LA SUPERIEURE GENERALE A LA SARRE DES TEMOINS
Interrogée par M. McCarthy, la soeur Mary Francis Régis déposa qu'elle était la Supérieure générale des Soeurs de la Cbarité, et tenait cet office depuis quatre ans. Auparavant elle avait été Supérieure locale à Belleville, et était devenue successivement Supérieure locale à Trenton et .à Smith's Falls. Elle était membre de la Communauté depuis trente ans. Elle avait toujours connu la soeur Mary Basil, depuis l'entrée de cette dernière dans la Congrégation et n'avait eu que de bonnes relations avec elle. Sous bien des rapports cette religieuse ne donnait pas satisfaction; sa conduite était bizarre. Elle avait refusé de manger et de prendre les médecines prescrites par les docteurs. La soeur Basil avait été occupée dans les hôpitaux. A la question: "Etait-elle calme, paisible," le témoin répondit: "oui."
Le témoin donna un aperçu détaillé de l'organis'ation des Soeurs de la Cbarité. • En plus de la Supérieure générale, il y avait un Conseil composé de quatre Mères assistantes, d'une trésorière et d'une secrétaire.
Après l'élection de la soeur Régis aux fonctions de Supérieure générale, la soeur Basil s'occupait de soigner les religieuses malades. On se plaignaît qu'elle les traitait durement. Malgré le goût que montrait la soeur Basil à soigner les malades, le Conseil refusait, à cause des plaintes portées, de la nommer à Smith's Falls ou à Brockville. Elle se montra peu empressée à aller à Daysland, Alberta, et le témoin était allé dans la chambre de la soeur Mary Basil à qui elle parla avec bienveillance à propos de ce départ, mais elle ne la força pas de l'entreprendre, puisqu'elle lui dit: "S'il vous est impossible d'y aller avec de bonnes dispositions, il vaut mieux n'y pas aller du tout." Le lendemain elle trouva dans le bureau de la secrétaire la demanderesse qui pleurait. Celle-ci dit en présence de l'archevêque qu'on l'ohligeait à„ partir, et ajouta: "Je ne vous pardonnerai jamais de m'y avoir envoyée. Elle dit "Adieu" à l'archevêque qui l'invita à ne pas partir. Plus tard, le témoin revit dans le bureau la demanderesse qui regardait par la fenêtre. Le témoin désigna une autre religieuse pour partir à la place de la demanderesse, et la première chose qu'elle vit ensuite fut cette dernière assise dans la voiture dans l'arrièrecour, où elle se rendit pour lui faire ses adieux. La soeur Basil n'était pas à Daysland depuis cinq ou six semaines, quand le témoin reçut un télégramme de la Supérieure. Elle partit pour l'ouest et trouva que la demanderesse avait causé beaucoup de tracas. Après consultation avec la Supérieure, on jugea préférable de faire revenir à Kingston la soeur Basil qui fut, dans son voyage, accompagnée de la soeur Mary Patrick. Le témoin ne revint que- quinze jours plus tard. A son retour elle se montra très-froide. Elle ne se souvint pas d'avoir vu la demanderesse à aucun des exercices religieux. Elle n'alla pas au réfectoire. En janvier 1914, à la suite d'une conversation avec rarchevêque, la soeur Basil alla à Smith's Falls où l'archevêque vint très souvent la voir. La Supérieure locale à Smith's Falls adressa, au sujet de la demanderesse, des plaintes émanant tant des religieuses que des infirmières. Quand la soeur Basil demeurait à la Maison Mère, le témoin chercha à lui montrer de la bonté et l'engagea à entreprendre quelque travail, mais elle répondit: "Il est trop tard."
A la suite des plaintes de Smith's Falls, la demanderesse pria l'archevêque de la déplacer. Elle revint à Kingston d'où on l'envoya à Ste. Marie-du-Lac, en mars 1915. Elle y resta jusqu'en octobre 1916. Quand elle demanda d'être relevée de ses voeux, le Conseil décida que, puisqu'elle avait si longtemps vécu en dehors de ses voeux, on devrait y consentir.
Q. — Avez-vous reçu de la soeur Basil des plaintes, pendant son séjour au Lac? R. — Je ne me rappelle pas en avoir reçu d'elle. En réponse à une lettre dans laquelle elle me demandait du travail, je lui écrivis: "Quand vous serez prête à faire réparation pour le scandale causé par votre jndigne conduite, vous pourrez être reçue membre de la Communauté." C'était le 5 août 1916.
Q. — La demanderesse a demandé du travail. Lui en a^t-on donné? R. — Paa une relig-ieuse ne voulait travailler avec elle. Ou lui a donné de la couture.
Q. — Comment les choses allaient-elles à Sainte Marie? R. — Elle refusa le travail qu'on lui donna, bien qu'ayant beaucoup de temps de libre.
