‹ Témoignage devant la Commission royale [microforme]Chapitre 39 sur 43 · IMAGE EVALUATION TEST TARGET (MT · texte numérisé non relu

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Or, à qui appartient le droit de donner l'éducation aux enfants ? Aux parents.

Alors le droit étant reconnu, qu'on l'applique.

Que l'Etat rentre dans son rôle dont on s'efforce de le faire sortir.

Que l'Etat ne vienne pas se substituer plus où moins aux parents, quand ces derniers sont prêts à accomplir leurs devoirs.

Que l'or reconnaisse aux pères de famille l'exercice complet et effectif du droit de donner, sous le haut contrôle de l'Eglise, l'éducation à leurs enfants ; et par ce mot éducation, il faut entendre non-seulement l'enseignement religieux et moral, mais aussi l'enseignement intellectuel.

Que l'Etat protège l'exercice de ces droits, qu'il aide aux familles à uccomplir leurs devoirs et qu'il leur en fournisse les moyens lorsque besoin est. Mais que cet aide, dont il peut surveiller l'emploi, ne lui serve pas de prétexte pour se substituer aux parents, pour diriger l'éducation, en un mot pour se faire enseignant.

Et que notre législation, s'inspirant de ces principes d'ordre naturel, laisse à chacun ce qu'il a droit d’avoir et place chacun dans son rôle.

Encore une fois, si vous avez des écoles établies par vous et par vos amis, envoyez-y vos enfants, ni l'Etat ni les commissaires n’interviendront pour vous empêcher.

Si vous n’en avez pas, vous pouvez, seul ou avec d’autres, en ouvrir et faire concurrence aux écoles de: commissaires,

Mais si vous envoyez vos enfants aux écoles publiques. vous ne pouvez avoir la prétention de vous substituer aux autorités qui les dirigent pour choisir les maîtres, les mcthodes, etc. Vous devez accepter ces écoles, du moment qu’elles offrent, pour la morale et la religion, des garanties jugées suffisantes par l'autorité religieuse.

Vous ne pouvez,en même temps,réclamer en votre faveur tous les avantages de la liberté individuelle, et invoquer contre les autres les prescriptions de la loi.

Non, l’autorité de l'Etat ne peut aller jusqu’à forcer le: propriétaires à vous donner de l'argent dont vous feriez ce que vous voudriez.

Ce serait plus qu’une injustice, ce serait une absurdité.

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Et cependant, si les phrases de l’Etendard signifient quelque chose, ce sont bien là ses prétentions.

Que l'Etat, dit-il, aide aux familles à accomplir leur devoir et qu'il leur en Journisse les moyens, mais que cet AIDE DONT 1L NE PEUT SURVEILLER L'EMPLOI, ne lui serve plus de prétexte pour se substituer aux parents pour diriger l'éducation.

Fournir les moyens, d’après la signification reçue et les idées que défend ici l’Etendard, c'est fournir les ressources pécuniaires.

Que l'Etat fournisse de l’argent aux familles !

C’est la conséquence où conduit la théorie de l’Etendard ; mais j’espérais qu’il ouvrirait les yeux avant de la tirer. Je croyais arriver aux limites des suppositions possibles en le prévenant, pp. 57, 87, que, pour soutenir sa thèse, il serait obligé de prouver que l'Etat doit payer l’instituteur choisi par le père de famille.

L’Etendard est forcé d’aller plus loin.

L'Etat devra payer chaque famille.

L'idée ne srrait pas précisément nouvelle; il y a longtemps que les communistes l’ont invoquée en France : mais au début, ils y ont observé une certaine pudeur : s'ils réclamaient le droit au travail, ils voulaient bien en retour mettre leurs bras au service de l'Etat.

Ici c’est plus simple : l'Etat fournira aux familles l’argent dont elles auront besoin pour faire instruire leurs enfants mais il n’aura pas le droit de veiller à l'emploi que la famille en fera: cet argent pourra aller à l’épicier, passer à la modiste : il est donné ; l'Etat n'a plus à s’en occuper.

