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CHAPITRE IX APPAREIL BAUDOT

Ststâms Baudot^ principe. — Manipulateur, modèle 1889, modèle 1896. — Soclx-

MOTEUR A POIDS POUR DISTRIBUTEUR — SoCLE-MOTEUR ÉLECTRIQUE POUR DISTRIBUTEUR.

— RÉGULATEUR. — DISTRIBUTEURS, plateaux, secteuFs, orientation des contacts, cage.

— Correction, son principe. — Organes de correction. — Relais Baudot. — Soclemoteur POUR TRADUCTEUR, modérateur de vitesse, électro-frein. — Traducteur, électroaiguilleur, combinateur, chercheurs. — Impression, impression des lettres ou des chiffres. — Installation des postes. — Installation double. — Installation quadruple, commutateur multiple, transmission, correction. — Installation des postes ÉCHELONNÉS, poste principal, poste intermédiaire, poste extrême. — Installations DIVERSES. — Manipulation. — Sources d'électricité utilisées sur les appareils Baudot. — Rendement. — Règles de service.

Système Baudot. Principe. — Le principe des appareils à transmissions multiples consiste à écouler par un môme fil de ligne le travail simultané de plusieurs opérateurs, chacun d'eux occupant périodiquement et successivement la ligne pendant un temps déterminé. Pour obtenir ce résultat, il est nécessaire :

1° De faire usage d'autant de manipulateurs et d'autant de récepteurs (1) qu'on utilise d'opérateurs ou mieux que l'on veut opérer de transmissions simultanées distinctes;

2° De disposer, aux deux stations correspondantes, d'organes tournant à la môme vitesse et mettant, à des moments déterminés, et pendant des temps égaux, chaque manipulateur en communication avec le récepteur correspondant ; ces organes se nomment distributeurs.

L'appareil Baudot imprime les télégrammes en caractères typographiques.

Dans une remarquable étude, publiée dans le Bulletin de la Société internationale des Électriciens (t. XI, p. 5.j et 530, 1894), M. Baudot a passé en revue les différents codes de signaux utilisés en télégraphie et a fait ressortir les considérations qui l'ont conduit à adopter le mode de production des signaux qui lui est propre; nous renvoyons le lecteur à ce travail qui, même

(1) Ces récepteurs, dans l'appareil Baudot, sont des relais, de forme particulière^ actioDDant des organes locaux appelés traducteurs.

résumé, ne saurait trouver place ici. De cette étude, nous ne retiendrons que ce point qui caractérise les appareils Baudot :

Le £11 de ligne « sert à la transmission simultanée de plusieurs correspondances distinctes dont les signaux, après avoir été préparés par des opérateurs différents sur des groupes distincts de leviers transmetteurs, sont transmis au départ et distribués à Tarrivée par Tintermédiaire des mêmes distributeurs, puis emmagasinés et enfin traduits par autant d'appareils distincts appropriés ».

Les organes de traduction et les organes d'impression qu'ils commandent étant indépendants des organes de réception et leurs opérations étant purement locales, la ligne est complètement libre pendant que ces opérations s'effectuent et peut être utilisée pour recevoir d'autres signaux.

Pour transmettre les lettres de l'alphabet, les chiffres et les signes de ponctuation, M. Baudot utilise 31 combinaisons. Chaque combinaison comporte 5 émissions successives de courant, positives et négatives, se sufccédant à intervalles égaux et alternées dans un ordre différent pour chaque signal. La transmission d'une lettre ou d'un chiffre dépend d'ailleurs d'un dispositif analogue à celui qui, dans l'appareil Hughes, oriente la roue des types par l'abaissement de la touche blanc des lettres ou de la touche blanc des chiffres.

En comparant les figures 175 et 176, nous pourrons suivre au départ et à l'arrivée la distribution des courants dans les appareils Baudot.

Sur la figure 175 (poste de départ), l'un des manipulateurs est représenté par les cinq touches à levier L*, L*, L*, L^, L', dont les butées antérieures sont reliées au pôle positif d'une pile P. Le distributeur comprend deux couronnes métalliques, l'une pleine, à laquelle est relié le fil de ligne, l'autre divisée en secteurs isolés les uns des autres; à cinq de ces secteurs correspondent les cinq touches du manipulateur. Aux cinq secteurs suivants correspondraient les cinq touches d'un second manipulateur, et ainsi de suite. Un bras de levier, articulé au centre du distributeur, est mis en mouvement par un mécanisme d'horlogerie et tourne dans le sens de la flèche; il porte les balais FF*' qui communiquent ensemble et qui, au fur et à mesure qu'ils avancent sur les deux couronnes, mettent en relation les secteurs isolés de la couronne extérieure avec l'anneau plein qui constitue la couronne intérieure. On voit aisément qu'à chaque révolution du bras de levier chacune des cinq touches du manipulateur sera mise en relation avec le fil de ligne. Il pourra donc

en résulter cinq émissions de courant successives et d'égale longueur, mais dont le sens dépendra de la position des cinq louches si les butées postérieures de ces touches sont reliées au pôle négatif d une pile analogue à la pile P.

Ces cinq émissions successives de courant se produisent en réalité pour chaque signal transmis par l'appareil ; cela résulte <le l'emploi du courant de repos qui constitue l'une des caractérisli(|ues du système Baudot. Cet emploi du courant de repos a pour objet d'augmenter la sensibilité des électro-aimants récepteurs, sans augmenter en môme temps leur coefflcient de selfinduction, afin que le courant émis pour former un signal ne trouve aucime force antagoniste à vaincre pour abaisser Tarmature et que cette dernière soit vivement relevée et solidement maintenue dans sa position de repos, dès que le courant a cessé rie circuler et pendant tout le temps de cette cessation.

