CONTRE-INTERROGATOIRE DE LA SOEUR MARY BASIL
M. McCarthy: —
Q. — Maintenant, Soeur Basil, quand avez-vous quitté l'Irlande? Quel âge aviez-vous, quand vous en êtes partie ? R. — J'en suis partie onze mois environ avant mon entrée dans la Communauté de Kingston.
Q. — Quel âge aviez-vous alors? R. — J'étais dans ma quinzième année.
Q- — De quelle partie de l'Irlande veniez-vous? R. — Je suis née dans le comté de Kerry.
Q. — Etes-vous venue de yous mêm© à Holyoke, Mass.? R. — J'y avais un frère et deux soeurs.
Q. — Y demeurant? R. — Oui,
Q. — A l'époque de votre venue, vos parents étaiemt-iils morts? R. — Non. Q. — ^Vous ont-ils accompagnée? R. — Non.
Q. — Ils sonit restés en Irlande, et vouS' êtes venue toute seule, n'esit^ce pas? R. — Je suis venue chez mes frères et mes s'oeurs.
Q. — ^Et comblein de temps êtes-vous restée avec eux? A peu près onze mois, jusqu'à mon entrée dans la Communauté de Kingston.
Q. — Ils ne pouvaient pas vous garder, je isuppose, et ils vous ont envoyée à Kingston, n'est-ce pas? R. — Oh! mais pas> du tout.
Q, — ^^Oommenit se fait-il que vous soyez venue à Kingston? R. — 'Mon directeur de consciemce me dit que j'avais la vocation religieuse, et me conseilla d'entrer dans une Oommunauté.
Q. — ^Qui était votre directeur? R. — Le P. Eitzgerald qui demeurait à Holyoke.
Q. — Il vous dit que vous aviez une. . . . .quoi? R. — Une vooaition religieuse.
Q. — Et vous a conseillée d'entret dans un couvent à l'âge de quinze ans? Et vous avez suivi son avis? R. — Oui, j'y suis entrée avant l'âge de seize ans
Q. — Après comibien de temps avez-vous prononcé vos derntiers voeux? R. — Après plus de quatre ans.
Q. — Et où avez-^vous prononcé vos voeux? R. — ^A Kingston, à la Maison de la Providence.
Q. — Qui était la Supérieure à l'époque où vous étiez en fonctions? R. — M ère Edouiard.
Q. — En quelle lannèe alors avez-vouS' prononcé vos derniers voeux? R. — C'était en octobre 1892, le 9 octobre.
Q. — ^Où êtes-vous allée*^ ensuite? R. — Je suis restée un ân, plus ou moinsi, au Noviciat, puis on m'a envoyée en mission à BrockvSile.
Q. — ^Vous êtes restée au Noviciat, dites- vous. Qu'est-ce que c'est? R. — C'est un endroit où l'on se prépare pendiant deux ans avant de prononcer les voeux. On prononce ensuite des voeux temporaires de deux ans, après quod, on fait deis voeux perpétuels. On est alors reconnue membre de la Communiauté.
Q. — C'est ce que j'ai compris, mais vous dites que vous êtes restée au Noviciat? R. — Je me suis trompée. J'ai voulu dire après les voeux temporaJires.
Q. — ^Après vos voeux temporaires, vous êtes restée au Noviciat, et, après vos derniers voeux, vous êtes devenue membre de la Communauté? R. — C'est cela.
Q. — ^Et qu-Javez-vous fait après être devenue membre de la Communauté? R. — Il me serait difficile de vous le dire maintenant.
Q.— ^Où êtes-vous allée? R. — Je isuis restée quelque temps à la Maison de la Providence, puis on m'a envoyée à Brockville, .à l'hôpital.
Q. — Quel était votre hut en allant à l'hôpital de Brockville? R. — ^On m'y a 'envoyée en qualité d'infirmière.
Q. — ^Etiez-vous une inifirmîère régulière à cette époque? R. — Non.
Q. — Mais quel était votre but? R. — On m'y a envoyée pour soigner les malades.
Q. — Pour soigner les malades, ou pour suivre un cours pour devenir infirmière? R. — A cette époque les religieuses ne préparaiîent pas d'examens pour devenir infirmières.
Q. — Je ne parle pas de ce que faisaient les religieuses. C'est de vous que je parle. Pourquoi vous y a^t-on envoyée? R. — Pour y soigner les malades.
Q. — Et avez-vous passé des examens pendant votre séjour, ou laviez-vousvotre diplôme en y arrivant? R. — Quand je suis arrivée, je n'avais pas de diplôme.
Q. — ^Combien de temps êtes-vous resitée à Brockville? R. — Je ne me rappelle pas combien de temps j'y suis, restée alors, maiS' je sais qu'à cette époque je n'ai pas passé d'eXamens, et que je n'ai pas eu de cer'tiflcat, parce qu'alors les religieuses n'en recevaient pas.
