‹ Tentatives Chirurgicales Dans Le Traitement De La Méningite TuberculeuseChapitre 18 sur 34 · NT TES · texte numérisé non relu

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ici par la facilité avec laquelle les tout jeunes enfants rejettent le contenu stomacal, constipation, fièvre, alternatives d'agitation et de somnolence, irrégularité du pouls et de la respiration même, et dilatation anormale des pupilles ; voilà autant de symptômes qui peuvent faire appréhender momentanément un état méningitique, et qui cependant peuvent disparaître après l'administration d'un peu de sirop d'ipéca ou de quelques pincées de magnésie.

Une diarrhée un peu prolongée, surtout dans la saison chaude, pourra quelquefois plonger l'enfant dans un état d’adynamic cholériforme ; mais l'existence de la diarrhée, qui aura été le premier symptôme en date, fera écarter l’idée d’une méningite, puisque celle-ci s'accompagne de constipation dans la grande majorité des cas.

L’invasion de la plupart des affections aiguës des voies respiratoires peut s'accompagner de troubles cérébraux sympathiques, assez intenses parfois pour faire songer à l’inflammation des méninges. Une simple amygdalite, un catarrhe bronchique, surtout une pneumonie pourront déterminer des désordres nerveux inquiétants ; aussi est-il de règle d'examiner en pareille occurrence la gorge du bébé, de l’ausculter, de le déshabiller pour rechercher l'apparition d’un exanthème, et ce n’est qu'après avoir passé en revue les différents appareils qu'on peut, n’y trouvant pas de maladie, se rabattre sur l’état du cerveau et des méninges, incriminer l’encéphale et ses enveloppes. Encore ce diagnostic différentiel est-il plutôt à établir à propos de la méningite aiguë et de la congestion cérébrale qu’à propos de la méningite tuberculeuse.

Néanmoins, certaines congestions cérébrales se répétant fréquemment sous l'influence double d’une prédisposition héréditaire et d'une cause occasionnelle (froid, chaleur), peuvent très légitimement éveiller l'attention dans le sens de la tuberculose cérébro-méningée à prodromes rémittents. Les enfants sujets à ces poussées congestives appartiennent à des familles de névropathes, d’aliénés, d'hystériques, sont fils d’alcooliques ; on irouve

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chez leurs ascendants paternels ou maternels l'alcoolisme, plus rarement la syphilis. Il n’est pas exceptionnel de rencontrer une hérédité arthritique. On constate chez eux une grande susceptibilité aux influences atmosphériques et une tendance très remarquable aux congestions cérébrales. ou médullaires ; ils sont prédisposés aux convulsions, ils le sont aussi aux phénomènes pseudo-méningitiques.

Tel de ces enfants, ayant été soumis à l'influence brusque du froid pendant une promenade, présentera les signes d’hyperes- .thésie cutanée et sensorielle, l’agitation et l’insomnie, certains troubles digestifs ou même oculo-pupillaires ; l'enfant est rétabli au bout de quelques jours ; mais, peu de temps après, à l’occasion d’une faute d'hygiène quelconque, des phénomènes analogues pourront se reproduire une ou plusieurs fois. En présence de cette susceptibilité aux manifestations cérébrales, on peut se laisser entraîner à éveiller des craintes qui pourront peut-être se réaliser dans l'avenir, mais qu’il est en tout cas prématuré de faire partager à la famille. Si la tuberculose est en germe dans de tels organismes, il n’est pas inadmissible que ces raptus congestifs successifs puissent quelque jour en favoriser l’éclosion dans l’encéphale et les méninges, mais cette perspective reste purement hypothétique dans le moment présent. Il y à indication d'une prophylaxie sévère, d’une éducation physique et intellectuelle surveillée de fort près ; mais, tant qu'il n’y a que de la congestion cérébrale, il ne faut pas dire méningite, à moins qu'on ne désire se procurer à peu de frais la réputation d’avoir jugulé une affection qui ne pardonne pas d'ordinaire.

