‹ Teresa; drameChapitre 11 sur 113 · DELAUNAY, DULAU · texte numérisé non relu

DELAUNAY, DULAU

DELAUNAY

Ah ! nous voilà seuls, enfin !

DULAU

Oui, cela me tardait.

DELAUNAY

Parlons de ma fille.

DULAU

Tu l'as vue.

DELAUNAY

Charmante!... Et Arthur?...

DULAU

C'est un loyal et brave jeune homme.

DELAUNAY

Je l'avais bien jugé. Le baron de Sorbin ?...

DULAU

Le protège toujours. — Déjà plusieurs fois la place de secrétaire d'ambassade lui a été offerte.

DELAUNAY

Et il a refusé?

DULAU

En acceptant il fallait quitter Amélie.

DELAUNAY

Ainsi ils s'aiment?

DULAU

Comme deux Cous.

DELAUNAY

Tant mieux!... Que je te remercie, Dulau, d'avoir consenti à t'écarter de tes habitudes de garçon, pour jouer le rôle de père de famille !

DULAU

Mes habitudes !... je suis resté garçon pour n'en pas prendre. — Je suis venu chez toi : eh bien ! ça

a été un plaisir, une distraction, un bonheur

Ces enfants m'amusaient : j'étais heureux de les voir... Si j'avais été marié, cela n'aurait pas arrangé ma femme, ou il aurait fallu emménager chez toi toute une maison, ce qui était bien difficile; et je pouvais rendre à un excellent ami un service dont je suis récompensé par le service même. — Tous les vieux garçons ne sont pas égoïstes, Delaunay : comme, en tout ce que j'ai à faire, je n'ai que ma volonté à consulter, elle est toujours celle des gens que j'aime. — Je suis paresseux : c'est à mes amis de vivre pour moi : ils pensent et j'agis ; et à tout ce qu'ils peuvent me proposer, je ne connais que deux réponses : — je veux bien, ou ça m'est égal. — Des habitudes!... eh! sais-tu qu'on meurt d'une habitude perdue?

DELAUNAY

Ce que tu dis est vrai, Dulau :tu es bien la meilleure créature que je connaisse. —Ainsi c'est convenu : je ne te dois pas de remercimenls, et c'est

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