Q. — Y êtes-vous restée* un an? R. — Je le pense.
Q. — ^Davantage? R. — Oh! oui, j'y suis restée' plus d'un an.
Q. — Plus de deux ans? R. — ^Ma foi! je ne peux pas le dire. Il m'est Impossitole de donner les dates, exactes.
Q. — Y avez-vousi eu quelque contrariété, ma Soeur? R. — Pas que je isaolie. Notre vie n'est pas toujours paisible. J'ai pu y avoir des difficultés, mais je ne m'en souvîems pas.
Q. — Vous avez eu vos ennuis, mais vous ne vous leis' rappelez pas? R. — Je dis que j'ai pu en avoir.
Q. — Ne savez-vous pas que vous en avez eu? R. — Non.
Q. — Non? Mais, vous pouvez avoir eu des ennuis que vous avez oubliés? R. — ^Non, je n'ai pas diit cela. J'ai dit que notre vie n'est pas toujours si paisible que nous ne puissions pas quelques fois avoir des désagrémeints. Mais pendant mon séjour là, je ne me souviensi pas d'en avoir eu.
Q.— Pourquoi avez-vous quitté Brockville? R. — Je suppose qu'on m'en a rappelée.
Q. — Vous ne savez pas pourquoi? R. — Non.
Q.— Après avoir été rappelée de Brockville, où êtes-vous allée? R. — A Kingston, à la Maison Mère.
Q. — On vous a ramenée à la Maison Mère de Kingston. Ce serait donc en 18^5, n'est-ce pas? R. — Oui, 94 ou 95; je ne pourrais vous donner les dates exactes.
Q. — Et vous y avez eu des difficultées, ou l'on en a eu avec vous., n'est-ce pas, ma Soeur? R. — J'ignore si elles en ont eu.
Q. — ^Vous rappelez-vous avoir refusé de manger, avoir fait la grève de la faim? R.— Non.
Q. — Vous ne vous souvenez pas ? R. — Non. Je me rappelle avoir eu des maux d'estomac qui ont débuté à Brockville. Environ un an avant mon départ de cette ville, j'ai eu des troubles d'estomac, et j'ai eu mal à la gorge. Un spécialiste, le Dr. Kyle, m'a donné ses soins, et m''a dit que mon mal de gorge provenait de mes troubles d'esitomac.
Q. — ^Vous vous souvenez, cependant, d'avoiïr très longtemps refusé de prendre de la nourriture? R. — Je n'ai pas refusé. Je ne pouvais rien garder, je rendais tout, à qiaoi bon manger? Je prenais ce qUe je pouvais, et le gardais aussi longtemps; que posslMe.
Q. — C'est le souveniî- que vous avez de ce qui s'est passé à cette époque? • je parle de 1895? R. — Oui, mais je ne peux pas vous donner la date.
Q. — Mais c'est le souvenir que vous avez de ce qui se rapporte à ce que je viens de dire? R.— -Oui, je me rappelle que j'ai eu de temps à autre des maux d'estomac, et aussi des vomissements.
Q. — C'est ce que vous vous rappelez, mais votre condition ne fut^elle pas jugée plus sérieuse par les religieuses alors chargées de vons soigner? R.— Pas que je sache.
Q.— Combien de temps êtes-vons restéie à la Maison mère lors dé votre premier retour de Brockville? R. — J'y suis restée nombre d'années.
Q. — Y avez-vous eu des difficultés? R. — ^Pas que je sache.
Q. — Aucun désagrément avec qui que ce soit? R.— Pas à ma connaissance.
Q. — Et vous dites qu'il n'y eut pas de désagréments. Alors, admettant que vous les connaîtriez, vous répétez qu'il n'y eut pias die désagréments d'aucune sorte? R. — ^S'il y en avait eu, je le saurais, mais je n'en connais point.
Q. — S'il en est ainsi, jurez-vous qu'à cette époque, il n'y eut aucune difficulté, de quelque sorte que ce fût, entre vous et les religiieuises ? R. — Je jure qu'à cette époque, il n'y eut aucune difficulté dont j'aie connaiss:ance entre les' religieuses et mol.
Q. — ^Vous a-t-on encore déplacée? Si oui, où êtesrvousi allée. Soeur Baall? R. — Je suis restée nombre d'années à Kitigston, puis je suis retournée à Brockville, mais je ne saurais fixer la date.
Q. — Pouvez-vous donner cette date à peu près? R. — La Supérieure générale m'y envoya pendant la retraite pour remplacer d'autres rellgieusies qui revinrent à la Maison Mère pour la retraite annuelle.
Q. — ^Pouvez-vous me donner la date à peu près? R.-^Je crois que j'y suis restée quelque temps.
Q. — Mais la date? pouvez-vous me la donner? R. — Je le pense.
Q. — Faites-le, je vous prie. R— Attendez! Serait-ce en 1902?
Q. — Je n'en sais rien, je n'y étais pas, eit je vous le demMïde, ma Soeur? R. — iC'est, me semble<-il, vers cette éqopue.