Chez certains enfants, la dentition peut s'accompagner d’un appareil de symptômes alarmants, et, bien que des auteurs aient eu peut-être le tort de pousser trop au noir le tableau des accidents de la dentition, il faut bien admettre que celle-ci est susceptible d'embarrasser le médecin, puisque des cliniciens de la sagacité de Rilliet et Barthez avouent avoir plus d'une fois commis la

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double erreur de prendre une dentition difficile pour une méningite, et mversement. Vomissements, constipation, alternatives de rougeur et de pâleur du visage, caractère irritable, cris spontanés, assoupissement avec brusques réveils en sursaut, voilà bien de quoi expliquer la confusion possible. « L'examen attentif de la bouche, l’absence de soupirs, l'intensité et en même temps l’irrégularité de la fièvre, la coloration très vive de l’une des joues, la facilité des évacuations par de légers purgatifs sont les signes différentiels les plus importants », disent les auteurs que nous citons.

On à réuni un certain nombre d'observations dans lesquelles la méningite tuberculeuse éclata au milieu des troubles propres à la dentition ; il est donc bon d’être prévenu de la coexistence possible de ces faits et de ne point s’aventurer dans l'affirmation de la nature bénigne de ces troubles, pour peu qu’ils se prolongent ou soient très accentués.

Parmi les faits plus rares, il convient de citer ce singulier état pathologique que Marshall-Hall a désigné du nom de maladie hydrocéphaloïde, caractérisée par l'épuisement des forces et qu’une hygiène vicieuse, une diarrhée prolongée, une perte de sang abondante, déterminent chez certains enfants. Fièvre et irritabilité nerveuse, grincements de dents, soupirs et gémissements pendant le sommeil caractérisent le début de cet état ; puis les traits habituels du collapsus, päleur et refroidissement de la face et des extrémités, regard vague, pupilles peu sensibles à la lumière, respiration irrégulière et räle trachéal accompagnent le coma ou les convulsions agoniques.

Une otite aiguë, chez un enfant ne parlant pas et ne pouvant indiquer la cause de sa souffrance, peut s’accompagner de quelques signes cérébraux, auxquels vient mettre fin fréquemment un écoulement purulent par le conduit auditif. L’impaludisme peut, de l'avis de beaucoup de cliniciens, se manifester par des accidents comateux qui sont de nature à en imposer pour des accidents méningitiques aigus.

90 Chez l'enfant ayant dépassé la deuxième année, les maladies dont le diagnostic devra être surtout discuté, comparativement avec celui de la méningite, sont les suivantes :

L'embarras gastrique sera, suivant West, difficilement pris pour une méningite commençante, si l’on examine son malade avec attention; cet auteur reconnaît pourtant qu'il y a beaucoup de points de ressemblance entre les deux maladies : vomissements, constipation, céphalalgie. Maïs un simple embarras gastrique ne s’accompagne généralement pas d’un grand mouvement fébrile ; la physionomie un peu alanguie ne présente pas le caractère d’anxiété et de détresse propre à la méningite, la langue est beaucoup plus saburrale.

Enfin l’action des médicaments juge l'hésitation : l’administration d’un vomitif ct d'un purgatif, quelques paquets d’un antiseptique suffisent à guérir le malade.

La congestion hépatique, à son début, quand il n’existe pas de fièvre et pas encore d’ictère, mais seulement un état nauséeux, de la somnolence, et une rétraction du ventre dépendant de la contracture des muscles droits de l’abdomen, qui se produit dès qu'on veut palper l’hypochondre douloureux, l’hyperhémie du foie, disent Rilliet et Barthez, mérite qu’on la fasse entrer en ligne de compte.

Bouchut rapporte qu’en 1868, il eut dans son service une petite fille de trois ans, qui présenta pendant huit jours des vomissements, de l’anorexie, de la somnolence, des garde-robes rares, un pouls un peu inégal et irrégulier : tout à coup elle vomit plusieurs lombrics et se rétablit promptement. En regard de ce fait, le même auteur cite celui d’une petite fille de quatre ans qui mourut de méningite après avoir présenté des troubles nerveux, que l'expulsion spontanée d’un lombric par la bouche pouvait faire rapporter à l'helminthiase.

