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ayant devant eux un pupitre convenable, se montraient, d'après mon curé,
à la fois plus tranquilles, plus studieux, et les progrès devinrent sensibles. ” Le frère Réticius à répondu :
Voici ce que m'écrit le frère directeur de l'Islet : « Les tables qui furent
faites en 1853, lors de la fondation de l'établissement, existent encore aujourd’hui avec leur forme primitive” — « Jamais, le R. M. Delage ne m'a demandé de remplacer les tables par des bureaux-pupitres "—M. le Grand- Vicaire Delage m'a chargé de vous dire qu'il ne s'est jamais occupé du mobilier de nos classes. ”
Il est évident que le fait principal dont l'existence est niée par le frère Réticius, c'est l'énsistance de M. l'abbé Delage, curé de l'Islet, à faire changer les tables en pupitres.
Cela n’est évident pour personne, pas plus pour l’Etendard que pour le Cher Frère Réticius.
On vient de lire les paroles de celui-ci: ‘ Je ne vois pas trop ce que ces pupitres ont à faire ici,si ce n’est pour jeter du ridicule sur une congrégation religieuse dont les règlements sont momifiés à ce point qu’un chapitre général est nécessaire pour remplacer les tables rustiques. ” Et plus loin :
“ Voici ce que m’écrit le Frère Directeur de lIslet : les tables... existent encore avec leur forme primitive ”.
D'ailleurs, on n’a qu’à jeter un coup d’œil sur mon témoignage, pp. 14 et 15, pour voir que je parlais de l’influence des meubles accommodés à l’âge ct au genre de travail des élèves.
Car M. l'abbé Verreau s'appuyait sur cette prétendue demande de M. Delage pour justifier et établir sa thèse concernant le mobilier luxueux
, dans les écoles, thèse que l’un de nos amis réfutait d’un mot et ridiculisait en même temps en l'intitulant : 4 De l'influence du bois franc dans l’enseignement. ”-—Et la négation du frère Réticius reste encore sur ce point.
Pour appuyer ma thèse de l'influence, —non pas du mobilier luxueux mais du mobilier utile, — j'ai cité deux états différents de l’ameublement donné aux élèves de lIslet : d’abord, tables avec sièges fixes, très incommodes, ensuite pupitres avec chaises mobiles. — Que M. le curé ou MM. les commissaires aient provoqué, ou non, le changement, cela n’affaiblit en rien cette thèse.
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Quant à ceux qui parlent pertinemment et élégamment de l’influence du bois franc dans l’enseignement, doit-on supposer qu’ils préfèrent ce qu'on peut appeler, avec non moins d'élégance, l’influence du bois mou ? Cette influence, plusieurs personnes l'ont constatée dans certaines institutions dont les tables présentent un fouillis d’arabesques et dentelures fantastiques à faire croire qu’une tribu de rongeurs à passé par là ; ils ont pu la constater dans les habitudes d'élèves qu’il faut, quand ils nous arrivent, garder et surveiller comme des êtres malfaisants.
Rien ne pouvait faire soupçonner que, duns le témoignage de M. l'abbé Verreau, il ne s'agissait que d'une partie du mobilier de l'institut de l'Islet. Car, il ne fallait rien moins qu'un changement radical et complet en cette matière pour rendre les élèves 4 à la fois plus tranquilles, plus studieux ” et 4 plus sensibles leurs progrès. ”
Donc, vous avez compris qu’il s'agissait du mobilier et non pas d’autre chose.
Maintenant, les témoignages recueillis par M. l'abbé Verreau constatent qu'il n'y a eu qu'environ vingt-huit pupitres de changés, et que deux classes seulement—et les deux moins nombreuses—ont été favorisées de ce changement.
La thèse de M, l'abbé Verreau besoin, pour se soutenir, d’un autre exemple que celui-là. Si l'effet fut aussi merveilleux, comment expliquer que l'on ait laissé en place la presque totalité de l'ancien mobilier ?
Et si c'est de cette vingtaine de pupitres que parlait M. l'abbé Verreau dans son témoignage, comment expliquer qu'il faisait découler de 1à les progrès subits et étonnants des élèves ?
On se trouverait alors en présence d'un phénomène inouï et inexplicable : 150 élèves faisant des progrès intellectuels plus rapides rien qu'à regarder les pupitres de vingt huit d’entr'eux.
Ces vingt-huit pupitres contenaient chacun trois places, ce qui fait un total de 84 places, nombre qui représente au moins les deux tiers des élèves. Comme les pupitres étaient donnés aux élèves les plus avancés — ceux des classes supérieures qui sont plus souvent astreints à un travail de bureau, —on peut dire à priori que le changement obtenait son efficacité. En effet, c'est le progrès prévu ou
espéré qui «@ été le motif du changement : autrement on aurait agi en aveugle, ou par un simple motif de vanité.
IL est évident que ce n'est pas ce que M. le principal de l'Ecole Normale Jacques-Cartier a voulu dire dans son témoignage. Et c'est probablement pour cela qu'il n'a pas publié plus tôt des “ déclarations ” qui ne confirment en rien sa thèse.
