LIVRE PREMIER
La connaissance clu caractère doit avoir pour première base la détermination de ce que Bacon et Leibniz ont appelé le « tempérament moral », luimême inséparable du tempérament physique. Entre l’action des choses ou des hommes sur nous et la réaction par laquelle nous y répondons, il y a toujours un intermédiaire : notre tempérament, qui produit ce qu’on a si bien nommé notre « indice de réfraction mentale». Le môme rayon de lumière, traversant un milieu différent, changera de direction et se colorera de nuances variées.
Les Drs Laycock, Cullen, Maudsley, se plaignent avec raison du peu qu’on a fait pour rendre scientifique la doctrine des tempéraments. Ce mot môme de tempérament, dit Maudsley, n’est guère jusqu’à présent qu’un « symbole représentant des
quantités inconnues, plutôt qu’un terme désignant des conditions définies ». Nous croyons, malgré l’extrême difficulté du sujet, qu’on peut aujourd’hui définir au moins les conditions fondamentales, les éléments dont les « quantités » combinées impriment à l’individu sa marque propre. Demandons d’abord à la biologie les derniers résultats de ses recherches et de ses découvertes ; sans doute y trouverons-nous une base solide. Nous essaierons ensuite de fonder sur cette base une classification naturelle des tempéraments.