Mais si l'Etat n’a point de contrôle sur l'emploi de l'argent, pourra-t-il en avoir sur l'étendue. des besoins qui rendent cette aumône nécessaire ?

A ceux qui répondraient oui, je ferais remarquer qu'ils ouvrent la porte de la maison à l’Etat, lequel pourra bien étendre son inspection jusqu'aux repas de la famille, comme le redoute M. l'abbé Pillet.

Ceux qui diraient non auraient au moins le mérite d’être logiques ; mais, en livrant le trésor de l'Etat à la rapacité, et à l’incurie du premier venu, ils se priveraient de la consolation et du droit d'obtenir des commissions royales,

Comme question de fait, si le gouvernement canadien à réglé notre système d'instruction, ce n’est pas parce qu’il fournit quelque chose au fonds des écoles communes.

Les sommes que les contribuables paient pou: les écoles, sommes que l’on trouve excessives, ne viennent pas plus du gouvernement que les millions souscrits par la ville de Montréal pour secourir des villes incendies ou pour aider à la construction d’un chemin de fer.

Ces sommes sont prélevées pour le but spécial des écoles ; vous pouvez les suivre depuis le moment où elles quittent votre portefeuille jusqu’à celui où elies achèvent d’être dépensées. Le gouvernement est obligé d’en surveiller l’administration et de protéger vos droits. Et la nomination de la Commission royale est la meilleure preuve de ce que j’avance.

Si l’argent était sorti immédiatement de ses cu. $, le gouvernement, pour se rendre compte de son emploi, n’aurait eu besoin que d’envoyer ici un employé chargé de ces sortes d'examens.

Voilà ce qui établit la grande différence qui existe sous ce point, entre les écoles de Montréal et les institution: qui reçoivent des subventions, comme presque tous les collèges et les couvents. A ceux-ci le gouvernement peut demander un compte justificatif ; il peut augmenter ou diminuer la subvention. Il peut en priver les uns pour la donner aux autres, suivant qu'il croit avoir des raisons légitimes : mais il ne pourra jamais donner à une municipalité étrangère les sommes prélevées, pour les écoles, dans une autre municipalité, quelque grands que soient les revenus de celle-ci : sous ce rapport, les écoles

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Si nous réclamons, ce n'est pas seulement pour nous, pères de famille de Montréal, mais aussi pour les pères de famille du reste de ln province dont les droits cessent d'avoir une garantie légale du moment que l'Etat s'arroge ailleurs le pouvoir de les exercer lui-même.

Donnons à ce raisonnement sa forme rigoureuse :

Du moment que l'Etat veut, dans un pays, s'emparer des droits des citoyens, ailleurs -— c'est-à-dire dans les autres pays — les citoyens n’ont plus la garantie légale des droits de même espèce ;

Cr, l'Etat en France s’em pare des droits que les parents ont à l'éducation de leurs enfants :

Donc, les pères de famille canadiens n’ont plus de garantie légale pour protéger leurs droits dans l'éducation, etc.

Passons.

Nous sommes duns un règne de légalité. De nos jours, on conteste tout droit qui n’est pas sanctionné par un étaux (1) de législation.

Ce que nous voulons, c'est la reconnaissu.…e légale de nos droits : c'est leur reconnaissance théorique et pratique, entière, complète et sans restiction. :

En cela, nous sommes d'accord avec les graves autorités que nous avons citées. La doctrine qu'elles énoncent avec tant d’unanimité et tant de

précision est In nôtre ions nons en sommes inspirés et nous l'acceptons sans réserve,

Me voici rendu à la fin de cette longue discussion soulevée à l’occasion de mon témoignage devant la Commis. sion Royale.

Le lecteur qui l’oura suivie jusqu'au bout devra être convaincu que j'avais eu raison de dire :

10 Que les droits des pères dans l’éducation et linstruction civile sont respectés par les lois et par les commissaires de Montréal, p. 9 ; Ù

() Etat ?

