CHAPITRE IL
1. Ce rabbin est Rabbi Yehouda-ha-Kadosch (Juda le saint); il figure aussi sous le nom de Rabbi Yehouda-ha-Nassi (le prince). Enfin, son im% mense réputation de piété et sa grande science le font nommer Rabenoa Hakadosch (notre maître le saint) ou Rabbi (maître), sans ajouter son nom.
C'est ce Rabbi qui a rédigé la Mischna.
4. Accomplissa volonté. — Dans ce passage , le maître nous engage à guivre la loi de Dieu et à courber nos passions devant nos devoirs envers l'Éternel ; mais cette morale peut aussi s'appliquer à nos relations sociales. Faisons autant que possible la volonté des autres , même aux dépens de
notre amour-propre, et ils finiront par faire notre volonté; c^est-à-dire que chacun cède un peu , et la paix , Punîon et la concorde régneront dans le monde.
5. Ne te sépare pas de ta communauté. — Cela veut dire qu'il ne faut jamais refuser son concours à la chose publique; il faut, au contraire, s'appliquer à être un homme utile là où il n'y en a pas , pour diriger convenablement les affaires de la communauté.
Ne juge pas ton prochain.— On trouve dans un livre célèbre ce mot : Que celui qui n'a jamais péché lui jette la première pierre. 4|g^ Ce mot sublime , sorti de la bouche d'un Israélite , n'est que la consé* quence du principe beaucoup plus large , beaucoup plus généreux de notre Rabbin, car ne pas juger noire prochain, si nous avons nous-mêmes péché, ne pas le condamner, si nous avons failli dans les mêmes circonstances , c'est plus que s'abstenir de lui jeter la première pierre.
7. Hillel vit un crâne. — Par cette réflexion, le Rabbin a voulu dire qu'un crime , quelque caché qu'il soit , finit par recevoir le châtiment qui lui est dû.
9* Par la loi, les rabbins entendent toujours les saintes Écritures (la Thora), et la loi orale ou traditiunnelle (le Talmud). (Note 8 du Rituel.)
15. Fais pénitence. — Et comme la mort peut nous surprendre non seulement tous les jours, mais à chaque minute, le meilleur moyen est de ne jamais nous écarter de nos devoirs envers Dieu et envers notre prochain. Soyons toujours prêts à paraître devant notre juge , l'Éternel.
Chauffons-nous au feu de nos savants devanciers, car ce feu (la science) vient de Dieu et il est à tous. Mais n'en approchons pas trop ; empruntonsleur ce qu'ils ont de bon, et laissons-leur ce qu'ils ont d'erroné. Ainsi, nous serons toujours sûrs de ne pas nous brûler.
16. Le jour est court. — C'est la vie humaine ; tâchons d'en jouir, et ne nous abreuvons pas mutuellement d'amertume.
Le travail est immense. — Notre but à tous, c'est la perfection. Qu'il faut de travail pour y arriver !
Les ouvriers sont indolents. — C'est nous tous; si avec cela nous nous livrons à de vaines discussions, nous reculerons au lieu d'avancer.
Le salaire est considérable* -> La félicité nous attend si nous sommes sages*
Mais que personne ne l'oublie, le Maitre est exigeant. Il veut la vérité , la droiture , la loyauté , la justice et la franchise. Le succès est à ce prix.
Et gardez-vous de dire : Que suis-je ? De quelle importance peut être mon travail?
La société a besoin du concours de tous ; si nous ne pouvons pas faire
^.^AMuo ouH PIRKE ABOTH. 38
«.waucuup ue bien , contentons-noùs d^en faire un peu , et ayoïo confiance dans la parole du sage , qui nous dljt : Tu n*e$ pat obligé d'achever l'œuvre, eic (*)