‹ Tentative d'enlèvement de la Soeur Mary BasilChapitre 13 sur 25 · PREPOSITION DU P. MEA · texte numérisé non relu

PREPOSITION DU P. MEA

Alors le P. Mea s'offrit de prendre une cure dans l'un quelconque de quatre endroits dont il cita le nom. On placerait la Soeur Basil dans le couvent voisin, et le prêtre se trouverait à portée en cas de besoin, ce qui éviterait probablement de recourir aux tribunaux civils. L'archevêque promit d'y voir, mais l'affaire traina en longueur. Comme le prélat pressait le témoin de quitter Ste. Marie-du-Lac, ce dernier lui fit remarquer que c'était s'exposer à un recours de Soeur Basil auprès des tribunaux civils. "Cinq ou six semaines plus tard, continua la P. Mea, j'allai voir l'archevêque et lui demandai s'il voulait que je parte. "Certainement," dit-il. "Alors, repris-je, que comptez-vous faire de la «oeur Basil?" "La renvoyer à la Maison Mère,"' répliqua-t-il. "Mais elle a peur d'y aller," dis-je, et l'archevêque alors proposa Belleville. Quand je fis part à la soeur Basil de cette proposition, elle accepta, mais exprima la crainte d'y avoir des désagréments. Je lui promis donc que si on ne lui rendait pas justice, et qu'on la forçât à se mettre sous la protection des tribunaux civils, je prendrais son parti et dirais la vérité. Elle consentit donc à aller à Belleville et je l'accompagnai à la gare. Il n'y avait là aucune religieuse pour faire route avec elle, et on ne lui avait pa» donné d'argent pour son voyage. Je payai donc sa place et partis avec elle. L'archevêque avait promis d'informer la Supérieure locale de Belleville, mais à notre 'arrivée, nous apprîmes qu'on n'avait reçu aucun avis de la venue de la religieuse."

Le témoin revint donc à Kingston et resta en correspondance avec la soeur Basil. Pendant quelques temps leurs lettres arrivèrent régulièrement, et le P. Mea se rendit une fois à Belleville. Le 28 mars il reçut de la demanderesse une lettre lui racontant les voies de fait commises sur elle par la soeur Justina. Il partit immédiate,i3[ient pour Belleville, et trouva Soeur Basil dans un état pitoyable. Elle avait les yeux tuméfiés, celui de droite presque fermé, la mâchoire enflée et enflammée. Il lui mit le doigt dans la houche et constata que des dents étaient cassées.

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