20 Que leurs droits en ce qui concerne l’enseignement religieux sont respectés, p. 10 4

30 Que les droits de l'Eglise sont respectés, pp. 11,11,12;

40 Que nos instituteurs ne sont pas les fonctionnaires de PEtat, p. 18 ;

50 En d’autres termes, que l'Etat en Canada n’est pas enseignant.

Dans le cours de la discussion, j'ai fait connaître :

10 Ce qu'est l'Etat enseignant, pp. 125-151.

20 Quels sont les droits de l'Etat dans l’enseignement, pp. 151--181.

Je me suis appuyé principalement sur Léon XII, la $. : des Etudes, instituée par ce grand Pape, —$St Thomas, les théologiens réunis à Rome pour préparer le Concile, — Taparelli, Dr de Angelis, le Cardinal Zigliara, Mgr Baillargeon, l'abbé Moulard, etc.

Le lecteur a dû se convaincre, plus d’une fois, que l’Ætendard ne connaît pas d’une manière suffisante :

10 Les principes élémentaires de la dialectique ; 20 Les lois qui règlent l'instruction en Canada ! 30 Les droits des contribuables ;

40 Les droits des parents ;

50 Les droits de l'Etat :

60 Les droits de l'Eglise.

D'un autre côté, j'ai été accusé :

1o De n'avoir pas fait connaître, dans mon témoignage. les principes qui établissent les droits des parents ;

20 De ne l'avoir pas fait, parce que je me serais trouvé dépaysé sur ce terrain, c’est-à-dire, parce que je ne connaissais pas ces principes, ou parce que j'étais habitué à les dissimuler ;

80 ‘De vouloir favoriser l'Etat par des motifs indignes d’un homme d'honneur, indignes surtout d’un prêtre ;

40 J'ai été accusé par le Cher Frère Réticius, et par

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l’Etendard, d'avoir inventé toute une histoire afin d'arriver à mes fins perfides :

50 J’ai été accusé devant la Commission Royale par M. Bourgoin, d'après le Journal des Trois-Rivières, d’avoir aflirmé, au sujet de la Constitution de Léon XII ‘ des choses inexactes, des faussetés même ”, au point, ajoutait M. Bourgoin, que ‘“ ses dires renferment quelques-unes

‘* de ces ruses fanilières aux plats adulateurs du pouvoir ‘civil et des abbés de cour. ”

C'est-à-dire qu’on s’est cru dispensé à mon égard des lois élémentaires de la justice.

Cependant, je crois avoir dit la vérité dans mon témoignage ; je l'ai défendue dans l’Ætendard et contre l’Etendard, et je viens de l’exposer avec plus de détails dans ma réplique.

Mais, à l'Eglise seule, il appartient de décider d’une manière infaillible. Elle est le juge suprême des discussions où les droits de la Religion, ceux de la morale et de la discipline se trouvent engagés. C’est à son tribunal que je soumets la doctrine émise dans les pages précédentes :

le reste, je l’abandonneà la science et à la bienveillance du lecteur.

Iots EE.

J'ai promis, page 15, note, et page 184, de m'occuper de l'accusation portée contre moi par le Cher Frère Réticius, accusation répétée par l’Ætendard.

Le 17 avril, l’Ætendard publiait, à la bonne place, une lettre où le F. Réticius me prenait à partie, ainsi que le très digne curé de Chambly, M. l'abbé Lesage.

De cette lettre, je ne relèverai ici que les deux extraits suivants.

Quant aux pupitres de l'Islet que le Rév. monsieur Verrault propose comme exemple, je ne vois pas trop ce que les pupitres ont à faire ici, si ce n’est pour jeter le ridicule sur une congrégation religieuse, dont les règlements sont momifiés À ce point qu'un chapitre général est nécessaire pour remplacer les tables rustiques de l’Islet par des bureaux-pupitres.