De ces faits découle le précepte pratique de commencer par administrer un vermifuge avant de porter le diagnostic.

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La fièvre typhoïde est souvent fort difficile à différencier d'avec la méningite tuberculeuse. Picot et d’Espine disent que le doute ne peut subsister en général plus d'un ou deux jours. Trousseau considérait que, trop souvent encore, le diagnostic entre la dothiénentérie compliquée d'accidents cérébraux et l’encéphaloméningite est des plus embarrassants. Il attachait la plus grande importance comme signe différentiel à la respiration inégale, irrégulière ; car il faisait remarquer que la-céphalalgie peut être aussi violente dans la fièvre typhoïde que dans la méningite, les vomissements aussi persistants, que la diarrhée peut faire défaut et être remplacée par une constipation opiniâtre, que le gonflement de la rate, les épistaxis, les taches rosées lenticulaires ne se montrent pas toujours, que le ventre peut être creusé en carène au lieu d’être météorisé; que la tache méningitique se voit dans la dothiénentérie, enfin que les cris arrachés par la douleur de tète peuvent simuler les cris hydrencéphaliques.

Mais les recherches thermométriques de Wunderlich et Griesin-. ger ont apporté un élément précieux dans le problème. Le schéma caractéristique de la dothiénentérie peut sans doutre n'être pas d’une netteté typique ; mais on a cependant, dans l’ensemble de sa courbe, l'inverse de la courbe de la méningite tuberculeuse, puisque dans la première, le plateau thermique est intermédiaire à la ligne des oscillations ascendantes et à celle des oscillations descendantes, tandis que dans la seconde, ainsi que l’a fait remarquer Henri Roger, « la diminution considérable de la chaleur, intermédiaire à deux périodes d'augmentation, est chez les enfants un signe pathognomonique de la phlegmasie des méninges ». Cet axiome paraît n'être pas applicable à tous les cas, suivant M. J. Boutan ; d’après ce dernier, « on ne saurait confondre une fièvre typhoïde et une méningite, si on veut bien songer que la fièvre typhoïde présente deux tracés parallèles pour le pouls et la température, tandis que dans la méningite tuberculeuse le pouls s’élève excessivement pendant que la température

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reste stationnaire. West dit également que, dans cette dermière maladie, la température semble n’avoir aucune relation avec la fréquence du pouls. j

Un diagnostic bien épineux est celui de la pseudo-méningite hystérique, dont a parlé M. Aug. Ollivier au Congrès de l’Association pour l'avancement des sciences, à Marseille. Voici le résumé d’une observation qui paraît rentrer dans la catégorie des méningites hystériques. En 1884, une fillette de 6 ans, née d’un père tuberculeux, se présentait avec les signes suivants. Depuis 8 à 10 jours elle était somnolente, maussade, avait de la photophobie, de l’hyperesthésie cutanée, du grincement des dents ; son ventre était en bateau, elle présentait la raie méningitique ; son pouls était lent, irrégulier. Plus tard, il y eut de la mydriase, du nystagmus, des mouvements convulsifs des membres, du délire nocture ; enfin elle tomba dans le coma. M. Ollivier pensa que la malade mourrait, mais il n’en fut rien ; les symptômes s’améliorèrent rapidement et au bout de six semaines la malade était guérie. Il considérait ce cas comme une méningite tuberculeuse guérie, lorsque, 7 ans après, il revit l'enfant. Elle avait repris les apparences de la santé parfaite ; mais c’est une nerveuse; elle pleure, elle rit pour un rien ; son sommeil est agité ; elle a souvent des névralgies, son réflexe pharyngien est diminué, son regard est celui d’une hystérique.

En présence de cette constatation M. Ollivier revint sur les antécédents d'ordre nerveux trop négligés lors de son premier examen et apprit que déjà, à ce moment, elle était d’une émotivité extrème, qu’elle avait de l’incontinence nocturne d'urine, que sa mère était également une hystérique, et son grand-père maternel un alcoolique. Dans ces conditions il modifia son diagnostic et admit une manifestation hystérique à forme méningitique.

