appuyé contre la vis V; et «i le volant du mouvement d*horlogerie est dégagé, le crayon imprime sur la bande de papier Y YY une ligne droite dirigée de gauche à droite et parallèle au levier A.

Les choses étant ainsi disposées, supposons que la ligne transmette une série de courants interrompus. Le courant de la ligne arrive en L, gagne s', traverse les bobines de Télectro-aimant E' du relais, passe en s, en T, et se perd dans le sol ; mais la palette du relais, attirée par Télectroaimant, vient heurter la pointe de la vis inférieure v; le circuit de la pile locale est fermé, son courant part de la borne C, gagne le bouton /*, traverse les bobines de Félectro aimant E de Tappareil écrivant, sort par le bouton /^, passe en m, en M, dans la masse métallique du relais K, dans sa palette, et se rend, par la vis v, la tige f , le bouton e et la borne Z, au pôle négatif de la pile locale. La palette oo et le levier A de Tappareil écrivant sont atti* rés, et ne reprennent leur position d'équilibre que quand le courant de la ligne est interrompu. — Ainsi^tant que dure le passage des courants interrompus sur la ligne, le levier A de l'appareil écrivant oscille sous Tinfluence des actions alternantes de sa lame élastique et de Télectro-

aimant E ; le crayon dont il est armé imprime sur la bande de papier une série de lignes obliques disposées en zigzag.

MAAMAAAAAAA

La ligne qui précède et celle qui suit le zigzag correspondent à la position de repos du levier avant et après la transmission.

Fig. 65.

Quand les courants interrompus n'ont pas la même durée et ne sont pas séparés par des intervalles égaux, la ligne tracée par le crayon prend la forme suivante :

A/V^AA—ZV^—rS/VA

les traits a, a, a, correspondent à des courants prolongés ; les traits 6, 6, à des interruptions maintenues un certain temps.

D'après ce que nous avons dit de la composition du

20& APPAtlBlLS TÉLÉGRAPHIQUES.

manipulateur, remployé qui expédie est toujours maître de régler le nombre des alternatives du courant transmis ; il lui suffit pour cela de ramener en face du repère A la colonnette du disque D qui correspond au chifire représentatif de ce nombre d'alternatives. En outre, l'employé, en maintenant plus ou moins longtemps une colonnette blanche ou une colonnette noire du disque D en face du ri^re A, peut à volonté prolonger la durée des interruptions ou celle du passage du courant Nous avons vu que les traits imprimés par le crayon de Tappareil écrivant du récepteur reproduisent exactement toutes ces variations du modede transmission. 11 sera donc toujours facile de combiner les traits en zigzag et les lignes droites qui. correspondent aux interruptions et aux passages prolongés du courant, dé manière à faire un alphabet analogue à celui du télégraphe Morse.

* • • Appareil d'induction de M« Siemens.

Les appareils d'induction sont souvent employés dans la télégraphie sous-marine. Hais les courants ainsi obtenus sont instantanés, et ne peuvent pas servir à faire marcher un télégraphe Morse ordinaire dont le jeu régulier exige que la durée du flux d'électricité lancé sur la ligne puisse varier à volonté. M. Siemens a montré qu'il suffit de changer les dispositions du relais pour que les courants induits^ malgré leur instantanéité^ permettent d'imprimer à volonté de simples points ou des traits avec le récepteur Morse ou le récepteur Digney, tels que nous les avons décrits précédemment (pages 179 et 189).

APPAREIL d'induction DK M. SISMBNS. 205

Transinettevr. — Le transmetteur (fig. 66) comprend une pile locale P, un appareil d'induction électro-magnétique BB^ et un manipulateur Morse ordinaire H.

Les parties constituantes de l'appareil d'induction sont au nombre de trois. — Un noyau de fer doux, composé d'un cylindre de forte tôle fendu dans toute sa longueur, rempli de fils de fer recuits, et placé dans l'axe de la bobine. — Une spirale de gros fil entoure immédiatement le cylindre de fer doux dans toute sa longueur; cette spirale inductrice, que doit traverser le courant de la pile locale, est divisée en deux portions distinctes dont l'une correspond à la partie B et l'autre à la partie B' de la bobine. — Enfin une spirale induite de fil très fin et très long, divisée de même en deux parties égales, est enroulée sur la spirale inductrice. Une cloison isolante de bois placée au milieu de la bobine sépare les deux moitiés des spirales inductrice et induite.