Q. — Vous pensez donc que c'est vers 1902 que vous êtes retournée à Brockville? R— Oui.
Q. — De 1895 à 1902, vous étiez à la Maison mère. Quelle sorte de travail y faisiez-vous? R. — Je m'occupais à diifférents travaux.
Q. — Des travaux de quelle nature? R. — J'étais avec les vieillards ou dans les cuisines. C'est difficile à dire, car nous n'avons pas toujours le même travail, on nous le change de temps en temps.
Q. — Et vous dites que vous ne vous rappelez pas avoir eu, pendiant cette période, des difficultés' ou des désiagréments avec qui que ce soit dans l'établis sèment? R. — Non.
Q. — Que vous n'avez pas commis d'actes de désobéissance? R. — Pas que je sache.
Q. — Direz-vous qu'il n'y en a pas eu? R. — Pas à ma conn'aissance, du moins. J'ajouterai que je n'ai jamais refusé de faire ce qu'on m'a demandé.
Q. — N'y antHil rien eu entre le Rev. P. Duffus et vous? R. — Je ne sais pas qu'il y ait eu quelque chose.
Q. — Pourquoi souriez- vouis? Vous ne savez pas, dites vous, avoir eu des difficultés? R. — J'ai appris que j'en avais eu, c'est ce qui me fait sourire.
Q. — Vous l'avez appris? Quand ravez-vous appris? R. — Dernièrement.
Q. — Depuis quand? R. — Il y a huit jours eruviron.
Q. — Et c'est la première fois que vous entendiez parler de vos désiagréments avec lui? R. — Parfaitement.
Q. — D'où est venu ce bruit? R. — Mon Conseil m'en* a informée.
Q. — Que l'on prétendait que vous aviez eu des difficultés avec le P. Duffus au mois de janvier 1901? R. — Oui, c'était le date, je pense.
Q. — Miais, en dehors de ce fait, vous n'avez aucun souvenir de lui avoir causé des ennuis quelconques? R. — Je ne me souviens pas d'avoir eu quoi que ce soit avec le P. Duffus, sauf un incident dont j'ai parlé à mon Conseil, et qui, de l'avis de mon avocat, n'avait aucun rapport avec cptte affaire.
Q. — Et vous vousi rappelez que le P. Duffus consulta son Supérieur ©ccléslastique, en suite de quoi on vous demanda de lui faire d;es> excuses^, ce que vous fîtes? R. — Le Supérieur ecclésiastique ne m'a jamais demandé de faire des excuses à qui que ce soit.
Q. — Avez-vous fait des excuses au P. Duffus? R. — Non, On ne me l'a pas demandé. Si je me sentais coupable envers quelqu'un, j'en ferais certiainement volontiers.
Q. — Vous rappelez-vous avoir pris rendez-vous avec le P. Duffus à propos dfe ces excuses, et aussi pour laller au confessionnal, et avoir refusé d'en tenir compte? R: — Je n'ai jamais, à ma connaissance, pris^ de rendez-vous avec lui.
Q. — Quelqu'un s'en était-il chargé pour vous? R. — ^Pas que je sache.
Q. — Vous rappelez-vous alors que le, P. Duffus refusa d'avoir affaire en quoi que ce soit avec vous, tant qu'il resterait dans l'établisisoment? R. — Non, pas du tout. Tant que le P. Duffus est resté le confesseur de la Maison, je me suis confessée à lui, et je ne saiS' rien d'autre.
Q. — Vous souvenez-vous de son départ? R. — Je me souviens qu'il est allé prendre des ©aux, et qu'on a désigné un autre confesseur.
Q. — Mais vous n'étiez pas au courant de plaintesi portées par lo P. Duffus devant le Conseil et devant la Supérieure générale au sujet de votre conduite envers lui? R. — Je ne l'ai appris que lorsque mon Conseil m'en a touché un moit.
Q. — Vous n'en aviez jamaiis entendu parler auparavant? R. — Jamais.
Q. — Et, à cette époque, la Supérieure ne s'est-ell© pas plainte de vos refus de faire le travail qu'on vousi assignait, et de l'attitud© quQ vous preniez pour ne faire que ce qu'il vous plaisait, sans égards aux règles et aux ordr&s dounési? R. — Je n'ai jamais refusé de faire tout travail que me demandait la Supérieure.
Q. — Ainsi vous n'avez pas connaissance de ces plainitesi? R. — Pas le moins du monde.
Q. — Ceci sie passait en 1902? R. — Non, je n'ai jamais refusé de faire ce que la Supérieure me commandait.
Q. — Et si ron s'est figuré que vous vous comportiez en tout un peu trop absolument, ce n'était que pure imagination? R. — Pour ma part, je n'en sais rien.
Q. — Et ainsi vous n'avez aucun souvenir que, durant votre séjour à Kingston, de 1895 à 1902, vous avez eu des contrariétés avec différentes personnes faisant partie de la Gommunauté, ou des 'difficultés cansées par votre refus d'obéir à vos Supérieurs? R. — Je n'ai pas refusé de leur obéir.
