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de Nancy (1), tenant compte de la présence des granulations dans la gaine lymphatique péri-vasculaire, croient que le bacille a été apporté là par le courant sanguin.
En résumé, nous avons cherché dans cette discussion des raisons pour ou contre l'intervention chirurgicale. La vérité nous oblige à dire que nous n’y trouvons rien de bien encourageant, parce que la méningite tuberculeuse nous paraît être le résultat d'une généralisation de la tuberculose, que cette généralisation ait lieu du reste par la voie sanguine ou par la voie lymphatique.
Nous pensons néanmoins que dans la tuberculose, comme dans toutes les maladies générales, le médecin n’en est pas moins tenu à engager la lutte sur tous les points où se trouve l'ennemi, et cela par les moyens les plus appropriés, qu'ils soient d'ordre médical ou d'ordre chirurgical, peu importe. Il en devra être de même jusqu’à la découverte d’un vaccin, que ce vaccin soit curatif ou simplement prophylactique.
Physiologie pathologique.
Dans la méningite tuberculeuse, comme dans toutes les affections cérébrales, on est parfaitement fixé sur les rapports qui relient les lésions, si on ne considère que leur siège, avec les symptômes qu'elles déterminent, autrement dit, on connaît bien la pathogénie des symptômes en foyer. Ge n’est 1à qu'un chapitre de l’étude des localisations cérébrales, et la méningite tuberculeuse à apporté son contingent de faits à l'appui de la doctrine. Ce côté de la question qui nous occupe, a été mis en lumière dans les thèses de Guyot (1859), de Rendu (1873), de Landouzy (1876), de Viel (1878).
Ces auteurs ont fait voir qu’à la théorie de l’action réflexe s’exer-
(1) Revue mensuelle des maladies de l'enfance, juin 1893.
TENNMEES
çant sur l’ensemble du cerveau, il fallait substituer l’action locale pour expliquer les convulsions partielles et les paralysies également partielles et durables, ainsi que les troubles du côté des nerfs erâniens. Ces derniers, ainsi que les troubles de la température, du pouls et de la respiration se produisent surtout chez les enfants et sont en rapport avec les lésions de la base.
Ces lésions viennent-elles chez eux à s'étendre du côté de la convexité, on peut alors observer les symptômes en foyer propres aux lésions des circonvolutions fronto-pariétales. Mais cette extension est d'ordinaire peu accusée chez les enfants et chez eux les convulsions et les paralysies sont le plus ordinairement généralisées. |
La symptomatologie corticale appartient donc principalement à l'adulte. Tantôt les convulsions, contractures et paralysies atteignent un membre, le plus souvent, le membre inférieur. On a observé alors soit de l’épilepsie jacksonnienne, soit de la paralysie (méningite en plaque de la région paracentrale). Quelquefois la lésion paracentrale est double et on a une paralysie simulant une lésion médullaire. Tantôt au contraire c’est le centre moteur du membre supérieur qui est atteint, et on observe les mèmes troubles que ci-dessus dans le bras.
Les lésions sont parfois plus étendues sur un même hémisphère et donnent lieu à la forme hémiplégique, ou encore se révèlent plus soudainement par le cortège de l’apoplexie. Au contraire elles peuvent être plus limitées et produire Paphasie, comme Picot (1) l’a vu dans deux cas, par lésion de la 3° circonvolution frontale gauche (1° cas) ou de l’insula (2° cas) ou encore produire le trismus (cas de Boix) (2). Enfin un délire furieux est surtout en rapport avec des lésions empiétant fortement sur la corne frontale.
(1) Gaz. hebdomad. des sciences méd. de Bordeaux, 1890. (2) Revue de médecine, mai 1893.
DS
Ainsi donc, nous venons de le voir, si l’on ne tient compte que du siège des lésions, il n’existe guère de point obscur dans la pathogénie des symptômes en foyer ; on peut dire que lésions et symptômes sont superposables.
Mais il serait d’une importance extrème, pour diriger le traitement et juger d'avance les résultats qu’on est en droit d’en attendre, qu'on pût aller plus loin que la notion du siège des lésions pour l'interprétation des symptômes. Peut-on savoir quelle part revient à chacune des lésions dans leur production, ou réciproquement, étant donné un symptôme, peut-on savoir de quelle lésion il relève ? |
Eh ! bien cette recherche a été jusqu'à présent à peu près infructueuse, et il est à craindre qu'il n’en soit encore longtemps de même. Car ainsi que nous l'avons déjà dit, ce n’est pas un des caractères les moins essentiels, ni les moins profondément décourageants de la méningite tuberculeuse que l’extrème complexité de son processus anatomo-pathologique.
Ce que l’on peut seulement avancer sans trop risquer, c’est que granulations et exsudats, étant tous les deux le produit direct et immédiat du bacille de Koch, sont deux lésions contemporaines et les premières en date, et qu’elles engendrent et tiennent sous leur dépendance les autres lésions de la méningite, c’est-àdire l'hydrocéphalie, les lésions vasculaires et l'encéphalite. Par conséquent si l’on pouvait modifier les conditions d'existence du bacille, dès que sa présence est reconnue avec certitude dans les méninges, on pourrait espérer d’avoir entravé la production des lésions secondaires, dont la part est évidemment considérable dans les phénomènes ultimes de la maladie.
Voyons ce qui a été fait pour déterminer ce rôle, en particulier, en ce qui concerne l’hydrocéphalie, Sans entrer dans le détail des symptômes de la méningite tuberculeuse, on sait qu'ils sont caractérisés au début par une excitation de toutes les fonctions cérébrales, aussi bien celles de la vie nutritive que celles de la