Q. — Porta-t-on d'autres plaintes? R. — Il y en avait tout le temps.
Q. — Avant l'élection générale de septembre 1916, elle vous accusa par lettre de manquer de qualités administratives. "On faisait peu de cas à Sainte Marie, dit-elle, de la constitution et des règlements." Vous en avait-elle parlé auparavant? R. — Elle se plaignait à la Supérieure locale de ce que les règlements n'étaient pas observés et du petit nombre de religieuses qui suivaient les exercices.
Q. — Antérieurement à ce rapport, s'était-elle plainte à vous de vive voix? R. — Non.
Q. — Ce rapport écrit était-il nouveau pour vous? R. — Oui. Il me semble que le P. Mea en a une fois fait un, mais je ne suis pas sûre si c'était, avant ou après.
Q. — Combien de fois êtes-vous allée à Sainte-Marie? R. — Pas souvent, de temps en temps, pas à époque fixe, pas très souvent.
Q. — Cet établissement était-il visité par d'autres personnes? R. — Par des dames, je les y retrouvais.
Q. — Avez-vous pris des mesures au sujet de ces plaintes? R. — Je savais, par les religieuses elles-mêmes, qu'elles étaient sans fondement. A propos de l'assistance à la messe, je me suis renseignée auprès de la Supérieure. Je me suis aussi informée du traitement des enfants.
Q. — Elle s'est encore plainte que l'aumônier avait été publiquement insulté? R. — J'ai fait une enquête et j'ai appris que ce n'était pas vrai.
Q. — N'y eut-il pas de plainte portéer contre la trop grande bonté de l'aumônier envers les enfants? R.— Non.
Q. — Qu'avez-vous à dire de la plainte que des novices étalent chargées de certains emplois, contrairement au règlement? R. — ^11 y avait alors une novice, mais la Supérieure locale était supposée donner son attention au travail.
Q. — Quel travail? R. — S'occuper des garçons.
Q. — Ne s'est-on pas plaint 'aussi de la saleté des garçons? R. — ^Cette plainte est sans fondement.
Q. — Est-ce que des garçons ne s'absentaient pas de l'école? R. — Parfois ils y manquaient mais on ne les empêchait pas d'y aller.
Q. — Sans rintervention de l'archevêque, un garçon aurait été jeté dehors en plein hiver sans souper et sans abri. Avez-vous .connaissance de ce fait? R. —
Oui. J'ai lappris d'abord qu'on ne pouvait pas le garder avec les autres
j'ai reçu des plaintes à son sujet, et j'ai décidé de le renoyer.
Q. — Jusqu'à quel âge garde4-on les enfants? R. — Jusqu'à 13 ans, mais d'ordinaire on les place dans des familles qui les adoptent.
Q. — Y a-t-il des passages souterrains oû l'on tient les garçons? R, — La ^ salle de récréation est au sous-sol ; C'est une grande chambre, en partie sous * terre, mais bien éclairée.
Q. — Quand les y tient-on? R. — Les jours de mauvais temps. Ils y sont jusqu'à l'heure du coucher.
Q. — Quels en sont les passages? R. — Un passage qui conduit à la salle de récréation, au bas d'un escalier de service.
Q. — ^Ont-ils des jouets? R. — ^Oui.
Q. — Qu'est-ce que c'est que ces adultes vagabonds et faibles d'esprit qu'on y rencontrait? R. — Je ne saurais dire.
Q. — Avez-vous fait une enquête? R. — Oui, il y en avait un d'environ huit ans. Il est aujourd'hui placé ailleurs, au dehors. Il n'est pas brilliant, mais il n'est pas faible d'esprit.
Q. — Quel système de chauffage aviez-vous tout d'abord? R. — Un système à vapeur avec deux générateurs.
Q. — D'après les ordres de qui avez-vous opéré le changement? R. — Le Conseil tint une assemblée. Je n'avais pas été à Kingston, et j'ignorais les circonstances à Sainte-Marie. Le chauffage était médiocre et ne satisfaisait ni les religieuses ni les enfants. Il fallait garder toute l'année, même en été, le générateur en opération, ce qui occasionnait une très forte dépense.
Q — Le système de la ville, une fois installé, fut-il effectif? R. — Je le crois.
Q. — Que fit-on après la réunion du Conseil? R. — On changea le système et on installa l'eau chaude qui donna 'satisfaction.
Q. — Pouvez-vous me donner la date de cette installation? R. — ^Aussitôt après mon entrée en fonctions.
Q. — Qu'arriva-t41 à la suite du rapport de la soeur Basil? L'avez-vous vuè? R. — Non.
Q. — Avez-vous vu le P. Mea? R. — Il vint se plaindre à la Maison deux fois avant l'élection.
Q. — Porta-t-on, entre l'envoi du rapport et l'élection, des plaintes contre la ?oeur Basil? R. — Oui, pour remarques désoibligeantes et intervention dans le 'ravail des autres
Q. — Qui se plaignit? R. — La Supérieure et les religieuses.
Q.— Avez-vous été réélue? R.— Oui, le 19 juillet 1916. Vers le 21 ou le 22, il y eut des difficultés à Sainte-Marie. La demanderesse attaqua la Supérieure et lui arracha sa coiffe.
