LIGNES TÉLÉPHONIQUES
Le câble Fortinllermaan doit sa faible capacité' à s^oii diélectrique quij vn résumé, est une eouclie d*air sec. Cbaque conducteur est enfilé dans un cljapelet de petites perles en bois qui se succèdent, tout du long, sans discontinuité. Deux conducteur*^ sont tordus ensemble et un nombre convenable de ces torons est mis sous plomb; cela dépend des dinvensions du câble que l'on veut obtenir, et il en est qui contiennent jusqu'à 50 et même 100 conducteurs.
Le bois eniployé pour fabriquer les perh^s est du bouleau bien sec et bien sain. L'arbre est refendu en billes do 10 à io centimètres, dél>itées elles-mêmes à la serpe, dans le fil du boîSj en plancbettes de 1 centimètre d'épaisseur. Ues planclietlos sont désciées en prismes à base carrée, au moyen dime s(^ie circulaire.
(*hacun des petits prismes ainsi obtenus est présenté a un outil spécial qui, d'un seul coup, débite les perles ; e*est un foret qui perce le trou central, tandis qu'une sorte tremporte-piéce découpe la partie extérieure. La perle obtenue do la sorte e^st un tube cylindrique, long de 1 centimètre; son diamètre est de 3 millimètres. Les perles sont ensuite placées dans un polissoir. C'est un cylindre dont les deux bases sont grillay^ées et qui se meut autour d'une de ses dia^ronalcs. Pendant la rotation continue de ce cylindre, toutes les perles défectueuses sont rejetées au deUors. Vne fols l'opération terminée, toutes les perles qui sortent du cylindre sont parfaitement polies ot prêtes à être enfilées.
Entre temps, le conducteur a été embobiné, câblé à la machine, puis embobiné de nouveau- L'âme de cliaque conducteur se compose de trois brins de cuivre de haute conductibilité de 5/10 lie millimètre de diamètre. L'opération de Tenfilage est particulièrement intéroî^santo* Les perles sont placées dans un cylindre on vm balancier, par ses mouvements de va-et-vient, les oriente et les fait glisser, d'abord dans un entonnoir, puis dans un long tube. Elles s'engagent dans le tube, une à uno^ et dans le sen*< de leur longueur, de sorte que le trou dont elles sont percées coïncide avec lo centre de l'orifice inférieur du tube. Sur le même axe est placée verticalement une aiguilie d'acier, attachée au conducteur à perler, aussi les perles s'enfilent-elles tout naturelleriient; il n'y a s qu'à les faire glissof le long du fîl, opération qui s'exée mécaniquement.
-es conducteurs sont préparés par bouts de 20 mètres, il ?it de les souder : un petit manchon de cuivre, d'un dia-
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métré juste sufVisant pour laisser passer îc cundiicleuri est place à clieval sur les deux bouts a relier^ le manchon est évido en son milieu, de façon â laisser eouler la soudure. Au-dessus de cet ëvidement on attache, avec du \\[ de cuivre fin, un petit morceau d'artrent; la soudure ainsi préparée est décapée au pinceau, ]njis soumisse au cliahimeau* La fusion du morceau d'argent est trè?^ rapide; elle produit une soudure très solide, et il ne reste plus quk enlever les bavures et à faire glisser les perles qui doivent la recouvrir.
Lu mise sous plomb des conducteurs se fait, par les procédés ordinaires, au moyen d'une ficelle engagée dans les différents tubes. Des manchons i!e plomb servent à réunir les tubes ; on rapproche autant que possible les deux tubes à réunir, on fait glisser le manchon par dessus, on soude à rétain, et il ne reste plus qu'à embobiner le cable.
Au point de vue électrique, le câble Fortin-IIermaon est caractérisé par les constantes suivantes :
Isoiement kilOTni^trLqiiË sujiérieur k 200 mégûhma. Capacité kLiûmëlrique : 0,05 mkrorarad.
Hési&iaïice kilométrique : 1 3 ohms.
L*épaisseur du tube en ploml> est de 2 millimètres, et le diamètre total du câble à deux conducteurs, avec son revêtement, est de H,3mm*
Câble Fatterson. — Le câble Patlerson, fabriqué par la Western ekctric C* de Chicago et mis récemment â T essai sur le réseau de Paris, est remarquable par sa faible capacité- 11 contient un grand nombre do conducteurs. Le modèle utilisé en France contient 52 lignes doubles, soit 104 fils. Chaque brin est formé d'un (Il de cuivre de 1 n^illimélre de diamètre, entouré de deux couches superposées et enroulées, en sens inverse, de fil de coton paralliné.
Le coton est blanc pour 52 fils et mêlé de rouge pour les 5S autres p
Les deux conducteurs, un blanc et un rouge, ilcstinés à former une nacme ligne d'abonné, sont câblés ensemble avec un pas de spire do 10 centimètres. Trois de ces conducteurs doubles, réunis en faisceau cl cordés, sont placés au milieu, puis serrés par une mince cordelette; ils forment en quelque sorte rame du câblage. Les autres (ils doubles s'enroulent autour des premiers par couches successives. Le câble coi plet, formé par les 10 V conductourSj est de nouveau entou d*une couche de fils de coton, plongé dans un bain de paralli
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et gliï^Né dans un tuyau de plomb de .1 millimètres d'épaisseur. Le diamètre du euble, y compris le tuyau de plomb, r^st de 35 millimétrée. La loutrueur de ehaqut^ sectiou t^iiroulée sur une bobine varie entre 170 et iîOO mètres.