M. le professeur Charcot et ses élèves ont montré que l’enfance n'est nullement, comme on le croyait autrefois, indemne d’hystérie. Elle se présente sous des formes insidieuses, bizarres, et

bien propres à induire en erreur, si l’on ne tient pas suffisamment compte du caractère fugace de beaucoup de symptômes de la maladie. L’émotivité extrème, les cauchemars, les réveils en sursaut, les terreurs nocturnes, l’urticaire, l’anesthésie, l’incontinence d'urine, voilà ce qu'on rencontre chez beaucoup d’enfants voués à hystérie.

La thèse de Bardol renferme aussi plusieurs cas de ce genre, dans lesquels il montre que la fièvre elle-même se rencontre avec les manifestations hystériques.

Enfin un diagnostic des plus difficiles est celui de la tuberculose méningée avec la syphilis de l’enfance. Dreyfous en a cité un cas où l'identité fut telle que les cliniciens les plus expérimentés diagnostiquèrent une méningite tuberculeuse. C’est M. le P' Fournier qui a surtout contribué à faire connaître les cas de ce genre. On rencontre dans cette forme de syphilis cérébrale héréditaire les changements du caractère, la céphalée, les convulsions. Pour éviter la confusion on aura à rechercher les autres symptômes dela méningite tuberculeuse, la fièvre, le pouls inégal, irrégulier, ralenti, intermittent, etc. L'amaigrissement est plus rapide dans la tuberculose des méninges. Mais surtout on fera une recherche minutieuse des stigmates que la syphilis a pu laisser sur les téguments, les muqueuses ou le squelette : les cicatrices de la région fessière, le crâne natiforme, la kératite interstitielle, le nez écrasé à sa racine, les exostoses des membres ; et on s’enquerra des commémoratifs : coryza ulcéreux tenace dans les premières semaines de la vie, éruptions bulleuses plantaires et palmaires, fissures des lèvres et rhagades de l'anus dans les premiers mois. On fera l'enquête la plus minutieuse sur les antécédents pathologiques du père, de la mère, des frères et sœurs. Malgré toutes ces précautions, il planera presque toujours des doutes. Aussi est-ce un axiome de thérapeutique infantile de donner toujours à un enfant qui présente le syndrome méningitique, le bénéfice d’une syphilis héréditaire, même hypo-

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thétique, en le soumettant à un traitement iodo-mercurique intensif (frictions mercurielles, iodure à dose suffisante).

3° Chez l'adulte, l'expression symptomatique de la méningite tuberculeuse se rapproche naturellement beaucoup de celle des méningites aiguës produites par des microbes pathogènes autres que le bacille de Koch. Pour résoudre ce problème, parfois délicat, qui peut se poser d’ailleurs à tous les âges, il faudra tenir compte, d’une part de l’hérédité tuberculeuse possible du malade, de l'existence actuelle ou ancienne d’une lésion tuberculeuse (affections osseuses ou articulaires, tuberculose pulmonaire ou pleurale, tuberculose génitale, abcès froids, etc.), de l’habitus général du sujet (anémie et amaigrissement suspects), d'autre part de la coexistence de certaines lésions susceptibles d’être le point de départ d’une méningite aiguë (traumatisme, otites, etc.) ou de certaines causes étiologiques (épidémie régnante de ménimgite cérébro-spinale). On considèrera enfin les caractères divergents des deux ordres de méningites : les méningites non spécifiques ont un début plus brusque, la fièvre y est très élevée et continue, le délire est plus précoce et plus violent, la céphalalgie est plus intense, les convulsions surviennent plus tôt. Bref, la maladie a une allure générale plus aiguë, plus vive, une durée plus courte et, dès son invasion, donne l'impression d’une gravité plus'immédiate. « Quelque pâle que soit une méningite aiguë . franche, rarement on verra son expression symptomatique tomber au niveau de celle de la méningite tuberculeuse » (Archamboult). Ajoutons que le mode de groupement des symptômes et : la succession des périodes sont aussi nettement différents.