Q. — Vous êtes allée à Brockviile en 1902, en quelle qualité? R. — ^Je crois qu'on m'y a envoyée pour remplacer une reliigiens;e pendant là retraite.
Q.— A l'hôpital? R.— Oui.
Q. — ^Comme infirmière? R. — Je ne pense pas avoir alors soigné de malades.
Q. — ^^Oombien de temps y êtes-vous restée à cette, époque? R. — On m'y a lalis-sée après la retraite. La Supérieure m'a fait dire d'y rester quelques temps.
Q. — Et combien de temps y êtes-vous restée alors? R. — A peu près un an.
Q. — ^Oû êtes-vous allée ensuite? R. — Je suis revenue à Kingston pour la retraite annuelle, ét je suis restée à la Maison.
Q. — Toujours à la Maison Mère, n'est-ce pas? R. — Certainement.
Q. — Et vous y êtes restée combien de temps? R. — Jusqu'à l'été de 1906.
Q. — Et qu'arriva-t-il ensuite? R. — ^On m'envoya à l'hôpital de Brockviile.
Q. — ^Sur votre propre demande? R. — Non. - Q- — Qui en eut l'idée ? R. — La Supérieure générale.
Q*— Qui était, à cette époque, la Mère supérieure? R. — La Mère Sobolastique.
Q. — C'est donc, durant l'été de 1906, n'est-ce pas, que vous êtêis. allée à Brockviile pour y préparer vos examens d'infirmière? R. — Oui.
Q. — Combien de temps y êtes-vousi restée? R. — Je crois y être restée quatre ans.
Q. — Jusqu'en 1910 environ, ou jusqu'à quand? R. — ^Non, c'était 1911. Q. — ^Combien de temps êtes-vous donc restée à Brockviile? R. — J'y suis restée jusque vers la fin de 1909 ou le commencement de 1910. Q.-^Alors, 1909 ou 1910? R.— Oui.
Q. — Et avez-vous eu votre diplôme? R.^ — Je l'ai eu avec le temps, maJis il faut dire que le temps que j'ai consacré à cette préparation, je le prenais après mon travail journalier. Je suivais les cours des docteurs, mais la Communauté ne m'a jamais donné une heure pour étudier et préparer ces cours, et j'ai dû prendre sur mon siommeil pour le faire.
Q. — Faisait-ton des distinctions entre les autres et vous? R. — Non, c'était la règle. On ne faisait aucune différence pour moi personnellement. C^était la coutume de la maison: les religieuses devaient faire leur travail, et prendre sur leur sommeil le temps pour étudier.
Q. — Mais ne faisiez-vous pas d'études pratiques dans les salles? Ceïtaînement. Q. — Soignant les malades? R. — Oh! oui.
Q. — Et suivant les cours le soir? R.^ — C'est bien cela.
Q. — Et vous les avez suivis pendamt quatre ans? R. — En étudianit la nuit.
Q. — Vous avez donc suivi un cours de quatre ans? R. — Ma fol! le terme
est de deux ans, je crois pour leis reiligieuses, et de trois ans' pour les laïques.
Q. — Mais c'est bien pendant quatre ans que vous avez suivi le cours? R. — ■ Je suis restée là à peu près quatre ans.
Q. — Et VOUS' en êtes sortie avec le diplôme régulier d'infirmière, est-ce vrai? R. — ^Oui, j'ai obtenu mon diplôme.
Q. — ^Et, si je m'en rapporte à vous, vous êtes une infirmière de droit et de fait? R. — ^Oui, mais je ne i&ais pas si l'onr me reconnaîtràit pour telle. Aux yeux de la Communauté je suis une infirmière, mais j'iignore si, au debors, on me reconnaîtrait pour telle.
Q. — Maintenant, vous rappelez-vous de difficultési surgissiant à Brockviile pendant que vous y prépariez vos examens? R. — Non.
Q. — Pas de difficultés du tout? R. — Pas dont je me isouvienne.
Q. — Pas d'incident quelconque que vous vous rappeliez s'étant passé pendant votre séjour, soit avec les docteursi, soit avec les malades? R. — Non, je ne crois pas qu'il y ait eu une Soeur mieux vue par les malades.
Q. — Pas de difficultés avec les médecins de rhôpital? R. — Non.
Q. — Vous n'en avez aucun souvenir? R. — Non.
Q.— Voulez-vous dire qu'il n'y en eut pas? R. — Non, il n'y en eut pas, que je siache. Q. — ^En quittant donc Brockville où êtes-vousi allée? R. — A Kingston. Q. — ^Combien de temps? R. — Je ne sais pas.
Q. — Vous n'en avez aucune idée? Quand êtes-vous' partie pour l'Ouest? R.— Dans l'été de 1913.
Q. — A quelle époque étiez-vous à Smit'h's Falis? R. — Je crois que c'était dans l'été de 1911 ou de 1910. On m'a demandé d'y ailler pendant la retraite.
