‹ Témoignage devant la Commission royale [microforme]Chapitre 11 sur 43 · PT SR STE RP · texte numérisé non relu

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je crois, comprend principalement l’enseignement religieux et l'éducation morale. Or, sous ce rapport, les droits des parents, sont aussi respectés à Montréal qu'ils l’ont été dans les pays catholiques où la liberté la plus grande était laissée aux parents et à l’autorité religieuse.

‘‘ Par exemple, d’après le code de l’enseignement que le Pape Léon XII avait donné aux Etats-Pontificaux en 1826 ou 1827, c'était le conseil municipal, ou le magistrat 1à où il n’y avait que le magistrat, qui choisissait les instituteurs. On les choisissait, sans doute, avec certaines conditions qui donnaient des garanties de capacité et de morale. Je pourrais ajouter, pour répondre à bien des choses que j’ai entendu dire, que sous les yeux de l’évêque, quand il ne réclame pas, qu’il ne trouve pas les droits des parents lésés, on doit être bien difficile pour se plaindre ”.

Il y a des droits plus augustes que ceux des parents : ce sont ceux de l'Eglise. J’ai constaté aussi qu’elle les exerce librement.

‘ Au point de vue religieux, les écoles des commissaires offrent des garanties suffisantes.

‘Je m'explique :

‘ Dans l'Eglise catholique, d’après le droit canon, l’évêque a le droit d'examiner l'instituteur sur sa science religieuse, et d'exiger les preuves de sa bonne conduite morale, et cela, parce que l’évêque est chargé, dans son diocèse, de l’enseignement religieux et de la surveillance

des mœurs. C’est lui qui donne le pouvoir d’enseigner la |}

religion à l’instituteur dans la mesure qui est nécessaire. # ‘“ Léon XII, dans ce code, où il devait naturellement #

observer toutes les prescriptions de l’Eglise catholique, !

accorde à l’évêque le droit d’avoir un député, qui assiste #

aux examens prescrits pour le choix de l’instituteur.

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rative dans la commission scolaire. Je vois qu'un autre prêtre représente l’autorité religieuse la plus importante après celle de l’évêque, et ce prêtre a de même voix délibérative dans la commission.

“ De plus, dans la ville comme dans tout le pays, les membres du clergé catholique, résidants dans l'endroit, ont le droit de visiter les écoles catholiques, aussi souvent qu’ils le veulent, non-seulement pour ce qui regarde la discipline et les mœurs, mais pour l’enseignement tout entier. Or, dans les Etats du Pape, le député seul de l’évêque avait ce droit de visite administrative, et encore, n'était-ce que pour la religion et les mœurs. Quand l’instituteur, ou quelque élève se conduisait mal, ou donnait du scandale, le rôle du curé se bornait à prévenir l’évêque ”.

Je vous assure, M. le Directeur, qu’en parlant de tous ces droits, je me suis trouvé sur un terrain parfaitement connu, parce que j’y ai acquis une certaine expérience comme prêtre et comme instituteur.

Passons ‘sur le terrain des principes ”.

Ces principes, quels sont-ils, M. le Directeur ?

Fagit-il des principes en général ? où de quelque principe en particulier ?

En ce qui concerne le droit du père sur ses enfants, on peut invoquer les principes du droit naturel et de la morale naturelle, les principes du dogme catholique et de la morale catholique ; ceux du droit canon et ceux du droit civil ; ceux de la justice et ceux de la charité, etc.

Mais les droits du père n'étant pas contestés, je le répête, il était parfaitement inutile d'établir et même d’invoquer quelques-uns de ces principes.

Aurais-je dû m'occuper des principes en général ? des grands principes ?

Si je n'ai pas été mis en mesure de le faire devant la

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Commission Royale, je pourrai peut-être en rappeler quelques-uns dans votre journal.

Il y à un principe qui tient à l’ordre surnaturel, d’où découle pour le prêtre le droit de n’être pas jugé par les tribunaux laïques, ni par ceux qui sont régulièrement établis dans les palais de justice, ni par ceux qui siègent dans les bureaux d’un journal.

Il y a des principes d’un ordre très inférieur sans doute, mais encore très respectable, qui font le charme de la société, ou plutôt qui font la bonne société, en nous imposant le respect de nous-même et le respect des autres (1).

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Les principes ! les principes ! !

Voilà, M. le Directeur, des mots bien vagues, qui ne signifient rien, parce qu’ils ouvrent la porte à toutes les accusations, à toutes les erreurs et à tous les schismes. L'Eglise parle et agit d’une tout autre manière : elle pré-

cise toujours les principes sur lesquels elle s'appuie.

Ainsi quand le grand Pie IX accorde à notre pays l’honneur de l’élever au nombre des peuples qui ont droit d’enseigner, il le fait en vertu de sa charge apostolique qui lui impose ‘“ la sollicitude de fournir en tout lieu, aux intel- ‘ ligences désireuses de se livrer à l'étude des lettres, l’oc- ‘‘ casion et l'opportunité de s’en rendre facilement mai- ‘ tresses ; afin de détruire entièrement, si c’est possible, “les erreurs qui naissent le plus souvent de l'ignorance ‘* des lettres, et qui défigurent la doctrine sacrée de la ré- ‘ publique chrétienne ”.

Quand Léon XIII veut arrêter la guerre injuste qu’on fait à notre université, il commande ‘ à tous les fidèles ‘ainsi qu'aux ecclésiastiques de quelque degré et dignité ‘que ce soit en Canada ” en vertu du principe de la sainte

() On verra par les réponses de l'£tendard comment ce journal comprend et applique ces principes.

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obéissance que tous les atholiques doivent au Pape dans les questions de doctrine, de morale, de discipline, etc.