“,...M. Delage, curé, avait insisté pendant quelque temps auprès du directeur des frères chargés de l'école pour faire donner aux élèves des pupitres et des sièges, comme nous en avons À l'école normale ; mais alors les règles de l’Institut ne permettaient pas au directeur de faire ce changement. Plus tard, les règles ayant été modifiées, on donna aux enfants des pupitres et des sièges, et les enfants se trouvant commodément assis, ayant devant eux un pupitre convenable, se montraient, d'après mon curé, à la fois plus tranquilles, plus studieux, et les progrès devinrent sensibles. ”

Voici ce que m'écrit le Frère Directenr de l'Islet : « Les tables qui furent faites en 1853, lors de la fondation de l'établissement, existent encore aujourd’hui avec leur forme primitive ” — « Jamais le R. M. Delage ne m'a demandé de remplacer les tables par des bureaux-pupitres ”--M. le Grand- Vicaire Delage m'a chargé de vous dire qu'il ne s’est jamais occupé du mobilier de nos classes. ”

Après l'histoire inventée des pupitres de l’Islet, viennent des choses beaucoup plus sérieuses, des insinuations où il est difficile à la meilleurr bonne volonté de trouver l'amour de la vérité et la pratique de la charité.

Comme j'avais parlé, d’une manière générale, de la po-

sition plus ou moins indépendante des religieux vis-à-vis les évêques et les curés, le Cher Frère ajoute plus loin :

3. ....J'ai porté la dépendance--ce dont je me félicitejusqu'à ne pas publier une ligne de cet écrit grossier et scandaleux ” (1) que me reproche le Rév. M. Verreau sans prendre avis de ceux do nt il semble craindre que nous soyons trop indépendants.

L’accusation d’avoir inventé l'histoire des pupitres de l’Islet était bien grave ; mais comme j'avais vu ces pupitres de mes propres yeux, et qu’il s'agissait d’un fait constant, je dus croire que le Frère se trompait ou qu'il trompat, je n'avais pas d'autre alternative.

Dans le premier cas, j’espérais qu’à sa première visite officielle à l’Islet, il s’'empresserait de rétablir les faits publiquement ;

Dans le second cas, je ne pouvais me défendre qu'en montrant la calomnie, et en causant du scandale.

Comme les intérêts de la Religion doivent l'emporter sur ceux d’un simple prêtre, je résolus de garder le silence sur ce point.

Je ne m’arrétai qu'au second, — celui des approbations épiscopales, — voulant donner au Cher Frère l’occasion de réfléchir. J’écrivis donc à l’Etendard.

Monsieur le Directeur,

Permettez-moi de poser deux questions aux Cher Frère Réticius.

I] dit :

“8. J'ai porté la dépendance — ce dont je me féli- ‘* cite—jusqu’à ne pas oublier une ligne de cet écrit gros- ‘* sier et scandaleux ” que me reproche le Rév. M. Verreau ‘sans prendre avis de ceux dont il semble craindre que ‘nous soyons trop indépendants. ”

Je désire savoir : 1o s’il a eu dans ce cas l'approbation et l’autorisation :

a Du Séminaire de Montréal ;

(1) Le pamphlet publié par le Cher Frère Réticius.

ux vis-à-vis lus loin :

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je me féli- ; écrit gros- M. Verreau aindre que

robation et

b De Monseigneur l'Evêque de Montréal :

c De Sa Grâce Mgr l’Archevêque de Québec.

2. Dans quels termes étaient cette approbation et cette autorisation. .

J'ai l'honneur d’être,

Monsieur le Directeur,

Votre serviteur,

H. À. VERREAU, Ptre.

Montréal, 18 avril 1883.

Du 18 avril jusqu'au 10 juillet, je n’entendis parler de rien. A cette date, l’Ætendard m'apostropha comme on l’a vu plus haut, p. 184. Puisqu’il se servait de mon silence comme d’une preuve qui me condamnait, puisqu'il renchérissait sur l'accusation du Frère Réticius, je n'étais plus libre de me taire.

Voici ma réponse :

A AL. le Directeur de L'ETENDARD.

M. le Directeur,

On lit dans l’£tendard de ce matin :

“Convaincu par le frère Réticius d'avoir affirmé dans son témoignage l'existence d’un fait qui n'existe pas (voir ‘lettre du F. Réticius, Ætendard du 17 avril), que pensez- ‘ vous que va dire M. l'abbé Verreau ?

‘ Admettre qu’il s’est trompé et expliquer comment la ‘* chose a pu arriver ? puis prier les commissaires de re- ‘‘ trancher cette partie de son témoignage ?

