ACTE I, SCÈNE I
heureux que vous, Amélie, et je vous apporte une âme moins pure : un amour violent a bouleversé deux ans de ma vie. Mon excuse est dans quelques mots : je ne vous connaissais pas encore, Amélie!... améiie, ingénument et avec curiosité.
Oh ! racontez-moi cda !
LACRE.
Comment ! c'est ainsi que tu reçois de pareils aveux!
AMÉLIE
Sans doute. N'as-tu pas entendu? n'a-t-il pas dit que cette passion était éteinte, et que, lorsqu'elle est née, il ne me connaissait pas encore? Eh bien ! il me connaît maintenant, il m'aime : que m'importe un passé qui ne m'appartenait pas, quand l'avenir peut être à moi ? — Oh ! racontez-moi tout, Arthur !
ARTHUR
Merci, Laure : vous m'avez sauvé , quoique ce ne fut pas votre intention peut-être, ce qu'avait d'embarrassant un aveu, qu'en amant craintif je retardais, mais qu'en homme loyal je comptais faire.
AMÉLIE
Voyons, dites vite... Son nom d'abord.
ARTHIR.
Son nom ne m'appartient pas, Améiie : c'est la seule chose que je ne puis vous apprendre.
AMÉLIE
Vous avez raison toujours.... Mais vous pouvez
nie raconter comment vous l'avez connue, me dire si vous l'avez aimée beaucoup, longtemps; si elle vous aimait, elle; si elle était jolie; quel âge elle avait... Vous pouvez me dire tout cela.
ARTHCR.
Et vous me pardonnerez tout cela, même si je vous dis qu'elle était jolie, n'est-ce pas?
AMÉLIE
Arthur...
ARTHUR
Eh bien?...
AMÉLIE
Regardez-moi. — M'aimez-vous?
ARTHTR.
De toute mon âme !
AMÉLIE
Je vous pardonne.
ARTHUR
Vous êtes charmante !
Pas de compliments. — Mon histoire.
ARTHIR.
J'étais à Naples depuis huit jours à peu près : j'habitais, au pied du Vésuve, une de ces villa délicieuses qui bordent le golfe d'Ischia, lorsque, vers le milieu d'une nuit , je fus réveillé par une violente secousse : à la lueur sanglante qui pénétrait dans l'appartement, au mugissement du vent qui traversait l'espace, à la pluie de feu qui tombait, je reconnus que le volcan allait me rendre témoin