Q. — Que fites-vous? R. — ^Rien. La demanderesse vint â la retraite, mais ne se présenta pas devant la Supérieure générale, bien que ce fut le devoir de chacune des religieuses de venir rendre compte de ses actes et de présenter ses plaintes. Le matin de la clôture de la retraite, elle ne parut pas à table. Je l'envoyai chercher, mais elle fit dire qu'elle avait déjeuné. Elle ne se pré- :7enta pas.
Q. — Comment les affaires miarchèrent-elles à Sainte-Marie? R, — De mal en pis. Ce n'était que des plaintes.
Q. — Le 2 mai, n'a-t-on pas éloigné les jeunes religieuses, de crainte que la soeur Basil ne fit obstacle à la prise de leurs voeux perpétuels? R. — Oui.
Q. — Dans les minutes du 16 juillet, il y a une note déclarant qu'il serait opportun d'envoyer la soeur Mary Basil à Montréal, étant donné son refus <■! 'obéir aux règlements. A la suite de cette résolution, avez-vous pris quelque 'lécision à ce sujet avant l'élection? R. — Non.
Q. — Vous fûtes réélue le 19 juillet. Que fut-il alors décidé? R.— J'écrivis le 22 juillet à la Supérieure de l'hôpital de St. Jean de Dieu, à Montréal, la priant de me rendre service. La lettre était ainsi conçue: "L'état mental d'une de nos Soeurs nous cause à toutes depuis six mois beaucoup d'inquiétude. Nous voudrions la placer dans un établissement où elle serait bien soignée. Veuillez nous adresser les pièces qu'il est nécessaire de signer." La réponse arriva le 25 juillet: "Heureuse de vous être utile en quoi que ce soit." Je discutai la chose en Conseil. Nous n'ignorions pas qu'il faudrait quelqu'un pour aider les religieuses. Je priai donc le Dr. Phelan de parler à M. Naylon.
Q. — Et quant aux papiers requis par la loi? R. — Je ne m'en suis pas occupée.
Q. — Pourquoi? R. — Il était inutile de les remplir ici pour la faire admettre dans une Maison de Montréal.
Q. — Quelle sorte d'établissement était-ce? R. — Il y avait plusieurs sections. Il y a des malades en pbservation, d'autres atteints de folie.
Q. — Vouliez-vous vous débarrasser d'elle? R. — C'est faux. Il nous devenait impossible de la garder dans la Communauté. Toutefois nous ne pouvions pas la congédier. Nous étions incapables de dire si elle était saine d'esprit ou non.
Q. — Pouvez-vous congédier une religieuse? R. — Nous pouvons prendre des mesures pour la congédier.
Q. — Vous auriez pu la faire congédier? R. — ^Oui.
Q- — Voulait-elle quitter? R. — Elle demanda à être relevée de ses voeux. On y consentit, mais elle refusa. Pour la congédier, il aurait fallu s'adresser k l'archevêque.
Q- — Pourquoi? R. — L'archevêque seul peut dispenser des voeux. Elle est alors libre de s'en aller, et ne peut pas rester. Une fois cette dispense accordée et acceptée, on ne fait plus partie de la Communauté.
Q- — A ce moment aviez-vous connaissance de l'appel à Rome? R. — Non.
Q. — Pourquoi avez-vous cherché à l'envoyer à St. Jean? R. — Pour iiu'elle y fut en observation, et loin de l'influence du P. Mea.
Q. — Puisqu'elle avait l'esprit dérangé, ne pouviez-vous pas la congédier? R. — Non, elle n'avait pas de moyens de subsistance. La Communauté doit garder les membres malades et infirmes.
Q. — Dans quel but voullez-vous la placer à St. Jean? R. — Pour qu'elle y reçut un traitement convenable, qu'elle fut en observation, ce qui nous permettrait de prendre une décision.
Q. — Il était sage, selon vous, de la séparer du P. Mea. Pourquoi? R. — Ce fut à la suite d'une conversiâtion que j'eus avec lui au sujet de la demanderesse. Il me fit son éloge, et me parla de choses qu'il ne pouvait pas savoir de luimême, par exemple de la façon dont se faisait le travail, etc.; je vis donc alors que quelqu'un lui rapportait. Il parla de cartes postales qu'il avait crues autrefois avoir été écrites par la demanderesse, mais qu'il n'y croyait plus aujourd'hui. Il dit qu'elle était bonne infirmière et bonne cuisinière, meilleure . que celle qui l'était auparavant.