Q. — Vous auriez donc été à Smith's Falls après avoir quitté Brockville? R. — Oui, pendant quelques moi».
Q. — ^Oomibien de mois? Qu'entendez-vous par quelques mois? un on, ou davantage? R. — Oh! non, je n'y ai pas été si lomgteimps. On m'a demandé d'y aller pendant la Retraite, quand quelques unes des religieuses Êaisiaient la leur à Kingstom, et on m'a demandé d'aller aider la Supérieure pendant la retraite.
Q. — Et combien de temps dites^-vous y être restée ? R. — J'y étais peut-être d»ans le courant du mois d'août jusqu'en^
Q. — Au mois d'août 1910? R. — Je ne pourrais pas vous le dire au juste, muis il me semible que c'était en 1910 ou 1911, et je pense y être restée jusque vers le 1er niovembre.
Q. — De la même année? R. — Oui.
Q. — Et vous êtes revenue à Kingston, n'est-ce pas? R. — Oui.
Q. — Avez vous eu des difficultés pendant votre séjour à Smith's Falls? R. — Je n'en ai pas entendu parler alors, mais je l'ai appris plus tard.
Q. — Et de quelle nature étaiient les difficultés' que vous avez 'appris avoir eues là-ba's? R. — Eh bien! j'ai appris que la Mère Francis Régis s'était plainte à la Supérieure générale.
Q. — Qui était la Supérieure générale à cette époque? R. — La 'Mère Gabriel. J'ai demandé à la Soeur Mary Francis Régis, quand je l'ai rencontrée, si tel était le cas, mais elle nia de la façon la plus énergique.
Q. — Et votre déplacement suivant vousi conduisit dans l'ouest? R. — Oui.
Q. — Ne vous a-tHon pas demandé d'aller à Perth? R. — Je crois que oui.
Q. — Et vous avez refusé? R. — Non, j'ai dit à la Supérieure que je ne m'en sentais pas^ capaJble, mais que j'iraiis, si elle insistait à la suite de mon otbservation.
Q. — Em tout casi, on vousi a demandé d'y aller, et vous n'y êtesi pas ailée? R. — Non, elle m'a dit
Q. — ^Qui était la Mère Supérieure alors? R. — La Mère Scholastîque, je crois. Je lui ai dit que^ je ne me sentais pas capaJble de faire le' travail.
Q. — Alors, après cesi quelques mois passési à Smith's Falls', vousi êtes de nouveau revenue à la Maison Mère? R. — Oui.
Q.— Au mois de novembre 1910, dites-vous ? R. — ^Oui.
Q. — Et comibien de temps y êtes-vousi festée? R. — Jusqu'en 1913, quand on m'envoya dians l'ouest.
Q. — Où êtes-vous allée dans l'ouest? R. — ^A Daysland.
Q. — Et 'alors, il y eut quelques^ difficultés' au sujet de votre départ à Daysîand, n'est-ce pas? R. — J'ai déclaré à la Supérieure que je ne tenais, pas à aller à Daysland. J'avais des raisonsi pour m'y opposer.
Q. — Et, si je isui's bien informé, à cause de vos objections, on nomma quelqu'autre à votre place, maJis au moment du départ, on vous trouva assise dans la voiture, prête à partir? R. — Je n'ai pas refusé d'ialler à Daysland, mais j'avais quelques oljjections à préseinter à la Supérieure au suje^t de ce départ.
Q. — Et, à la suite de vos objections, on nomma quelqu'autre? R. — Je n'en ai rien su.
Q. — En tout cas, vous vous êtes décidée tout d'un coup à partir? R. — Mais j'y allais, j'y allais quand même. On ne m'a pas. diit de ne pas partiir.
Q. — ill me semblait que vous aviez parlé d'iobjections que vous- aviez le droit de présenter et sur lesquelles vous insistiez? R.— Je n'ai pas insisté. J'ai dit à la Supérieure pourquoi je ne tenais^ pas à aller à Daysland.
Q. — ^Combien de temps y êtés-vous restée? R. — Trois moisi peut-être.
Q. — Et des difficultés là^bas? R. — J'ai appris depuis qu'il y en avait eu.
Q. — Je note que c'est toujours après leur venue que vous apprenez ces faits? R. — C'est vrai.
Q. — En tout cas, la Mère supérieure, ou la Mère igénérale, dut se rendre là^bas, et vous ramener, n'eist-ce pas? R. — Je ne 1© savais pas.
Q. — Quoi qu'il en soit, elle est 'allée là^bas, et vous en a ramenée? R. — Elle ne m'a pas ramenée. Elle y est allée.
Q. — Mettons que vous êtes revenues ensemble? R. — Non, pas diavanitage.
Q. — Vous n'êtes pas venues ensemble? Sur le même train? R. — Je suis revenue avec une autre Soeur. La Supérieure est revenue plus tard. Elle a emmené trois religieuses de la Maison de Daysland, et 'a dit que c'étaiit son intention de fermer la Maison.