“Oh non! T1 a une autre tactique que cela. ”

Voici le fait auquel l’£tendard fait allusion :

Dans mon témoignage devant la Commission Royale, j'avais cité l'exemple de l’école des Frères de l'Islet, où des pupitres ont remplacé les anciennes tables. Le cher Frère Réticius, dans l’Etendard du 17 avril, vint déclarer que cette histoire des pupitres est inventée, ” et que ‘‘ les

‘* tables, qui furent faites en 1858, lors de la fondation de l'établissement, existent encore aujourd’hui avec leur ‘* forme primitive. ”

Maintenant le lecteur se trouve placé entre deux alternatives :

Ou le fait que j'ai attesté sous serment est faux, ou il est vrai.

Dans le premier cas, je me suis rendu coupable de parjure ;

Dans le second cas, l'accusation portée contre moi par le Cher Frère Réticius est une calomnie atroce.

Voici des témoignages qui me semblent devoir trancher la question :

‘* Je, Charles Marcotte, notaire public, déclare solennellement que les chers Frères des Ecoles Chrétiennes ont changé le mobilier des deux premières classes ; au lieu de bancs attenant aux tables, il a été substitué des pupitres avec chaises. Ces changements ont été opérés depuis en-

viron huit ans.

‘* Dans les basses classes, on se sert encore de bancs et de tables, mais les bancs sont détachés des tables.

** Les tables ainsi remplacées ont été vendues à d’autres écoles.

‘* Je fais cette déclaration solennelle, la croyant consciencieusement vraie, et en vertu de l’acte passé dans la trente-septième année du règne de Sa Majesté, intitulée : Acte pour la suppression des serments volontaires et extrajudiciaires.

[Signé,] Cus. MaRcOTrTE.

‘* L'Islet, 25 avril 1888 ”,

“Je, Pierre Lamarre, de la paroisse de l’Islet, meublier, déclare solennellement qu’il y a environ neuf ans, à la demande du très cher Frère Chrysostôme, directeur de l'Ecole des Frères de la Doctrine Chrétienne, à l’Islet, et du Révd M. F. X. Delage, alors curé de l’Islet, j'ai fait pour les deux premières classes des pupitres en frêne, dont

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on se sert depuis cette époque, Les chers Frères et M. l'abbé Delage étaient bien contents de mon ouvrage : ils considéraient ce changement comme une grande amélioration, vu que ces pupitres donnaient plus de confort aux élèves, J'ai fait à peu près vingt-huit de ces pupitres ; on me donnait quatre piastres et soixante cents par pupitre, et c’est le Frère directens qui m'a payé, Je fais cette déclaration solennelle, Ja croyant consciencieusement vraie, et en vertu de l’acte passé dans la trente-septième année du règne de Sa Majesté pour la suppression des serments volontaires et extra-judicinires.

“ L’Tslet, 25 avril 1883.

su PIERRE X LAMARRE.

marque L. Z. Duval,

Ed. Fortin, Témoins.

Te. soussigné, Achille Caron. menuisier et meublier de la paroisse de l’Islet, après avoir pris connaissance de la déclaration de Pierre Lamarre, déclare que j'ai moi-même travaillé aux pupitres mentionnés dans cette déclaration. que je corrobore et confirme en tout, comme contenant la vérité. En foi de quoi j'ai signé la présente, à l'Islet, ce 25 avril 1883.

ACHILLE CAROX, ”

Je crois que ces preuves sont suffisantes,

Mais, j'en pourrais apporter d’autres qui m'ont été envoyées spontanément.

Peut-être aurais-je dû les publier plus tôt,

Mais, cette fois encore, comme à l’époque où le Cher Frère Réticius publiait sa brochure, des membres du clergé, qui ont toute ma confiance et tout mon respect,

m'ont demandé de garder le silence pour éviter un scandale.

D'ailleurs, je devais croire que le Cher Frère, prévenu

de la fausseté de son accusation, se serait empressé de la réparer.

Il faut que je me sois trompé, puisque l’Ætendard, qui en a été le premier confident, la réédite ce matin. J'ai l'honneur d'être,

Monsieur le Rédacteur,

Etc., etc.,

H. A. VERREAU, Ptre.

Montréal, 10 juillet 1888.