Q. — Parla-t-il de son état mental? R. — Non.
Q. — Eûtes-vous d'autres conversations avec lui? R. — ^Pas depuis, mais il y en eut une autre antérieurement à celle-là. Il se plaignit à propos de deux bébés qu'on avait mis dans sa chambre.
Q. — Et les plaintes continuaient à pleuvoir? R. — Oui.
Q. — Est-ce vous qui avez décidé du jour où on la conduirait à Montréal? R.— Oui.
Q, — Qui fut chargée de la conduire? R. — La Mère Vincent. Q. — Qui décida de l'heui-e du train? R. — J'en laissai le soin aux religieuses.
Q. — En avez-vous fait part au P. Mea? R. — ;Je lui en fis part dans une note que je donnai à la Mère Vincent.
Q. — A quel moment? R. — Ce soir-là, à huit heures et demie. Q, — Etait-elle à la Maison Mère? R. — Oui.
Q. — Et quels étaient ses ordres à ce sujet? R. — De transmettre la note au P. Mea.
Q. — Votre rôle n'a pas été plus loin? R. — Non.
Q. — Pourquoi, dans votre note au P. Mea, avez-vous dit posséder deux certificats? R. — Le Dr. Phelan m'avait donné un mot de recommandation. Le Dr. Gibson m'en avait promis un, mais ne l'a jamais envoyé.
Q. — Dans quel but avoir des certificats d'Ontario, si l'on devait en établir dans la Province de Québec? R. — Je voulais les donner au P. Mea.
Q. — Pourquoi? R. — La Supérieure m'avait dit que le P. Mea s'opposerait à son départ. Au mois de juin, le Dr. Gibson m'avait laissé l'impression qu'à son avis la demanderesse avait l'esprit dérangé. Le 14 septembre il promit de m'envoyer une note.
Q. — Que se passa-t-il ensuite dont vous avez connaissance? R. — J'allai au téléphone où l'on m'informa qu'elles avaient quitté Le Lac. La soeur Mary Magdalen entra. J'ouvris ia porte, puis je montai finir de m'habilier et descendis.
Q. — Vous lui avez parlé? R. — ^Oui.
Q. — Et quelques temps après le P. Mea arriva? K. — Non je ne crois pas. Il ne fit qu'entrer; la porte était ouverte. Il semblait nerveux et ne resta pas deux minutes. Il paraissait vouloir surveiller le dehors, et il se hâta de partir.
Q. — Y eut-il une conversation? R. — Je ne me rappelle pas ce que nous avons
Ûit.
Q. — Quelqu'un d'autre entra-t-il? R. — M. Gallagher. M. Naylon vint plus tard. Tous les deux étaient ensemble dans la Maison.
Q. — Le P. Mea a-t-il conversé avec eux? R. — ^11 déclara que si l'on envoyait la demanderesse à Montréal, il irait avec elle et réclamerait 1' "habeas Corpus." •'Pourquoi, dit M. Naylon, ne laissez-vous pas les Soeurs faire ce qu'elles veulent, et n'intentez-vous pas un procès ensuite?" "Je n'en ferai rien," répliqua le P. Mea. J'émis l'opinion qu'il n'avait aucune autorité, après quoi le P. Mea sortit.
Q. — Et ensuite? R. — J'invitai la soeur à passer la nuit à la Maison, mais je refusai d'y recevoir le p. Mea.
Q. — Que fites-vous ensuite? R. — Je reçus une lettre nous mettant sur nos gardes.
Q— Où était la soeur Basil? R. — A Sainte-Marie. Q. — Jusqu'à quand? R. — Jusqu'au 23 octobre.
Q. — y demeura-t-elle tout le temps? R. — Le beau-frère du P. Mea mourut en septembre. Celui-ci demanda d'être accompagné de la. demanderesse et d'une autre religieuse. Je consentis à la condition que la demanderesse irait d'abord à l'hôpital et y prendrait une soeur pour l'accompagner à la maison mortuaire.
Q. — Et elle revint? R. — Oui. En octobre une note arriva qui intimait à la demanderesse l'ordre de se rendre à Belleville.
Q. — Qui y était la Supérieure? R.— La soeur Mary Gabriel.
Q. — Pendant son séjour là-Jbas, avez-vous reçu de la soeur Gabriel quelque communication concernant la demanderesse? R. — ^Oui, mais pas quand elle y est allée la première fois.
Q. — Quand avez-vous vu la Mère Gabriel par la suite? R. — En février 1917. Elle vint consulter le Dr. O'Oonnor. Elle souffrait d'une oreille.