Q. — Elle vous a envoyé à la Maison Mère sous la garde d'une autre soeur, n'est-ce pas? R. — Je suis revemue avec Soeur Mary Patrick. Soeur Mary Edmund fit une partie du voyage avec nous, et s'en 'alla à Moose Jaw.
Q. — Et vous n'avez aucune idée du tout de ce qui s'eist passé? R. — Oh! si, je connais le démêlé qu'il y a eu.
Q. — ^C'est avec un dociteur qu'il y eut un démêlé, u'est-ce pas? R. — Oui, on m'a blâmé pour cela. Me permettez-vous de le raconter.
Q. — Tout ce que je veux savoir est s'il a quelque rapport ou non avec l'établissement. C'était au sujet du docteur, si je ne me trompei p^as? R.: — Je crois que vous feriez mieux de me laisser raconJter l'affaire, lautrement le juge et le jury pourraieut avoir une idée confuse.
Q. — Si vous n'êtes pas trop longue, je veux bien en écouter votre version. R. — Cela ne prendra pas de itemps. On) devait faire xme opération, et cette opération, on la prétendiait illégaile, et il est coinitraire aux lotis de l'Eglise catholique que les religieuses^ prêtent leur aide à ces opérations. Bien plus, l'archevêque d'Alberta a défendu ces sortes d'opérations. On apporta la malade qui était depuis environ quinze jours à l'hôpital, quand le docteur attaché à l'établissemeut en appela un autre en consultation. Celui-'cî, ayanit examiné la malade, me dit qu'il reviendrait le lendemain pour faire l'opération. "Je crois, ajouta-t-il, que les règles de votre Eglise vous défendent de m'aider. "C'est vrai," répondis-je. "Mais, continua-t-til, voulez-vous tout préparer?" Or, en réalité, l'Eglise catholique ne nous permet même pas de préparer ce qu'il faut dans la salle d'opérations pour des cas semblàblesi. Cependant je lui dis : "Si la Supérieure y consent, je le ferai." "Le lui demanderez-vous ?" "Certainemenlt, répondis-je, je verrai la Supérieure à ce sujet, et si elle cousent à ce que je prépare la salle d'opérations, je la préparerai." Je vis la Supérieure qui me dit que je ferais aussi bien de faire les préparatifs; le docteur annonça qu'il amènerait une de ses' infirmières pour aider à l'opération, et je me mis à préparer la salle d'opération et les pansements. Le lendemain matin, vers neuf heures, — le matin où l'opération devaJit avoir lieu, — j'allais dans la salle d'opérations, quand je recontrai la Supérieure locale qui me dit: "Je crois que je ne leur permettrai pas de faire cette opération." "Vous n'avez guère le temps de refléchir, répondiis-je. Vous feriez mieux de vous dépéciher, car le docteur ne tardera paS' à être ici." "Allons téléphoner," reprit-elle, et nous allâmes là où se trouvait l'appareil. Elle décrocha le récepteur, et appela le numéro du docteur, de notre docteur, dont j'oublie le nom maintenant, et non du dodteur qui devait opérer. Elle décrocha donc le récepteur, demanda le numéro et me dit: "Parlez4ui." "Non, dis-je, parlez-lui vous-même, vousi isavez ce que vous voulez dire." "Oh! répliqua-t-elle, je suis trop nerveuse au téléphone, prenez le récepteur." Je le pris donc, et répétai au docteur ce qu'elle me dit de lui rapporter.
Q. — A la suite de quoi la malade fut emportée de l'hôpital et ramenée dans la maison de son mari où elle fut oipérée. Elle était mariée? R.^Oui, et je fus blâmée pour être intervenue, et pourtant je u'a-viaisi fait que suivre les avis de la Supérieure.
Q. — C'est ce que vous dites. En tout cas, et à cause du faJit, on télégraphia à la Mère supérieure ou à la Supérieure générale, et elle dut venir ?^ R. — Je ne savais pas cela.
Q. — Vous n'en avez rien su? R. — Rien du tout.
Q. — n s'agit encore de savoir si l'on vous blâmait de ce fait? R. — Je ne le savais, pas.
Q. — Je dis qu'il s'agit de savoir si l'on vous blâmait de ce qui c'est passé alors? R. — On a pu me blâmer.
Q. — Je veux dite, c'est là votre opiniion? R.^ — Je ne pense pas qu'on auraiit dû me blâmer, car j'ai suivi les ordres! de la Supérieure.
Q. — Et c'est l'explication que vous donnez de votre départ de là-(bias? R. — Non, je ne le crois pas.
Q. — Y a-'t-il donc une autre raison? R.— Je me suis laissé dire que la rai-son pour laqueHei nous sommes parties était que, itrois religieuses 'ayant été déplacées, la Supérieure générale avait décidée de fermer la Maison, parce que les motifs qui avaient donné lieu à son ouverture et à son établis,sement n'existaient plus.. Elle servait d'hôpital.