Le socle de bois de l'appareil d'induction porte huit boutons métalliques isolés les uns des autres et séparés en deux groupes. — Le groupe «6, a'é' appartient à la spirale inductrice ; les extrémités du fil de la moitié de la bobine inductrice correspondante à B se fixent. Tune à la pièce a, l'autre à la pièce a'; les extrémités du fil de l'autre moitié de la bobine inductrice correspondante à B' se fixent, l'une à la pièce 6, l'autre à la pièce ô'. —Le groupe cd, dâ! appartient à la spirale induite ; les extrémités du fil de la moitié de la spirale induite correspondante à B se fixent, l'une à e, l'autre à c' ; les extrémités du fil .de l'autre moitié de cette spirale induite se fixent, l'une à rf, l'autre à rf'.

is

Les trois chevilles métalliques servent à établir des communications entre les diverses pièces du groupe aé, dV\ il suffit pour cela de les enfoncer entre deux pièces

Fig. 66.

consécutives. — On établit des communications entre les diverses pièces du groupe cd, dd\ à l'aide des deux lames métalliques K, dont les extrémités échancrées peuvent être fixées à deux pièces consécutives avec les vis dont sont armées leurs faces antérieures.

La première pièce c du groupe relatif à la bobine induite communique avec le sol par le fil métallique T; le fil de ligne L vient se fixer à la dernière pièce â! du même groupe. La bobine induite est ainsi placée dans la situation d'une pile de ligne dont elle remplit les fonctions. Elle communique par un de ses pôles avec la terre, par l'autre avec la ligne.

APPAREIL d'induction DE M. SIEMENS. 207

Le manipulateur M est un manipulateur Morse qui n'a que deux bornes ; Tune d'elles, /*, communique avec le support fixe du levier et avecle levier lui-même, l'autre borne, e, communique avec le contact placé au-dessous du levier M àixCôié de sa poignée.

Un des pôles de la pile communique avec la borne fei avec le levier du manipulateur, l'autre pôle de la pile communique avec la première pièce a du groupe relatif à la bobine inductrice. Enfin, la dernière pièce b' du même groupe communique avec la bonie e et avec le contact placé du côté de la poignée du levier du manipulateur.

On ferme le circuit de la pile en pesant sur la poignée du levier du manipulateur; on interrompt le circuit en laissant le levier se relever. La spirale inductrice envoie sur la ligne un courant instantané inverse à chaque fermeture, et un courant instantané direct à chaque rupture du circuit.

L'appareil permet d'employer à volonté soit une des deux moitiés seulement de la bobine inductrice, soit les deux moitiés associées en tension, soit les deux moitiés associées en quantité. — Plaçons une des chevilles entre les pièces a', ô', le courant arrive par a, traverse la moitiéB de la bobine inductrice, arrive en a\ passe en b' par la cheville, et va à l'autre pôle de la pile ; si la cheville était* placée entre les pièces a, 6, le courant ne traverserait que la moitié B' de la spirale inductrice. Plaçons une cheville entre les pièces 6, a', le courant entre par a, traverse la moitié B de la spirale inductrice, arrive en af, passe à b par la cheville, traverse la moitié B' de la spirale inductrice, arrive à 6', et se rend à l'autre pôle de la pile. Pla-

208 APPAREILS TÉLBGRAPUQOIS.

çoDs une cheville entre les pièces a, &, et une autre entre les pièces o', i', le courant arrive aux pièces réunies a, 6, se partage entre les deux moitiés B, B' de la bobine inductrice, arrive aux pièces a', 6' réunies, et se rend à Tautre pôle de la pile. •

On peut de même recueillir sur la ligne, soit le courant développé dans une des deux moitiés seulement de la spirale induite, soit le courant développé dans les deux moitiés de cette spirale associées en tension, soit le courant développé dans ces deux moitiés associées en quantité. Faisons communiquer les pièces c', d', avec une des lames K, la ligne ne reçoit que le courant développé dans la moitié B de la spirale induite; quand la communication est établie entre les pièces c, dy la ligne ne reçoit que le courant développé dans la moitié B'de cette spirale induite. — Pour faire circuler sur la ligne le courant développé dans les deux moitiés de la spirale induite associées en tension, il faut faire communiquer les pièces rf, c'. — Enfin on recueille sur la ligne le courant développé dans les deux moitiés de la spirale induite associées en quantité, quand on fait communiquer les pièces c, (/, et les pièces c', d*.

B«iato. — La figure 67 nous permettra d'expliquer la tlisposition des pièces intérieures de ce relais. A est un fort barreau aimanté, courbé à angle droit; son pôle austral a occupe Textrémité delà portion verticale, et son pôle boréal b l'extrémité de la portion horizontale fortement serrée entre deux plaques de fer doux. La plaque supérieure sert de culasse à un électro-aimant en fer à pU^v^J. Çbftcwe (Jes ^rmî^tur^? E^ E'» de œt é\eç\vQ^

APPAREIL D*IN»UCnON DE M. SIEMENS. 209

aimant, représente nécessairement un pAIe boréal, fe&i un levier de fer doux terminé par un prolongement d de platine, et mobile autour de la cheville de fer c implantée dans Taimant fixe A ; ce levier représente nécessairement un pôle austral.