Q. — Avez-vous donné des ordres concernant la demanderesse? R. — Non.
Q. — Avez-vous parlé d'elle? R. — Oh! certainement.
Q. — Qu'avez-vous dit? R. — Je ne m'en souviens pas.
Q. — Avez-vous revu la soeur Gabriel? R. — Oui, peu après. Elle vint voir le P. Mulhall.
Q. — Parla-t^on de la demanderesse? R. — Oui, à propos des difficultés à Belleville. Je recommandai d'enlever le téléphone; on communiquait trop souvent avec Kingston.
%. — Quand la demanderesse a-t-elle quitté Belleville? R. — Le 18 mai.
Q. — Vous en a>ait-elle fait la demande? R. — Non.
Q. — Quand est-elle allée chez madame Daly? R. — En novembre 19l5. Q. — En avait-elle la permission? R. — ^Non.
Q. — Combien de temps y demeura-t-elle? R. — Du 12 au 23 novembre.
Q. — Quand avez-vous eu connaissance de l'appel à Rome? Le jour après la tentative de déplacement? R. — C'est le P. Mulhall qui, en février, m'en donna la première nouvelle.
Q. — Combien de temps la demanderesse resta-t-elle sous vos ordres à Smith's Falls? R. — A peine quelques mois en 1910. Je ne l'ai pas beaucoup vue jusqu'en 1913.
Q. — Quelle fut à Daysland votre conversation avec elle? R. — Je lui demandai de retourner à Kingston. Elle tourna sur les talons et sortit de la chambre: Le soir du départ des religieuses, un commissionnaire vint chercher leurs bagages. J'appris que la malle de cette religieuse était enfermée dans sa chambre, et qu'on ne savait où elle était. Je la découvris au réfectoire, et je lui dis d'ouvrir sa chambre pour que l'homme pût prendre sa malle.
Le témoin n'avait pas regardé le livre des minutes pour; voir ce qu'il contenait à propos de la demanderesse jusqu'au moment où il fut décidé de la déplacer. Cette Soeur avait rempli plusieurs fonctions. A Sainte-Marie elle était chargée de la couture de blanc et de l'entretien de l'appartement du P. Mea. Poussée à bout par l'avocat, le témoin finit par admettre qu'on n'avait jamais chargé quelqu'un, ni avant ni après la soeur Basil, de faire la couture de blanc.
Les plaintes sur la conduite de la soeur Basil à Sainte-Marie étaient continuelles. Le témoin avait fait son enquête en questionnant les autres religieuses. Ce qui choquait le plus le témoin dans la conduite de la demanderesse, c'est que cette dernière se sauvait quand elle voyait approcher le témoin. Questionnée pour savoir si elle avait visité l'orphelinat entre le mois d'avril et l'élection de juillet, le témoin répondit ne pas se rappeler, pas plus qu'elle ne se souvenait d'avoir visité Sainte-Marie entre le rapport et l'élection.
Q. — Etait-ce le premier rapport écrit par Soeur Basil concernant ces affaires? R.— Ce fut le premier et le dernier.
Q. — Etait-ce son devoir d'envoyer ce rapport? R. — Elle était libre de le faire.
CONTRE INTERROGATOIRE PAR M. TILLEY
Q. — Etait-ce son devoir? R. — Oui.
Q. — Et quel était le vôtre? R. — De le présenter au Comseil et de le discuter avant de le placer devant le Chapitre.
Q. — L'iavez-Vous présenté au Conseil? R. — Je lui, en ai parlé.
Q. — Le lui avez-vous montré? R. — Non, je l'ai conservé par devers moi, et plus tard je l'ai déchiré et jeté au panier.
Q. — Avant la réunion du Chapitre pour l'élection? R. — Je ne saurais dire.
Q. — Pourquoi avez-vous traité ce rapport d'une façon différente des autres? R, — Parce qu'il venait d'une religieuse qui, elle-même, n'observait pas les règlements, et qu'il était contraire à la vérité.
Q. — L'avez-vous montré à quelqu'un? R. — Non. *
Q. — Pas à l'archevêque? R. — Non.
Q. — L'avez-vous discuté? R. — Je lui ai dit que je l'avais reçu. Q. — Combien de fois est-il venu? R. — Je ne sais pas, il n'avait pas d'époque fixe pour venir.
Q. — Quelle sorte d'enquête avez-vous faite? R. — J'ai interrogé les religieuses.
Q. — Combien? Nommez-les moi? Y eut-il une enquête officielle? R. — Je discutais avec une seule religieuse à la fois, quand il leur arrivait de venir.
Q. — Toutes ces religieuses -appartenaient-elles à l'orphelinat? Qu'avezvous demandé à la Supérieure locale? R. — Comment elles étaient soignées. Elle me répondit qu'elles étaient bien.
Q. — Avez-vous parlé à la soeur Carmelita? R. — Oui.
Q. — Après le rapport? R. — Non.
Q. — Oh! vous avez parlé d'accusations, avant qu'elles ne fussent faites, à une Soeur qui était partie avant cette époque, une Soeur à Moose Jaw? Est-ce loyal et juste de prétendre que vous n'avez pas fait d'enquête sur les accusations parce que vous les saviez fausses? R. — J'ai parlé à la Supérieure.