Le mode de préparation que nous venons d'indiquer ne différencie pas d une manièro sensible le câbla Patterson des câbles ordinaires; ce qui lui donne son caractère particulier, c'est la dernière manipulation qu1t doit ï?ubir après ini mise fiOUB plomb. Les deux extrémités de chaque section sont mises en communication, par des tuyaux garnis de robinets, avec deux réservoirs. L'un de ces réservoirs sert à produire de l'acide carbonique sous pression, Tautre contient un Ijain de paralïine. Le câble est mis d'abord en relation avec le réservoir à acide carbonique, et ce iraz est injecté sous une pression de einti à six atmo.sj)bères; les robinets communiquant avec le bain de paraHine sont ensuite ouverts, et cette substance est introduite dans le câble â une pression de sept a huit almos?phéres. De cette double opération ré^sultc une sorte de drainage ; les conducteurs sont noyés dans unr couche de paralïine. pour ainsi dire discontinue, emprisonnant des globules de ^az acide carbonique. Ce diélectrique d'un ntiuveau genre est tout à fait propre à diminuer la capacité électrostatique; en outre, il forme aux extrémités du câble une garniture parfaitement isolante et tout à fait hydrofu^e.
Le raccordement des sections est moins délicat que celui des câbles isolés au moyen de la gutta-percha. l^es fils de cuivre de chaque conducleurj blanc avec blanc et rouge avec rouge correspondant, sont réunis par une simple torsade et isolés à l'aide d'un petit manchon de lils de coton tressés très serré.
Lorsque les 104 hls sent raccordés un à im, on coule de la parafiine chaude, et un manchon en plomb est soude â l'étain sur le tuyau extérieur du câble *.
Procédés antiiuiliiûtears. — Nous ne voulons parler ici que des métfiodes de construction et de l*ashiocialion des conducteurs qui permettent de soustraire les fils téléphoniques aux oITcts d'induction des lils voisins, c[uelle que soit leur aiïectation. Nous nous réservons d'exposer plus loin les procédés tout dilTércnts employés pour faire servir les circuits à des usages multiples, tels que télétrraphie et léléplionie simultanées. Les téléphones sont des instruments tellomeut
isibles que, lorsque deux liU téléphoniques suivent le même
. L'ÉUctncitn^l* sOrie, t* l, n" 22, p. 37a 1,30 \mn 1891).
il\ TÈLftPHUNŒ PRATIQUE
parcours, on peut nettement percevoir sur Tun les conversations qui s'ctliangent Kur liiutre. On entend également les signaux provenant des cjivuLts télêLrrapluqiieîî voisins. Le phénomène se produit aussi bien sur les lignes aériennes que sur les lignes souterraines; il est seulement plus ou moins intense, suivant les L-irconstances,
Les imperfections des premiers rtseaux téléphoniques tenaient à difTérenteri causes : isolement imparfait de la ligne, induction électro-statique qui se manifeste surtout ihins les câbles, induction électro-dynainiciue propre ou self-induction. Quelques excniplcH montr^Tont à quel point ces influences étrangères^ notamment la j^elf- induction ^ i>cuvent étendre au loin leur action :
t L'induction réciproque sv fait sentir à de grandes distances *. M. Preeee a constate dilTcrents cas extraordinaires. A Londres, à Grays Inn Road, un fil téléphonique aérien souf' frait des courants électriques passant par un cable dans le sol à 25 mctres au dessous du iHt fil; à Newcastle, rinQuenee se faisait sentir à ^iû mètres de distance* Pour mieux déterminer la distance de 1 influence de l'induction, on choisit la ligne Durham*Darlington, de 29 kilomètres de longueur, et à lest et à Touest deux lignes pandlèlea distantes de 8 et iG kilomètres. Les signaux donnés sur la ligne Uurham-Darlington étaient perceptibles dans les deux lignes latérales; on entendait même des signaux Morse qui ne pouvaient parvenir que d'une ligne distante de 63 kilomètres. Les expériences ont été étendues a deux lignes parallèles distantes l'une de Tautre de 63 kilomètres. L'une des deux lignes avait une longueur de 90 kilomètres et l'autre une longueur de G5 kilomètres. Des courants variés, qui produisaient un son plaintif dans le téléphone, ont été entendus distinctement d'une ligne à l'autre, ■
L'isolement imparfait de la ligne peut amener des dériva* tiens entre plusieurs lils posés sur les mêmes appuis. Unes prise de terre imparfaite peut produire le même résultat; en prenant toutes les précautions d'usage, il est presque impossible d'éviter que les fils léléplioniques ne soient influencés par les contlucteurs télégraphiques ayant une terre commune.
Aussitôt que la distance dépasse une dizaine de kilomètres, il nest plus possible de conserver plusieurs lignes à simple Dl sur les mêmes appuis^
L'emploi des circuits à double fil, sans prise de lerrc, est