Ici Pophthalmoscope pourrait être d'un plus grand secours que chez les enfants.

Les tubercules cérébraux donnent naissance à des symptômes souvent partiels, en rapport avec leur localisation corticale. Ils déterminent des crises d’épilepsie jacksonnienne à forme hémiplégique ou monoplégique, des vomissements. Ils affectent une mar-

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che chronique avec temps d'arrêt souvent très prolongés. D'ailleurs, ils peuvent déterminer des poussées de méningite vraie, avec tout le cortège habituel des symptômes (céphalalgie, vomissements, Constipation).

Chez l'adulte comme chez l’enfant, on peut observer des accidents cérébraux à forme méningitique dans les maladies aiguës (pneumonie, fièvre typhoïde, etc.). Nous ne reviendrons pas sur ce que nous en avons déjà dit. Mais il faut ajouter à notre énumération antérieure les maladies, dans lesquelles ces troubles se rencontrent.

La grippe pourra être soupçonnée en raison de la constitution épidémique régnante. Elle sera distinguée par ses phénomènes pulmonaires quand ils existent, son évolution morbide et sa courbe thermique. |

Le rhumatisme cérébral est si étroitement lié aux manifestations articulaires du rhumatisme aigu, que cette relation seule suffira le plus souvent à fixer le diagnostic. On serait aidé d’ailleurs par la considération des antécédents rhumatismaux (hérédité, attaques antérieures), par l'observation de la courbe thermique, du mode d’invasion et par l’action spécifique du salicylate de soude.

L'urémie, dans sa forme pseudo-méningitique, peut simuler assez exactement la méningite. Aussi l’examen de l'urine ne devra-t-il jamais être négligé. Dans l'espèce, le résultat en est capital. Mais on peut encore trouver dans les convulsions prédominantes, l'hypothermie et l’évolution des accidents, des éléments différentiels importants.

Le délirium tremens ne prête que médiocrement à la confusion. Le délire violent spécial, les hallucinations terrifiantes, le tremblement, les sueurs profuses, tous ces caractères, joints à la convaissance des habitudes éthyliques du malade, suffisent à établir le diagnostic. ;

Nous ne citons que pour mémoire ici les accidents cérébraux

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d’origine toxique : intoxication par l'opium, la belladone, Paconit, etc. En effet de tels accidents sont rares ; ils s’accompagnent des signes propres à chacune de ces intoxications. L’anamnèse d’ailleurs pourra révéler l'ingestion des poisons, effectuée accidentellement, en vue du suicide, ou dans un but thérapeutique.

ko Le diagnostic du siège des lésions découle de ce que nous avons dit à l’anatomie pathologique.

Toutefois il faut être très circonspect et ne conclure le plus souvent qu’à une forte proportion de probabilités en faveur du siège des lésions, étant donné que certains symptômes, les mieux localisés en apparence, peuvent être sous la dépendance d’un trouble vasculaire passager, ou être engendrés par une action réflexe diffuse.

6° Nous avons omis à dessein de parler dans cette revue d’un mode de diagnostic, qu’on a'un instant préconisé, parles injections de lymphe de Koch. Ce procédé a été utilisé à la fois comme moyen de diagnostic et comme procédé de traitement, alors qu’on croyait à l'efficacité curative de cet agent. Ce moyen a dù être abandonné en raison des accidents, souvent suivis de mort, qu'il a provoqués.

6° Il n’en est pas de mème dela ponction lombaire du canal rachidien, pratiquée selon la méthode de Quincke et recommandée par Ziemssen comme un moyen de diagnostic. On peut par elle juger des caractères physiques ou chimiques du liquide de l’hydrocéphalie, et quelquefois on y a trouvé des bacilles. Nous y reviendrons plus tard.

Fronostie.

