APPAU£ILS DEM. REGNAULT
lui fait exécuter un tour entier. Immédiatement l'aiguille du récepteur du dépôt se déplace, et s'arrête sur la division qui indique le numéro d'ordre de l'avertisseur qui demande du secours. D'ailleurs la première interruption du circuit détermine le déclanchement d'une sonnerie qui donne l'éveil au chef du dépôt.
Après avoir pris connaissance de l'indication de son récepteur, le chef du dépôt répond qu'il a reçu. Pour cela, il renverse le sens du courant à l'aide d'un commutateur placé dans son bureau ; puis il ramène l'aiguille de son récepteur à la croix. Au moment où le courant de la ligne est renversé, l'employé qui demande du secours voit l'aiguille a de l'avertisseur prendre une déviation inverse, et frapper contre le timbre t'\ il sait que son signal a été reçu. Pour éviter toute confusion, cet employé fait de nouveau exécuter un tour entier à la manivelle de son avertisseur.
Fig. 7t.
23*i APPAREILS TÉLÉGRAPHIQUES.
BEonitenrf éleetrîqttes.
Les moniteurs électriques sont de deux ordres. Les uns servent à indiquer aux gares la marche d*un convoi engagé sur la voie, en leur envoyant une série de signaux qui leur font connaître la direction du train et Tinstant précis où il passe devant chaque poteau kilométrique. Les autres sont disposés de manière à prévenir le mécanicien qu'un danger le menace, et à lui donner le signal d'arrêt.
En 1853, HM. Biancbi et Lejeune proposèrent un système très complet destiné à prévenir les accidents sur les cliemîns de fer à une voie. Deux stations A, B, sont reliées par deux fils spéciaux dont chacun est travei^é par un courant électrique. Les stations sont munies chacune d'un cadran portant un nombre de divisions égal à celui des kilomètres qui lés séparent, et deux aiguilles indépendantes. Une aiguille du cadran de la station A et une aiguille du cadran de la station R avancent d'une division à chaque interruption de l'un des courants; les deux autres aiguille|sont soumises à l'action du second courant. En face de chaque poteau kilométrique, on dispose, à droite de la voie ferrée, un interrupteur pour l'un des courants, et à gauche un interrupteur pour l'autre courant. Les locomotives sont toutes armées d'un appendice latéral placé de manière que, quand le train est en marche, cet appendice mette en jeu le système d'interrupteurs disposé sur la voie à gauche du convoi, dans le sens de son déplacement. 11 on résulte que, suivant que le
MONITEGRS ÉLKCTBIQUps. 233
convoi marche de A en B ou deB en A, c'est Tun ou l'autre groupe d'aiguilles correspondantes qui est mis en mouvement. D'ailleurs les aiguilles marchent toujours dans le sens du déplacvemcnt du convoi qui détermine les interruptions du courant.
Un convoi part de A pour se rendre en B. Au moment où la locomotive passe devant un poteau kilométrique quelconque, son appendice agit sur l'interrupteur correspondant; le circuit est rompu un instant et se rétablit de lui-même. Il en résulte que les deux aiguilles des stations A et B avancent d'une division dans le sens du déplacement du convoi. Par ce moyen, il n'y a qu'à consulter les cadrans dans les deux stations pour savoir s'il y a un convoi en marche, connaître le sens de son déplacement, et sa position sur la voie à moins d'un kilomètre près. Ajoutons d'ailleurs qu'en passant devant le premier poteau kilométrique à son départ, la locomotive fait nonseulement marcher les deux aiguilles, mais déclanche une sonnerie qui prévient l'employé du poste vers lequel le train se dirige.
Supposons que, malgré l'avertissement qu'il a reçu de la présence d'un Irain sur la voie, l'employé de la station B laisse engager sur la même voie un second train en sens inverse, de B en A. Ce nouveau train va agir sur le second système d'interrupteurs, mettre en mouvement le second système de deux aiguilles concordantes sur les cadrans des deux stations ; d'ailleurs les aiguilles de ce second système se meuvent aussi dans le même sens que le train qui détermine leur mise en action. Les employés des deux stations se trouvent ainsi avertis que deux train
23& APPAREILS TÉLÉGRAPHIQUI6.
marchent sur une même voie en sens inverses, qu'une collision est imminente.
A côté des cadrans indicateurs, il existe un bouton qui donne à remployé le moyen de signaler le danger sur toute la voie; en pressant sur le bouton, il agit sur un troisième courant qui règne entre les deux stations, et fait tourner les signaux d'alarme. Les chefs de train, prévenus du danger, donnent le signal d'arrêt.
M. Bonelli a cherché la solution du problème suivant : Des trains en nombre quelconque étant engagés sur une voie ferrée, leur donner le moyen d'entretenir une correspondance suivie entre eux et avec les postes tél^aphiques de la ligne. Ce système a été essayé en Sardaigne et en France. Les expériences, exécutées sur des distances de plus de 12 kilomètres, en présence de témoins nombreux et très compétents, donnèrent des résultats satisfaisants. Cependant l'appareil de M. Bonelli n'a jamais été adopté par les administrations des chemins de fer; nous devons nous contenter de mentionner ce système, qui n'a pas été soumis à des épreuves suffisantes pour qu'il soit permis d'en apprécier complètement la valeur.
. Le système de M. Guyard fournit le moyen de faire parvenir un signal d'arrêt à un convoi en marche. Parallèlement aux rails de la voie ferrée, on dispose deux (ils métalliques isolés; ces fils sont fractionnés en sections de 1600 mètres de longueur, de manière que les interruptions de l'un des fils correspondent au milieu des sections de Vautre. La locomotive de chaque convoi porte