‹ Témoignage devant la Commission royale [microforme]Chapitre 19 sur 43 · DRE · texte numérisé non relu

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‘ puissent exercer sans entrave leur influence et leur con- “ trôle. ”

Que, pour les écoles, la décentralisation doive être la plus complète possible, c’est un principe que je ne puis admettre d’une manière absolue. Je le laisse passer cependant, pour ne pas m'écarter du sujet principal.

Il faut distinguer cette autre proposition : la paroisse est l'organisation qui se rapproche le plus de la famille.

La paroisse, établie par l'autorité civile, pour le bien civil & politique des citoyens qui sont tous considérés Comme égaux, etc. je le nie.

Cette Organisation, dans la province de Québec, tient beaucoup plus de la république que de la famille.

La paroisse, établie et réglée par l'Eglise, pour le bien surnaturel des fidèles, etc. Je l'accorde. En effet, le curé institué par l’évêque, a autorité pour veiller, diriger et commander ; les fidèles doivent lui obéir avec empressement, respect et amour.

Mais l’Etendard ne peut invoquer ici ni l’organisation religieuse de la paroisse, ni l'autorité du curé, ni le pouvoir de l’évêque : “ Du moment, dit-il, que l’on laisse à “ l'Eglise le contrôle et la surveillance qu'elle à droit ‘ d'exercer, l'évêque et le curé n’ont rien à dire ”, C’est affirmer, en d’autres termes, qu’on n’a pas besoin de l’organisation paternelle de la paroisse, Cette Proposition est rendue encore plus évidente par celle qui la suit: « C’est

‘à nous, pères de famille et À Nous sEur.s qu’il appartient ‘de réclamer à ce sujet ”?,

Vous ne pouvez plus le faire qu’en qualité de membre de la société civile, réclamant contre des torts que la s0-

ciété civile est capable de redresser, et employant, pour

arriver à votre fin, les moyens que l’organisation politique du pays met à votre disposition

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Maintenant, je dis :

Si par les paroles citées plus haut, vous entendez, M. le Directeur, qu'il faut, autant que possible, accorder aux différentes c':3$es de notre population des écoles qui correspondent à leurs besoins religieux et sociaux, je partage votre opinion. En effet, il y a des enfants qui ne reçoivent d'autre instruction religieuse que celle de l’école : elle devra être plus soignée et, selon le désir de Léon XIII, aussi complète que leur âge et les circonstances le permettent ; d’autres devront recevoir une instruction élémentaire qui leur permette d'entrer en situation au plus tôt ; d’autres, enfin, grâce aux ressources de leurs parents, peuvent prétendre à un enseignement plus relevé.

Si telles sont vos idées, je les crois très justes, et jy concours de tout mon cœur, sans accorder, cependant, que le groupement territorial de la paroisse, soit l'unique moyen d'atteindre ce but.

Je suis persuadé du contraire.

D'après votre principe, chaque paroisse, le plus grand nombre du moins, serait obligée d’entretenir plusieurs espèces d'écoles. Les paroisses riches pourront toujours le faire, il est vrai ; mais les paroisses pauvres ?

L'organisation scolaire, telle que vous la désirez, et les principes émis plus haut. et que j'ai réfutés hier, conduisent nécessairement à la division territoriale des taxes. Heureuses les paroisses où la propriété a une valeur considérable, où se trouvent les grands propriétaires, les s0ciétés, les institutions commerciales !

Ailleurs, ces taxes tomberont sur les locataires, c'est-àdire le plus souvent sur les pauvres.

L'organisation actuelle me paraît plus simple, et aussi plus rationnelle pour une grande ville où les extrêmes de la richesse et de la pauvreté se touchent.

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* Toute théorie contraire est attentatoire à la liberté et ‘est contraire à l’ordre naturel des choses ”, x Ne trouvez-vous pas, M. le Directeur, que l’Etendard

un peu trop jusqu'aux dernières conséquences ?

J’ai l'honneur d’être, Monsieur le Directeur,

Votre servite ur,

H. A. VERREAU, Ptre.

Montréal, 20 avril 1883 (1).

(1) Publiée le 25.

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