Absolument fatal, pensent les uns, si bien que l’on peut dire, d’après ces auteurs, sous forme d’équation mathématique, que toute méningite tuberculeuse guérie égale une erreur de diagnos-

tic. Partant tout médecin qui verrait son malade guérir, après avoir annoncé une méningite tuberculeuse, serait tenu de réformer son diagnostic auprès de la famille, sous peine de persister lui-même dans une erreur commise de bonne foi, ou d’encourir le reproche de vouloir se faire, à bon compte, une renommée de guérisseur « d'attaques de méningites ».

Donc pour cette première catégorie de médecins, l'arrêt de mort est sans appel: Immedicabile vitium, disait Camper.

Pronostic presque absolument fatal pour les autres ; et certainement cette formule mitigée, ce léger correctif, est bien le dernier terme jusqu'où ait pu descendre l'optimisme le plus encourageant,

Discutons ces deux formules et voyons à laquelle il est bon de s'arrêter. La méningite tuberculeuse épargne-t-elle quelquefois sa victime? À prior il est logique d'admettre que dans les méninges comme partout, la transformation fibreuse du tubercule est possible. Rappelons-nous qu’au début et pendant de longues années la tuberculose pulmonaire, elle aussi, a été regardée par les médecins eux-mêmes comme incurable. Or les travaux de Virchow, Thaon et Cornil, Grancher, Bard et Jaccoud, ont mis hors de doute la terminaison heureuse dans un grand nombre de cas, précisément par le mécanisme de la transformation fibreuse des tubercules. Appliquons ces données aux méninges, en remarquant au préalable que chez un malade atteint de méningite tuberculeuse, la mort peut survenir en raison d’un double mécanisme. Les lésions tuberculeuses peuvent être tellement généralisées, que le malade meurt pour ainsi dire par tous ses organes à la fois, et bien entendu, nous nous hâtons de le dire, nous ne voyons pas que nous puissions rendre à ces pauvres malades le moindre service, dans l’état actuel de la science.

En regard de ces faits, si l’on considère les cas où, en dehors de sa lésion méningée, le malade ne présente que des lésions minimes, ou mème des lésions graves, mais actuellement silen-

cieuses, on peut dire qu’alors le malade meurt exclusivement par la tête. Et l'excessive gravité de cette localisation de la tuberculose ne provient que de l'importance fonctionnelle extrème de l'organe auquel elle s'attaque. Car si l’on n’envisage que la marche des tubercules, on ne peut admettre qu’une lésion toujours anatomiquement identique à elle-même, comme l’est le tubercule, présente deux modes différents d’évoiution, selon les organes atteints, qu’il puisse dans le poumon régresser et subir la transformation fibreuse, qui est un mode de guérison, et que dans les méninges, au contraire, il doive évoluer progressivement et fatale ment vers la mort. Mais on comprend que si le processus local reste actif un temps trop long, les désordres engendrés consécutivement dans le cerveau soient irrémédiables et incompatibles avec l'existence. Donc, si naturellement ou par le fait d’une thérapeutique appropriée, on peut voir diminuer l'intensité ou la durée du processus local, le pronostic de la méningite tuberculeuse s’en trouverait du même coup singulièrement amélioré.

Voilà pour le côté théorique. Examinons maintenant les faits.

« Les cas avérés de guérison, dit Fonssagrives, frappent l’esprit par leur caractère exceptionnel, et l’impression qu’ils produisent est la preuve même de leur rareté ».

Quelques observations de guérison avaient été publiées, il y a déjà près d’un demi-siècle, mais elles n'avaient soulevé que le doute sur leur authenticité. « Un examen attentif des faits où l’heureuse terminaison est signalée, prouve bientôt que l'observation est incomplète, l'authenticité douteuse, le diagnostic erroné » (Jaccoud et Labadie-Lagrave).

Néanmoins les mêmes auteurs font la correction suivante : « On peut conclure avec Rilliet que la méningite tuberculeuse peut quelquefois guérir dans sa première période, quoiqu'il reste toujours quelques doutes sur la nature de pareils cas ; dans la seconde période la guérison est tout à fait exceptionnelle ».