Le sophisme, toujours le sophisme.
Ma thèse, dans le témoignage, est que le mobilier de l'école exerce une certaine influence sur l'élève :
Ma thèse. dans la réponse à l’Etendard, est que des pupitres ont été donnés aux élèves de l’Islet : et que je n’en ai pas inventé l’histoire ;
“ Les déclarations ” n’ont rien à faire avec la première thèse ; mais elles prouvent la seconde.
Dans la réponse que j'adressai immédiatement à l’Etendard, je jugeai inutile d'entrer dans ces détails, je m'en tins à la question principale.
À M. le Directeur de L'ErEeNDpaRD,
L’Etendard revient à la charge, et se plaint que je dt-
place la question. Je ne la déplace pas, je la place.
Le Cher Frère Réticius m'accuse d’avoir INVENTÉ l’histoire des pupitres de l’Islet ; je prouve que l’accusation du Frère Réticius est FAUSSE.
Voilà la question.
L’Etendard trouve maintenant qu’il n’y a là qu’un détail insignifiant,
‘On peut ”, dit-il, ‘ de bonne foi et sans se rendre ‘coupable de parjure affirmer sous serment l'existence * d’un fait qui n'existe pas, lorsque, par une méprise ex- “* plicable, on est bien convaincu que le fait existe. ”
C’est possible.
Seulement, je regrette que l’Etendard n'ait pas songé plus tôt à me faire bénéficier de cette interprétation bénigne.
. Mais comment qualifier l’acte de celui qui, censé avoir
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N'est-ce pas à lui qu’incombe le devoir ‘ d'admettre ‘qu’il s’est trompé, et d'expliquer comment la chose à pu ‘arriver, puis de prier les Commissaires de retrancher ” cette partie ” de la lettre qu’il leur à adressée ?
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L’Etendard m'a reproché ensuite de poser des questions sur un autre point.
Voici ce point :
Le Cher Frère,rappelant la brochure qu’il à publiée à la suite de l'exposition scolaire, brochure qui renferme des accusations diffamatoires contre l'honorable Surintendant, contre M. Archambault, le digne Principal de l'Ecole Polytechnique, contre un prêtre, votre serviteur, fait la déclaration suivante dans l’Etendard du 17 avril :
3. “ J’ai porté la dépendance — ce dont je me félicite — jusqu’à ne pas publier une ligne ‘‘ de cet écrit grossier et scandaleux ” que me reproche le Rév. M. Verreau sans prendre avis de ceux dont il semble craindre que nous Soyons trop indépendants. ”
Le Cher Frère ne nomme pas les personnes dont il a : pris l'avis ; il ne dit pas même qu’il a suivi cet avis, s’il lui a été donné.
Mais la phrase est construite de manière À faire croire qu’il s’est adressé à NN. SS. les Evêques, et que c’est d’après leur avis qu'il a publié son pamphlet.
Telle est l'interprétation qu’on a donnée généralement à ce passage.
C’est pour dissiper cette équivoque que j'ai adressé mes questions au Cher Frère Réticius.
Il n’a pas répondu, et pour cause.
En effet, voici ce que Sa Grâce Mgr l’Archevêque de Québec me fait l'honneur de m'écrire :
nt
“Je n’ai connu la susdite brochure que quand elle m'est : arrivée, comme tout autre document rendu public par ‘ son auteur, et si on m’eut demandé ce que j'en pensais, ‘“‘je ne l'aurais pas approuvée. ?
Et Mgr de St Hyacinthe :
‘ Au sujet du Cher Frère Réticius, j'ai reçu son pamss * phlet après qu il l eût publié: c’est la première nouvelle ‘‘ que j'en ai eue.
Et Mgr de Shert “oke :
* Je n'ai connu it. “ochure du Frère Réticius, parue. il
* y a deux ans, qu ’après sa publication, et je n'ai jamais ‘ été consulté au sujet de cette brochure. ”
Il paraît que j'ai été l’objet d’autres accusations auxquelles l’Ætendurd, je le reconnais, est demeuré étranger.
M. Bourgouin, s’il faut en croire le Journal des Trois- Rivières du 20 avril, aurait dit devant la Commission
Royale, au sujet de la constitution de Léon XII :
‘* Je sais de source certaine aujourd’hui que M. l’abbé ‘ Verreau a affirmé au sujet de cette grave autorité des
‘* choses inexactes, des ‘aussetés même.
M. Bourgoin promettait de donner prochainement la preuve de ses accusations. Je regrette qu’elle n'ait pas encore été publiée. Peut-être n’a-t-il pu se procurer le document papal.
Je le tiens ici à sa disposition : il pourra le consulter dans le Magnum Bullarium romanum, dans les Analecta juris Pontifici, qui en ont fait une étude savante et approfondie ; et, enfin, dans la collection des lois et ordonnances de la S. C. des Etudes, chargée par Léon XII lui-même d'exécuter et d'interpréter sa constitution.
J'ai l'honneur d’être, Monsieur le Directeur, Votre serviteur, H. A. VerREau, Ptre.
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