En face de témoignages aussi clairs et aussi positifs, l’Etendard voulut se tirer d’affaires en prenant une voie détournée. Je cite ses explications, et je prie le lecteur de vouloir bien les comparer avec l'accusation.

NoTs DE LA RÉDACTION.——Nous avons voulu--incidemment--dans notre article du 10 juillet, illustrer par un exemple la tactique de M. l'abbé Verreau ; et le fait auquel se rapporte sa correspondance nous est venu le premier au souvenir.

L'ordre des souvenirs importe peu : l’usage qu’on en fait est tout. Cependant, je considère comme une espèce de rectification l’hésitation tardive de l’Etendard : il voit qu’il a contribué à une mauvaise action,et il voudrait s'en laver les mains.

Nous l'avons mentionné dans ce seul but, et non pou: accuser notre contradicteur comme il le laisse à entendre, puisque l'on peut, de bonne foi, et sans se rendre coupable de parjure, affirmer sous serment l'existence d'un fait qui n'existe pas, lorsque par ane méprise explicable. on est bien convaincu que le fait existe.

L'Etendurd a raison, —mais contre sa thèse, —et la preuve qu’il donne condamne complètement le Cher Frère Réticius. De ce que le fait rapporté par A n'existe pas, on ne peut conclure que A l’a inventé : il a pu se tromper ou être trompé de bonne foi.

Le Cher Frère a donc eu tort de conclure : M. Verreau a inventé cette histoire.

Le dilemme de M. l'abbé Verreau porte donc à faux—comme ses correspondances sur la question des écoles. Il ne s'agissait nécessairement ni de parjure d’un côté, ni de calomnie atroce de l'autre. M. l'abbé aime trop à forcer la note ; nous le lui avons déjà dit.

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C’est le Cher Frère Réticius qui a posé les conditions du dilemme quand il a affirmé la proposition : M. Verreau a inventé l’histoire des pupitres. J'ai pris la contradictoire: M. Verreau n'a pas inventé l'histoire des pupitres.

Je demande pardon au lecteur de l’ennuyer de termes techniqnes ; mais je suis forcé de rappeler à l’E£tendard ce principe élémentaire : ‘entre deux propositions contra- “ dictoires, il n’y a pas de milieu: si l’une est vraie. * l’autre est fausse. ”

Je me suis placé sur le terrain où me pou: t la conclusion du Cher Frère Réticius : 10 Ou M. Verreau a inventé cette histoire des pupitres, 20 ou il ne l’a pas inventée. S'il est convaincu de l'avoir inventée, il est par là même convaincu d'avoir dit une chose qu'il savait être fausse et cela sous serment. S'il ne l’a pas inventée, le Cher Frère Réticius le calomnie, — même en supposant que les bureaux-pupitres n'aient jamais existé. — La question n’est plus, en effet, de constater l'existence de ces meubles, mais de savoir si M. Verreau en a inventé l’histoire.

Il ne nous appartient pas de contredire notre correspondant concernant les pupitres de l'Islet. Cet incident n’a aucun rapport avec la discussion soutenue par nous et n'affecte en rien nos arguments.

Dans ce cas, pourquoi l’avez-vous jeté dans la discussion ? pourquoi mêler des questions qui n’ont aucun rapport entre elles ?

D'ailleurs, il appartient au cher frère Reticius d'y répondre s'il le juge à propos.

Seulement, une remarque nous vient à l'esprit. IL nous semble que M. l'abbé Verreau fait encore ici un léser déplacement de la question — influence de l'habitude — Voyons :

Dans son témoignage M. l'abbé Verreau a dit :

‘“....M. Delage, curé, avait insisté pendant quelque temps auprès du directeur des frères chargés de l'école pour faire donner aux élèves des pupitres et des sièges comme nous en avions à l'école normale ; mais alors, les règles de l'institut ne permettaient pas aux directeurs de faire ce chan-

gement. Plus tard, les règles ayant été modifiées, on donna aux enfants ces pupitres et ces sièges, et ces enfants se trouvant commodément "assis,

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