Q. — Rien qu'à la Supérieure? R. — ^^Oui.
Q. — Et la Supérieure avec qui vous avez discuté le rapport était la perflonn*^ qui, d'après ce document, avait rintelligence d'un enfant de trois ans, mais non pas l'innocence? R. — Oui
Q. — Quand commencèrent à vous arriver les rapports contenant les remarques de la soeur Basil quant à l'administration? R. — Je ne saurais dire.
Q.— En 1915? R.— Je le présume.
Q. — Le P. Mea ne vous a-t-il pas aussi fait un rapport au sujet du traitement infligé aux enfants? R. — ^^Oui.
Q. — Ce sont des accusations sérieuses? R. — Oui, si elles étaient vraies.
Q. — Et au sujet desquelles la seule enquête a été celle donC vous nous avez parlé. Pourquoi n'avez-vous pas donné au Chapitre l'occasion de prendre une décision? R. — Aucun des rapports ne va devant le Chapitre. C'est le Conseil qui décide ce qui doit être présenté au Chapitre.
Q. — C'est vous qui décidez tout d'abord s'ils sont l'expression de la vérité? R. — ^Oui.
Q. — ^^Combien en avez-vous reçus? R. — Soixante ou soixante-dix. Q. — Combien en avez-vous placés devant la Conseil? R. — Pas un. Q.— Le résumé des autres rapports lui fut-il présenté? R. — Le résumé de quelques-uns.
Q. — Combien de fois avez-vous vu mettre les enfants au lit? R. — Je ne pourrais le dire.
Q. — Avez-vous jamais vu des enfants en bas? R. — Oui.
Q. — Combien de fois êtes-vous allée en bas? R. — Je ne saurais le dire.
Q. — Y êtes-vous allée à la suite du rapport? R. — Non.
Q. — Connaissiez-vous, avant d'avoir vu le rapport, quelque chose de la novice? R. — Non. Q. — Avez-vous recherché qui elle était? (Pas de réponse).
Q. — Saviez-vous qu'on parlait beaucoup du système de chauffage? R. — La demanderesse en parlait.
Q. — Depuis quand existait-il? R. — Depuis 1909.
Q. — Quand l'a-t^on changé? R. — Cinq ans après, en 1914.
Q. — Sur le conseiF de qui ravez-vous fait changer? De quel expert avezvous pris l'avis? Le bâtiment que vous avez fait construire après l'orphelinat a le système à vapeur, n'est-ce pas? R. — Oui.
Q. — Qui au monde vous a dit de remplacer, à notre époque, le chauffage à vapeur par celui à eau chaude? R. — ^Le simple bon sens me le disait.
Q. — Avez-vous pris conseil de votre neveu avant de décider ce changement? H — Je ne lui ai pas demandé son avis. Nous ne pouvions pas réchauffer la maison. Les religieuses trouvaient l'eau gelée le matin.
Q. — On ne pouvait pas la réchauffer avec la vapeur. Alors vous avez changé le système, et c'est votre neveu qui e'U eut l'eintreprise? R. — Je vous demande pardon. Q. — N'est-ce pas le cas? (Pas de réponse).
Q. — Quel en fut le coût? R. — Je ne sais pas.
Q. — Le travail fut-il fait à forfait? R.— Non.
Q. — Se monta-t-il à $10,000? R. — Je ne saurais dire.
Q. — L'archevêque Spratt vous a-t-il fait conmaitre qu'il avait reçu une lettre le 8 mai? R. — Je ne pourrais le dire. Je le suppose, si elle nous concernait. Q. — Vous le rappelez-vous? R. — Oui.
Q. — L'archevêque vous l'a-t-il montrée? R. — Non.
Q. — Vous en a-t-il parlé? R. — Non.
Q. — Saviez-vous qu'elle lui a envoyé des rapports? R.— Non, pas du tout.
Q. — Avez^ous discuté avec lui l'idée d'envoyer la soeur Miary Ba&ll dans un asile? R. — Une ou deux fois,
Q. — Après l'inscription dans le livre des minutes? R. — Oui, après.
Q. — Aviez-vous discuté avec lui la conduite de cette Soeur auparavant? R.— Oui.
Q. — Plusieurs fois? R. — Je ne dirais pas tant.
Q. — Combien de fois? R. — Je ne saurais le dire, mais pas souvent.
Q. — Et ne vous a-t-il pas parlé d'une communication venant d'elle? R. — Il ne m'en a jamais parlé.
Q. — Vous a-t-il dit qu'elle l'avait menacé d'envoyer ses plaintes à la Sacrée Congrégation à Rome? R. — 'Non.
Q.— Vous saviez qu'elle préparait quelque chose pour Rome? R. — Je ne le savais pas. Q. — Vous le suspectiez? R. — Je ne sais pas.
