‹ Tentatives Chirurgicales Dans Le Traitement De La Méningite TuberculeuseChapitre 30 sur 34 · CL RE · texte numérisé non relu

CL RE

faut pénétrer dans le rachis par l’espace qui sépare la 3e et la 4° vertebres lombaires, car à ce niveau on est sûr de ne pas atteindre la moelle, l'aiguille entre dans le sac méningé plein de liquide céphalorachidien, dans lequel flottent les ramifications de la queue de cheval. Il existe entre les lames postérieures et les apophyses épineuses de deux vertèbres lombaires voisines, un espace ovale par lequel on pénètre facilement. Cet espace n’existe pas ou presque pas au niveau du rachis cervical et du rachis dorsal. On ponctionne à un centimètre de la ligne médiane (à droite ou à gauche) et sur une ligne horizontale qui passe par le milieu de l’espace qui sépare les apophyses épineuses des 3e et 4° vertèbres lombaires. Chez l’adulte, il vaut mieux faire la ponction sur une ligne horizontale qui passe au niveau du bord inférieur de l’apophyse épineuse de la 3e vertèbre lombaire. L’aiguille doit être dirigée vers la ligne médiane (et un peu en haut chez l'adulte). La profondeur à laquelle il faut pénétrer pour atteindre le sac arachnoïdien est d'environ 2 centimètres chez l'enfant, et de 4 à 6 chez l’aduite. Si l’on ne tombe pas tout de suite dans l'espace interosseux, il faut modifier un peu la direction de l’aiguille. Jai opéré en suivant exactement cette technique ; et aussitôt que j'ai eu pénétré dans la cavité méningée, le liquide céphalo-rachidien s'est écoulé goutte à goutte, d’abord avec une certaine force, puis lentement. Nous avons recueilli ainsi en deux minutes environ 60 à 70 centimètres cubes d'un liquide incolore et limpide comme de l’eau de roche. Lorsque l'écoulement du liquide a pris fin, l'aiguille a été retirée, et la petite plaie qui résulte de la ponction a été fermée avec du collodion iodoformé.

Quels ont été les résultats de la ponction ?... L'opération a été faite à 10 heures du matin , dans les moments qui ont suivi, on n’a remarqué aucune modification ; mais vers une heure de l'après-midi, l'enfant a reçu la visite de sa mère ; il l'a reconnue, il a répondu à quelques questions qu'elle lui a posées, et lui a dit en particulier qu'il souffrait de la tête. Nous l'avons vu à cinq heures, avec MM. Aviragnet et Boulloche ; à notre appel, il ouvre les yeux, il a demandé à boire, son regard n'est pas hébété, le strabisme a disparu, nous demandons à l'enfant où il a mal, et il porte la main à la (ête. Avant la ponction la température rectale était à 37,2; ce soir, à cinq heures, elle est à 37,6.

En résumé, le bénéfice immédiat de l'opération est certain; l’état de stupeur comateuse, l’hébétude du regard et le strabisme ont disparu. Cela prouve que ces symptômes sont en grande partie sous la dépendance de la compression des centres nerveux.

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