Q. — De fait, vous savez qu'elle existe encore? R. — Pas comme hôpital.
Q. — Et qu'elle sert encore d'hôpital? R. — Je crois qu'il y a des malades envoyés par le gouvernement, parce que dans la Province d'Alberita
Q. — ^En savez-vous quelque chose, ou vous le figurez-vous? R. — On ne permet à persionne dans ceitte Province — Je pense que le gouvernement y a envoyé beaucoup de malades.
Q. — Esit-ce une supposition, ou une certitude? R. — Je siais qu'il n'y a pas d'établissement provincial dans l'Alberta, et je sais que, durant mon séjour là-bias, le gouvernement y a faiit entrer deux ou troiS' mialades.
Q. — En siavez-vous quelque chose maintenant? R. — ^Oui, on m'a dit qu'il y avaiit des malades envoyés par le gouvernement.
Q. — Je crains bien que ces onndit n'aient aucun rapport avec votre déposition. Donc, à votre retour de Daysland, était-ce en 1913 ou 1914? R. — 1913 encore
Q. — Où êtes-vous allée? R. — A la Maison Mère de Kingston.
M. Tilley. — Quel mois êtes-vous revenue? R. — Fin octobre, je crois, j'étais à Kingston le 1er novembre.
M. McCarthy. — Et de la Maison Mère où êtes-vous allée? Où fut ensuite votre résidence? R. — Après quelques mois passés à la Maison Mère, on me dit d'aller à Smith's Falls.
Q. — Et vous y êtes retournée? A votre retour de Daysland, et pendant votre séjour à la Maison Mère, y eut-il des difficultés quelconques? R. — Du jour où je suis revenue de Daysland, on ne s'est pas occupé de moi à la Maison Mère. Ne n'avais rien à faire. Autant que je puis en juger, je n'étais qu'une simple pensionnaire.
Q. — Et en quelle qualité êtes-vous allée à Smiith's Palis? Oe serait en 1913? R. — Non, ce serait en janvier 1914. L'archevêque me conseilla d'aller à Smith's Palis.
Q. — A quelle occasion l'archevêque vous donna-t41 ce conseil? R. — Comme à la Maison de la Providence, on me méconnais s aiit et l'om me traitaiit en pensionnaire, j'écrivis une lettre à l'archevêque pour lui dire que je ne pouvais plus continuer de vivre ainsi. Alors il vint à la Maison, s'entretint avec moi, eit, à la fin, me conseilla d'aller à Smith's Pàlls où, dit-il, il me protégerait.
Q. — Je ne vois pas' très bien ce besoin de protection à ce moment? R. — Maiis, d'après l'attitude de la Supérieure générale à mon égard, je voyais que je m'étais attiré son mécontentement.
Q. — Du jour où vous êtes revenue de Daysland jusqu'en janvier 1914, vous sentiez que vons vous étiez attiré le mécontenitement de la Supérieure générale? R. — ^Oui, j'en jsuis venue à cette conclusion.
Q. — Et quand, exactement, en êtes-vous venue à cette conclusion? R. — Vers ce temps4à. Q. — Vers quel temps? R. — Janvier 1&14.
Q. — Et qu'est-ce qui vous, a fait arriver à cette conclusion? R. — L'inattention dont j'étais l'objet depuis tant de semaines à la Maison de la Providence. Je n'avais pas^ d'occupation, j'étais, pour ainsi dire, traitée en pensionnaiire. Je n'avaisi aucun rang dans la Oommunauté.
Q. — ^Qu'entendez-vous par rang? R. — Je veux dire la position reconnue que me donne les règlements.
Q. — L'archevêque vous traita441 avec bonté à ce moment? R. — Il fut très bon.
Q. — ^A cette époque, vous, lui étiez très attachée? R. — J'avais beaucoup de respect pour lui.
Q. — Vous lui étiez rtrès attachée? R. — Je ne isiais pas si vous appelez cela de rattachement, mais j'avais beaucoup de conisidération pour rareWevêque, el; beaucoup de respect.
Q. — C'est donc à sa suggestion que vous êtes allée à Smith's Falls, et qui, à cette date, en était la Supérieure locale? R. — ^La Soeur Mary Austin.
Q. — Et de quelle nature y était votre travaiil? R. — Je m'occupais de la Sacristie. On m'avait donné la chapelle.
Q. — Et pendant votre séjour là, avez-vous eu des difficultés quelconques? R. — Oh! oui, ibeaucoup.
Sa Seigneurie (le juge). — Quand diitesi-vous avoir eu des difficultés? R. — Pendant que l'étais à Smith'iS' Falls-.
Q. — Et cela commença en 1914? R. — ^Oui.
M. McCarthy. — Pendant votre séjour à Smith's Falls, en 1914, sousi la Soeur Mary Austin, vous dites avoir rencontré beaucoup de difficultés? R. — Mary Austin n'y k pas été tout le temps.