Archambault, après avoir cité l’opinion de Camper, de Robert

Whyt, de Dance. et de Valleix, pour qui l'incurabilité est absolue, celle de Trousseau, Guersant et Blache qui se demandaient si dans leur longue carrière médicale ils étaient bien sûrs d’avoir vu guérir un seul enfant, écrit ceci : « Gomme en toute chose il y a des exceptions authentiques, ainsi les trois observations contenues dans le remarquable mémoire de Rilliet ne paraissent pas pouvoir laisser de doutes. Dans les deux premières la maladie n’était qu’à la première période, mais très nettement accusée dans la troisième, les accidents étaient plus graves et caractérisaient la deuxième période, pourtant l’enfant guérit ».

« Le D° Hahn relate quelques observations, dont une surtout a la même valeur que les précédentes, de sorte qu’on ne peut nier que quelques malades aient échappé à la mort ».

Le mémoire de Rilliet renferme toutes les observations de guérison publiées antérieurement. On y trouve deux observations de Cheyne, deux d’Abecombie, une de Jahn, une de Ræser, celle de Hahn et trois personnelles. Toutes paraissent hors de contestation.

Trousseau (1) ne croyait pas à la curabilité de la méningite tuberculeuse. Cependant il cite deux cas de guérison, l’une complète, l’autre avec paralysie consécutive. « Ces deux exemples de guérison, dit-il, sont les seuls, je le répète, que j'ai eu le bonheur de recueillir dans ma longue pratique. »

Le cas de Barth (2) est notoirement authentique.

West (3) cite deux observations de guérison, l’une à la première période, l’autre après les convulsions et le coma. Cette dernière se rapporte à un enfant qui, trois ans après, n’était pas revenu à la santé parfaite.

M. Cadet de Gassicourt (4) rapporte deux observations de gué-

(1) Clin. méd., 5e édit., t. I, p. 312.

(2) Soc. clinique, 1871.

(3) Leçons sur les maladies des enfants (traduction ArcHamgaur, 1881). (4) Trailé clinique des maladies de l'enfance, t. TT, p. 569.

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rison qu'il fait suivre de cette déclaration : « Quelque rares que soient ces faits," vous avez le droit d’y chercher un appui contre le désespoir des familles et même contre votre propre découragement ».

Tout ce qui précède se rapporte aux enfants, et non aux adultes. Seul parmi les ouvrages que nous venons d’énumérer, Rilliet (1) s'occupe de ces derniers. « Il existe dans la science, dit-il, des exemples incontestables de la disparition complète des symptômes, la guérison a lieu pendant la première période ou dans la moitié de la deuxième après sept à quinze jours de maladie, rarement plus tard, après plusieurs alternatives d'amélioration et d’aggravation ; dans des cas excessivement rares le retour à la santé peut être obtenu même dans le cours de la troisième période, après bien des semaines de maladie. La guérison peut durer plusieurs années ».

Rousseau (2) à publié une guérison chez un adulte.

La thèse de M. Chantemesse contient plusieurs observations de guérison chez ladulte : une, due à Barth déjà citée, a trait à un homme de 35 ans, mort de tuberculose aiguë, à l’autopsie duquel on trouva la pie-mère tapissée de granulations tuberculeuses passées à l'état fibreux ; une rapportée par Cuffer à la Société clinique (1878) et prise dans le service de Peter ; enfin une recueillie dans le service de M. Dujardin-Beaumetz.

Ces exemples suffisent à démontrer que les granulations de la méningite ne sont pas toujours et fatalement mortelles ; comme celles qui se développent dans les poumons elles peuvent subir la transformation fibreuse. Il est possible qu'il se soit agi dans quelques-uns des cas que nous venons de citer, non de méningites tuberculeuses, mais de méningites secondaires non spécifiques, développées autour de tubercules, ainsi que l’admet M. Cadet de Gassicourt. La clinique ne permet pas, il est vrai, de différencier

(1) Arch. génér. de méd., 1855.

(2) Encéphale, 1882,

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