Vous-même, M. le Directeur, vous avez pu voir de près quelques-uns des grands tribunaux de l'Eglise; vous avez pu en admirer la science et la sagesse. C’est À leur école qu’il faut apprendre la manière d’invoquer les principes, les droits et les devoirs, de les distinguer exactement et d’en tirer toutes les conséquences rigoureuses.

Dans ces tribunaux, par exemple, on ne confondrait pas les droits du père de famille et ceux du contribuable, comme l’Etendard le fait plus d’une fois au cours de son article, mais surtout dans le passage suivant : ‘‘ Le clergé, conimissaire d'école, disposant à l« place du père de famille de l’argent des contribuables, c’est une anomalie ” (1).

Selon l’Etendard, c’est donc au père de famille qu’appartient le droit de disposer de l'argent des contribuables. :

Sans même aller à Rome, un élève de logique dira que ce principe est inexact. Le droit et l’obligation du père de famille,comme tel, est de donner à ses enfants une éducation morale et chrétienne, et une instruction convenable à son état. Si le père de famille est riche et paye des impôts, son droit n'est pas plus grand que celui du pauvre qui ne paye rien.

Le contribuable, lui, peut avoir l'emploi des deniers qu’il fournit pour pour les autres impôts : il n’a pa

le droit de veiller à l'instruction, comme s besoin d’être père de

(1) Il n'était pas nécessaire d'énumérer toute que renferme cette proposition :

lo Le clergé n'est pas commissaire d'école :

20 Si quelques membres du clergé peuvent être nommés ou élus commissaires, il n'y a là absolument rien d'anormal ni en Jaët ni en droit. Au contraire, cette disposition de la loi semble conforme au droit de l'Eglise et

au sentiment catholique de la population ; 30 Quand un prêtre forme partie d’ ques, on ne peut dire que c’est le clergé qui agit par cette commission ;

40 Les membres du clergé, en vertu de certaines charges, peuvent administrer les deniers publics, etc. :

s les autres inexactitudes

une commission avec plusieurs laï-

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famille pour cela ; de fait, parmi les contribuables, il se M rencontre des prêtres et des laïques non mariés (1); ils ont K tous un égal droit de surveillance quand ce droit existe. L.

Ne confondez pas deux droits, si différents par leurs À | origines et par leurs fins. | Il Le premier vient du ciel, le second tient à la terre. Le # premier n’est pas du tout menacé, le second est invoqué en ce moment pour détruire des écoles qui sont l'honneur # de Montréal. À Ted

IV * l’exact

Si, malgré tout, —pour remplacer la question de l’Uni- # ment 0

versité- Laval, —on veut agiter la question de l'éducation et # que j:

celle de l'instruction publique, faisons-le avec amour pour M n'avais

HE PEglise, et suivons les prescriptions qu’elle nous donne | ment | [AL par la bouche des Pontifes ; étudions, réfléchissons, et “M. le

|| consultons, consultons surtout nos évêques. ‘ Comme en # journal I || effet, ” dit Léon XIII, écrivant au président de la Société k D | Ÿ Ç ! lon. [ | d'éducation et d'enseignement en France, ‘ comme le zèle # baton

in ‘ pastoral des évêques pour le salut des âmes qui leur des atlus Ill “ sont confiées ne doit pas être moins loué que leur haute vont se | ‘ sagesse, vous ne pouvez vous écarter du droit chemin# but... et

14 ‘ en suivant fidèlement, dans ces questions d'éducation. # Ouc jh “ la ligne de conduite qu’ils auront jugée, devant Dieu @ S'ilr “]a mieux appropriée à la gravité des temps et des cir-Ï leur bt

“ constances. Nul, d’ailleurs, ne peut douter qu'obéir aux M. I

| : ‘“ conseils et aux prescriptions de ceux que Dieu et lef mes pa

‘ Saint-Siège ont établis juges en Israël, c’est répondre” tement

‘aux vœux du Chef suprême de l'Eglise. ” 4 Aus J'ai l'honneur d’être, 4 mentu

Monsieur le Directeur, 4 d'aborc

Votre serviteur, AL

H Parc

H. À. VERREAU, Ptref ortèts

Montréal, 14 avril 1883.

(1) Sans compter les sociétés, les institutions commerciales, les corpolf (1) Æt

rations religieuses, etc.

MIRE OA ES PR aR ee

itribuables, il se ariés (1); ils ont 4 d ce droit existe. #

er ess] REPONSE DE L'ETENDARD. .

it à la terre. Le 4 ond est invoqué # ——:0:—

ii sont l’honneur

Je donne la réponse de l’Etendard : on pourra juger de

{ l'exactitude et de la force de ses arguments comme du senti-

uestion de l’Uni- # ment qu’il a de sa dignité. Il y a des phrases et des mots

de l’éducation et # que j’aurais certainement remplacés par un blanc, si je

avec amour pour # n'avais craint de voir attribuer ces coupures à un senti-

elle nous donne # ment bien différent de celui que j'ai.

réfléchissons, et À “M. le Principal de l'Ecole Jacques-Cartier s'en prend au directeur du {

ues. “ Comme en # ue M ee son ne strictement DEAN Ne notre

Nniéts @ directeur n'écrit pas tout, et, en particulier, n'a pas écrit l'article en qnes-

ons de la Société | tion. Mon této ts. cela ne a à la chose Si os

comme le zèle ®@ signalons le fait, c'est seulement pour montrer qu’il arrive, quelquefois, que

s âmes qui leur @ des allusions que l'on juge mordantes, que des traits que l'on croit mortels,

16 que leur haute vont se perdre dans le vide, sans avoir d'autre chance que d’effleurer le du droit chemin®# but... et encore ? ”

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