Q. — Qui y était? R. — La Soeur Mary Béatrice.
Q. — Soeur Mary Austin et Soeur Mary Béatrice y étaient seules à cette époque, et vous y étiez de janvier l'914 jusqu'à quand? R. — Jusqu'en février ou mars, les derniers jours de mars 1915.
Q. — Et vous dites avoir eu tout le temps 'beaucoup de difficultés? R. — Plutôt des désagréments.
Q. — Avec qui y eut-il desi désfagrémentiS? R. — Avec le P. Raume.
'Q. — Lui seulement? Pas de désagréments avec d'autres personnes? R.— Non, il poussa les soeurs à faire le travail de la Sacristie, travail que j'étais présumée faire, et j'en ai exprimé mon mécontentement.
Q. — A qui?- R. — A l'une des religieusesi, à Soeur Mary Desales, je crois. Elle n'avait pas le droit d'aller faire mon travail dans' la Saci^isitie, quand j'étais sur les lieux et prête à le faire.
Q. — Est-ce cela que vous appelez avoir eu des tracasseries continuelles? Ce n'est qu'un incident. Si vous prétendez avoir eu tant d'ennuis de janvier 1914 à mars 1915, ce n'est pas un petit incident de ce genre qui pourrait remplir toute cette période? R. — J'ai esitimé que, pendant tout ce temps, je n'avais pas été traitée comme un membre de la Communauté.
Q. — Par qui? R. — Par la Supérieure. Q. — Quelle Supérieure? R. — Soeur Mary Béatrice.
Q. — Et de quoi vous êtes-vous plainte à son sujet? R.~J'avais tout au plus le travail d'un quart d'heure par jour. J'ai demandé à Soeur Miary Béatrice de m'en donner davantage, miais- elle m'a répondu qu'elle ne pouvait le faire, que la Supérieure générale le lui avait défendu.
Q. — On ne voulait évidemment pas que les gens travaillent là-bas. C'est votre idée, n'est-ce pas, qu'on y voulait des religieuses inaotives? R. — ^Voilà comment on m'a traitée. J'ignoraiis ce qu'on exigeait des autres.
Q. — Et vous pensiez qu'il y avait un parti-pris contre vous à propos du travail? R. — Certainement.
Q. — Et en dehors de ce parti-pris à proposi du travail, avez-vous eu des ennuis quelconques avec les religieuses? R. — Non.
Q. — Aucun? Toujours en excellents termes? R. — ^Oui, je le crois.
Q. — Vous le croyez? R. — J'en suis sûre.
Q. — ^Vous n'avez pas souvenir de difficultés d'aucune sorte avec les religieuses ? R. — Non.
Q. — Vous ne saviez pas que les Soeurs avaient demandé votre déplacement et votre renvoi à Kingston? R. — Je rignorais.
Q. — Rien de fâcheux à propos de désohéissance aux règlements? R. — SI vous précisiez.
Q. — Maintenant, durant cette période, à Smith's Falls, l'archevêque a toujours été votre ami? R. — Il l'a été jusqu'à la -fin, jusqu'au moment où j'en suis partie, ou peu de temps avant mon départ.
Q. — Evidemment vous étiez en bons termes avec lui? R. — ^Naturellement.
Q. — Et vous lui écriviez constamment? R. — J'avais confiance en l'archevêque.
Q. — Et vous lui écriviez consitamment ? R. — Je lui écrivaiis dans l'espoîr qu'il
Q. — Veuillez répondre à ma question. Vious parlerez de votre espoir ensuite. Vous lui écriviez conisitammemt? R. — Je lui écrtv^s de temps en temps, ouï.
Q. — Avant d'aller à Smith's Falls, en janvier 1914, n'aviez-vons pas demandé à sa Grandeur l'archevêque de vous dispenser de vos voeux? R. — J'ai dit à rarc'hevêque
Q. — ^Veuillez donc répondre à ma question. Je lirai ce que vous lui avez dit. Vous lui aviez demandé une dispense, je croiis? R. — Non, pas du tout.
Q. — Peut-être reconnaitrez-vtous cette lettre, et me direz si elle est de vous? R. — Oui, elle est de moi.
Q. — Ecrite de vôtre propre main? R. — Oui, «'est mon écriture.
Q. — ^Datée de Kingston? R. — Parfaitement. Q. — Le 15 janvier 1914? R. — C'est exact.
Q. — Au très Révérend M. J. Spratt, D.D., arclievêque de King,ston.
"Monseigneur, je vous prie respectueusement de me dispenser de mes voeux. Je suis trop malheureuse dans cette maison. J'a;i siollicité mon déplacement. La Communauté n'a pas tenu compte de ma demande qu'après quelque tempis votre Grandeur a bien voulu m'acoorder, maiis je sens qu'il est trop tard pour en profiter maîmtenant.
"Remercianlt votre Grandeur de toutes ses bontés, et demandant pardon pour les ennuisi que j'ai causés, je suis votre reconnaissanite,