‹ Tentatives Chirurgicales Dans Le Traitement De La Méningite TuberculeuseChapitre 16 sur 34 · CHAPITRE H · texte numérisé non relu

CHAPITRE H

Diagnostic et pronostic.

Diagnostic.

Nous venons de voir qu'à une période avancée de la maladie : les lésions sont tellement complexes et diffuses que toute espèce de traitement, aussi bien chirurgical que médical, n'offre aucune chance de succès. Ceci s’applique surtout à la méningite généralisée diffuse, à la méningite des enfants.

Il importe donc d'établir le diagnostic le plus tôt possible, si lon veut asseoir son traitement sur des bases rationnelles, et être en droit de juger les résultats obtenus par n'importe quel mode de traitement adopté.

« Le diagnostic de la méningite tuberculeuse est tantôt d’une simplicité élémentaire, tantôt d’une désespérante complexité » (1) (Jaccoud et Labadie-Lagrave).

Quels sont les signes qui peuvent, dans l’état actuel de nos connaissances, permettre de poser ce diagnostic si gros de conséquences ? Quelles sont les maladies qui doivent être prises en considération au point de vue du diagnostic différentiel ?

Que la méningite puisse être divisée, relativement à sa marche, en deux ou trois périodes, cela n’est pas d’un intérêt très grand. Ce qu'il importe de déterminer, c’est l'importance relative des nombreux symptômes qui constituent le tableau clinique, et dont nous devons commencer par faire une revue rapide.

(1) Article Méningite du Dictionnaire Jaccoud.

La plupart des auteurs qui ont été en situation d’observer des méningites tuberculeuses autre part que dans les hôpitaux, sont d'accord sur l’existence presque constante d’un état maladif, d’une durée variable, qu'on peut appeler prémonitoire, si on l’envisage rétrospectivement, alors que la maladie s’est confirmée, mais dont les traits sont tout à fait insuffisants pour qu'il soit permis de faire avec eux seuls un diagnostic.

Cet état maladif comprend l’amaigrissement des membres, l’expression de souffrance et de langueur du visage, l'appétit diminué et capricieux, les changements de l'intelligence et du caractère. 3

Ces derniers troubles ne sont appréciables qu'à partir d’un certain âge déjà ; l'enfant, qui était gai et turbulent, comme il convient à ses pareils dans l’état de santé, devient triste, nonchalant, fuit les jeux, repousse les caresses ; dans d’autres moments, et par un contraste frappant, pris d’une sensibilité insolite, il se jette dans les bras maternels pour fondre en larmes presque sans motifs.

Les enfants, qui déjà fréquentent l'école ou la pension, deviennent paresseux, cessent de faire des progrès, et se sentent incapables des moindres efforts de. mémoire. Pendant cette période, toute de nuances délicates, habituellement méconnue, de bons observateurs ont prouvé qu'il existe une sorte de fébricule continue rémittente, appréciable, surtout vers la fin de la journée et dans la soirée, heure à laquelle les mains, la tète deviennent chaudes et le pouls s’accélère.

Mais tous ces détails échappent en général à la famille jusqu’au jour où un symptôme plus frappant, plus gros, attire son attention et amène le médecin au chevet de l'enfant.

Tantôt ce sont des troubles marqués du sommeil (agitation, plaintes ou grincements de dents), tantôt la céphalalgie, tantôt les vomissements.

Cette céphalalgie est d’une intensité variable, s’exaspère par

instants, disparaît presque par intervalles ; depuis le petit enfant, qui porte fréquemment la main à son front où à sa nuque, ou se frappe la tête contre son oreiller avec. une expression de souffrance sur le visage, jusqu’à l'enfant grand et qui s’écrie d’un ton plaintif: « Oh ! ma tête! oh! que j'ai mal! » on peut observer bien des nuances.

Les vomissements présentent, comme on sait, dans beaucoup de cas, des caractères spéciaux qui leur ont valu la désignation de vomissements cérébraux ; ils sont fréquents, s’accomplissent sans effort, pendant plusieurs jours, comme par régurgitation, surtout si le malade se dresse ou s’assied sur son lit ; ils ne s’accompagnent pas d’une anorexie complète et d’une langue saburrale, large et collante, comme dans l'embarras gastrique, ou blanche au centre, rouge à la pointe et surles bords, comme dans la fièvre typhoïde.

Les vomissements ne manquent guère que 1 fois sur 15 cas; ils apparaissent le plus ordinairement le premier jour, quelquefois le 2° ou le 3°. Le plus souvent ils sont peu durables, une semaine, se répètent 2 ou 8 fois par jour et, une fois disparus, ne se renouvellent presque jamais.

La constipation est de règle, elle est généralement opiniâtre, résistant à d'énergiques purgatifs ; mais elle manque 1 fois sur A et la diarrhée peut exister pendant la plus grande partie de la maladie à partir du premier purgatif.

La forme du ventre, indifférente au début, devient souvent, plus tard, excavée en bateau.

La peau et les sens sont le siège d’une sensibilité exagérée; Phyperesthésie cutanée explique la répugnance que témoignent les enfants pour tous les attouchements du médecin et même de leur mère ; l’hyperesthésie sensorielle de la rétine se traduit par la photophobie, le clignement des paupières et le froncement de sourcils, la contraction énergique des pupilles en face de la lumière ; celle de louïe par les soubresauts à propos du moin-

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