Q. — On ne vous l'a pas dit? R. — En aucune façon. C'était peut-être le travail du P. Mea.
Q. — Quand l'avez-vous su? R. — Le lendemain du 14 septembre, une religieuse m'informa que le P. Mea avait mis à la poste un document volumineux à destination de Rome. Elle avait vu l'enveloppe.
Q. — Vous l'a-t-elle dit le même jour qu'elle l'a vue? R. — ^Oui.
Q. — On lit dans les minutes du 6 juillet: "Le Conseil discuta la conduite abominable de la soeur Basil." A propos de quoi? R. — Elle avait arraché et déchiré la coiffe d'une religieuse, et avait menacé quelques autres de leur "casser la figure."
Q. — Sur quoi avez-vous discuté? R. — Il éeait inutile de rappeler à cette assemblée tous les faits la concernant, cela durait depuis si longtemps.
Q. — Quand avez-vous pensé pour la prtemière fois à vous débarrasser d'elle? R. — Je ne sais pas. Q. — En 1915? R. — Je ne me rappelle pas.
Q. — Discutait-on depuis longtemps son déplacement à Montréal? R. — On en parlait.
Q. — Ce moyen était-il nécessaire? Dans l'intérêt de qui, du vôtre ou du sien? R. — Des deux.
Q. — En quoi son intérêt? Aviez-vous la certitude qu'elle était folle? R. — C'est pour en être sûres que nous l'envoyions là-bas.
Q. — Pourquoi ne pas la tenir en observation à Kingston? Vou& y aviez un aliéniste d'expérience (le Dr. Phelan) qui l'aurait visitée pour rien? R. — Nous voulions surtout l'éloigner de l'influence du P. Mea.
Q. — La rendait-il plus folle? R. — Non, mais il l'encourageait à violer les règlements.
Q. — Pourquoi n'avez-vous pas cherché à Kingston? R. — A Montréal elle serait bien traitée, mise en observation, et aurait des loisirs.
Q. — Elle avait des loisirs à Kingston, mais il vous fallait la mettre chez des amis. Vous n'auriez pas osé la placer dans toute autre Communauté, n'est-ce pas? Elle n'y serait pas restée une journée? R. — Je ne comprends pas. Q. — Il me semble qu c'est parfaitement clair. Soeur Régis.
TENTATIVE D'ENLÊVEiMENT DE SOEUR MARY BASIL.
Q. — Quelle fut la cause du délai qui s'écoula entre le rapport et la lettre adressée à Montréal en septembre? Û- — C'était des mois où nous étions trèsoccupées.
Q. — Mais il y eut des mois de délai? Pourquoi des mois? Quelqu'un doit avoir essayé de vous arrêter, Avez-vous discuté plusieurs fois ce sujet avec l'archevêque? R. — Pas plusieurs fois. Peut-être une fois.
Q. — L'archevêque n'a-t-il pas à un moment essayé de vous détourner de ce projet? R. — Pas du tout.
Q. — Vous conseilla-it-il? R. — Non, on nous laissa libres d'agir au mieux de notre jugement.
Q. — Pouv.iez-vous envoyer la soeur hors de la Province sans le consentement de l'archevêque? R. — Je ne sais pas.
Q. — Oh! vous savez. Vous avez obtenu son consentement; n'est-ce pas? R. — Il n'a rien dit. Il savait que notre décision était prise.
Q. — Qui ne dit rien consent? R. — Je ne dis pas.
Q. — Quand eut lieu votre conversation? R. — En juillet, je suppose.
Q. — Que lui dites-vous? Lui avez-vous dit que vous l'envoyiez à Montréal? R.— Oui.
Q. — Dans un asile d'aliénés? R. — Ce ne fut pas mentionné. Q. — Et vous l'avez quitté sous l'impression qu'il ne s'y opposait pas? R.— Oui.
Q. — Lui avez-vous parlé après l'assemblée de juillet? R. — Je ne me rappelle pas.
Q. — Avez-vous correspondu à ce sujet avec le Délégué apostolique? R.— Non.
Q. — Vous ne lui en avez rien écrit? R. — Je lui ai écrit en juillet.
Q. — Après votre conversation avec l'archevêque? R. — Je ne saurais le dire.
Q. — Lui demandiez-vous son approbation? R.-— Non.
Q. — Vous ne la croyiez pas nécessaire? R. — Non.
Q. — Lui avez-vous parlé de vos intentions à l'égard de la soeur Basil? R.— Non.
Q. — Avez-vous reçu une réponse de son Excellence? R. — L'archevêque reçut une lettre.
Q. — Ce dernier vous l'a-t-il lue? R. — Oui. Q. — Quand? R. — Au mois d'août.
Q. — N'avez-vous pas de nouveau discuté le cas ensemble? R. — Il fit allusion h un passage de la lettre où son Excellence disait: "Que la Communauté en prenne la responsabilité."
