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LIGNES AÉRIENNES

de 8 à 10 mètres. On les préserve de Taction destructive de l'air humide en les enduisant d'une double couche de peinture et en les injectant, par la méthode du docteur Boucherie, d'une dissolution d'une partie de sulfate de cuivre en poids dans cent parties d'eau.

En France, l'espacement minimum des fils des lignes télégraphiques est fixé à 25 ou 30 centimètres. L'élévation du fil inférieur au-dessus du sol ne doit pas tomber au-dessous de 3™, 50 ; pour la traversée des routes, on emploie des poteaux plus élevés, et la distance minimum du fil inférieur au sol doit être de 5 mètres. — Le long des routes, la distance des poteaux est de 75, 80 et même 100 mètres, quand ils sont plantés en ligne droite. Dans les courbes, chaque fil exerce sur les poteaux une pression latérale qui tend à les renverser; il devient nécessaire de les rapprocher d'autant plus, que les fils de la ligne sont plus nombreux et que le rayon de la courbe est plus court. Toutes les questions relatives à la stabilité et à la disposition des poteaux ont été traitées avec beaucoup de soin dans deux mémoires sur la construction des lignes aériennes, dont l'un est dû à M. Trottin (1), et l'autre à M. Blerzy (2).

Quelquefois on franchit les vallées par des portées de 400 à 500 mètres. Dans ce cas, on emploie des fils de fer mm recuits de 3 millimètres de diamètre, qui ont le double avantage d'avoir un poids moindre et de mieux résister à l'allongement.

(i) Annales télégraphiques, 185", p. 169, cl 1856, p. 1. (2) Ibid., 1859, t. H, p. 346.

Dans l'intérieur des villes, les fils sont supportés, suivant les cas, tantôt par des consoles ou des planchettes de bois fixées aux murailles des bâtiments, tantôt par des potelets qui dépassent d'une longueur variable le faîtage des toitures. Mais, pour les grandes villes, l'usage tend à s'établir de remplacer les fils aériens par des lignes souterraines, dont nous donnerons plus tard la description. Nous parlerons en même temps des dispositions adoptées pour le trajet des tunnels.

Malgré leur faible conductibilité, les poteaux suspenseurs constitueraient autant de points de dérivation du courant s'ils étaient en contact immédiat avec les fils télégraphiques. Par les temps humides, et surtout pendant ou après les grandes pluies, le courant éprouverait, par cette voie, des déperditions assez considérables pour rendre la correspondance t^s difficile et même impos-

Fig. 1.

Fig. 2.

sible. Pour parer à ces inconvénients et obtenir un isolement suffisant du circuit, on attache aux poteaux de

LIGNES AERIENNES.

petits supports de porcelaine de forme très variable, qui servent à accrocher les fils, et sont disposés de manière que, par les temps pluvieux, il ne puisse pas se déposer sur les conducteurs des couches d'eau capables de les faire communiquer avec les poteaux.

Les figures 1 et 2 représentent les deux modèles de supports en cloche généralement employés en France. La cloche de porcelaine est munie de deux oreilles ou prolongements latéraux. Chaque oreille est percée d'un trou ; deux vis de fer galvanisé passent dans ces trous et fixent solidement l'appareil au poteau suspenseur. Une lige de fer galvanisé, recourbée en crochet pour donner passage au fil de la ligne, est scellée dans le fond de la cloche.

Fig. 3.

Quand la ligne change brusquement de direction, on

emploie un support de porcelaine en anneau (flg. 3). Le support doit être disposé de manière que la traction du fil tende à l'appliquer contre le poteau.

Les poulies d'arrêt (flg. li) sont aussi de porcelaine ; on les fixe au poteau au moyen d'une grosse vis de fer galvanisé. Le fil est enroulé plusieurs fois dans la gorge

Fig. 4.

Fig. h.

de la poulie, et son bout libre est tordu autour de la partie tendue. — La figure 5 représente un autre modèle de poulie d'arrêt en forme de cloche, fixée au poteau au moyen d'une tige de fer galvanisé.

De kilomètre en kilomètre, on dispose sur la ligne des appareils destinés à tendre les fils (fig. 6). Ces tendeurs se composent de deux treuils de fer galvanisé!, T', et d'un support rectangulaire de porcelaine S, percé d'une fente verticale. Le treuil T est muni d'une queue de fer qui

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