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Mais l'amélioration n’a pas persisté ; elle n’a guère duré que 6 heures et le 6 juin au matin, l'enfant retombe dans la stupeur comateuse, le regard est hébété, atone, les mains sont agitées de mouvements carphologiques.
Je me décide alors à faire une seconde ponction ; je l'ai pratiquée à 4 h. 1/2 de l'après-midi (trente heures et demie après la première). La rachicentèse ne donne issue qu'à einq ou six centimètres cubes d’un liquide qui présente les mèmes caractères que celui qui a été retiré hier. Quelques heures après la ponction, l’enfant a ouvert les yeux, demandé à boire et s’est plaint de la tête, mais le lendemain 7 juin, l’enfant est retombé dans le coma le plus complet. Le lendemain, 8 juin, l'enfant est dans le même état, le coma est toujours complet, et je pratique une troisième rachicentèse ; elle donne issue à près de 80 centimètres cubes d’un liquide limpide, comme dans les deux premières ponctions. Mais cette fois, l'enfant n’a en rien bénéficié de la ponction, il reste dans la stupeur méningitique et meurt Le soir à 10 heures.
L'auropsre montre une hyperhémie méningée considérable et des granulations tuberculeuses, disséminées sur le trajet des vaisseaux de la pie-mère. La quantité de liquide contenu dans l’espace sous-arachnoïdien et dans les ventricules parait normale. Le poumon gauche est sain, mais le poumon droit offre une éruption granulique généralisée ; les deux plèvres sont, elles aussi, recouvertes de granulations grises. Les ganglions trachéo-bronchiques sont tuméfiés, et l’un d’eux est caséeux. Le foie, la rate et les reins paraissent normaux. Dans notre cas, M. le pharmacien a trouvé 19, 20 d’albumine par litre. L'inoculation resta sans résultat.
O8s. XIV (FreyHan, Deutsche med. Wochens, 6 sept. 1894). — Antécédents. — Le 28 janvier 1894, Richard Albrecht, 28 ans, est admis dans un état grave. Les antécédents héréditaires sont nuls. Lui-même a toujours été bien portant. Il y a 3 jours, il a été pris de frissons et de fièvre, avec fortes douleurs de tête. Le malade ne dort pas, a du délire, s'agite et ne peut rester qu'avec peine au lit. Pas de crampes.
État présent : Tempér. 3704, pouls moyen, 72 à son entrée et 2 heures après 116, pour retomber peu après à 96. Respiration 28 à la minute.
Cyanose des oreilles, du nez et des extrémités. Rien à l’auscultation des poumons. Le ventre est tendu, douloureux. Foie et rate normales. Urine normale. Constipation. La tête est en légère opisthotonos. Le système nerveux présente une série de phénomènes d’excilation, surtout
ON
du côté des nerfs du bulbe et des branches du facial. Pupilles égales, fortement dilatées, réagissant faiblement à la lumière. À lexamen ophthalmoscopique on constate une névrite optique. Papilles hyperémiées, rouges. Hyperesthésie des téguments, raideur des extrémités, réflexes exagérés, pas de clonus. |
Les jours suivants les phénomènes d’excitation cessent de plus en plus, pour faire place aux phénomènes de paralysie. Rétention. Coma. Vomissements. Eruption d’herpès près du nez et des oreilles, qui en l’absence de tous les symptômes de tuberculose fait penser à une méningite cérébro-spinale épidermique. Pour assurer le diagnostic, le professeur Furbringer, fait le 6 février la ponction lombaire de la moelle épinière, à la hauteur de la 2° vertèbre lombaire, et retire 60 centimètres cubes de liquide clair. L'examen clinique y montre de l’albumine, et au microscope on trouve des bacilles de Koch. De nombreuses préparations de contrôle furent faites, qui donnèrent toutes le même résultat. Le pronostic semblait done fatal. Pourtant, après la première ponction, il se fit une rémission que, eu égard à d’autres-cas analogues, nous ne pourrions pas regarder comme illusoire. L'amélioration s’accentua, la sensibilité générale et spéciale devint plus nette. La fièvre tomba, la céphalagie diminua peu à peu ; puis la convalescence eut lieu, et tout disparut, La névrite optique fut la plus longue à disparaitre, elle persistait encore un peu le 23 avril,
L'état s’est maintenu bon jusqu'ici, septembre 1894.
Au moment de corriger les épreuves de ce travail nous lisons une discussion à la société de médecine de Berlin, à laquelle ont pris part Fürbringer, Frœnkel, Heubner, Freyhan, Senator, Goldscheider et Ewald, et de laquelle il résulte que la ponction lombaire constitue un excellent moyen de diagnostic, permettant de trouver des bacilles dans un très grand nombre de cas ; mais que Sa valeur thérapeutique est purement palliative.