« Ce résultat peut être obtenu assez facilement, dit M. Baudot, en supprimant tout à fait le ressort de l'armature et en mettant la commande du soulèvement de celle-ci dans les mains du transmetteur. Au repos du levier transmetteur, un courant est constamment envoyé sur la ligne, et ce courant est de sens inverse à celui qui sert à transmettre les signaux. De cette disposition il résulte que le fil de ligne est constamment parcouru par des courants, positifs quand le levier est dans sa position abaissée ou de travail, et négatifs, quand ce môme levier est dans sa position soulevée ou de repos, »

Le distributeur de la figure 170 (poste d'arrivée) est identique à celui de la figure 175 (poste de départ). Les bras* de levier de ces deux distributeurs (porte-balais) tournent en synchronisme.

Les liaisons du distributeur d'arrivée sont analogues à celles du distributeur de départ : la couronne pleine intérieure est reliée au fil de ligne; dans la couronne sectionnée, les 5 secteurs réunis, dans le distributeur de départ, aux 5 touches-leviers du manipulateur, sont ici respectivement unis à 5 électro-aimants récepteurs. De la sorte, il est évident que les courants émis par les touches 1, 2, 3, 4, 5, arrivent successivement aux o électroaimants récepteurs (relais), pour constituer un seul signal, lettre ou chiffre. Les courants émis par un second manipulateur à 5 touches, relié aux 5 secteurs suivants du distributeur de départ, arriveront également aux 5 électro-aimants d'un second récepteur, relié aux 5 secteurs suivants du distributeur d'arrivée (1). Le signal esquissé par les 5 électro-aimants d'un

(1) Dans la pratique, on est parvenu à simplifier cette disposition et à réduire 1» nombre des relais récepteurs.

récepteur (relais) est emmagasiné par un organe local nommé traducteur et la ligne devient libre pour recevoir un nouveau

XyWe

Fig. 175. — Principe de l'appareil Daudot (poste de dépari^.

signal pondant que le traducteur, agissant sur les organes d'impression, détermine l'inscription sur une bande de papier

de ia lettre ou du chiffre correspondant au signal considéré.

Le traducteur est formé par 5 électro-aimants (aiguilleurs) dont

les armatures agissent sur 5 leviers nommés chercheurs qui

frottent sur la tranche d'un disque sinueux (combinateur) dont

! ! L* .^'Ck <> .'-'' î

Fig. 176. — Principe de l'appareil Baudol (poste d arrivée i

les creux et les renflements sont disposés de telle sorte que, pendant une révolution du disque, Fonsemble des 5 cherclieurs se trouve successivement au-dessus de 31 combinaisons distinctes de creux et de renflements correspondant aux 31 signaux du code adopté. Au moment précis où cette combinaison passe au-dessous des 5 chercheurs, ceux-ci occupent, par rapport aux

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butées qui limitent leurs mouvements, une position identique à celle occupée par les armatures des 5 électro-aimants récepteurs; à ce moment aussi, et par la position des 5 chercheurs, le circuit local de la pile P est fermé sur Télectro-aimant E.

L'électro-aimant imprimeur E est du genre des électro-aimants Hughes, son armature est normalement attirée; elle ne se soulève que sous l'action du courant de la pile P, courant qui a pour effet de diminuer le magnétisme de l'aimant permanent A. Le soulèvement de Tarmature de E a pour effet d'amener, par un jeu de cames, une bande de papier en contact avec la tranche d'une roue des types. Au moment du contact, la lettre correspondant au signal ou plutôt à la combinaison qui a provoqué le déclenchement est au point le plus bas de la roue et s'imprime sur la bande de papier qui avance suffisamment pour permettre, sans juxtaposition, l'impression d'une autre lettre. L'intervention de l'électro-aimant E et de la pile locale P n'est, d'ailleurs, pas indispensable, et nous n'avons eu recours à ces deux organes que pour nous faire mieux comprendre. Actuellement, l'impression se produit mécaniquement par la chute simultanée des 5 chercheurs au moment où la combinaison transmise passe au-dessous d'eux; celte chute met en mouvement une bielle qui, en libérant la came d'impression, remplit le même rôle que l'armature de l'iectro-aimant E dont nous avons parlé.

Les organes que nous aurons à considérer dans les appareils Baudot sont :

Le manipulateur ;

Le distributeur ;

Le socle-moteur à poids ou le socle-moteur électrique;

Le relais (simple ou différentiel);

Le traducteur.

Manipulateur Baudot {modèle i889). — Le manipulateur Baudot se compose d'un clavier à 5 touches, divisées en deux groupes, deux à gauche, trois à droite. Un tableau de manipulation que les employés doivent savoir par co?ur, indique les différentes louches à abaisser pour produire Tune quelconque des 31 combinaisons que comporte le code de signaux adopté par M. Baudot; il indique également le sens des 5 émissions de courant qui provoquent l'impression des lettres de l'alphabet.

Les 5 touches A du manipulateur (fig. 177) sont simplement posées sur un axe 0 qui leur est commun; chacune de ces touches est garnie d'une chape p en laiton qui s'adapte exactement sur l'axe ; un ressort à boudin R maintient la touche

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