SOUS L E P R E M I F. R E M P I
tenant, ce furent Corneille, Bossuet et Tacite. Ses
admirations indiquent tle (juelle famille était son talent. Tacite, surtout, dit-il, devint son maître, et il se proposa de l'égaler. Ces guerriers du premier Empire ne doutaient de rien.
On n'a presque jamais le talent qu'on souhaiterait, l'important est qu'on en ait. Bien que, par plus d'un trait. Se^ur ne soit pas indigne de l'historien immortel, Ségur ne rappelle pas Tacite. Outre que notre langue résiste a la concision solennelle de ce style lapidaire, le Romain et le Français obéissaient a une inspiration opposée. Tacite,, spectateur d'une décadence, juge plus qu'il ne raconte, expose de l'indignité universelle ce qu'il faut pour justifier ses condamnations, et ses Anuales sont d'incomparables sentences de mort, portées contre son temps par un génie solitaire dans sa probité. Ségur parle parce qu'il admire, parce qu'il aime, les faits, dans leur grandeur et leur multitude, font la vie de son récit.
Par ses réminiscences et son goût de l'antique, il n'est que de son temps. Le culte des anciens fut la superstition de l'époque révolutionnaire, et sous Na« poléon, continua en s'ordonnant. En littérature, comme «mi mobilier, il y a un style Empire, avec la même finesse des ciselures, la même solidité des ors, la même raideur t\<>> formes et une majesté qui. par son excès même, atteint parfois au bouffon. I ii goût naturel épargne à Ségur cette outrance, mais lui-même ne s'en r-t pas tout a l'ail défendu.