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ces deux ordres de lésions, mais l'anatomie pathologique nous a montré dans plusieurs cas l'absence de cette prétendue tumeur tuberculeuse primitive. M. Cadet pense encore que la plupart des guérisons se rapportent à des méningites non tuberculeuses. Il s'appuie sur quelques autopsies pour admettre que ce sont des cas de méningite soit fibreuse, soit syphilitique, soit encore consécutive à la sclérose cérébrale.
M. Sarda (1), à propos d’un cas de guérison qu'il a observée chez un jeune soldat de 20 ans, après un début épileptiforme, fait la réflexion suivante : « Il est certain que les cas de guérison seraient plus fréquents si l’on avait étudié plus tôt les formes anormales de cette affection, et que quelques guérisons ont dû être mises sur le compte d’autres maladies » soit par suite d'une erreur de diagnostic, soit après coup, par conviction qu'une méningite tuberculeuse ne peut finir autrement que par la mort.
Donc la méningite tuberculeuse peut guérir, ct il en existe des exemples indiscutables, chez les enfants aussi bien que chez les adultes.
Nous ne voulons pas quitter ce chapitre sans chercher à déterminer la signification précise qu’il faut attacher à la guérison de la méningite tuberculeuse.
MM. Jaccoud et Labadie-Lagrave, après avoir donné comme à regret la conclusion que nous avons rapportée plus haut, ajoutent : « Peut-être même la guérison ne doit-elle jamais être espérée, et les malades qui paraissent avoir guéri sont morts plus tard par un retour de la même affection, ou bien ont succomhé à la phtisie, ou bien enfin ont conservé des troubles profonds du système nerveux indiquant la persistance du mal ».
Ils se demandent comme nous, ce que l’on peut.bien appeler guérison en pareille matière. « Serait-ce la cessation des phénomènes nerveux, cérébraux, fébriles ? Mais les granulations tuber-
(1) Montpellier médical, décembre 1888.
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culeuses ont-elles disparu ? C’est ce qu'il sérait difficile d’admettre et ce qu'il est impossible de constater, La guérison serait tout simplement lé retour des granulations à une sorte d'état latent, tel qu’il était avant l'invasion de la méningite. Ce résultat satisfait les personnes étrangères à l’art, il serait incomplet et insuffisant aux yeux du médecin, puisqu'il laisserait la perspective fatale d’une récidive. Or c’est précisément ce qui a eu lieu dans le plus grand nombre des cas de guérison cités ; la lésion persistant, la récidive est toujours à craindre, elle peut survenir à plus ou moins longue échéance. On l’a observée dans un intervalle qui a varié de 1 an à 5 ans 1/2, c'est un répit plus ou moins prolongé plutôt qu’une véritable guérison ».
D'abord d’après ces auteurs, la persistance de troubles profonds du système nerveux, tels qu’une paralysie permanente, ou des désordres intellectuels réalisant plus ou moins complètement l'idiotie, contredisent à l’idée de guérison etindiquent la persistance du mal. Tel n'est pas notre avis, et comme nous faisons résider la maladie, non dans le symptôme, mais dans la lésion causale et son agent, nous n’hésitons pas à dire que ces désordres permanents et définitifs n’excluent pas la disparition possible des lésions tuberculeuses. Ils indiquent tout simplement la destruction anatomique, et partant fonctionnelle, d’unerégion du cerveau, motrice ou intellectuelle. Le processus morbide, en admettant, comme nous le faisons, qu'il se soit arrêté, a duré assez longtemps pour parfaire cette mutilation. Elle est définitive, il n’y a qu'à s’incliner, Est-ce que de longues années après l'évolution d’une coxalgie ou de toute autre tumeur blanche, nous ne disons pas souvent que la guérison s’est faite, bien que la destruction de la synoviale et des surfaces articulaires ait produit une ankvylose définitive ? Il en est de même dans les cas de méningite, quelle que soit la gravité des symptômes persistants. Que ceux-ci ne soient pas d'ordre méningitique, et cela nous suffit.
Encore pour MM. Jaccoud et Labadie-Lagrave les récidives se-
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raient la preuve que les granulations sont simplement restées à l’état latent. Remarquons d’abord que ce mot, état latent, n’est qu’une formule dans laquelle nous enveloppons notre ignorance, car pour qu’une lésion, jusqu'alors active, redevienne silencieuse, pour qu'il y ait latence en un mot, il est de toute nécessité que cette lésion, ou son substratum, aient subi des modifications (que ces modifications soient d'ordre macroscopique, microscopique ou chimique).
Cette affirmation n’est que la contre-partie de cette vérité scientifique absolue, qu'une même cause, dans les mêmes conditions, ne cesse pas de produire les mêmes effets. - |
En ce qui concerne la méningite, lorsque la mort a été la conséquence d’une récidive survenue un temps plus ou moins long après la première atteinte, on a pu constater de quel ordre sont les modifications subies par les lésions tuberculeuses, et qui sont venues les arrêter dans leur évolution.
On a trouvé précisément qu’elles avaient subi la transformation fibreuse dont nous avons parlé plus haut. C’est qu’en effet ces granulations, remontant à la première atteinte de méningite, étaient guéries, et qu’on trouvait à côté d’elles une seconde éruption de granulations récentes, qui venait expliquer la récidive mortelle, tandis qu'avec l'idée de latence, c’étaient toujours les mêmes granulations qui, après un intervalle de repos, redevenaient actives. |
Il y a donc bien eu réellement guérison d’une première atteinte, et les réinfections des méninges sont suffisamment expliquées par la persistance du ou des foyers de tuberculose, qui avaient provoqué une première fois les accidents méningés.