Q, — Avez-vous jamais repris l'affaire avec l'archevêque avant septembre? R. — Je ne me rappelle pas.
Q. — Lui avez-vous dit quand aurait lieu l'affaire? Vous vous le rappelez, il y eut une entrevue avec le docteur? R. — Je ne me souviens pas. ,
Q. — Prétendriez-vous ne le lui avoir pas dit? R. — ^Certainement.
Q. — Quelqu'un ne lui a-t-il pas téléphoné la nuit de l'enlèvement? R. — Oui, c'est moi.
Q. — Que s'ensuivit-il? R. — Le P. Hanly, le recteur, répondit et revint dire que sa Grandeur disait ne savoir que faire.
Q. — Que lui aviez-vous dit? R. — Que l'auto était à la porte.
Q. — Avez-vous parlé au P. Hanly de façon qu'il sache ce dont il s'agissait? R. — J'ai dû le faire, autrement Sa Grandeur n'aurait pas compris.
Q. — A qui avez-vous répété les paroles de sa Grandeur? R. — Je ne sais pas
Q. — Les avez-vous répétées à Naylon ou au P. Mea? R. — Le P. Mea n'était pas là au moment.
Q. — Avez-vous donné des ordres? R. — J'ai dit à M. Naylon de se remettre en route.
Q. — Sont-ils revenus, ou discuta-t-on le sujet plus longtemps? R. — Je ne pourrais vous le dire.
Q. — Est-ce vous qui avez donné les ordres de retourner à l'orphelinat? R. — Non.
Q. — Qui les a donnés? R.— C'est dehors que ce fut décidé. Q. — Pourquoi avez-vous demandé l'avis du Dr. Phelan? R. — Il la connaissait depuis de longues années.
Q. — Lui avez-voùs demandé son avis? R. — Non.
Q. — Lui avez-vous dit que vous vouliez vous débarrasser d'elle? R. — Et bien! Oui, dans son intérêt.
Q. — Voyons, ne dites-pas cela. Ne devait-elle pas être examinée? R. — Oui, à Montréal.
Q. — Par qui? R. — Par les docteurs de l'hôpital. La décision des docteurs en 189'5, et aussi sa conduite extravagante nous avaient inspiré quelque méfiance à son égard.
Q. — Quand avez-vous vu pour la première fois les minutes de ce qui se passa en 1895? R.— Un jour de l'été 1916.
Q. — Voici l'extrait des minutes de 1895: "Le Dr. Pen:9rick conseille à la Mère Edwards de renvoyer la soeur Mary Basil dans sa famille, car il est probable qu'elle sera atteinte de folie." Ce n'est pas signé, et c'est écrit sur un petit espace laissé au bas d'une page. C'est aussi d'une écriture différente et la soeur Edwards est morte depuis douze ans. Et c'est là-dessus, seulement là-dessus, que vous vous appuyez pour justifier vos actes? R. — Eh bien! oui.
Q. — ^Vpus saviez qu'elle était parfaitement saine d'esprit, n'est-ce pas? R. — Je ne saurais le dire.
Q. — ^Vous n'iriez pas jusqu'à dire qu'elle était folle, n'est-ce pas? R. — Non, je ne le dirais pas.
Q. — Quand la soeur Mary Gabriel vint vous voir en février, elle prétend que vous lui avez dit de "se souvenir du règlement." Qu'est-ce que cela veut dire? Pourquoi avez-vous laissé la soeur Mary Gabriel s'en aller à Mobse Jaw en septembre, quand vous saviez que le procès allait s'ouvrir? R. — ^Je ne sais pas. C'est le Conseil qui en a. décidé.
Q. — Saviez-vous que le procès allait s'ouvrir? Non. Elle m'a dit qu'elle croyait qu'il n'y aurait aucune difficulté.
Q. — Avez-vous discuté les lettres avec la soeur Mary Gabriel? Cet':e dernière vous a dit que Soeur Basil lui montrait sa correspondance. Lui avezvous donné des ordres à ce sujet? R. — Je ne me rappelle pas.
PAR M. McCARTHY—
Q. — La soeur Mary Gabriel vous a-t-elle dit que Soeur Basil lui montrait sa correspondance? R. — ^Oui, mais la soeur Mary Gabriel pensait, m'a-t-elle dit, qu'il y avait d'autre lettres qui partaient sans qu'elle les vit.
Q. — Les religieuses ont-elles en Ontario une institution de ce genre, semblable à celle dont vous parlez? R. — Pas que je sache.
Q. — Quel était le coût de l'entretien du système de chauffage? R.— Il nous fallait garder un chauffeur muni d'un certificat, à $60.00 par mois.