La figure 68 représente le relais H et ses communications avec la pile locale P, le fil de ligne L, et le récepteur Morse R. Le socle de bois du relais porte quatre boutons. Le bouton F donne attache au fil de ligne L, et à une des extrémités du fil des bobines de rélectro-aimant ; le bouton D donne attache au fil de terre T, et à l'autre extrémité du fil des bobines de rélectro-aimant. Le bouton I communique avec le levier fd à travers la masse métal- ^*^* ^'

lique de Fappareil, et donne attache à un fil métallique fixé par son autre bout à la borne K, qui est en communication avec une des extrémités du fil des bobines de rélectro-aimant du récepteur. Le bouton G communique avec le pôle négatif de la pile locale P, et par un fil placé dans l'intérieur de l'appareil avec la vis v isolée de la masse métallique du relais. Le pôle positif de la pile est relié à la borne S qui communique avec une des extrémités du fil des bobines de Télectro-aimant du récepteur. Le bouton B, isolé de l'appareil par un cylindre d'ivoire, sert à imprimer un mouvement commun à la pièce n et à la vis V, isolées Tune de l'autre et de la masse métallique

du relais , et entre lesquelles passe le levier mobile fd (fig. 67 et 68).

Le levier fd représente un pôle austral, et, par suite, est attiré à la fois par les deux armatures E, E', puisque chacune d'elles est un pôle boréal. A l'état de repos, on

Fig. 68.

donne au système vn une position telle que le levier /S, plus rapproché de E' que de E, appuie contre la pièce n; plus la différence de distance du levier aux deux armatures est faible, plus l'appareil est sensible. Dans cette position, le circuit de la pile locale est ouvert en v.

Au moment où Ton presse la poignée du manipulateur M (fig. 66), le circuit du courant inducteur est fermé, la bobine induite envoie sur la ligne un courant inverse instantané. Ce courant arrive au bouton F, traverse le fil

APPARBIL d'induction DB M. SIBMBNS. 211

des bobines de rélectro-aimaiit du relais, gagne le bouton D et se perd dans le sol. L'effet de ce courant inverse e^ de transformer E' en un pôle austral, et d'augmenter la polarité boréale de Tarmature E. Le levier /K, qui reste toujours un pôle austral, cède à l'attraction de l'armature E, vient butter contre la vis i?, et ferme le circuit de la pile locale P. Immédiatement le levier imprimant du récepteur R entre eii jeu. Bien que le courant induit qui traverse les bobines du relais soit instantané, et que, par suite, les deux armatures E, E', reprennent très rapidement leur polarité primitive; cependant, comme le levier fd est plus rapproché de E que de E', il reste appuyé contre la vis v, et tient le circuit de la pile locale fermé tant que le levier du manipulateur reste lui-même abaissé. Mais, au moment où le levier de ce manipulateur M (iig. 66) se relève, le courant inducteur est interrompu, et la bobine inductrice envoie sur la ligne un courant direct instantané. Ce courant direct transforme nécessairement E en pôle austral, et augmente la polarité boréale de E'. Dès lors le levier fd cède à l'attraction deE', se détache de la vis r, rompt le circuit de la pile locale P, permet au levier du récepteur de se relever, et vient luimême reprendre la position de repos contre la pièce n.

11 est facile de voir qu'en réglant d'une manière convenable les mouvements du manipulateur H du transmetteur, on reste toujours maître de la durée du courant sous l'influence duquel marche le levier imprimant du récepteur^ et des intervalles qui séparent deux passages consécutifs de ce courant. On peut donc à volonté imprimer sur la bande du papier des points ou des traits,

212 APPAREILS TSLÉGRAPHIQUBS.

et conserver entre ces signaux les intervalles convenables.

Ce relais, très sensible, peut servir à correspondre avec des courants ordinaires. Dans ce cas, on donne au système vn une position telle que, lorsque le levier fd appuie contre t;, il reste plus rapproché de E' que de E. Au moment où le courant arrive par la ligne, la polarité boréale de E est augmentée et celle de E' est diminuée ; le levier fd cède à Tattraction de E, butte contre la vis v' et ferme le circuit de la pile locale P. Hais quand le courant est interrompu sur la ligne, les armatures E, E', reprennent leur polarité primitive ; le levier fd, plus rapproché de E' que de E, cède à l'attraction de E', se détache de la vis v, rompt le circuit de la pile locale, et reprend sa position primitive contre la pièce n.

On peut se demander si, sur les lignes exposées à de fortes perturbations de Tétat électrique de l'atmosphère, l'excès de sensibilité de ce relais et la présence d'un aimant fixe ne deviendraient pas la source de difficultés sérieuses.

Appareil de M. Hughes.

Le professeur américain Hughes vient d'apporter en France un appareil télégraphique qui imprime directement les dépêches en caractères romains. Nous empruntons à une note de H. Bergon, inspecteur divisionnaire des lignes télégraphiques (1), l'indication sommaire des principales dispositions de cet appareil que l'administration française s'est empressée de mettre à l'étude.

(1) Annales télégraphiqueSy 1860, t. III, p. 393.

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